‹ L'Obélisque de Louqsor transporté à ParisChapitre 2 sur 16 · LOI DU · texte numérisé non relu

LOI DU

L’année d’Orient grava ses vœux patriotiques pour la France sur les rochers de Syène, à la frontière extrême de l’Egypte vers le midi. A son tour la France manifesterait enfin sa gratitude envers ces phalanges savantes et guerrières qui portèrent son nom jusqu’aux confins de la Nubie, et en maintinrent héroïquement l’honneur et la renommée.

Un second obélisque est resté à Louqsor la propriété de la France. Le gouvernement hésitera-t-il entre quelques dépenses nécessairement limitées , et le transport à Paris de ce second obélisque? on ne

AVERTISSEMENT

doit pas le craindre. Deux ou plusieurs monuments de cet ordre ne se voient que dans l’ancienne capitale du monde, et païenne ou catholique, elle u’a point cessé de s’en enorgueillir : pourquoi la capitale de la France renoncerait-elle à l’avantage d’ajouter ces prodiges des arts de l’antiquité aux magnificences de l’industrie moderne?

Enfin c’est dans les inscriptions de l'obélisque laissé à Louqsor que sont mentionnés les obélisques mêmes, les circonstances, les souverains qui les ont fait ériger, et par là leur date certaine. La réunion des deux obélisques à Paris est donc commandée par un but d’utilité et de convenance tout à la fois, et par l’intérêt de l’histoire et des arts; car la connaissance certaine de l’époque d’un monument est un des points essentiels de son étude, un des meilleurs moyens d’apprécier avec équité ses divers mérites.

J’exprime ici un vœu : d’honorables suffrages lui donneront peut-être quelque valeur.

iPAiLAllS m

L’OBÉLISQUE

DE

Thèbes Louqsor et ses monuments.

Thèbes, capitale de l’ancienne Égypte, fut une des plus anciennes et des plus grandes villes du monde ; aucune autre ne l’égala peut-être pour le nombre , l’étendue et la magnificence des monuments civils ou religieux : le seul aspect de ses ruines excita spontanément l’enthousiasme et l’admiration de l’armée française. Ces ruines ont inspiré les mêmes sentiments à tous ceux qui les ont visitées; la haute idée qu’en donnèrent à l’ancien monde quelques vers d’Homère, est encore au-dessous de ce qu’inspire la réalité.

La plaine de Thèbes, bornée à l’est par une chaîne de montagnes nommée arabique, et à l’ouest par la chaîne libyque, est coupée par le

a l'obélisque

cours du Nil du midi au septentrion. Les restes de la ville existent sur les deux rives du fleuve. Plusieurs villages modernes végètent misérablement sur cet espace , à peu près égal à l’enceinte décrite par les murs de Paris; et ces villages sont inaperçus, tant les ruines antiques les dominent. La vaste plate-forme d’un seul temple suffit quelquefois pour une de ces bourgades. Biban-el- Molouk, Gournah, le monument d’Osymandyas et Médinet-Habou s’élèvent entre le Nil et la montagne libyque ; les tombeaux des rois sont creusés dans cette montagne ; et sur la rive opposée est Karnac , où tout est colossal et merveilleux, même relativement aux autres merveilles de l’Égypte.

En remontant le Nil, qui n’a pas ici bien moins d’une demi-lieue de largeur, et après avoir dépassé Karnac , qui est dans la plaine à gauche , on amarre les barques le long des ruines d’un vaste monument situé sur la même rive , et près de son angle sud-ouest, presque baigné par les eaux du Nil qui minent insensiblement ses fondations: c’est Louqsor. Le village moderne et les ruines antiques occupent une butte factice peu élevée, ayant 700 mètresde longueur sur 35 o environ de largeur. Louqsor est un bourg assez considérable, dont on portait la population, il y a trente ans, de 1 à 3 , 000 individus, et qui n’en compte aujourd’hui que 5 à Goo; il y a un

marché chaque semaine, un grand nombre de colombiers, et un four pour faire éclore les poulets. Les édifices antiques sont obstrués par des cahuttesdeyè/Zafo (cultivateurs) qui masquent et défigurent ces admirables constructions ; un brin bachi (fonctionnaire turc) a même placé sa maison sur le sanctuaire du grand palais, et il a fait de ce sanctuaire le fétide dépôt de ses balayures, au moyen d’une ouverture pratiquée à la plateforme.

