‹ L'Italie, ses beautés et ses souvenirs [microforme]Chapitre 2 sur 8 · BEAUTÉS NATURELLES · texte numérisé non relu

BEAUTÉS NATURELLES

Traverser de vastes plaines, :yra— vir les flancs escarpés des montagnes, fouler sous un soléil-de juitlet les éternelles neiges de ‘leurs cimes al tiéres ou s'approcher, la nuit, ‘e leurs cratères en feu, descendre dans les vallons, pénétrer dans'les noires cavernes, dans les grottes merveilleuses, voguer sar les làcs, survre:

le cours des rivières, admirer ‘ies:

brryantes cascades, se perdre dans les allées ombreuses des grands bois, écouter dans le lointain les puis:

santes voix de la mer, lorsque les vents creusent la vague. la soulèvente!’ la brisent contre les fa’ aises de la côte, marcher sur la plage dé.

serte, cotoyer les bords escarpés, bref, visiter un pays et le visiter dans tous les détails que je viens d’énumérer :

“Voilà ce qu'il faut faire pour êt-e ”

capable d’en parler ‘sciemment.

C’est aussi un peu ce que nous avous fait. Je n’ai pas toutefois la prétention de vous décrire en détail toutes les beautés natur“llés que nous présente l'ftalie. ‘Il me suffira, Je crois, de vous faire part des im-

pressions qu'ont fait naître en moi la vue ét la contemplation de ce qu on est convenn d'appeler les mer.

veulles de cette contrée.

lä plus étonnant, au témoignage même de tous les Italiens, c’est la baie de Naples. Le pano- » ratma déNapléSiestiéeplus magni- » fiqué de: l'Éurope, dit lauteur des » Trois Rome, et il serait le plus » beau du monde si celui de Cous- » tantinople ne lui était supér‘eur.»

Ces: évidemment vouloir ignorer les incomparables panoramas du Nonveau-Monde. Après avoir donné ure très jolie déscri,tion des beautés que cont-mple l'œil au voyageur du sommet élevé du Couvent des Ca-

| maldules, situé an nord de Naples

et dominant la ville: «Ajoutez à » tout cela, dit Mgr Gaume, un cie!

«d’'üne magnificence peut - être «unique at monde; puis, si vous «êtes artiste Saisissez vos pinceaux «et bientôt vous les briserez de dé- » SESDOIT, »

A ce compte là on pourrait facilement expliquer la rareté des artistes peintres dans notre pays: en face des merveilleuses beautés qu’une

nature prodigue étale chaque jour et partout à leurs regards, de désespoir ils brisent leurs pinceaux avant de pouvoir,s'en servir.

Mais quel est à Naples ce panorama splendide qui fait de l’ancienne Parthénope la plus belle place du. vieux monde ? Il était quatre heures de l'après-midi, le 7 juillet dernier, lorsque nous arriväines, mon pèreet moi, à l’atbe-go dr. Roma, Strada Sa:ta fucia (hôtel de Rome, rue Ste-Lucie.) Nous eûmes une chambreavec balcon qui donuait sur la baie de Naples. de la vois encore celte baie enchanteresse qui étend devant nous sa

nappe azurée et dort les ondes mol-

leusent soulevées par la brise du £oir' vieunent mollement aussi soupirer au pied du roc leur plaintifet éternel murmure: Voulez-vous la couuaître dans tous les ‘étails de sa ravissante, beauté ? : Rien de pius facile La nature nous offre tout autour de notre ville :un spectacle nou uioins eucharteur. Ahkons un igstant sur la terrasse Froutenac, tournous l'aiguille du compas d un quart de cercle vers l'ouest et supposons que le Nord soit désormais à à Québer, le sud à St-Josepa de Levis, , l'Est à Beauport. Reculez l'ile d'Orléans.qusqu'à StaMichel

soudez la au Chäkéau Richer : faises, disparaître St- Joseph et Beaumout.,.

St Charles et St: Michel : que ce soit là .la mer immense, à perte de vue.

Supprimez la ville de Lévis jusqu’à la station de $t-Henri et toute cette partie de Si-Romuald et de St-Henri qui se trouve sur la rive droite de la rivire Etchemun Parrez le fleuve entre $t-Romuald et Sillery, agrandissez enfin le port de Québec en lui donnant ainsi un diamètre de cinq lieues. Et maintenant aplanissez celte rive nord qui court de Québec au Château Richer ; qu’elle s’incline et descende en une douce pente jusqu’au niveau. de, notre grand fleuve ; comblez cette large et profonde Achancrure que.Pon voit là bas, à gauche, et où tombent, d’une hauteur ds-240 pieds, ‘blanches d’écume, les frémissantes ondes de la belle rivière Montmorency.

ct

Debout sur la terrasse, nos pôuvons maintenant contempler le joli spectacle qui s'offre à notre vire :

c'est celui de Naples etdes pays qui l’'eacadrent.

À notre gauche, un éheémin suit les contours du rivage, traverse la partie est de la ‘ville ‘et continue à Portiei (la Canardière), puis à Résina (Beauport) bâtie audéssus de lancienne ville d'Hérculanum qu’une couche de lave épaisse de 70 piede dérobe à 108 regard: Là (entre l'église de Béauport'et les chûtes Montmorency),nous souminmes au pied du Vésuve dont le cratère larice vers le ciel, pendart le jour une épaisse colonne de fumée, et qui lé soir couronne son sominet d'une gerbe lumineuse, en même t:mps qu'il vomit sa brûlante lave qui tracé sur sou flañe nn sillon phosphorescent.

Plus’ loin, en suivant toujours la circonférence de gauche à droite, nous arrivons à Fompéi (l Ange Gardien), Frompéi que les cendres ti: candescentes du Vésuve ont engloutie er l'an 79 de l’éfe chrétienne et qui, depuis cette époque, est restée penuarit dix-huit siècles enfouie dans son linceul, étouffée dans ce ugubre manteau que lui jeta la main du Die courroucé mais qui aujourc'hatsort ent ment de terre pour rrontrériä nos regards étonnés cette vieille civilisation et cette profonde corruption du peuple romain aux premiers jours de sa décadence. Plus loin encore (au Château Richer), c’est Castellamare, qu a pris la place de l’ancienne Stabiæ, détruite en même temps que Pompéi. Puis vient Sorrente St-Jean Ile d'Grléans), la patrie du ‘Tasse, bâtie sur une haute lalaise et qui termine cette première partie de la circonférence. Un jeu à droite de forrente. dont elle est séparée par la: mer (entre StJean et St-Michel) et en face de Naples à l’autreextrémité du diamètre decinq lieues, s’élance du sein des ondes et à une hauteur de 1800 pieds, la charmante et fameuse ile de Capri. Sur sa p inte orientale, Tibère avait fait construire son célèbre palais ; dans les flancs de ses âpres falaises, sans effort aucun, Jieu a creusé une

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