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La route continue le long de la mer; la campagne est quelquefois sauvage, mais généralement admirable par la beauté des rives ombragées par les riantes collines qui commencent la chaîne des Apennins. Fa no, quoique partiellement ruinée et négligée, quand on la voit éclairée par un soleil brillant au bord des vagues bleues, à coté de sa rivière classique ( le Metauro, site de la défaite d'Annibal par les consuls Livius Salviator et Claudius Néron), avec ses fontaines dégradées, ses stataes, ert son arc de triomphe brisé, réalise presque l'image d'une ancienne cité italienne; et dédommage le voyageur qui fait ce que font peu de ses .confrères, qui descend de voiture pour parcourir ses rues et visiter sa bibliothèque. Fano a été autrefois célèbre par son superbe théâtre, estimé pendant un temps le plus beau de toute l'Italie.
À une poste de Fano, entre la mer ^t les riches coteaux qui bordent ses riv^s, s'élève Pesaro, une des plus anciennes villes de l'i/rbinato : quoique ses rrues soient assez larges , et qu'une d'elles soit exclusivement consacrée aux palais de la noblesse , elle a un air de province, et sa place, remplie de paysans endimanchés ( parce que c'était un jour de marché), lui donnait une apparence de mouvement rus-
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tique et de gaîté, qui ne devait pas lui être ordinaire. Dans les autres parties de la ville tout était silencieux et solitaire , et la plupart des maison&nous parurent inhabitées, ou du moins, d après leur aspect, inhabitables. Pesaro a été dans l'an V de la république française, le quartier*général de l'armée d'Italie, et pour un temps, la résidence du général Bonaparte et de son état -major. Cette ville a ses églises de montre 9 ses palais, son opéra, ses tableaux, ses antiquités , son aristocratie et sa populace. Nous n'avons pas eu l'occasion de juger de sa société. La famille Perticari, qui aurait pu nous retenir à Pesaro , était à Rome quand nous y avons passé, et nous ,n'y sommes restés qu'un jour. Pesaro a cpntribué, pour sa part, à la somme des talens nationaux dans tous les siècles; elle a produit, dans le nôtre un Passera (i), un Perticari, et' il maestro Rossini.
De Pesaro la route conduit à Pologne à travers des scènes dont la beauté et la culture augmentent toujours. L'ancien caractère des Légations, toujours comparativement libres, et les améliorations modernes des Français,
(i) Le signor Passeri, célèbre philologue et naturaliste : ane de ses meilleures productions est un ouvrage sut tes FossiUs.
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sont visibles de toutes parts. Le voisinage immédiat de Pesaro est enchanteur. La prospérité rurale de l'Angleterre sous le brillant éclat du ciel italien , s'offrait à chaque pas , et l'illusion devint complète pour nous à l'aspect d'une petite ferme ornée qui attira nos regards, à droite du chemin, entre Pesaro et Cattolica, sur la grande route appelée la Pantalone. Cette ferme élégante couronne une colline , dont la pente s'élève doucement; sur sa verte surface ombragée de riches plantations 7 se dessinent les blanches murailles, les jalousies et les volets peints en vert , et les simples draperies d'un édifice champêtre , entouré de parterres et de jardins décorés d'une manière rare en Italie. Une voiture anglaise , précédée par des coureurs , passa rapidement à côté de nous pendant que nous étions arrêtés à contempler cette élégante retraite. La voiture entra dans les cours; une dame descendit à la porte du cottage... C'était la reine d'Angleterre, et cette ferme était son habitation de Pesaro, si souvent citée dans une occasion récente.
La petite ville de Cattolica, ainsi nommée pour avoir été le refuge des prélats orthodoxes qui, dans le temps du concile de Rimini, se séparèrent des ariens ou évêques hétérodoxes, n'est réellement qu'un village. A son entrée x
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en Tenant de Pesaypo, se termine le duché d'Urbin; la Romagne commence, et l'an regagne les bords.de l'Adriatique sur le chemin de Rimïni.
