A FRASCATI
Quel accès de gaîté nous prit hier, dans le vieux petit tramway qui nous conduisait hors de Rome, vers les collines, vers Frascati? Un compagnon de route m'a rejomt; mieux qu'un compagnon, un ami. Journaliste en vacances, ce Milanais va visiter la Sicile, qu'il ne connaît pas, et s'arrête à Rome, qu'il ne connaît guère. Il a l'air, lui aussi, d'un étranger en promenade; il fait un voyage d'exploration, plein de découvertes : chaque découverte excite son humour d'homme du Nord, et ses yeux brillent de plaisir derrière son lorgnon. L'amitié, le soleil, l'excursion, l'air libre, et je ne sais quel démon, nous mirent en tête une gaîté puérile que tous les détails de la route entretenaient, qui gagna nos voisins, et qui nous rendit parfaitement heureux.
Que nous étions bien, à l'auberge oii l'on lit durer deux heures notre déjeuner! Notre optimisme résista même à cette épreuve, tant il était
solide. Sans compter qu'il y eut un intermède fourni par l'arrivée de nouveaux riches, qui nous donnèrent la comédie. L'homme invita son chauffeur à s'asseoir à sa table, de façon que nul n'ignorât qu'il avait un chauffeur. La femme fit manger son chien dans son assiette ; elle portait aux oreilles de si gros diamants, qu'il était clair qu'elle avait tous les droits. Mon ami était fort scandalisé, prétendant qu'on n'aurait jamais vu pareil spectacle à Milan : et je l'assurais, pour mon compte, qu'on pouvait le voir tous les jours, en tous pays, dans les heureux temps de l'aprèsguerre. Le fait est que nous avions affaire à des nouveaux riches de la bonne espèce. Lorsque l'hôte leur apporta du beau vin blond de Frascati, ils lui demandèrent avant de l'avoir goûté s'il n'en avait pas du « plus meilleur. »
Après avoir erré sur la place coquette, où nous prîmes le frais sous les platanes ; après avoir vagué par les rues, et poussé jusqu'à l'église, il nous fallut bien remplir notre devoir de touristes, et songer à visiter une des villas célèbres qui sont parmi les curiosités du lieu. Sans hésiter, nous choisîmes la plus proche, et c'était la villa Aldobrandini. Une ruelle ;sordide, un raidillon, une grille: et nous nous trouvons dans un décor de rêve, devant le palais le plus majestueux, au milieu du parc le plus paisible et le plus grave. On dirait le jardin de la Belle au bois donnant : la Belle repose sans doute derrière les fenêtres gril-
LiTAUE ET l'Étranger 143
lées de cette villa massive comme une forteresse, et harmonieuse cependant. La nature y est recueillie; si la mousse n'étouffait nos pas dans les allées, nous profanerions ce grand silence ; on n'entend que le murmure des eaux, qui s'échappent inlassablement des fontaines baroques ; et ce murmure même est discret et doux. L'automne doit se plaire en ces lieux, sous ces bosquets aux feuilles fauves, près de ce bassin verdâtre où dort une barque de pierre. Nous allons vers les terrasses, vers les balustrades qu'ornent de grands vases patines par le temps ; et dans nos âmes déjà pleines de révérence, nous faisons entrer l'immensité du paysage qui s'étend devant nous. Au premier plan, et comme sous nos pieds, Frascati avec ses toits grisâtres, sa place fleurie, ses palmiers ondoyants, et son chemin de fer qui, vu de cette hauteur, a l'air d'un jouet pour enfants ingénieux. Tout de suite après s'étend cette triste campagne romaine, qui n'a pu se débarrasser encore de la marque que Chateaubriand a mise sur elle ; aussi morne, aussi solitaire que lorsqu'il la découvrait, il y a cent vingt ans.Elleestdominée,cetaprès-midi, parunciel malade aux reflets changeants; des nuages noirâtres, ourlés de blanc, y glissent avec lenteur, projetant des taches d'ombre sur le sol dénudé. Au lointain, le fouillis des maisons de la Ville ; et surgissant au milieu d'elles, le dôme de Saint-Pierre, cette pierre milliaire de la chrétienté. A l'Ouest, la mer d'Ostie : le soleil vient la frapper par une éclaircie,
et elle étincelle comme les écailles dorées de quelque poisson monstrueux.
