‹ L'Italie (volume 3)Chapitre 4 sur 34 · CEREMONIES DE L EGLISE. ID · texte numérisé non relu

CEREMONIES DE L EGLISE. ID

bre blanc, offraient un spectacle magnifique. -Mille cieraes dessinaient leurs formes et contrastaient leurs ombres ; quelques - uns sortaient de flambeaux dorés sur les autels des chapelles latérales , et autour des statues des papes qui , dans tout l'appareil de la grandeur humaine, sont vues dans un jour qui ajoute encore à l'effet de leurs proportions gigantesques. Les draperies cramoisi et or ombrageaient le pavé de marbre dans les intervalles des colonnes (i) qu'elles décoraient.

Au milieu de cette magnificence ecclésiastique, on voyait errer ou se reposer une population, dont les visages pâles et amaigris portaient les marques de la plus profonde misère. Les montagnards à la mine hagarde, les laboureurs , qui avaient abandonné leur cabine de paille dans la campagne, pour jouir de ces saturnales, en dormant sur ces marbres précieux, étaient mêlés avec toute la mendicité de la ville, mettant pour une nuit sous l'abri d'un toit , leur tête accoutumée à braver les injures de l'air sous des portiques ouverts. Plusieurs de ces groupes d'aspect formidable étaient assis à terre, se rapprochant les uns des autres pour se garantir du froid; et quand

(i) Ces colonnes appartenaient au temple de Junon

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on apercevait leurs yeux noirs et couverls sous le manteau qui cachait à demi leur vêtement de peau de mouton, on croyait voir un bandit prêta se jeter sur sa proie. D'autres, avec leurs femmes et leurs enfans, dormaient à moitié, agenouillés autour de la chapelle de la sainte Croix, perdus dans une stupide admiration de son éclat, distrait par la répétition continuelle de leur bréviaire, ou émerveillés devant les reliques de la maison de saint Joseph, enchâssée en porphyre. Plusieurs, étendus sur le pavé, étaient ensevelis dans un sommeil profond, oubliant également et lés richesses qui les entouraient, et le dénuement de leurs demeures accoutumées. Dans le centre de la nef, une multitude gaie et bruyante, avec des parures affectées, riait, courait et causait; elle était composée des petits marchands, des laquais, et du pnpolaccio de la ville. On remarquait à travers ces bandes les habitans d'Albano avec leurs coiffures isiaques et leur singulier costume; les ïrasteverini encore plus curieusement vêtus, et beaucoup d'Anglais distingués, portant l'uniforme de capitaine ou de colonel ( soit qu'il leur appartînt, soit qu'ils l'eussent emprunté j (i), exprimant une

(i) L'habit militaire étant un passe-port pour toutes

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