Cçtte ville rich£ en souvepirs historiques et poétiques, depuis le I)ante jusqu'à Pellico, ce siège de la domination féodale dé ces fiers et braves condottieri, les Malatesti, porte toutes les marques de sa grande antiquité et de son importance militaire , sous les Romains et dans le moyen âge. Les deux routes consulaires , Émilienne et Flarainienne, se terminent à ses portes. L'arc de triomphe d'Auguste qui orne la porte romaine et le pont de marbre achevé par Tibère, monumens d'un grand intérêt classique , sont entourés des preuves du pouvoir et de la richesse des chefs féodaux qui ont succédé en Italie aux dictateurs et aux empereurs.
Les Malatesti, seigneurs de Rimini , étaient des suzerains actifs et remuans. Quand ils n'étaient pas occupés au dehors à guerroyer et à spolier, ils bâtissaient et faisaient des améliorations au dedans; et les nombreuses églises et fabriques en marbre d'Itri, ruinées ou conservées, qui bordent les rues longues et étroites de Rimini , ont presque toutes été construites par eux.
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La .vieille église sépulcrale de Saint- François, qui renferme le» tombes des Malatesii, est du quinzième siècle, et c'est Fun des plus anciens et des plus intéressans édifices de Rimini, après le château et la citadelle érigés en 1446 soùs Sigismônd Malatesta. C'est à ce chef qu'un célèbre historien et architecte de Rimini (Vallurio), attribue l'utile invention des bombes et des canons ; et l'aspect formidable de cette vaste forteresse gothique, atteste son habileté dans l'architecture pailitaire.
Ce grand capitaine avait cependant drautres droits à la renommée; il a été une espèce de philosophe, de ceux que la nature seule forme quelquefois, et son hérésie à l'égard de quelques points importans maintenus par l'Église, obtint les honneurs de l'excommunication du pape Pie 11. Malatesta ayant d'abord dirigé ses argumens contre l'Eglise, tourna bientôt ses armes dans le même sens, et il répondit aux foudres du Vatican avec ses bombes et ses canons. Son entreprise fut cependant sans succès, quoiqu'il eût précédemment, étant employé au service de Venise, mis Sparte et d'autres places de la Morée aux pieds des fiers marchands de l'Adriatique. Cette race brave et hardie des mauvaises têtes (malatesta) dégénéra dans des temps moins rudes et plus corrom-
pus; et l'un des derniers de ce nom qui ait eu quelque célébrité, était un moine de Tordre des min ira es à Palerme qui a publié un vocabulaire sicilien en i665. *
Le beau et ancien château de Rimini, avec son aspect romantique ( même en dépit de la caserne papale qu'on y a établie ), n'ëftt point la demeure où la Francesca du Dante passa le tempo dei dolci sospirL Ce n'est point le site de cette faiblesse décrite avec un charme qui laisse bien loin en arrière les pages éloquentes *
de Goethe et xle Rousseau , et toute leur magie * "**-*> sentimentale. La voluptueuse délicatesse avec V/^ laquelle le Dante a peint dans un court épisode 2
les amours de Francesca da Rimini et de Paolo dei Malatesti, a été souvent imitée, mais jamais égalée, et encore moins surpassée ("i). C'est une touche qui porte l'empreinte d'un de ces génies originaux qui paraissent si rarement, et à de si grandes distances, et qui n'appartiennent exclusivement à aucun siècle.
Tout ce passage est contenu dans six vers du
(1) Pellico s'est éloigné de la vérité du fait, en conduisant son intrigue avec une extrême délicatesse : il a conservé l'innocence des amans sans affaiblir l'ardeur de leur passion. La scène entre les deux frères est d'une belle conception (scène tv , acte iv , page fyi ).
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cinquième chant de l'Enfer ; et cependant il arrête les pas du voyageur impatient quand il arrive à Rimini, et il donne à cette ville antU que un intérêt que l'arc d'Auguste et le pont de Tibère ne lui auraient jamais donné.