Alors, notre gaîté est devenue mélancolie; et cette mélancolie encore nous était douce. Mais voici qu'une amertume s'est élevée du fond de nos âmes. Elle ne naissait pas sans raison, cette aigreur qui pour un temps troubla l'accord de notre amitié ; elle traduisait le malentendu qui séparerait pour longtemps nos deux pays, si nous n'y prenions garde. Gomme nous sortions de la villa Aldobrandini, nous avons croisé des trappistes allemands, qui de leur couvent descendaient vers Frascati. Mon ami me demanda si nous professions toujours, en France, la même hostilité envers les Allemands, excessive à la vérité ; et si nous ne reviendrions pas bientôt à des sentiments plus humains, nécessaires à la pacification de l'Europe. Je lui demandai, en échange, s'il ne préférait pas réserver sa pitié aux victimes desdits Allemands, à nos quinze cent mille morts, à nos villes détruites. Là-dessus, piqué, il me répondit que les Français étaient toujours les mêmes, qu'ils ne se lasseraient jamais de faire valoir leurs sacrifices, lesquels étaient grands, certes, mais non pas supérieurs à ceux des autres peuples, à ceux de l'Italie, par exemple. Et ce fut, peu à peu, l'habituel reproche : que l'Italie en avait assez d'être traitée par nous en sœur cadette ; que ce rôle de servante, que nous prétendions lui faire éternellement jouer, la révoltait, à la
L ITALIE ET l'eTRANGER 145
fin. En vain je lui affirmais qu'une telle attitude était bien loin de notre pensée : il frémissait ; et le point sensible étant touché, il répétait ses propos sur la France vaniteuse, inamicale, hostile. Vexé à mon tour, je déchargeai mon cœur. Je prononçai le vilain mot de jalousie; je lui dis que cette passion-là, pour peu avouable qu'elle fut, expliquerait bien des choses. Je lui dis que notre patience, si peu compatible avec notre caractère et pourtant si manifeste, risquait de s'épuiser, après tant de provocations venues de l'Italie. Que serait-il arrivé, si nous avions retenu seulement le quart, seulement la dixième partie des propos lancés contre nous? Si nous avions rendu calomnie pour calomnie, insulte pour insulte ? Si nous avions interprété les ofTenses comme telles ? Si, à des gestes de violence, nous avions répondu par une violence égale? Mais il ne voulait rien entendre ; et nos mots cherchaient à devenir blessants.
Or, dans le temps même ofi nous pensions nous aimer moins, notre affection profonde, attentive au danger, travaillait obscurément dans nos âmes. Elle agit sur lui ; elle lui inspira de dire qu'à cette étrange époque, où aucun peuple n'est heureux, les amours-propres sont excessifs, et les sensibilités maladives : j'en demeurai volontiers d'accord ; et aussitôt j'avouai que dans notre dure épreuve de près de cinq années, nous étions devenus plus brusques et plus susceptibles à la fois.
— Ah ! me dit-il d'un ton radouci, si seulement la France et l'Italie n'étaient pas si proches! si nous n'avions pas de frontière commune ! Si un détroit, un tout petit détroit nous séparait, par la permission du Ciel! comme nos relations seraient plus calmes î
— Ah ! lui dis-jeen souriant, comme nous nousentendrions mieux, si notre langue vous était moins familière ! si vous n'étiez pas si attentifs à la moindre phrase du plus insignifiant de nos journaux ! Les choses désobligeantes que disent de vous les Allemands ou les Anglais, vous ne les comprenez guère ; et c'est bien heureux pour vous ; car chaque jour, vous auriez à vous fâcher tout rouge. Qu'un Français se permette seulement une plaisanterie, un mot, et il est perdu. Les philosophes nous ont enseigné que, pour s'aimer un peu plus, il fallait se connaître un peu moins.
