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SOCIALISME — SYNDICALISME

Puis, la discipline indispensable à un grand État a dû être appliquée tant à la populace des villes qu’à celle des campagnes, aussi incapables l’une que l’autre d’en comprendre les motifs et d’en apprécier les bienfaits.

Sur ces ferments de mécontentement vinrent tomber les théories socialistes. Le peuple en prit ce qu’il pouvait s’adapter, c’est-à-diré les idées rudimentaires sans aucun correctif.

Les foules accoururent avec enthousiasme vers les esprits ambitieux ou rêveurs qui se réclamaient de ces doctrines séduisantes. Mais une déception nouvelle devait encore ici heurter les espérances. La transformation sociale promise n’était ni assez rapide ni assez sensible pour répondre aux impatiences et pour satisfaire l’avidité des appétits. Le syndicalisme vint ajouter sa surenchère à celle du socialisme politique et parlementaire, dont il détourna à son profit une bonne partie des adeptes.

Les descendants des vieilles corporations tyranniques de Florence durent sentir au fond d’euxmêmes tressaillir d’aise les traditions ancestrales que le syndicalisme ressuscitait, en les accommodant aux idées modernes.

L’opposition entre socialistes et syndicalistes a été bien des fois signalée; elle se manifesta nettement au congrès socialiste de Florence (1908),

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puis au congrès syndicaliste de Modène. Lés deux influences continuent à se disputer le prolétariat.

Instruits par Texpérience, les chefs attitrés du socialisme, renonçant à baser leur espoir sur des violences inefficaces, sont devenus transformistes* Le socialisme s’est constitué en parti politique. Il lutte pour obtenir une place importante au Parlement. Il est entré dans forbite national et veut triompher par la loi conquise. Ses apôtres ont déjà enregistré quelques succès et leurs idées se réaliseront en proportion de l’expansion dynamique qu’elles pourront acquérir dans le pays.

Lé syndicalisme, au contraire, se préoccupe peu de légalité et de justice. Il ne croit qu’à la violence et attend seulement de se sentir le plus fort pour imposer sa volonté à la société. Cette volonté n’est d’ailleurs autre que d’arriver à toutes les jouissances, sans tenir compte des efforts nécessaires pour les mériter.

A vrai dire, tous les syndicats n’en sont pas encore à cette conception ; mais tous comptent sur la violence ou tout au moins sur la pression des grèves pour réaliser, soit leur programme général resté des plus vagues, soit des avantages matériels pour un corps de métier ou une catégorie d’individus.

Par une étrange aberration, on a vu des capitalistes recourir à ce moyen inventé contre eux et

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