L'amante du brave et infortuné Paul est cependant moins connue àRimini que la savante maîtresse de Sigismond Pandolphe Malatesta, \didona ïsotta, dont le portrait paraît si effrayant sur les murs de la bibliothèque de Bologne, et dont le buste, avec celui de son amant belliqueux, remplit un médaillon parmi lesornemens d'architecture du château, Elle est aussi laide à Rimini qu'à Bologne, mais elle est encore citée, même parmi le peuple, comme ayant fait beaucoup de bien et bâti quelques édifices magnifiques. Il ne reste aucuns vestiges du palais Signorile des Malatesti dans lequel Pellico place la scène de sa tragédie; le collegio délie celïbate couvre maintenant le sol où il s'élevait.
A Pesaro et Rimini nous observâmes que la police était devenue plus rigide et plus ennuyeuse. Nous fûmes non-seulement retenus par les délais inutiles des douaniers du pape dans ces deux villes; mais dans la dernière il nous fallutpayer pour lapeine qu'on avait prise en inscrivant nos noms, etc., formalité remplie dans toute l'Italie, mais qui n'est nulle part ac-
compagnée d'une taxe, excepté en approchant de ces confins de l'État de l'Église. (1)
A dix milles de la cortese città de Bimini, et à droite du grand chemin , s'élève un rocher blanc, hardi et perpendiculaire. Il était anciennement désigné par le terme classique de mont Titan, nom commun à tous les lieux élevés, à cause de la guerre des Titans qui trouvèrent une tour de Babel sur toutes les hauteurs d'où ils voulurent défier le pouvoir de Jupiter. Ce monte Titano est maintenant le site de la seule république existant encore en Italie , la république de Saint-Marin.
La fondation de la plus libre et de la plus vertueuse des combinaisons sociales connues est attribuée à un simple et honnête maçon de Dalmatie, nommé Marino, qui dans le quatrième siècle, ayant souffert quelque persécution dans son pays, vint exercer son métier à Bimini. Dans le cours de ses promenades , à ses heures de loisir, Marino fut frappé de la hauteur solitaire du mont Titan , où il trouva une retraite sûre contre, de futures persécutions , et des matériaux pour suivre ses* an-
(1) La fuite du gouverneur de Rome, dont quelques péculats avaient été découverts , fut connue à cette époque, et accrut momentanément la vigilance de la police.
ciennes occupations. Il se tailla lui-même une maison dans ces rochers sauvages, et il arrangea un petit jardin : son adresse et ses vertus d'anachorète attirèrent l'attention de l'archevêque Gaudentius de Rimini , qui l'employa dans des missions pieuses, par lesquelles il acquit les moyens de devenir propriétaire de là montagne stérile et sauvage à laquelle il donna enfin son nom. Le rocher de Saint-Marin devint bientôt connu et fréquenté par les dévots et les amis du repos , qui , suivant l'exemple du maçon dalmate, bâtirent des maisons, plantèrent des jardins , et prièrent.
Tels ont été les premiers élémens de cette société libre et paisible qui , fondée sur une industrie constante et sur la probité, s'est conservée intacte pendant treize siècles ; tandis que les plus puissans empires , les républiques les plus magnifiques, sont tombés autour d'elle. Ainsi commença cette république qui, quoique circonscrite dans son territoire et limitée dans ses moyens et sa population, a prouvé par les vertus, la simplicité et le bonheur de son peuple, la puissante influence des institutions fondées sur les vrais intérêts et les droits inaliénables de l'humanité.
La ville de San-Marino (car le souvenir des vertus du maçon lui a procuré une apothéose)
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couronne son rocher isolé au milieu du territoire papal , porte le nom d'état libre , jouit de tous les bienfaits d'un gouvernement libre, et le mot de Liberté est écrit sur les portes et sur le portail de sa cathédrale. C'est en même temps un miracle et une anomalie dans l'ordre des choses. Les guerres d'Italie ont déployé leurs fureurs de siècle en siècle au pied de cette roche ; mais les Guelphes et les Gibelins ne troublèrent point la tranquillité de ceux qui habitaient son sommet. Les Condottieri , les Masnadieri ont rarement escaladé ses précipices, ou si les circonstances de la guerre amenaient par hasard les esclaves des tyrans féo*daux sur les hauteurs de Saint-Marin , il est remarquable que les droits de cette petite société onttoujours été sacrés, sans excepter celui que les plus puissans souverains violent si souvent dans leurs contestations , le droit des nations pour choisir leurs propres gouvernement.