— C'est vrai, dit-il d'un air affable ; je n'y avais pas pensé. Mais écoutez ceci. Vous vous plaignez de ce que nous nous en prenons à la France, toujours à la France : et tout au contraire, vous devriez vous en féliciter. Car, enfin, on ne récrimine que contre ceux qui en valent la peine : qu'importent les propos des indifférents? Même si je le comprenais, un Patagon pourrait me dire ce qu'il voudrait sans m'émouvoir. Mais si c'est mon frère ou mon cousin qui me parle mal, je bondis aussitôt. ]Nous ne vous critiquons que par sympathie. Le jour où nous ne vous ferons plus
l'italie et l'étranger 147
de reproches, méfiez-vous : ce jour-là, vous nous serez devenus étrangers...
Je lui réponds que nous préférerions peut-être une faveur moins exclusive et une sollicitude moins jalouse. Mais il est hors de doute que s'il est un nom qui retentit partout en Italie, depuis les Alpes jusqu'à la mer, souvent pour le blâme, rarement pour l'éloge, toujours présent et vivant, — c'est le nom de France.
Ainsi nous nous retrouvâmes; et notre accord fut, comme notre discorde, l'histoire de nos deux peuples qui se répétait en nous.
sous LE CIEL DE ROME
Sous le ciel de Rome, les choses ne se passent pas tout à fait comme à Paris. Personne ne pourra qualifier cette vérité de paradoxale : c'est parce qu'on l'oublie, cependant, que naissent beaucoup de malentendus; et les malentendus engendrent les inimitiés.
Parmi tant de mots qu'il est difficile ou impossible de rendre en français, il y a le sfogo : au moins peut-on l'expliquer. Agité par quelque émotion forte, l'Italien ne cherche pas à se contenir ; au contraire, il faut qu'il manifeste extérieurement sa colère ou sa joie. Si c'est de la colère, il entend, parbleu! s'emporter tout de suite ; elle lui monte à la tête comme une ivresse subite ; il est du premier coup au paroxysme de la passion. Il ne ressemble pas à ces peuples qui commencent une discussion avec calme, se montent progressivement, et arrivent ainsi à une sorte de fureur concentrée. Au contraire ; comme
l'italie et l'étranger 14î>
il est vif en toutes choses, son premier mouvement est rapide, et volontiers excessif. Ce moment psychologique est quelquefois à craindre, surtout quand il se produit chez les gens du peuple qui, n'étant pas maîtres d'eux-mêmes, ne se contentent pas d'invoquer désobligeamment la Madone, et se livrent à des violences qu'ils ont ensuite lieu de regretter. Mais le plus souvent, il n'est pas dangereux, à condition qu'on veuille bien le subir sans résistance inopportune, qu'on ne le prenne pas au tragique et qu'on attende le second moment, celui où le calme va sûrement revenir. Notre voisin se fâche d'abord ; quand il apprend une nouvelle qui le blesse, il ne s'inquiète pas de savoir si elle est fausse ou vraie ; il nous dit des choses désagréables ; il réagit instantanément, sans retenue ni mesure. Fort bien ; laissons passer sa fâcherie ; soyons assez sages pour ne pas nous fâcher également ; prenons quelque peu patience ; concédons-lui le luxe des propos imagés, des phrases malsonnantes, voire des gestes vifs .* cet orage, qui a éclaté dans un ciel serein, passera vite ; et nous discuterons ensuite de bonne amitié. En échange, il nous fera grâce de tel ou tel de nos travers, que nous ne voyons point parce qu'il est nôtre, et qui le blesse également.
