SOCIALISME — SYNDICALISME
s’unir aux syndicalistes pour essayer, grâce à une telle coalition, d’en imposer à la machine gouvernementale.
Les riches par leur influence, la classe ouvrière par la menace de violences et de sabotages, s’efforcent d’entraîner à leur profit le gouvernement hors de la voie où devraient le maintenir le sentiment de l’équité et surtout celui de l’intérêt général dont il' a la charge. C’est un perpétuel assaut de tous les appétits individuels contre la société.
La faiblesse du gouvernement a toléré en Italie, comme ailleurs, la création de syndicats jusque parmi ses propres agents chargés des grands services publics. Employés des postes et télégraphes, personnel des chemins de fer,' instituteurs, se sont ainsi constitués en groupements grisés de l’importance qu’ils s’attribuent dans l’organisme social et faisant servir à la satisfaction de leurs exigences égoïstes les forces mêmes dont ils ont accepté le dépôt.
Cette satisfaction, du reste, n’est jamais atteinte, car aussitôt un avantage obtenu, d’autres revendications sont formulées. On l’a vu notamment à propos des employés de chemins de fer, auxquels furent accordées, il y a trois ans à peine, d’importantes améliorations constituant une lourde charge pour l’État et qui n’en menacent pas moins, à tout
l’italie moderne
moment, de se mettre en grève pour arracher de nouvelles concessions.
Les agents des services publics jouissent d’une situation privilégiée. Ils sont à l’abri des aléas menaçant tous les autres travailleurs. Ils considèrent eux-mêmes comme un grand bonheur d’entrer dans une place stable, et connaissent, en l’acceptant, les conditions qui leur sont faites non seulement pour le présent, mais pour la durée de toute leur carrière.
Par voie de compensation et au nom de la chose publique, il devrait donc leur être interdit de se coaliser et de se mettre en grève, abusant ainsi, contre la société, de la confiance qu’elle leur témoigne et des armes qu’elle dépose entre leurs mains.
Nous en sommes, hélas ! à ne pouvoir guère compter que sur les abus monstrueux résultant de cet état de choses pour produire dans le pays la réaction salutaire qui en arrêtera le développement. Sans quoi, nous verrons les magistrats suspendre le cours de la justice, pour imposer le relèvement de leurs honoraires; l’armée et la marine s’organiser en syndicats, pour réclamer une existence plus luxueuse et à l’abri des dangers de la guerre.
Le syndicalisme mène ainsi le pays vers Panarchie.