G ROMS
Les cérémonies de l'Église de Rome, ravivées à l'époque actuelle, dans toute leur splendeur primitive* étonnent les spectateurs protestans par leur ressemblance avec les rites plus modestes de leur religion. Ils peuvent se rappeler, sous le dôme de Saint-Pierre, le service de la nef de Westminster, et la chapelle de Saint- James au milieu de l'élégance royale de celle du Quirinal: l'anniversaire de l'Epiphanie, célébré (i) dans l'une et dans l'autre, avec une
intérêts temporels de la hiérarchie sont les mêmes dans Tune et dans l'autre.
(i) Pendant que nous étions à Rome, un Anglais nous envoya le Courrier qui venait d'arriver , et le premier paragraphe sûr lequel noua jetâmes les yeux , était si exactement semblable aux nouvelles du Diario di Rotna que nous avions laissé pour lire le papier anglais, que nous nous trouvâmes réduits à l'alternative offerte par' le montreur de marionnettes , qui , lorsque deux écoliers lui demandèrent laquelle de ses deux marionnettes était le pape ou l'empereur, leur répondit : Celle qu'il vous plaira , messieurs , celle qu'il vous plaira. Voici le paragraphe : « L'anniversaire de l'Epiphanie était hier; et on l'a célébré à la manière accoutumée , dans la chapelle royale de Saint- James. La cérémonie de présenter une boîte d'or avec de l'encens et de la myrrhe , en imitation de l'offrande des sages de l'Orient , a été remplie ; deux huissiers de la chambre du roi l'accompagnaient (c'étaient les sages). Apres quoi une hymne appropriée à la circonstance a été chantée , etc. etc. »
CÉROIONIES DE l7 ÉGLISE.
égale pompe , rappelle les temps des Grégoire^ et des Wolseys. Les soldats de Cromwell appelaient le service de l'Église anglicane la messe en anglais. C'est une vérité qu'il est impossible àp nier quand on lit les trois offices de l'Église romaine réunis dans le rituel du matin de l'Église protestante. Elisabeth disait en . plaisantant à son concile de Trente : « Les «c Anglais aiment les prières ; il faut leur en « donner suffisamment; » et on leur en a donné suffisamment Si "dans les temples romains la musique est plus belle , les décorations plus brillantes , les habits plus magnifiques, les formes plus multipliées; si, au lieu d'anges de bois d'acajou, avec des ailes colées derrière leurs oreilles, au lieu de la psalmodie nazale des clercs et des enfans de la paroisse, les séraphins de Raphaël et la musique de Pergolese sont vus et entendus partout, on doit se rappelé* que l'Italie est le pays dés arts, et que l'Angleterre ne l'a jamais été. Cependant sps ecclésiastiques font aussi tout ce qu'ils peuvent pour arriver à l'âme par les sens. Chaque église de campagne a le dossier de son grand autel peint avec un soleil jaune ou un œil brillant; et toutes les chaires , drapées en velours et en or, sont pourvues sur le Vebord d'un coussin d'édredon pour recevoir la main orthodoxe dont
les ërguménà fràppàrts contré les pompes et les vanités de ce mbndè pervers , sont ainsi trèscuriëtiSéiiàefit cdrtimentés. (i)
(i) Les presbytériens du temps de CronweH ont ouvertement accusé l'Église anglicane d'idolâtrie. Leur observation solennelle des fêtes de Noël était (disaientils) du papisme tout pur , et contraire à une ordonnance par laquelle il était défendu d'observer plus long-temps les rites superstitieux de là Nativité. La prière pour le roi (qui était alors papiste) ou pour tout autre souverain , était, suivant eût, une invention hntnainé qui n'était nullement fondée sur les Écritures. Tous les mémoires particuliers de cette époque, et ceux d'Évelyn, plus plaisamment que tous les autres , montrent combien les protestaus orthodoxes* d'Angleterre étaient alors catholiques et romains, et dâiis les formes, et dans IèS discours. Où les entendait perpétuellement parler dé leur sainte mère F Église; àe V Église persécutée, etc. Eve* lyn lui-même est saisi d'horreur , parce que , dans usé occasion , le Benedicite né fut pas prononcé comme il l'est maintenant dans toutes les églises catholiques du continent; et il regarde comme un sacrilège queCromwell ait dîné avec le lord-maire le mercredi des Cendres. Cependant tonte sdri Orthodoxie dàh* l'Église anglicane est mêlée d'ùnè màtiiëre trës^livèrtissàntè avec &a fidélité notoire pour les papistes Stuarts et sa joie du retour de son parti. « J'ai diné à la cour , et j'ai remercié 0ieu des grâces qu'il avait faites à moi, à l'Église et à la nation. Ce soir, S. M. m'a promis de placer ma femme tomme dame d'atours auprès de la reine. » Cela est impayable!!!
CÉRÉMONIES DE LJÉGLISE. 9
Si l'on admet moins4 de formes et de cérémonies, si l'on observe nioins de jottts de fêtes en Angleterre, on ne doit pas en faire un mérite à l'Église, mais à la nation dont les habitudes laborieuses et le bon sens se sont opposés aux désirs des ihinistres et de la hiérarchie du temps. Travaillant potttf soutenir leur fatnille ou défendre leu* patrie dans l'intérieur ou à l'extérieur, ils laissèrent, comme ils le font encore, l'observance des fêtes et des jeûnes f et les offrandes d'encens et dé myrrhe dans des boîtes d'or à ceux qui fréquentaient les chapelles royales , aux évêques de Londres , aux huissiers qui jouent le rôle des sages de l'Occident À Home, au contraire , le peuple, absolument dénué d'intérêt dans les affaires publiques , et condamné à la pauvreté et à l'inertie par ses institutions politiques, chercha des ressources , et trouva presque sa seule distraction dans la célébration des cérémonies prescrites dans tin rituel conforhie aux vœux des dernières classes, et qui augmentait l'influence ecclésiastique en perpétuant les eri*eurs qui en étaient la base. Ce dictum de l'Église paraît vtài dans les deuk exemples : le relâchement dàhb les pratiques extérieures dépend du plus ou moins d'instruction du peuple.
Les superbes et splendides cérémonies de