‹ L'ItalieChapitre 91 sur 196 · ADRIEN VI · texte numérisé non relu

ADRIEN VI

A sa mort, les cardinaux, façonnés à cette politique^ n'eurent pas d'autre idée que de s'assurer le patronage du plus fort. Ils élevèrent donc au trône pontifical Tancien précepteur de Charles-Quint.

Or il se trouva qu'Adrien YI était un saint, mais absolument hors d'état de comprendre la situation et de maîtriser cette crise, la plus grave de toute l'histoire de l'Italie et de l'Église. Tombé comme des nues au milieu de ces complications où l'intérêt de la religion était le moindre souci des princes et de la plupart des chefs de TÉglise, étranger d'ailleurs à l'Italie, son règne, qu'on nous passe le mot, fut en quelque sorte une parenthèse. Ses bonnes intentions, Taustérité de ses mœurs, son amour de la justice, toutes ses vertus en un mot ne servirent qu'à montrer, par leur complète impuissance, combien le mal était incurable.

L'idée dominante de ce pape, c'était un ardent désir de réparation envers tous ceux qni avaient souffert des iniquités des règnes précédents ; mais il se trouvait placé entre des devoirs et des intérêts si contradictoires, qu'il ne pouvait donner satifaction à un droit sans en léser un autre. Presque toujours la paternelle bienveillance du pontife compromettait l'œuvre du souverain. Youlait-il restituer aux petits vassaux du saint-siège les domaines que ses prédécesseurs leur avaient enlevés, ainsi qu'il le fit pour le duché de Fer-

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