‹ L'ItalieChapitre 92 sur 196 · ADRIEN YL · texte numérisé non relu

ADRIEN YL

rare et pour le duché d'Urbin, que devenait le fruit des efforts de plusieurs siècles pour construire cet édifice de la papauté temporelle que lui-même considérait comme la garantie de son indépendance?

Cette générosité intempestive dut mécontenter tous les dépositaires des antiques traditions de la cour romaine.

Ses tentatives pour réformer les abus du clergé rencontrèrent des résistances plus opiniâtres encore. Tout en aimant les arts et les lettres, il ne pouvait tolérer le luxe inouï et la vie de dissipation des prélats romains. Mais ces prêtres de mœurs faciles, qui charmaient la foule par des fêtes quotidiennes, et qui couvraient, aux yeux du peuple, leurs vices et leurs folles dépenses du noble prétexte de proléger et de faire resplendir dans tout l'univers les gloires de Tltalie, n'eurent pas de peine à faire considérer comme un barbare ce pontife étranger qui comprenait si mal les besoins intellectuels et artistiques de la ville éternelle et la vraie grandeur du peuple romain.

Adrien VI eut donc le tort de déplaire à tout le monde, aux grands dont il voulait refréner la licence et l'insatiable cupidité, plus encore aux petits, qu'aveuglaient de fausses apparences.

Quant à ses rapports avec les étrangers, Adrien VI essaya dabord d'être impartial entre les Français et les Espagnols; mais enfin les progrès irrésistibles de l'empereur mirent un terme à ses irrésolutions. Il embrassa ouvertement la cause de son ancien disciple.

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