UNE CONSULTATION
C'est un de ces diplomates étrangers qui ont fait de Rome leur séjour d'élection ; il n'y a guère que Rome où l'on puisse oublier ainsi sa propre patrie ; Rome ou Paris. Il a vécu longtemps à Paris ; vieillissant, il est venu s'établir à Rome. Sceptique pour avoir vu de trop près, dans trop de pays divers, tous les manèges des hommes, il conserve cependant sa curiosité ; il prétend qu'il n'y a pas d'autre plaisir au monde que de regarder, dans un observatoire confortable, la comédie de tous les jours. L'après-midi, sa voiture le porte vers la Villa Borghèse; le soir, au moment où le soleil se couche dans sa gloire, il le contemple du haut du Pincio. Il m'emmène et je me laisse enlever. Il me fait faire le tour de la Villa, et je lui fais faire le tour de l'Europe; il se prête au jeu et bavarde, — non sans plaisir.
— Pour ce qui est de l'Autriche, me dit-il, cette grande haine, qui était un des sentiments
les plus profonds de la conscience italienne, a naturellement disparu avec son objet. L'Autriche ne représente plus qu'un lambeau de territoire, avec une capitale qui fait des prodiges pour conserver une vie factice : comment la détesteraiton? Quelques explosions de colère rétrospective ; et une vigilance soupçonneuse, qui s'oppose à toute tentative de reconstitution, réelle ou supposée : voilà tout ce qui reste du passé. La vengeance a été si complète, le triomphe si éclatant, qu'on se trouve comme désarmé. L'habitude d'avoir un ennemi à détester manque tout d'un coup : dans l'orgueil de la victoire entre une nuance d'étonnement. Il est noble, mais dangereux, d'avoir un adversaire plus fort que soi ; il est agréable d'avoir un adversaire légèrement inférieur ; avoir un adversaire réduit à l'état de pygmée, voilà qui est délicieux, mais déconcertant. Les Italiens se portent volontiers, à présent, vers ce pays qu'ils considéraient naguère comme l'abomination de la désolation ; ils cherchent tout naturellement le bénéfice du change. Vous avez dû rencontrer déjà nombre de petits bourgeois se vantant d'avoir acheté à Vienne qui des souliers, qui des appareils photographiques, qui des fourrures. On a l'impression d'être millionnaire, quand on contemple dans sa sacoche des liasses die billets de mille couronnes : et en fin de compte, mille couronnes, cela fait treize lires. Il y a quelque joie, puérile si l'on veut, mais
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intense à jouer au Crésus à peu de frais, pour rapporter au logis des acquisitions avantageuses : utile dulci. Deux mille couronnes pour ma chambre d'hôtel, mille pour mon déjeuner, quinze cents pour mon dîner : quelle profusion ! quelle munificence ! Et pourtant, voyez un peu : j'ai moins dépensé, en définitive, que je n'aurais fait à Milan ou à Gênes ; et je reviens vêtu d'une superbe pelisse, qui ne m'a pour ainsi dire rien coûté.
