‹ L'Italie littéraire et artisqueChapitre 74 sur 86 · ANDREA PALLADIO · texte numérisé non relu

ANDREA PALLADIO

l'initia à la connaissance de l'antiquité. Le voyage de Rome et l'acquisition de livres précieux complétèrent ses études.

Il revint nmni de ces trésors dans sa patrie, qu'il embellit de charmantes villas et des célèbres palais Tiens, Porto et de Chiericaii : « Si la fréquentation du Trissin, écrit Galeani Napione, contribua à faire germer chez lui les semences du beau grandiose que la nature y avait déposées, le bon goût des gentilshommes vicentins de son siècle les développa et les fit fleurir , si bien que ce n'est pas h Palladio seulement, mais à Vicence tout entière, qu'on doit attribuer la gloire d'avoir porté à la perfection la régulatrice et la souveraine des arts représentatifs , l'Architecture. »

Palladio trouva la même faveur à Venise, qui possède plusieurs de ses chefs-d'œuvre, la façade du palais Foscari, le vnonastère des chanoines de Latran, ïéglise de Saint-Georges Majeur, celle de Saint-François de la Vigne, et surtout celle du Bédetnpteur, une merveille. Il est malheureux que le dénùment presque absolu de beaux édifices où se trouvaient l'Italie et l'Europe, n'ait engagé aucun des souverains à employer Palladio; il faut en excepter cependant Emmanuel Philibert de Savoie, qui le chargea de la construction du palais ducal et du plan du Parc , à quelques milles de Turin.

D'après une lettre citée par Giovanni Napione, dans sa Notice sur l'architecte vicentin, les dessins du Parc auraient fourni au Tasse le modèle des fameux jardins d'Armide. Je crois qu'il ne sera pas inutile de rapporter cette lettre , ne fût-ce que pour faire voir comment les Italiens trouvèrent, bien avant les Anglais, l'art de renfermer dans un petit espace toutes les beautés naturelles :

A Giovanni Botero, Torquato Tasso.

« Dans le désir de témoigner à monseigneur le duc de Savoie combien je suis obligé à Sa Seigneurie Sérénissime pour toutes les faveurs dont elle a daigné me combler, j'ai recours à V. S, la priant d'assurer à Sa Seigneurie Sérénissime que j'ai voulu immortaliser, autant qu'il était en moi, l'ouvrage merveilleux et unique dans son genre du Parc aux portes de sa capitale, dans une stance de ma Jérusalem, où je feins de décrire le jardin du palais enchanté d'Armide en ces termes :

« Au sortir de ces routes entre-croisées un jardin enchanteur, dans « le site le plus ravissant, s'offrit à leur vue : bassins d'eaux dor- « mantes, ruisseaux au cristal mobile, fleurs et plantes de toute espèce, « gazons toulfus, collines verdoyantes, vallées ombreuses, forêts, îles, « grottes, tout était réuni à souhait pour le plaisir des yeux , et ce qui « rehaussait encore le prix et la rareté de l'ouvrage, l'art qui avait créé '< tout ne se montrait nulle part. »

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