La petitesse et l'insignifiance d'un territoire qui ressemblait à celui de Rome quand eHe occupait une seule de ses sept collines, et qui n'avait de valeur que par l'industrie de ses Vertueux habitans , est sans doute ce qui a protégé son indépendance. Cependant ce motif n'a pas toujours été suffisant pour garantir cette rép*v
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blique; car est-il rien d'assez peu important pour que l'ambition ne désire pas se l'approprier , pour que la puissance ne cherche pas à s'en saisir? Pendant un instant le rocher de Saint-Marin devint l'objet de la cupidité de Rome elle-même, et sa ruine fut presque achevée par un petit tyran délégué, le cardinal Alberoni , légat du pape pour la Romagne, dans laquelle la république de Saint-Marin est enclavée (i). Ce hautain porporato conçut, dans son château de Serravalle , une haine invincible contre la petite république qui , seule dans l'étendue de sa juridiction , refusait de reconnaître son influence, de rendre hommage à l'orgueil ecclésiastique d'un des plus puissans princes du conclave. Son premier acte d'injustice fut d'accorder sa protection à une bande de malfaiteurs , condamnés par le gouvernement de Saint-Marin pour des crimes qu'il se trouvait rarement obligé de punir. Il demanda leur pardon, et le peuple de San- Marino le refusa.
(i) Voyez l'intéressante Histoire de la république de Saint-Maqn , par le plus distingué de ses citoyens , le chevalier Melchior Delfico , des mains duquel l'auteur de ces essais a eu le plaisir de la recevoir en 1820. t!ette Histoire a été publiée en 1804, sous le titre de Membrie storlche dalla republic a di San^Marino , etc.
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Ce fut alors qu'abusant de la faiblesse et de la crédulité du pape Clément xn , il insinua qu'il était de bonne politique de réunir au saint-siége, Saint-Marin (qu'il représentait, comme une autre Genève, ennemie naturelle de Dieu et du pape) ; et il obtint facilement la permission de placer cette république sous la protection de l'Église , et d'ajouter ce rocher aux vastes domaines pontificaux. Avec ce bref de conquête , le cardinal Alberoni sortit de son château de Serravalle, en octobre 1739, à la tête de ses troupes, composées des bandits des montagnes environnantes , et de quelques sbires romains et soldats du pape. Ayant séduit un paysan qui le conduisit, par un chemin qui n'était point gardé , sur le rocher de Saint-Marin, il parut tout à coup la nuit au milieu de la petite ville, à la grande consternation des habitans qui ne se doutaient de rien. Il prit possession du petit nombre de postes de défenses qu'ils avaient, et le matin suivant il rassembla le conseil et les chefs du peuple dans la grande église, où, comme ils l'appellent, l'église du saint protecteur de la liberté , San- Marino.
Ce fut dans ce temple dédié à Dieu et à la Liberté , qui était alors entouré d'une troupe armée, que le cardinal, au milieu d'une congre-
gation désarmée, ordonna aux habitans de reconnaître le pape comme leur souverain f ée renoncer aux formesde leur anoien gouvernement, et de prêter le serment de fidélité que lui-même allait dicter. Le capitaine Giangi, l'un des principaux personnages de l'état , s'avança de quelques pas, et après avoir écoulé la formule de ce nouveau serment d'allégeance, dit d'une voix forte : Je jure fidélité au prince légitime de cette république , àSan-Marino. Ce serment fut répété par ses amis qui l'entouraient., Evviva San-Marino ! ewwa la liberta ! retentit dans les ailes de la vénérable cathétir aie, et le peuple, hors des murs, y répondit par des cris mille fois répétés. Ce cri national d'un peuple libre, entendu pour la première fois , étonna le ministre du despotisme ; sa consternation fut suivie d'une rage impuissante, et il se vit enfin obligé à descendre la montagne aussi vite qu'il y était monté.
