‹ L'Italie littéraire et artisqueChapitre 84 sur 86 · GIOVANNI PAISIELLO · texte numérisé non relu

GIOVANNI PAISIELLO

lonté de ses parents. Â la fin cependant son père consentit à ce qu'il partit pour Naples et entrât au conservatoire de Saint-Onuphre, que dirigeait le célèbre Durante. Au sortir de l'académie, il fit jouer à Bologne les opéras de la Pvpille, des Français brillants et du Monde à Venvers. Ils furent suivis d'une foule d'autres qu'il donna successivement à Venise, à Naples, à Rome, et qui firent un tel bruit, notamment la Frascaiane et les Deux Comtesses^ que Catherine II lui fit faire des offres magnifiques pour l'attirer près d'elle. Paisiello resta environ neuf ans à Pétersbourg comme professeur de la grande-duchesse, avec des appointements de quatre mille roubles. Son emploiet les fêtes de la cour n'absorbaient pas tellement ses instants, qu'il n'eût le loisir de composer les Astrologues imaginaires, la Servante maîtresse, Nitetti, Lucinde et Artemide, et le Barbier de Séville, fruits heureux d'une imagination qui conservait tout son feu au milieu des glaces du Nord. Cependant il était toujours poursuivi par le regret de l'Italie, et un beau jour, quittant Pétersbourg, il arriva à Varsovie, où il composa VOratorio de la Passion pour le roi Stanislas Poniatowski, sur les paroles de Métastase. De là il se rendit à Vienne, où Casti lui fournit le poëme du Roi Théodore, remarquable surtout par les morceaux d'ensemble et par le final. De retour à Naples, et nommé maître de la chapelle royale, l'air tiède du pays natal sembla avoir en quelque sorte renouvelé son génie. Pyrrhus, V Olympiade, CatonàTJtique, les Zingaris à la foire, attestèrent la fécondité de son imagination, et la Folle par amour montra jusqu'où il lui était donné d'arriver dans l'expression des sentiments doux et profonds. Bonaparte, justement épris du talent du célèbre compositeur, l'appela à Paris en 1801, avec le titre de maître de la chapelle consulaire, et un traitement annuel de douze mille francs. Mais la mauvaise santé de sa femme et le désir de l'air de Naples lui rendirent bientôt le séjour de Paris insupportable, et il revint dans sa patrie, où les bienfaits de Napoléon le suivirent. Aussi célébrait-il chaque année l'anniversaire de l'empereur, qui, outre les pensions qu'il lui faisait, le gratifia de quatre mille francs pour la Cantate sacrée, qu'il composa à l'occasion de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise. Mais ni l'or ni les honneurs qu'on lui prodiguait ne purent adoucir en lui le chagrin qu'il ressentit de la mort de sa compagne chérie, et il ne tarda pas à la suivre au tombeau, au mois de juin 1816.

ttumcttica Cimaritiiii.

ous venons de voir ce qu'avait été l'opéra séria en Italie ; nous allons voir à présent ce que devint l'opéra giocosa entre les mains d'un homme qui y déploya une justesse de rhythme et d'eflets scéniques, une originalité et une vivacité d'images, une richesse d'accompagnements, une variété de mélodie, une verve comique, vraiment admirables. Ce même homme ne se contenta pas d'étudier dans les macstri italiens; il emprunta à Haydn et à Mozart cesmodulations,quinese marient pastoujoursheureusement à la grâce et à la sévérité de la musique italienne. Au premier rang parmi les compositeurs, instrumentisle habile sur le violon, l'orgue et le clavecin, chanteur distingué, ce grand maestro porta à son comble la gloire de l'école napolitaine.

CiMARoSA naquit en 1754, à Aversa, dans les environs de Naples. Ses parents étaient pauvres, et leur gène s'accrut encore par la mort de son père, qu'il perdit à l'âge de sept ans. Heureusement pour l'enfant, sa mère le recommanda au frère Porzio, son confesseur , et moine antonin , qui , frappé de ses dispositions, le nourrit et l'éleva. Le frère, organiste de son couvent, jouait en outre du clavecin, et il lui arrivait souvent de chanter dans sa cellule, où l'en-

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