‹ L'Obélisque de Louqsor transporté à ParisChapitre 1 sur 16 · A LA MÉMOIRE · texte numérisé non relu

A LA MÉMOIRE

DE

CHAMPOLLION LE JEÜINE.

SKS ADMIRABLES TRAVAUX AURONT LA DUREE DES MONUMENTS Qü’lL NOUS A FAIT CONNAÎTRE.

( ClfATEAUBElASD.)

DEPUIS LA RENAISSANCE DES LETTRES, PEU d’hommes ONT RENDU A L’ÉRUDITION DES SERVICES EGAUX A CEUX QUI CONSACRENT SON NOM

a l’immortalité.

( SlI. VU THE DE SaCY.)

; .'ïjV'u,

AVERTISSEMENT

L’obklisqde égyptien qui, par l’effet de la munificence nationale et des soins éclairés du gouvernement, va bientôt concourir à l’ornement de la capitale, excite vivement l’attention publique depuis qu’il est arrivé en France, avant même qu’il ait été possible de le voir. Cette attention s’accroîtra encore quand l’obélisque sera exposé à tous les regards, à ceux surtout des personnes capables d’apprécier les rares mérites que réunit ce monument colossal de l'art des anciens, qui est en même temps une des pages primitives de leur histoire. La présente Notice pourra donc obtenir quelque faveur ; l’intérêt du sujet et l’exactitude des renseignements qu’on s’est appliqué à y réunir permettent du moins de l’espérer. L’histoire complète de l’obélisque y est écrite depuis son origine jusqu’à ce jour; ce que l’on pouvait en dire sous le rapport archæologique, et relativement aux deux princes célèbres qui l’ont fait édifier, y est sommairement résumé en quelques notions propres à satisfaire la curiosité générale par leur ensemble comme par leur certitude.

JA

AVERTISSEMENT

On ne s’est pas astreint à exposer avec quelque detail la série des opérations mécaniques exécutées à Tlièbcs pour abattre et embarquer l’obélisque; c’est de l'babile ingénieur qui les a si heureusement dirigées, que le public doit en recevoir la confidence et la relation. M. Lebas les lui promet sous les auspices et d’après les ordres de M. le Ministre de la marine (i).

J’ai fidèlement avoué dans cet écrit tous les renseignements dont je suis redevable à l’obligeance de M. Lebas, et à celle de M. le capitaine Verninac de Saint-Maur, commandant du Louxor, qui , il faut l’espérer, ne privera pas l’bistoire des navigations hardies et périlleuses entreprises par la marine royale, du récit de son voyage maritime de Thèbes à Paris sur le même bâtiment , route inusitée jusqu’ici , et qui nous aura été frayée par le génie de l’antique Egypte, si propice à la gloire du nom français.

Les dispositions projetées pour l’emplacement de l’obélisque, satisferont sans doute à ce qu'exigent les convenances architecturales et archæologiques. Sous ces deux rapports, il serait difficile de ne pas bien faire; assez de malheureuses expériences, tou-

(i) On annonce également l'histoire médicale de l’expédition du Lnuxnr, par M. Angelin, médecin de ce bâtiment.

AVERTISSEMENT

tes vivantes de contre-sens , subsistent encore pour qu’on se préserve de les renouveler.

Mais aura-t-on bien tout fait quand l’obélisque sera convenablement dressé sur une de nos places publiques? suffira-t-il à la satisfaction du gouvernement de l’y montrer comme une difficulté vaincue, comme un tour de force très-périlleux de notre mécanique moderne , qui aura l’immense mérite d’avoir élevé sur un piédestal une pierre du poids de quelques milliers de quintaux? et ne viendra-t-il à l’esprit ou au cœur d’aucune des personnes dont la voix a quelque autorité dans les conseils du prince ou dans ceux de la nation, que cette pierre peut être animée par d’illustres souvenirs, consacrée par un sentiment religieux et national à la mémoire des enfants de la France morts pour sa gloire dans ce même désert d’où l’obélisque vient d’être arraché? Tout le monde comprendrait très-clairement cette pieuse résolution de la France qui, au prix de son sang, ayant délivré d’une mortelle oppression et relevé à jamais l’antique renommée de l’Égypte, en consacrerait les reliques sur les bords de la Seine aux mânes de ses héros abandonnés sur les rives du Nil?

Je propose (mais ma faible voix né sera pas entendue) què, par Une loi, l’obélisque Soit élevé en mémoire dé l’expédition française en Egypte, la plus mémorable entreprise des temps modernes,

AVERTISSEMENT

par son objet, ses moyens, l’illustration des noms qui s’y rattachent, et par ses nombreux résultats, les uns déjà si utiles à la prospérité de la France, au retour des peuples du Levant vers la civilisation , et les autres d’un si haut intérêt pour la véracité des annales de la philosophie humaine.

Une inscription simple, précise et très-intelligible pour tous, dirait :

a l’armée d’orient

QUI OCCUPA l’ÉGYPTE ET LA SYRIE

en 1798, 1799, 1800 et 1801.

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