Le mauvais succès d'Alberoni fit que personne n'osa le défendre à la cour : le pape, le cardinal -secrétaire, la curia Romana, tous étaient honteux d'une infâme entreprise.... qui avait manqué! On fit faire des excuses aux citoyens de Saint-Marin , sur la conduite du légat; tout l'odieux de l'affaire fut rejeté sur lui ; et Alberoni , transféré de la légation de
Romagne à celle de Bologne (sa ville natale), publia des volumes pour sa défense ou pour calomnier les citoyens de Saint -Marin, mai» peu de personnes les lisaient , et aucunes ne les croyaient, (i)
Depuis ce moment on laissa la petite république jouir en paix de ses vertus et de sa liberté, jusqu'au temps où vers la fin du dernier siècle les armes des Français parcoururent l'Italie et brillèrent jusque sous les rochers élevés de Saint^Marin. Les plus anciens républicains du monde considéraient du haut de leur roc , les armées de la nouvelle république française; et, respectée par les envahisseurs révolutionnaires , San-Marino ^ si long-temps une châsse de la liberté, isolée au centre du plus puissant despotisme de l'univers) se trouva tout à coup une république dans une république 1
Quand le général en chef de l'armée d'Italie marcha sur la Romagne, en conquérant, on
(i) Les scribes romains payés par Alberoni pour dé-, fendre son agression honteuse, justifiaient sa conduite en disant que Constantin et Gharlemagne avaient fait présent de Saint-Marin au saint-siége , et l'avaient jeté dans la balance avec les autres grands domaines, comme un léger poids pour la faire pencher.
dit que, jetant les yeux sur un rocher nu et stérile, éclairé par le soleil couchant, qui se distinguait seul dans l'immensité de l'espace, il demanda son nom ; on lui répondit que c'était Saint-Marin : Bonaparte s'arrêta, et contemplant le site sauvage où pendant treize cents ans la liberté avait trouvé un asile au milieu de ces roches agrestes, lui qui avait déclaré la guerre à tous les despotismes de l'Europe et qui devait bientôt les voir tous prosternés devant le sien , résolut de respecter une républi-* que dont l'exemple avait été aussi beau qu'inutile pendant le cours de tant de siècles , et qui paraissait comme une abstraction sublime. Un fait encore plus singulier , c'est que Napoléon qui ne passa jamais en Italie les confins de la Ro magne 'et refusa d'aller à Rome, voulut voir San-Marino, et la visiter au nom de la grande nation (car elle était grande alors) , qui marchait en apparence à l'empire universel. Mais comme les circonstances de la campagne le retenaient à Pesaro, quartier -générai de l'armée d'Italie, dans son impatience de témoigner son respect à cette république, et même, dit-on , d'obtenir le suffrage de ses dignes citoyens, il écrivit à son gouvernement, et par Berthier et de sa propre main ; et pour hono-
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rer le mérite intellectuel d,e ce peuple (1), il lui envoya au nom de la république française une députation à la tète de laquelle était le célèbre Monge,de l'Institut national, et de la commission des arts et des sciences en Italie (2).
(1) « J'ai vu à peine un seul homme dans cette ville, qui n'eût pis au moins quelque légère teinture de Savoir > le médecin actuel (la quatrième personne de l'état) est un homme plein d'esprit , qui connaît parfaitement nos auteurs, Harvey, Willis, Sydenham, etc. etc. (Addison's haljr, p. 60. )
(2) Les notes qui furent envoyées entre Bonaparte et la république de Saint -Marin, sont trop curieuses et trop caractéristiques du style et des manières des premiers et des meilleurs temps de la révolution française , pour qu'il soit nécessaire de faire aucune apologie en les ajoutant à la fin d'un ouvrage déjà si volumineux.
ARMÉE D'ITALIE. Au quartier-gëoëral de Pesaro , le 19 état-major général. pluviôse an y de la république fran-
' ■ v1 '" f çaise, une et indivisible.
Le général de division , chef de l'état-major.
Le général en chef Bonaparte députe le citoyen Monge, commissaire du gouvernement français pour les sciences et arts, auprès de la république de San-Marino, pour l'assurer de la fraternité et de l'amitié de là république française. Alex. Berthier.
Discours prononcé de la part du général en chef , etc. a la république de San-Marino.
La liberté qui , dans les beaux jours d'Athènes et de Thèbes , transforma les Grecs en un peuple de héros , et