‹ L'ItalieChapitre 88 sur 196 · RETOUR DES BARBARES · texte numérisé non relu

RETOUR DES BARBARES

comptait retenir pour s'en faire un point d appui permanent, c'était le peuple suisse, capable de lui fournir une armée solide, mais trop faible pour que Rome eût à redouter ses prétentions ^

Le pontife théocrate, comme ses prédécesseurs, poursuivait une chimère. L'invasion avait été trop facile, ritalie s'était montrée trop déchue et trop prompte à se courber sous la main d'un matfre, pour qu'un invincible attrait n'y ramenât point les barbares. L'énergie exceptionnelle de Jules II les avait un moment refoulés. Us ne devaient pas tarder à revenir.

Bientôt en effet Louis XII recommence la guerre. Il fait alliance avec les Vénitiens afin de s'emparer de Milan. Cette conquête du Milanais, si ardemment poursuivie, n'était qu'uQ premier pas vers un but plus élevé : de tout temps, l'histoire nous l'a vingt fois prouvé, les princes appelés à jouer un grand rôle avaient compris que l'Italie était le centre du monde, et qu'être maître de la Péninsule ou tout au moins y imposer son protectorat, c'était s'assurer la prépondérance dans les affaires européennes. C'est sur ce sol que devaient se rencontrer et se mesurer les puissances rivales de gloire et d'ambition. C'est pourquoi les Français et les Espagnols s'y étaient trouvés en présence. Un moment ils semblaient n'être accourus que pour s'y disputer des lambeaux de l'Ita-

Ranke, 1. 1, p. 81.

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