Un second trait dont il faut tenir compte, c'est l'habitude de la violence. En fut-il toujours ainsi? Peut-être ;il ne serait pas diflicile de trouver dans la littérature italienne des violents en grand
nombre, de Dante à Carducci. En tout cas, la guerre a exaspéré ce sentiment. Pendant une longue suite d'années, il n'y a guère eu d'autre maxime politique en Italie que le laisser faire ; et l'on ne s'en trouvait pas trop mal, puisque les choses finissaient toujours par s'arranger. Mais au moment de la tourmente, et davantage encore après qu'elle fut passée, on s'aperçut que l'autorité s'en était allée, et puis le sens même de l'autorité. Dans la lutte des partis, plus de frein ; chacun cherche à s'imposer par la force. Si ceux qui veulent rétablir l'ordre procèdent à coups de trique et de revolver, que penser des autres? Il est vrai qu'ils procédaient à coups de bombes. Les plus tranquilles se sont aperçu que, pour obtenir quelque chose, il fallait crier, menacer, tempêter. Ils ont naturellement adopté cette méthode, puisqu'elle était la seule qui leur fût laissée. Et par une pente non moins naturelle, ils se sont mis à l'appliquer à la politique extérieure : ce qui ne va pas sans quelques inconvénients. Non pas, certes, ceux qui sont au pouvoir : harcelés par leurs adversaires et par leurs partisans, et obligés de tenir compte des réalités qui échappent à la foule, ceux-là sont bien embarrassés pour agir, et bornent leur ambition à se tirer d'affaire du mieux qu'ils peuvent. Non pas les sages de la nation. Mais les autres se laissent volontiers séduire par l'attrait de l'aventure, et par le plaisir de la violence.
L ITALIE ET L ETRAxXGEU
On en a vu d'illustres exemples.
L'étranger, qui n'a pas toujours occasion de ne fréquenter que les sages, qui écoute l'homme dans la rue, qui lit le Phare ou l Informateur de l'endroit, est stupéfait. Il se demande à quoi riment ces défis, ces menaces. S'il parle avec un Italien qui se pique de connaître les affaires de l'Europe, celui-ci le traite comme un juge irrité, interrogeant un accusé soupçonné de crime. Que pensez- vous de l'Italie? Pourquoi votre pays ne rend-il pas justice à l'Italie ? D'où vient qu'en telle circonstance, à telle date, tel de vos ministres a prononcé tel mot? — L'infortuné, sur qui l'on fait peser tant de responsabilités redoutables, se sent confondu. Or ce ton de violence est simplement la mode du jour. C'est ainsi qu'on se parle entre fascistes et socialistes, entre socialistes et communistes, entre populaires et libéraux. Peuton imaginer rien de plus impérieux, rien de plus exalté, rien de plus surprenant pour lin observateur désintéressé, que le ton habituel d'un journal fasciste? Ce qui est simple ne fait plus d'effet; on force la note : c'est une exaspération continue. On ne se contente pas d'aftirmer : on crie. Voilà ce dont il faut tenir compte : ici encore ne prenons pas au tragique tout ce que nous lisons, tout ce que nous entendons; sachons en rabattre, ettransposons, si nous voulons comprendre ce que parler veut dire.
Les plus étonnés, ce sont encore les Italiens qui
lo2 l' ITALIE VIVANTE
vivent hors d'Italie; qui, par leur nombre, leur activité, leur épargne, ne constituent pas une des moindres forces du royaume; qui aiment leur patrie d'un amour aussi profond, mais différent, avertis qu'ils sont par l'expérience de l'étranger. Ils se rendent compte des périls que présentent ces méthodes insolites lorsqu'on veut les transporter hors des frontières et prennent soin d'avertir de temps à autre leurs compatriotes, leur demandant de faire un peu moins la grosse voix. La France connaît mal l'Italie, hélas ! c'est trop certain. Mais pour la lui faire mieux connaître, convient-il de malmener les Français, de les menacer même? A vrai dire, ces remontrances n'ont guère de succès. Quand on vit dans une atmosphère d'orage, comment écouter les voix calmes du lointain ?