La position de Louqsor a été déterminée par feu M. Nouet , membre de la Commission d’Égypte, et il a reconnu que le village et les ruines sont situés à 3o 8 19 ' 38" de longitude à l’est du méridien de Paris, à a5° 4 t' 5' 7 " de latitude nord; et la distance à vol d’oiseau de Louqsor à Paris a été évaluée à 366 myriamètres 3/4, équivalant, par les détours, à plus de 1000 lieues de a5 au degré. La navigation du bâtiment la Louxor, de Thèbes à Paris, a été estimée à 1,460 lieues marines, qui valent iy5o lieues ordinaires de France.

Les barques abordent au pied d’un quai antique, journellement déchaussé par le Nil; bientôt ce quai ne défendra plus le palais contre les efforts continuels du fleuve, qui touche presque aux colonnes les plus voisines et qui menace de tourner la pointe de ce quai. On y observe deux

4 l’obélisque

genres de construction : l’une en grandes briques cuites, liées par un ciment d’une dureté extrêm et qui se détachent par blocs de 1 5 à 1 8 pieds de large sur a5 à 3o de longueur, semblables à des rochers inclinés sur le fleuve et s’avançant dans son lit; l’autre est une construction en pierres de grès qui proviennent d’édifices peu anciens , et conservent encore des traces de sculptures. La partie en briques appartient au quai égyptien primitif; la portion où le grès a été employé est beaucoup moins ancienne.

Le plan réduit, n° i de notre I re planche, donne une idée générale de l’ensemble des ruines de Louqsor. Ceux qui ont pensé que ces ruines appartenaient à un seul édifice, se sont récriés sur ce que la première enceinte , la colonnade qui la suit vers le sud , et la grande construction ensuite, sont disposées sur trois axes différents, variant d’un angle de 46 degrés ai minutes (extrémité méridionale) à un angle de 58 degrés (extrémité nord) avec le méridien magnétique. Mais ces diverses constructions ont été faites isolément l’une de l’autre, par plusieurs rois et à des époques différentes. Ces circonstances historiques ont été déterminées sur les lieux mêmes par Champollion le jeune, et il s’en exprime ainsi dans une lettre datée de Rihan-cl-Molouk, territoire de Thèbes , le a5 mars 1 829 :

« Notre travail sur Louqsor a été terminé ( à très-peu-près ) avant de venir nous établir ici à Biban-el-Molouk ; et je suis en état de donner tous les détails nécessaires sur l’époque de la construction de toutes les parties qui composent ce grand édifice.

«Le fondateur du palais de Louqsor, ou plutôt des palais de Louqsor , a été le pharaon Amènophis - Memnon (A.ménothph III) de la XVIII e dynastie. C’est ce prince qui a bâti la série d’édifices qui s’étend, du sud au nord , depuis le Nil jusqu’aux i4 grandes colonnes de 45 pieds de hauteur, et dont les masses appartiennent encore à ce règne. Sur toutes les architraves des autres colonnes ornant les cours et les salles intérieures, colonnes au nombre de io5, la plupart intactes, on lit, en grauds hiéroglyphes d’un relief très-bas et d’un excellent travail, des dédicaces faites au nom de ce roi Amènophis. Je mets ici la traduction de l’une d’elles, pour donner uneidéede toutes les autres, qui. 11 e diffèrent que par quelques titres royaux de plus ou de moins :

« = La vie ! lHôrus puissant et modéré, régnant par la justice, l’organisateur de son pays, celui qui tient le monde en repos, parce que, grand par sa force , il a frappé les Barbares ; le roi ( Seigneur de justice), bien aimé du Soleil, le

6 l’obélisqüf.