« Pour l'Allemagne : c'est le même sentiment qu'avant la guerre, si vous voulez : je crois pourtant saisir plus d'une nuance nouvelle. Vous avez bien du mal à comprendre, vous autres Français, qui projetez volontiers votre personnalité sur l'univers, que la psychologie italienne à l'égard de l'Allemagne n'a rien de comparable à la vôtre. Tandis que l'Autriche était pour l'Italie un pays allié et ennemi, l'Allemagne était un pays ami et allié. Elle n'est plus une nation alliée : elle reste une nation amie. La trame qu'elle avait patiemment ourdie pendant un demi-siècle était trop solide pour que trois années de guerre aient suffi à la rompre. Aussi, dès l'armistice, les Allemands sont-ils revenus. Ils se sont réinstallés comme si de rien n'était, accueillis sans rancune. J'en ai vu trois sur le Corso, hier encore ; reconnaissables entre mille, grands, lourds, la face balafrée, la tête rasée ; et quand on se serait mépris à ces signes, sachez qu'ils
portaient leur chapeau vert suspendu à leur veste, au moyen d'un de ces petits appareils extraordinairement pratiques, où vous reconnaissez le génie de l'Allemagne. Ils ne se sentaient même pas ridicules, avec ce chapeau vert qui ballottait sur leur poitrine : ils se retrouvaient chez eux ; ils reprenaient possession d'un sol familier. A Rome, ils sont partout, à peu près comme devant. Ils ont repris leur propagande, et on se demanderait comment ils peuvent en faire les frais, au cours du mark, si on ne savait qu'ils la considèrent comme une opération commerciale : à raison de tant, elle doit rapporter tant, dans tant d'années ; le placement est sûr. Prospectus, catalogues, échantillons, visites à domicile, ils ne négligent rien pour reconquérir le marché, et ils y réussissent. Remarquez ce simple trait, qui vous en dira long. En France, inondés que vous étiez par des articles à bas prix déliant toute concurrence, vous avez fait de « marchandise allemande » le synonyme de <( camelote », — c'est bien le mot que vous employez, n'est-ce pas ? En Italie, c'est tout le contraire ; la marchandise allemande comporte une idée de supériorité en soi. Si vous hésitez à faire une emplette, le vendeur vous dit gravement : « C'est de la marchandise allemande » ; ce qui veut dire : « Vous ne trouverez rien de mieux. » L'objet est le même, j'imagine, eu Italie et en France ; en Italie comme en France,
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le vendeur cherche à vendre ; c'est la psychologie de l'acheteur qui est radicalement opposée.
« Les Allemands sont revenus, sûrs de retrouver les sympathies anciennes, soutenus aussi par un parti bruyant, qui clame éperdument leurs vertus. Car ils ont des amis dévoués, intéressés et même désintéressés, qui ont été obligés de se taire au cours de la guerre, et qui rattrapent le temps perdu. Ils le rattrapent, je vous assure ; ils plaignent ces Allemands loyaux, ces pauvres Allemands qui ont été les victimes d'une conspiration universelle et qui continuent à représenter la haute culture en même temps que la justice et le droit.
« Dirai-je que ces hérauts de la Germanie rencontrent tout crédit ? C'est ici que je crois discerner plus d'une nuance nouvelle. Sans doute, quelques bonnes âmes estiment que les atrocités allemandes sont pure calomnie ; il y a toujours des gens, de par le monde, pour nier jusqu'à l'évidence. Mais d'une façon générale, on s'est rendu compte que ces demi-dieux, qui passaient pour tout-puissants, mais débonnaires, avaient pris avec la morale quelques petites libertés regrettables. On n'oubliera pas de sitôt la violation de la neutralité belge, par exemple ; rien n'a été plus sensible à la conscience du pays que cet abus de la force. On est moins dupe du masque courtois et de la parole affable ; on se méfie. Quelques-unes de leurs victimes directes, comme les prisonniers de guerre, leur ont voué
une haine tenace. Leur prestige continue à être grand : mais il est un peu mêlé.
