CONQUÊTE DE L ITALIE PAR LE PIÉMONT
zini avait fait fusionner tous les comités révolutionnaires, s’était montrée inférieure à la tâche et n’avait abouti qu’à des désastres. — 11 lui aurait toujours manqué le prestige nécessaire pour maintenir raccord entre les ambitions des provinces et pour obtenir Tappui et l’approbation de l’Europe.
Seules pouvaient s’imposer l’habileté et l’autorité d’un Cavour. Le Piémont, désormais, représentait le centre de ralliement national, rendu nécessaire par l’organisation nouvelle de l’Europe.v La croix de Savoie devint donc le symbole de toutes les espérances.
Ce fut une chance favorable aux unitaires que la présence, à ce moment, de Napoléon III sur le trône. Inscrit dès sa jeunesse parmi les Garbonari, il avait été compromis dans les soulèvements de la Romagne, en 1831, et se devait à lui-même de ne pas oublier ses engagements. Orsini, d’ailleurs, allait les lui rappeler d’une façon un peu brutale par son attentat et jusque dans la lettre sublime écrite peu d’instants avant son exécution.
Une fois assuré de l’appui de l’armée française, Victor-Emmanuel n’hésita pas à jouer la partie décisive. Il s’y décida avec sa crânerie légendaire. Après avoir signé la déclaration de guerre à l’Autriche, il se tourna vers ses ministres : « Dans six mois, dit-il, je serai roi d’Italie ou Monsu Savoie. »
L’événement se chargea de répondre.
§ 4. — La conquête.
Les troupes françaises et piémontaises triomphent à Montebello, Palestro, Magenta et Solférino. Par le traité de Zurich, ratifiant la paix de Villafranca, la Lombardie est cédée au Piémont. La Toscane se soulève paisiblement contre son grand-duc et vote son annexion.
Garibaldi, soudoyé par Cavour, débarque en Sicile, fraternise avec la population, déjà ralliée grâce à fœuvre secrète de Mazzini. Il passe le détroit et entre en triomphateur à Naples, d’où il rêve de marcher à la conquête de Rome. Le moment était tragique; le général républicain devenait redoutable pour la monarchie de Savoie, C’est alors que Cavour fit envahir les Marches et la Romagne, et que les victoires de Castelfidardo et d’Ancône sur les trnupes pontificales permirent au roi Victor-Emmanuel vainqueur de se rencontrer à Capoue avec le condottiere et de partager le triomphe de ce dernier, en reprenant la première place.
Cavour arrivait à temps pour empêcher les imprudents de tout compromettre et de s’aliéner la France par une tentative prématurée sur Rome.
Le 21 octobre, les Deux-Siciles votent leur réunion au Piémont, sans attendre la reddition de François II assiégé dans Gaëte.
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Le 18 février 1861, le Parlement, réuni à Turin, proclame Victor-Emmanuel II roi d'Italie. Comme s'il n’avait entendu que l'accomplissement de son œuvre, Cavour meurt quelques semaines après, léguant à son pays victorieux sa formule célèbre : « L'Église libre dans l'État libre. »
Rome et Venise manquaient seules à la conquête. Les successeurs de Cavour, par l'alliance avec la Prusse, obtinrent la Vénétie, et le rappel des troupes françaises, en 1870, permit à l’armée italienne d'entrer dans Rome le 20 septembre, par la brèche de la Porta Pia.