fils du Soleil ( Améhophis ), modérateur de la région pure ( l’Égypte), a fait exécuter ces constructions consacrées à son père Ammon,le dieu seigneur des trois zones de l’univers, dans l’Oph du midi(i); il les a fait exécuter en pierres dures et bonnes, afin d’ériger un édifice durable, c’est ce qu’a fait le fils du Soleil Aménophis, chéri d’Ammon-Ra. » = Ces inscriptions lèvent donc toute espèce de doute sur l’époque précise de la construction et de la décoration de cette partie de Louqsor ; et c’est aux 1 4 grandes colonnes que finissent les travaux du règne d’Aménophis, sous lequel ont cependant encore été décorées la a e et la 7e des deux rangées, en allant du midi au nord; les bas-reliefs appartiennent au règne du roi //dnw,filsd’Aménophis, et ceux des 4 dernières au règne suivant ».

Ainsi la grande construction de Louqsor, de A en B de notre plan , fut l’ouvrage du roi Aménophis III, de la XVIII e dynastie égyptienne, celui à qui les Grecs donnèrent le nom de Mem non, dont la statue colossale avait le don merveilleux, disent des anciens, de faire entendre des sons au lever du soleil, et son règne dura de l’an 1687 à l’an 1657 avant lere chrétienne.

(1) C’est-à-dire la partie méridionale de la portion de Thèbes ( Amon-Ei ) sise sur la rive droite du Nil.

Champollion le jeune continue ainsi la description des ruines de Louqsor :

a Toute la partie des édifices de Louqsor, au nord des i4 colonnes, est d’une autre époque, et formait un monument particulier, quoique lié par la grande colonnade à X Amènophion ou palais d’Aménophis. C’est à Rhamsès-le-Grand (Sésostris ) que l’on doit ces constructions , et il a eu l’intention, non pas d’embellir le palais d’Aménophis , son ancêtre , mais de construire un édifice distinct ; ce qui résulte évidemment de la dédicace suivante, sculptée en grands hiéroglyphes au-dessous de la corniche du pylône, et répétée sur les architraves de toutes les colonnades que les cahuttes modernes n’ont pas encore ensevelies :

«=La vie ! l’Aroéris, enfant d’Ammon, le maître de la région supérieure et de la région inférieure, deux fois aimable, l'Hôrus plein de force, l’ami du monde, le roi (Soleil gardien de vérité, approuvé par Phré), le fils préféré du roi des dieux, qui, assis sur le trône de son père, domine sur la terre, a fait exécuter ces constructions eu l’honneur de son père Ammon-Ra, roi des dieux. Il a construit ce Rhamesséion dans la ville d’Ammon, dans l’Oph du midi. C’est ce qu’a fait le fils du Soleil ( le fils

8 l’obélisqüe

chéri d’Ammon Rhamsès ), vivificateur à toujours (i). = »

« C’est donc ici un monument particulier, distinct de l’Aménophion, et cela explique trèsbien pourquoi ces deux grands édifices ne sont pas sur le même alignement, défaut choquant remarqué par tous les voyageurs, qui supposaient à tort que toutes ces constructions étaient du même temps et formaient un seul tout, ce qui n’est pas. »

Ainsi l’édifice plus au nord que la grande colonnade (deBenCduplan) fut construit par Rhamsès- Sésostris, l’un des plus illustres rois de l’Égypte, législateur et conquérant, dont l’antiquité se plaît à célébrer la gloire , qui fut aussi l’un des princes de la XVIII e dynastie, et commença vers l’an 1 56o avant l’ère chrétienne un règne auquel on attribue une durée de 66 années.

Le Rhamesséion , palais de Rhamsès-Sésostris, fut donc entrepris près d’un siècle après XAmènophion ou palais d’Aménopbis-Memnon. Le fils de ce dernier, et son successeur, le roi Hôrus, fit terminer la sculpture de quelques-unes des grandes colonnes de l’Aménophion. Ménephtha I", second successeur de Hôrus, et l’Ethiopicn

(i) Les mots entre deux parenthèses indiquent ici, comme dans l'inscription déjà citée, le contenu des cartouches prénom et nom-propre des rois.