« Comme ils se rendent compte de cet état d'esprit, ils cherchent à le corriger par un redoublement de prévenances. Mais voici autre chose : cette inondation des produits allemands n'est pas sans inquiéter, car plus d'une industrie nationale a dû s'arrêter devant une concurrence impossible à soutenir. Des cris d'alarme retentissent de temps à autre, qui ont eu leur écho à la Chambre même. Les nationalistes, qui sont comme les vigies du grand navire italien, perchés dans les mâts pour signaler de loin tous les écueils, n'ont pas manqué d'attirer l'attention sur ce danger qui va grandissant. Vous ne vous étonnerez pas, si Jo vous dis qu'en outre les Allemands se sont arrangés pour provoquer eux-mêmes l'inquiétude do l'Italie. Ils sont toujours ainsi : leur politique est rusée, tenace, et admirable à ceci près, qu'au moment critique ils commettent toujours une erreur grossière, qui démolit leur jeu et leur vaut d'être battus. Donc, l'Italie est entrée en possession du Haut-Adige, et elle s'est mise à administrer les territoires conquis dans un esprit de parfaite tolérance, respectant les institutions, les coutumes, la langue du pays, envoyant là-î as des fonctionnaires non pas même impartiaux, mais germanophiles. Il en est vite résulté que ses nouveaux sujets, inspirés par les Bavarois leurs voisins et compères, loin d'être reconnaissants
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d'un procédé si honnête, ont bientôt considéré l'Italie avec le plus grand mépris. Elle nous traite humainement, donc elle est faible, et elle a peur de nous ; c'est ainsi qu'ils ont raisonné : et en conséquence, ils se sont refusés à reconnaître sa juridiction, sa souveraineté ; ils ont prétendu se dérober à l'obligation du service militaire, exigeant une milice locale et indépendante ; quand le Roi est allé visiter les territoires annexés à la couronne, ils ont profité de l'occasion pour affirmer devant lui leur nationalité persistante. Le Deutschtir Verband se dresse contre l'Italie. Et l'Italie, quelque bonne opinion qu'elle ait de la vertueuse Bavière, principale cause du mal, trouve qu'en l'espèce elle manque au moins de savoir-vivre et de bon goût.
« Ainsi les Allemands sont accueillis à peu près comme autrefois : toute la différence est dans l'a peu près. Mettez encore, dans cet à peu près, une nuance de contentement malicieux. Ils ont pourtant été battus, ces rois de la guerre, ces officiers qui possédaient le secret de la tactique et de la stratégie, ces ingénieurs si fiers de leurs canons monstrueux, ces savants qui mettaient leur science au service de la destruction ; ils ont été battus par les Italiens ; et tout battus qu'ils soient, ils sont trop contents de revenir en Italie...
« L'Angleterre : situation privilégiée. Maîtresse des mers, impérieuse et têtue, c'est un pays avec lequel il ne fait pas bon plaisanter.
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Comme elle est séparée de l'Italie par une respectable étendue de terre et d'eau, comme on ignore généralement son langage, et que d'ailleurs les Anglais sont gens fort réservés, il n'y a pas entre les deux pays de ces piques d'amour-propre qui finissent par envenimer les meilleurs rapports. Depuis le xviii* siècle, il est entendu que les Anglais sont des gens riches, et qui savent se servir de leurs richesses : ce principe n'a pas varié. En effet, l'Angleterre ne lésine point. On n'ose guère la critiquer, quoi qu'elle fasse. Son alliance ne cesse pas d'être considérée comme le plus grand des biens. Quand sa politique est favorable à l'Italie, on l'exalte; quand elle est défavorable, on proteste, mais faiblement. Ce sont à peine des reproches, sauf de la part de quelques énergumènes qui tiennent à se singulariser ; ce sont des plaintes, des soupirs. Notez toutefois, puisque votre curiosité se plaît aux nuances, une nuance nouvelle dans ces rapports traditionnels. Même à l'égard de l'Angleterre, les jeunes seront moins respectueux que leurs aînés : ils se montreront plus indépendants, parce qu'ils se sentent plus forts. Verra-t-on, quelque jour, de l'anglophobie en Italie, je veux dire de l'anglophobie ouverte et déclarée? Je ne sais; il faudrait que l'Angleterre y mît beaucoup du sien.
« Les Yougo-Slaves : voisins peu commodes pour l'Italie. J'ai remarqué que ces questions de murs mitoyens tournaient toujours mal.
