‹ L'Italie littéraire et artisqueChapitre 83 sur 86 · OIT · texte numérisé non relu

OIT

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ÉJA les règles qui avaient fondé la réputation de l'académie de musique de Naples commençaient à être mises en oubli par les élèves, lorsque l'un d'eux comprit la nécessité de maintenir intacte la suprématie de l'école. Pénétré de cette vérité, que l'expression est le premier mérite de toute couiposition, et le but le plus difficile à atteindre dans tous les Arts, il en fit l'objet principal de son œuvre , remarquable surtout par un mélange d'élégance, de mélodie et de vérité dramatique, inconnues jusqu'à lui. Jean-Baptiste .Tesi naquit en 1707, à Pergola, petit pays du duché d'Urbin, d'où il tira son surnom de Pku- GOLÈSE. Une vocation irrésistible le conduisit, à l'âge de dix ans, à Naples, où la protection des nobles familles Stigliano et Madalloni le fit entrer au conservatoire de Saint- ^''!|^ Onuphre. Là, il eut pour maître Gaetano Grecco, élève d<^ * Scarlatti. Après neuf années d'études assidues, il composa

Yoratorio de saint Guillavme pour le couvent de op nom : Tinter-

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mède r Amour rend l'homme aveugle pour le théâtre des Florentins, et pour celui do San liartolommeo l'opéra Acna de Recimero, qui n'obtint pas de succès. 11 prit sa revanche par l'opéra buffa la Servante maîtresse, qui excita des transports universels d'enthousiasme, et oii, suivant la remarque de Fétis, qui l'appelle un chef-d'œuvre de mélodie, de vivacité, d'élégance et de vérité dramatique, le génie du compositeur triompha de la monotonie de deux personnages qui sont presque toujours en scène, et d'un orchestre réduit aux proportions d'un quartetto. On rendit moins de justice au Maître de Musique, au Jaloux jouéy et à V Olympiade, composés pour le théâtre Tordinone de Rome, où Pergolèse s'était rendu, après avoir été nommé maître de chapelle à Notre-Dame-de-Lorette. Rebuté par le mauvais goût du public, il laissa le théâtre et retourna à Lorette, où il se donna exclusivement à la musique sacrée. Plus tard, ayant été atteint d'une maladie lente, il résolut de changer de climat, et vint se fixer à Pouzzoles, aux bords de la mer. C'est là qu'il composa le Stabat et le Salve regina, regardés l'un et l'autre comme des chefs-d'œuvre d'expression, bien qu'il se trouve dans le premier, selon la remarque du père Martini, quelques motifs qui ne semblent pas assez en rapport avec la tristesse d'un chant de douleur.

Peu de temps après qu'il eut produit ces deux chefs-d'œuvre, le même abus des plaisirs qui avait enlevé Raphaël et Annibal Carrache à la fleur de l'âge, précipita dans la tombe Pergolèse, quand il touchait à peine à sa trente-deuxième année, il n'eut pas comme eux la consolation de se voir célèbre de son vivant. Cependant, par une vicissitude étrange, ses compositions théâtrales, qui n'avaient point trouvé d'auditeurs pendant sa vie, furent récitées triomphalement en Italie et au dehors, à peine la mort eut-elle fermé ses yeux.

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I un grand nombre de compositeurs ont recherché l'élégance de la phrase musicale, on en voit peu qui se soient attachés à trouver l'accord de la musique et de la poésie. Le compositeur qui nous occupe en ce moment se voua le premier à cette tâche difficile, et entreprit de faire cesser cette contradiction choquante de notes plaintives adaptées à des paroles gaies, et vice versd. Ennuyé de ne voir partout que fugues et contre-fugues et cette manie de fioritures et d'enjolivements qui aflaiblissaient l'expression des sentiments et rendaient impossible l'émotion, le premier objet de l'art, il allecta de ne mettre dans ses opéras que des airs simples et des mélodies douces , propres à l'expression de la pensée poétique, au lieu de ces harmonies variées et de ces mignardises après lesquelles couraient les compositeurs h la mode. Cette préoccupation constante du maestro, le mérite qu'il a eu d'enseigner le premier la nécessité de marier le chant avec l'instrumentation, font de lui un modèle excellent à étudier pour les compositeurs modernes.

Giovanni Paisiello, né à Tarente vers 1741, vit, comme beaucoup d'autres, son inclination combattue par les circonstances et par la vo-

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