A MES ELEVES
E ne sais quel original prétendait que , pour juger sainement d'un livre , on devait se garder de jeter les yeux sur la couverture et sur la préface , de manière à rester dans une ignorance complète, soit du titre , soit du nom de l'auteur, soit de l'époque et du lieu où il avait été composé. Ne trouvez-vous pas , vous aussi , que toutes ces circonstances influent , soit en bien , soit en mal , sur le sort des compositions littéraires , et que tel ouvrage , par exemple , devenu célèbre , a souvent du son succès à la faveur d'un nom en vogue ? Pour moi qui fonde tout l'espoir de mon livre sur l'attrait, pour ainsi dire^ magique de son titre , il me fâcherait fort que ce titre passât inaperçu aux yeux du lecteur, comme aussi que le discours préliminaire où sont déduites les raisons qui ont concouru à la publication de ces Biographies ne fût pas lu avec une bienveillante attention.
Ce fut toujours un noble et pieux dessein que celui de tracer les portraits et de raconter les vies des honunes qui honorèrent leur patrie ;