SIXTE IV
échangées entre les Florentins et la cour romaine, et Ton put craindre un moment un nouveau schisme dans rÊglise^ Une guerre acharnée s'ensuivit entre Florence et le pape, qui fit des eflbrts inouïs pour susciter sans cesse de nouveaux ennemis à la ville rebelle.
Pour détourner les secours que Milap pourrait donner aux Médicis, il envoie des émissaires en Suisse, fanatise le peuple au moyen du honteux trafic des indulgences, et l'entraîne dans une guerre déloyale con^ tre le duc de Milan.
Ce furent aussi les intrigues du pape qui armèrent contre les Florentins Robert de San Severino et les frères Sforza.
* Les Florentins « accusèrent le pape, dans Tltalie entière, de trahison envers leur gouvernement, d'impiété et d'injustice; ils prouvèrent combien ce pontife faisait mauvais usage d'une dignité qu'il n'avait obtenue que par des voies illégitimes ; qu'il avait envoyé des hommes élevés par lui aux premières prélatures, avec des traîtres et des parricides, pour commettre un crime aussi atroce que l'asisassinat dans une église, pendant rofQce divin, au milieu de la célébration du saint sacrifice ; qu'il menaçait Florence des foudres de l'Église, et prononçait un décret d'interdiction sur cette ville, pour n'avoir pu feire périr ses citoyens, changer son gouvernement et consommer sa perte au gré de ses désirs. » (Machiavel, Histoire de Florencey p. 341.)
« I^es Florentins, loin de se soumettre à l'interdit, forcèrent les prêtres à célébrer l'office divin comme auparavant. Ils assemblèrent dans leur ville un concile de tous les prélats de la Toscane qui étaient sous leur domination, et ils y appelèrent des injustices du pape au futur concile général. » (Ibid.)