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« La Russie : il n'est peut-être pas de pays en Europe où elle excite plus d'intérêt. Les socialistes, quelque désillusion qu'ils aient éprouvée à son égard, ont toujours une tendance à la considérer comme la Terre Promise : il faut bien qu'ils aient un endroit, n'est-ce pas? ob. abriter leur rêve. Les intellectuels étudient sa littérature avec une curiosité passionnée. Pas de mois, j'allais dire pas de semaine, où ne paraisse en librairie quelque traduction d'auteur russe; les versions françaises, dont on s'était contenté jusqu'ici, ont paru insuffisantes, tronquées, faussées, donnant de l'âme russe une idée inexacte : on veut la voir telle qu'elle est, la connaître dans son intégrité, se débarrasser de tout truchement étranger entre elle et l'Italie. Les industriels espèrent trouver à bon compte sur le marché russe les matières premières qu'ils doivent payer fort cher ailleurs, en même temps qu'ils écouleront là- bas leurs produits manufacturés. Dans cette course d'obstacles que les nations européennes ont engagée vers la Russie, et dont le premier prix doit représenter non seulement des milliards, mais le salut économique, ils s'estiment avantageusement placés, et tiennent à conserver leur avance, comme il est juste. Je me demande seulement s'il ne s'agit pas là d'une course de petits chevaux, où ce ne sont jamais les joueurs, mais toujours le croupier qui gagne, pour finir. »
Là-dessus, mon compagnon feint d'avoir dit
tout ce qu'il avait à dire, et ne veut plus se livrer qu'à des considérations esthétiques, pleines d'intérêt sans doute, mais que je n'écoute plus, je l'avoue, qu'avec une attention diminuée. — Et la France? ne me parlera-t-il pas de la France? — Il me regarde du coin de l'œil. Je lui jure que je l'écouterai sans broncher, quoi qu'il puisse advenir; et que d'ailleurs je suis cuirassé, après tout ce que j'ai moi-même entendu. Je ne le tiendrai pas quitte avant qu'il ne m'ait donné son avis. Il se résigne, et accoudé maintenant sur le parapet du Pincio, devant le ciel qui devient couleur de pourpre et couleur d'or, il reprend le fil de son discours.
— Laissez-moi vous dire d'abord que la France a commis d'insignes maladresses. 11 fut un moment où toute l'Italie allait vers vous d'un élan spontané; ce moment, vous n'avez pas su le saisir; et Dieu sait quand il reviendra! Vous avez blessé l'Italie dans ses intérêts, car, une fois la paix signée, vous avez donné au moins l'illusion que vous souteniez contre elle vos anciens ennemis. Vous l'avez blessée dans son orgueil : vous lui avez marchandé sa part de gloire; vous avez mésestimé son effort, qui a été aussi considérable qu'on pouvait humainement l'espérer ; vous n'avez pas compris l'immense sacrifice que la guerre représentait pour elle. Vous l'avez blessée dans son amour-propre. Qui dira jamais le tort que la « blague », cet article de Paris, vous a fait dans
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le moade? Que vous vous moquiez de vousmêmes, de votre président, de vos ministres, de vos écrivains, avec une férocité charmante, c'est votre affaire; mais tenez-vous-en là, — n'est-ce point suffisant? — et n'allez pas aussi vous moquer des autres, qui prennent pour des offenses mortelles ce qui n'est que taquinerie. Il y a des mots, de simples mots, qui vous ont fait plus de tort qu'une défaite- Vous êtes des gens charmants, qui ne gardez pas rancune à ceux que vous avez offensés : ceux-ci ont quelques petites raisons de ne pas oublier aussi vite. Bref, vous n'avez été ni justes, ni habiles ; soyons sincères : vous avez été injustes, et parfaitement maladroits.
