‹ L'Italie (volume 4)Chapitre 2 sur 25 · IV. i · texte numérisé non relu

IV. i

Cachemire; du grand Lama, au Thibet; d'Isis, en Egypte; de Jupiter, en Grèce, et de saint Pierre, à Rome, ont. vu célébrer des mystères destinés à éblouir les hommes plutôt qu'à rendre gloire à la Divinité. Le système religieux des Juifs paraît avoir été le plus chargé de formes, de cérémonies, le plus pompeux dans ses décorations. La politique de leurs grands-pretres tourna quelquefois contre leur pouvoir même; car le peuple, qu'il dominait par le moyeu des sens et de l'imagination, devint enclin à l'idolâtrie, et curieux de pratiquer les rites des superstitions étrangères. Le divin fondateur du christianisme vint réformer cette corruption, simplifier les rites de l'église de Moïse,» et .mettre à la place de vaines cérémonies entachées de plusieurs crimes , et discréditées par plusieurs absurdités, une religion dont le • dogme fondamental était paix et bonne volonté à tous les hommes, et dont la principale cérémonie était empruntée des sentimens sociaux (i), représentée par le plus simple et le

(i) Le dernier souper , le plus beau , le plus touchant de tous les rites religieux , le seul qui ait été laissé par notre Sauveur , qui n'a jamais pratiqué ni imposé la céV rémonie du baptême , à laquelle cependant il s'est soumis dans sa douceur. , >

CEREMONIES DE l'ÉGLISE. 3

plus social de tous les actes* Il n'éleva point d?églises; il paraît même qu'on le vit rarement entrer dans celles des, Juifs, et que, quand ikde faisait, c'était pour improuver le système , et empêcher les pratiques par lesquelles leur splendeur et leur puissance temporelle étaient soutenues. Il n'autorisa «qu'un seul sacrifice, et il fut lui-même la victime; il n'érigea point d'autels ; il ne décora point de châsses, car il prêchait dans le désert c*u sur la montagne. Il ne revêtit point ses disciples de pourpre et de fin lin , mais il montra son mépris pour de tels moyens de captiver l'attention, quand il désigna la fleur des champs qui venait de s'ouvrir à ses pieds, déclarant que Salomon dans toute sa gloire n était pas vêtu comme un de cçux-cL II n'a laissé aucjin^ modelée de mitres épiscopales, de tiares pontificales ; la sienne était une couronne d'épines. 11 n'ordonna aucune procession, aucune^ actions de grâces rendues publiquement. Il borna les communications privées de l'homme avec son Dieu à deux ou trois; mais il approuva beaucoup celui qui évite toute publicité dans les offrandes de son cœur au ciel, et qui élève dans une retraite profonde cette courte et simple prière , si conforme aux besoins , à la faiblesse, à la dépendance de notre espèce, la seuk

prière qu'il ait dictée., k seule qu'il soit né-* cessaire de proférer. Son système, fondé sur les lois de la nature et l'immuable vérité morale, et consacré par la divinité d% sa mission , a été fat^l à toutes lés églises politiques existantes alçrs. Les hiérarchies de Moïse et de Jupiter, ppçr ^squeilçs il était également dangereux, s'y opposèrent également; les Juifs et les gentils s'usent, pour la première fois , par un rçiutnel intérêt ; et celui qui désapprouvait, V?Ê dénotions des temples de Jérusalem et d'Çphèse, fut persécuté, condamné çt crucifi^. Une religion naquit dans le cours 4^s âges suivais, une religion qui, prenant le nom et quelques-unes des doctrines du christianisme, y joignait un rituel pompeux et ceréipoçieux au-dçlà de tout ce qu'Athènes ou Jérusalem avaient jamais contemplé. Elle attaquait; tous les, $e#$ , elle s'adressait à tous les seutimens, enivrait l'imagination , mettait la maison eu défaut, ^devint le devoir et la récréation, 1# source des peines et des plaisirs d# ses wivans. De nouvelles relations dans la société, liées, avec de nouveaux intérêts , rora- 'pirent enfin son unité , et diminuèrent son influence; mais si dans les diverses branches qui sortirent du tronc «îateçnel un dogme était rejeté, ou un mystère nié, le principe

ciRÉMOWIES M LEGLISE. 5

restait le mêtne, et les formes n'éprouvaient que de légers changemerts. Saint-Paul de Londres ne diffère de Saint-Pi^re de Rome <jue par le degré ; fet l'archevêque dtêC&ntorbery dans son palais , i'évêque de Durham sur sén trône , n'étaient que des modificatidiïà deapbntifes du Vatican ou des patriarches de Saint-Pétersbourg. L'Église a toujours ëtl iâ même, soit grecque, soit romaine, soit anglaise; fastueuse dans ses formes,, exclusive dans ses principes , arrogante dans ses prétentions , ayant d'abord visé aii pouvoir universel , et s'ètarit contentée ensuite de partager la domination quelle ne pouvaiè pas posséder tout entière. Dans toutes ses phases elle a été ennemie de la liberté, surtout dedfcfite liberté contre laquelle ses ministres s'élevèrèiit ptibliqtîefnènt daiiS les jbûrs leà phis éclaires de. là hation là pliiè éclairée , la liberté de conscience, (i)

(i) Voyez là pétition contre l'ordonnance pouf la liberté clé conscience , présentée à Jacques a par les sept évêquest , qui déclaraient <fue leur sainte mkre l'Église d'Angleterre était incontestablement loyale , etc. etc.

Les persécutions de l'Église romaine sont parfaitement conséquentes à son système d'infaillibilité , tandis que le* Églises réformées, en s'élevant contre la liberté de conscience , militent contre le principe fondamental de leur doctrine, La solution de cette contradiction est aidée à faire. Les doctrines des deux Églises diffèrent , mais les.

Page 1