Le ciel de Rome m'a donné, ce soir, un spectacle grandiose. Alors que j'avais vu la Ville, tant et tant de fois, pour les premières découvertes ou pour les rêveries, d'un des observatoires qui l'environnent, de loin, de près, des monts Albains, de la terrasse de la Villa Médicis, du Janicule, mais toujours d'un point extérieur à elle : je l'ai contemplée aujourd'hui du haut d'une maison amie qui s'élève au milieu de la cité, sur la place de Venise; de sorte que je me figurais être dans son cœur même. J'étais parmi ses monuments, qui s'étageaient autour de moi, sous moi, comme à la portée de ma main ; je n'avais qu'à me mou-
L ITALIE ET L'ÉTRANGER l')3
voir pour varier chaque fois le décor ; et pourtant j'étais toujours au centre de Rome. C'était un amas d'architectures grandioses, des forêts de colonnes, des amoncellements de toits, des superpositions de coupoles; non pas une de ces vues d'avion, où tout apparaît simplifié, schématisé, réduit à des proportions géométriques ; mais la multiplicité des détails, la variété des matériaux donnaient à cette ville aérienne l'apparence d'une végétation touffue, vue par ses cimes. Rien non plus de brutal ou de heurté, sauf la blancheur encore crue du monument à Victor-Emmanuel, qui paraissait être mis au premier plan pour faire contraste; une patine uniforme, étendue par le temps, fondait les rouges foncés, les ocres bruns, les ors ternis, dans une harmonie à la fois délicate et riche.
Or voici que le ciel s'assombrissait, prenait des teintes gris de fer, des teintes de plomb. Un immense nuage venait sur la ville, et la menaçait toute. Il cachait les collines à l'horizon, envahissait le ciel, se rabattait comme une cape de métal, prêtant à tout le décor, corniches, campaniles, dômes, et statues, une teinte funèbre. La chaleur était étouffante ; on respirait un air embrasé; tout mouvement devenait une fatigue, et presque une peine; on se sentait nerveux, et comme inquiet.
Maintenant, le gris tournait au noir; le nuage et le soir tombaient à la fois sur Rome. Des éclairs verdâtres, sillonnant le ciel irrité, laissaient voir
au lointain, en de nettes et rapides silhouettes, les cyprès et les pins parasols qui appréhendaient la tourmente.
Je m'enfuis, espérant regagner mon logis avant que l'ouragan se déchaînât. Mais à peine avais-je franchi la porte du palais, que la pluie se mit à tomber. Elle tombait à torrents, comme on dit qu'elle tombe aux pays des grandes sécheresses, lorsqu'après s'être longtemps amassée elle crève entin le ciel ; elle tombait par paquets, giclant le long des maisons, chaque gouttière transformée en fontaine, chaque ruisseau transformé en torrent. On l'entendait crépiter sur les dalles de pierre, tandis que le tonnerre scandait sa chute de ses grondements. Le porche où je m'étais réfugié, sur le Corso, était assiégé par elle, avec fureur. L'eau s'élevait dans la rue et l'inondait; les pâtés de maisons devenaient des manières d'îles, et je fus pour une heure prisonnier.
Tout se calma. Le ciel reparut, paisible et plein d'étoiles. Plus un nuage; plus un éclair. Dans les rues qui se dégorgeaient, les promeneurs reparurent. On aurait cru à un rêve, n'eût été la fraîcheur de l'air, et la transparence de l'atmosphère lavée, que l'on saisissait malgré la nuit.
Alors je fus romantique, pour une fois; et je crus voir dans cet orage si brusque, si vite suivi d'une paix si profonde; oui, je crus voir dans ces rapides vicissitudes, dans cette violence et dans cette sérénité, le caractère de Rome.