Sabacon de la XXV e dynastie , y firent quelques embellissements; le fils d’Alexandre-le-Grand , dont le règne éphémère est inscrit sur les monuments de l’Egypte, inséra un petit sanctuaire dans le grand (au point T du plan); enfin un des Ptolémées ordonna une légère réparation à une architrave, et chacun de ces princes consigna, dans une inscription qui existe encore, ces soins de sa piété ou ces prétentions de sa vanité.

Le Rhamesséion, édifice au nord des grandes colonnes, est donc un des ouvrages de Sésostris : on n’y observe que quelques faibles réparations faites aussi au nom de l’Éthiopien Sabacon et de Plolémée Philopator. L’entrée du Rhamesséion est majestueusement annoncée par deux Obélisques élevés en avant du pylône; c’est l’un de ces obélisques qui est l’occasion et le sujet de cette Notice. .

lo

l’obélisqiip.

Ut» obélisques en général.

L’ Obélisque, en pariant de ceux del’antiquité, est un long prisme (i) en pierre dure, d’un seul morceau, de forme quadrangulaire, et se rétrécissant insensiblement de la base au sommet, qui se termine en pyramide. On ne doit pas , et on l’a fait souvent, même chez les anciens, confondre l’obélisque avec la pyramide , dont la base et la hauteur se rapprochent davantage dans leurs proportions; ni avec la stèle, nom qui fut commun en Égypte, i* à des dalles plus hautes que larges , carrées par la base et les deux côtés, cintrées par le haut, et destinées à recevoir des inscriptions; a° à des monuments qui ont les formes de l’obélisque, mais qui sont comparativement de très-petites proportions. La célèbre pierre portant une triple inscription , trouvée à Rosette, et le petit obélisque de Phila:, élevé en l’honneur de Ptolémée Évergète II et transporté à Londres, sont des stèles.

Les obélisques sont d’invention égyptienne,

( 1) Nous employons le mot prisme faute d'autre ; on pourrait dire aussi pyramide allongée et trom/uce, fût de granit , etc.

particuliers à l’Égypte, et les ouvrages les plus simples de l’architecture de ce peuple célèbre. Tous les obélisques égyptiens sont d’une seule pierre, ou monolithes, de granit rose tiré des carrières de Syène dans la haute Egypte, et il est impossible de dire à quelle époque le premier obélisque fut élevé. La tradition historique attribue des monuments de ce genre aux plus anciens rois (i); mais aucun des obélisques connus n’est antérieur à l’avénement de la XVII ['dynastie égyptienne qui, en 1822 avant l’ère chrétienne, rétablit l’ancien ordre de choses en Égypte, après en avoir chassé les 1 Iyksbos , peuplade barbare qui avait conquis la basse Égypte et une partie de la haute en 2082, et les avait occupées pendant 260 ans. Il existe des obélisques de l’époque de plusieurs des princes de cette XVIII® dynastie , et de leurs successeurs; la plupart des rois égyptiens en érigèrent. La fureur de Cambyse détruisit un grand nombre d’obélisques dans les principales villes , à Thèbes particulièrement. On dit aussi que, frappé de la magnificence et de la majesté d'un des obélisques élevés par le roi Rbamsès dans cette vaste cité , le farouche conquérant fit arrêter un incendie qui menaçait cet obélisque. Le roi qui le fit élever, pour ga-

1) Héiodutc , liv. I , chap. xtvi.

1 a l’obélisque

rantir la conservation de ce précieux ouvrage, et s’assurer des soins de l’architecte et des ouvriers employés à le dresser, avait fait attacher son fils au sommet de l’obélisque (i).

Si les rois grecs successeurs d’Alexandre en Égypte, les Ptolémées, n’exécutèrent pas de nouveaux obélisques , ils ornèrent avec les anciens les villes qu’ils fondèrent ou qu’ils agrandirent.