« Seulement, les effets ont dépassé les causes. Un vent d'hostilité à la France a passé sur tout le pays, et il a tourné à la tempête. Je comprends qu'il y ait eu amertume : je comprends mal tant de fureur. Tout ce que fait la France est mal fait; rien n'arrive qui ne soit la faute de la France. Les nouvelles les plus invraisemblables courent d'un bout à l'autre de la Péninsule et trouvent crédit, quand elles vous font du tort. Je ne sais si vous avez prêté attention à l'histoire du cuirassé Vedette : c'est une des plus amusantes que j'aie recueillies au cours de ma carrière. Un beau jour, toute la presse annonce uti fait inouï, qui va jusqu'au Conseil des ministres : la France a donné à la Serbie un cuirassé, — rien de moins, — un cuirassé qui s'appelle Vedette. Indignation, dia-
tribes, insultes, naturellement. Or, il ne s'agissait pas du cuirassé Vedette, lequel n'a jamais existé; mais d'une vedette, d'une barque à quatre rameurs, qui stationnait à Belgrade depuis le début de la guerre, et dont la France n'exigeait pas le retour. Passe encore, si c'était un fait isolé; mais les exemples du même genre sont en grande abondance et il s'agit d'un procédé constant. Les journaux consacrent des colonnes à des nouvelles sensationnelles qui prêtent un rôle odieux à la France : ces nouvelles se trouvent être fausses de tout point, et on les dément quinze jours après par deux lignes au bas d'une page. Si l'on imprimait que vous avez fait sauter le Palais de Justice, — ce qu'à Dieu plaise, car il est bien laid! — ou volé le château Saint-Ange, il y aurait des gens pour le croire. Une certaine presse est comme enragée contre vous; il existe à Rome des journaux dont la tâche essentielle semble être de déverser chaque matin des calomnies sur votre compte; je ne crois pas qu'en Allemagne même, on fasse mieux dans le genre. En Allemagne, cela se comprend : en Italie, cela étonne tout de même un peu.
« Vous jouissez du traitement de la nation la plus favorisée : et je le prouve. Vous avez contre vous les socialistes, qui vous accusent tous les jours d'être les réactionnaires, les bourgeois, les impérialistes qui retardent le règne de la paix universelle. Vous n'avez pas pour vous les fas-
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cistes, qui vous accusent de faire obstacle à la politique d'expansion de l'Italie. Et les populaires, qui n'ont pas oublié votre anticléricalisme d'autrefois, qui connaissent assez mal la France catholique, et qui ont de nombreux liens avec l'Allemagne, ne vous aiment pas. Vous faites l'union. (( D'ici, on vous voit sous un jour singulier : c'est peut-être une des raisons qui expliquent que vos ennemis soient si nombreux, et que vos amis se taisent. On s'imagine que vous avez tiré de la guerre des avantages considérables, inouïs; on grossit, on multiplie ces avantages imaginaires; on se figure une France en pleine prospérité, riche, heureuse; son commerce est actif, son industrie florissante : une France de rêve. De là, rien n'est plus facile que de passer à l'idée d'une France égoïste, qui pourrait aider l'Italie si elle le voulait, et qui ne le veut pas ; qui refuse par malice ce qu'elle pourrait concéder • sans peine. D'où l'irritation; et comme les images une fois formées dans l'esprit des peuples sont tenaces et obstinées, d'où une injustice qui, au lieu de s'atténuer, s'accroît. Votre politique a bien changé depuis dix-huit mois ; vous avez soutenu l'Italie dans des circonstances délicates et difficiles : des publications ofiicielles ont enregistré votre effort. Auprès de la masse, c'est jusqu'à présent peine perdue. On ne vous sait pas gré de ce que vous faites; on vous sait mauvais gré de ce que vous ne faites pas. »
liO l'italie vivante
J'ai tout écouté sans sourciller, suivant ma promesse. Il y a profit, souvent, à s'entretenir avec des hommes dépourvus d'illusions. Celui-ci n'en a guère. Mais j'aurais préféré, malgré tout, qu'il épargnât un peu les miennes. J'en veux garder au moins quelques-unes, s'il est vrai que ce sont elles qui commandent, à la fin, la réalité.