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L’ÉDUCATION DE LA JEUNESSE

§ 1. — Le personnel enseignant.

La question de Técole élémentaire est pour ritalie d'une importance capitale. En la traitant, nous ne nous plaçons pas au point de vue de l’instruction ; ce serait rabaisser un pareil terme que de l’appliquer aux rudimentaires notions de lecture, d’écriture et d’arithmétique qui doivent rester le programme fondamental de l’école primaire. La tache essentielle de celle-ci est l’éducation.

Nous entendons par éducation la formation physique et morale de la jeunesse, dans le but de constituer une Italie puissante, unie, capable de résister à tou© les éléments dissolvants qui la peuvent menacer au dedans ou limiter au dehors. S’inspirant de la devise antique : « Mens sanu m corpore », cette œuvre doit tendre, elle doit aboutir à former de jeunes hommes robustes et a créer en eux des réflexes de droiture, d’énergie,

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de loyalisme, de patriotisme tellement puissants qu’ils soient toujours prêts à sacrifier leur vie au service de leur idéal.

La première difficulté qui se présente à ce sujet, c’est le choix du personnel auquel sera confiée une telle mission.

Les ecclésiastiques qui, jusqu’à l’unification, furent presque les seuls dispensateurs de l’éducation élémentaire en Italie, n’ont plus semblé à tous, remplir complètement les conditions voulues pour être l’objet de ce choix.

On a trouvé que l’entraînement pourrait les pousser à donner trop d’ampleur à leur spécialité religieuse aux dépens des autres éléments de l’éducation. De plus, toujours en raison de leur formation mentale, ils pourraient être un peu disposés à dogmatiser, même sur les sujets qui ne le comportent pas.

Enfin l’opposition entre les déclarations politiques de la papauté et les conditions nationales actuelles de l’ïtalie mettent le clergé dans une position embarrassante.

Le fait est qu’on a cherché des ouvriers nouveaux afin de procéder à une œuvre nouvelle.

Les essais tentés pour résoudre pareil problème se sont ressentis de l’influence moderne qui domine le troisième âge, celui de la connaissance, dans lequel la raison affirme son ambition de suffire à tout.

Cette regrettable erreur philosophique domine d’une néfaste influence l’éducation de la jeunesse italienne.

§ 2. — L’erreur unir ersit aire.

Confondant l’éducation, qui doit représenter le but essentiel de l’école primaire, avec l’instruction, qui ne peut être donnée utilement que plus tard et à un petit nombre d’individus, on a voulu former un corps d'instituteurs rattachés au monde universitaire et l’on a confié la sélection et la direction de ces agents au ministère de l’Instruction publique. C’est, à nos yeux, une double faute.

A notre époque où chacun fuit le poids des responsabilités, ce ministère s’en est remis pour le choix des maîtres d’école à des concours traitant de toutes les questions, sauf des qualités essentielles qu’exigerait une telle mission, d’une délicatesse et d’un intérêt suprêmes.

Les instituteurs, recrutés de la sorte, ne représentent certainement pas une élite dans le monde de la pensée et de la culture. Néanmoins cette apparente sélection leur donne des prétentions auxquelles ne répondent pas les réalités modestes de leur situation. Aussi, la plupart d’entre eux deviennent-ils des insatisfaits révoltés contre la société marâtre qui, croient-ils, méconnaît leur

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