Quand l’Égypte fut réduite au rang de province romaine, Auguste comprit combien les dépouilles monumentales de l’Égypte pouvaient répandre d’éclat sur la ville éternelle , et il fit transporter à Rome les deux obélisques d’IIéliopolis. Caïus Caligula en demanda un troisième, et, au rapport de Pline , la mer n’avait jamais porté un vaisseau d’aussi colossales dimensions que celui qui fut construit pour cette entreprise. D’autres empereurs imitèrent l’exemple d’Auguste; onze obélisques entiers et les fragments de plusieurs autres subsistent encore à Rome; on en trouve aussi àVelletri, Bénévent, Florence, Catane , Arles ; Constantin et Théodose en ornèrent l’hippodrome et le palais impérial de Constantinople. Des préfets romains en Égypte y firent faire des obélisques où leurs louanges étaient écrites en caractères hiéroglyphiques , et

(i) Slrabon , liv. XVII, p. x 1 58. — Pline, liv. XXXVI, cliap. ix. — Animien Marcellin , liv. XVII , cliap. iv.

les envoyèrent à Rome, où on les voit encore.

Le mot français obélisque , qu’on a familièrement remplacé par celui d’aiguille, est le latin obeliscus et le grec obeliscos, diminutif de obelos , broche. Le mot obélisque, wxoç, signifie donc petite broche, brochette, et l’on attribue aux Grecs d’Alexandrie, hommesd’un esprit caustique et malin, d’avoir donné cette singulière dénomination à ces masses colossales de granit: Hérodote les nommait broches de pierre , éêeXoùç Xiôivo jî.

Tant qu’on ignora la véritable destination des obélisques, l’esprit de système ne s’épargna pas pour la deviner au moyen des plus arbitraires étymologies de ce simple mot grec. On le dériva donc tout droit de l’hébreu ob-el, nom d’un prétendu serpent sacré, ou serpent soleil ; d’où la consécration des obélisques au soleil (i). Le P. Kircher inventa des textes coptes pour prouver que les Egyptiens nommèrent les obélisques doigts du soleil , et cette invention trouva du crédit auprès de quelques écrivains (2). On y a vu aussi des colonnes ou autels des dieux, des rayons du soleil, des gnomons, ou des symboles du cours de cet astre. Il reste de tout cela le mot vulgaire avec son origine grecque ; et quant

(1) Bryant.

(a) Delacroix le voyageur; Daviler architecte; Chambers; l’Encyclopcdie anglaise.

l4 1,’oBÉUSQMt:

à la dénomination égyptienne des obélisques, il ne subsiste qu’un seul renseignement sur lequel il soit permis d’asseoir une conjecture probable : c’est le a4* verset du chap. XXIII de \' Exode, où Dieu ordonne à Moïse de détruire les ouvrages de ses ennemis, et de ne pas adorer leurs dieux; et là où la Vulgate ajoute et confringes statuas eorum , et tu briseras leurs statues, l’hébreu et le grec des Septante expriment l’idée de stèles. Mais la version égyptienne écrit han djeri anschai mot à mot les colonnes écrites, ce qui peut s’entendre des obélisques (i). Leur nom égyptien serait donc djeri anschai , colonne écrite.

La figure de l’obélisque est aussi un signe de l’écriture égyptienne : i° figuratif, c’est-à-dire exprimant l’idée même de l’obélisque, et se lisant djeri anschai, l’obélisque, ou han djeri anschai, les obélisques, quand il y en a deux ou trois de figurés, comme marque du pluriel ; a° symbolique, symbole du dieu A mon, tenant dans les textes écrits la place de la figure ou du nom de ce Dieu ; et dans ce cas , le signe symbolique obélisque est suivi du signe symboliqne de l’idée dieu qui le caractérise.

Les obélisques sont des monuments essentiel-

(i) Note manuscrite de Champollion le jeune en marge du Znrgn.

DE LODQSOR. 1 5

lement historiques, placés au frontispice des temples et des palais, annonçant par leurs inscriptions le motif de la fondation de ces édifices, leur destination et leur dédicace à une ou plusieurs des divinités du pays, et le nom du souverain qui les fit élever. Si plusieurs princes y concoururent successivement , les inscriptions des obélisques donnent les détails des constructions, des accroissements ou des embellissements exécutés par les soins de chacun d’eux , et par là, l’époque relative de chaque partie de l’édifice; enfin, ces obélisques eux-mêmes sont mentionnés dans ces inscriptions parmi les autres actes de la piété des Pharaons.

i6 l’obélisque

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