‹ L'Obélisque de Louqsor transporté à ParisChapitre 8 sur 16 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

pied*, pooc. lig.

Hauteur totale de l’obélisque. . . 70 3 5

Plus grande largeur à la base

(, face nord ) 7 6 3

Plus grande largeur à la base du pyramidion {J, aces est et ouest) ... 544

Le poids total du monolithe est évalué à aao,5a8 kilogrammes (44^7 quintaux), et il est déduit de ses dimensions, qui donnent 84 m .64 cubes de granit rose de Syène , dont la pesanteur spécifique est égale à 3,7 le mètre cube : avec le revêtement en bois pour le transport, le poids du monument arrive à 5ooo quintaux.

L’obélisque, au premier aspect, paraît être dans un état parfait de conservation ; les anciens voyageurs qui ont vu Louqsor et mentionné ses obélisques, Pococke, Norden, Granger, Savary, n’ont pas même tous remarqué l’altération du pyramidion de notre obélisque; et quand Savary rapporte que l’un des deux obélisques de Louq-

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sur est fendu par le milieu et que l’autre est parfaitement conservé, il parle de l’obélisque de l’est pour la fente, qui est réellement une grande fracture. Notre obélisque lui avait donc paru parfaitement conservé. Il est vrai cependant qu’une rupture considérable existe dans le bloc ou monolithe, qu’elle se révèle dans toute sa largeur par une gerçure sur chacune des faces est et ouest , et que de la base elle se prolonge jusqu’au tiers environ de la hauteur. Cet accident remarquable ne fut pas ignoré des Égyptiens qui élevèrent l’obélisque, et ils n’en conçurent aucune inquiétude pour la solidité et la durée du monument. La ligne de rupture à sa base est figurée sous le n° 5 de notre plauche II (de 7-en jz); cette ligne est presque imperceptible vers le milieu ; les Égyptiens lui opposèrent néanmoins quelques précautions. Avant de dresser l’obélisque, ils creusèrent dans sa base deux mortaises en queues d’aronde opposées, leur axe correspondant exactement avec celui de la rupture; ils placèrent dans chacune d’elles une clef en bois de même forme, enduite de mastic, enfoncée de force, et ces clefsont suffi en effet pour empêcher jusqu’ici tout écartement des deux faces de l’obélisque (1).

(1) L’examen des constructions égyptiennes prouve l'u-

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Pour l’abattre, M. Lcbas, attentif comme les Égyptiens au moindre accident, a pris le parti d’armer le monolithe d’un revêtement en bois: cette précaution a suffi. On a reconnu à la base de l’obélisque abattu une légère croûte de sable gras , et elle n’offrait aucune solution de continuité; les repères tracés d’avance ont rendu le même témoignage : il n’y a pas eu le moindre écartement, et aucune partie de l’obélisque n’a travaillé par l’effet de la périlleuse opération si heureusement conçue, si habilement conduite par M. Lebas. Ainsi, et comme une singularité de plus de notre époque, qui est celle des plus étranges et des plus hardis mouvements de l’esprit humain, et à trente-trois siècles d’intervalle, des architectes égyptiens à Thèbes, et un ingénieur français qui défait et refait leur ouvrage, luttent, avec un égal succès, de science et d’ingénieuses inventions pour la conservation d’un des plus admirables ouvrages du génie des arts: et si l’on élevait encore à cette occasion la ques-

sage habituel de ces queues d’aronde en bois de sycomore pour lier entre elles les pierres de chaque assise. Cet usage ne fut pas inconnu dans l'Occident. Le mur dit des Sarrasins dans les Vosges, et qui est un ouvrage romain, en offre des exemples ; et quant à l’obélisque de Louqsor, il sera utile de remplacer les clefs en bois qui sont tombées en poussière.

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tioo de prééminence des anciens ou des modernes, l’équité déciderait qu’il y a, dans l’histoire de l’obélisque de Louqsor, de la gloire pour les deux époques.

On remarque aussi à la base de l’obélisque deux cartouches sculptés en creux, surmontés de deux plumes et accompagnés d’un signe honorifique; ils contiennent en caractères hiéroglyphiques un nom propre et un prénom royal qui se lisent plusieurs fois sur l’obélisque; iis sont ici , comme on le verra plus bas , une trèscurieuse donnée chronologique pour l’histoire de l’obélisque, et celle du prince dont il devait perpétuer la mémoire.

L’obélisque était posé sur un dé carré, en granit, dont la surface a été trouvée, par les fouilles, à 3 “* 80 e - au-dessous du sol actuel, et qui a été mis à découvert jusqu’à une profondeur de i“- 60'’ On a reconnu que ce dé a été dégradé par la nature, et il n’offre plus à l’extérieur qu’une croûte friable et scoriée. La face sud est ornée de quatre cynocéphales en relief; la face ouest est aussi occupée par un autre sujet sculpté, et il n’en reste aucune trace sur les côtés est et nord de ce dé. Cette singularité ne peut s’accorder avec l’esprit systématique des Egyptiens; on ne peut pas supposer à l’égard d’un monument public tel que l’obélisque de

Louqsor, un socle décoré sur deux côtés seulement, qui même ne se correspondent pas; il faut donc adopter l’opinion de M. Lehas qui , ayant remarqué : i ° que des \ cynocéphales du bas-relief du sud, les trois premiers, en partant de la face ouest , sont sculptés à même dans le dé et que le quatrième est détaché et saille en dehors de la face est de 60 c. environ ; a° que la face ouest porte aussi un bas-relief; 3 ° que les faces de T obélisque ne sont peu parallèles à celles de ce socle , en a conclu que le dé ne nous est point parvenu tout entier. Il nous manque donc les deux bas-reliefs des faces est et nord de ce dé; et pour ceux qui ont fait une étude attentive de la décoration des monuments égyptiens, il sera certain que les deux bas-reliefs qui ont disparu étaient , pour l’ensemble du sujet et l’ordre de la composition, semblables aux deux autres qui subsistent encore. On peut donc croire que le dé en granit de l’obélisque était symétriquement décoré, sur ses faces correspondantes, savoir estet ouest, des figures en pied du dieu Nil, faisant ses offrandes à Amon, divinité éponyme de Thèbes; nord et sud , des cynocéphales portant les noms et prénoms du Rhamsès qui avait élevé les obélisques. Ainsi ces bas-reliefs se rapportaient au grand dieu auquel les obélisques étaient consacrés, et au grand roi qui les

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fit ériger. Du reste, on doit espérer que l’étude du dé de l’obélisque oriental de Louqsor, qui appartient aussi à la France , éclaircira tous les doutes, et confirmera notre conjecture.

Le dé en granit était posé sur des constructions en pierres de grès , et la conservation du monument dans son état primitif jusqu’k nos jours en montre suffisamment la solidité. Tous les grands édifices égyptiens encore subsistants sont construits avec ce même grès; on le tirait des carrières de Silsilis, dont l’exploitation est historiquement prouvée pour des temps bien antérieurs à Sésostris. <

Les socles devant être transportés à Paris avec l’obélisque , M. Lebas écrivait à ce sujet de Louqsor, le i(\ août i83i , à Champollion le jeune : « Eu m’envoyant les instructions relatives à ma « mission dans la Haute-Égypte, M. le ministre a « eu la bonté d’y joindre les extraits de vos « rapports ; vous désirez qu’on enlève avec les « obélisques, les dés et soubassements, s’il y en a.

« Mais il résulte des dégradations que je viens « de vous signaler, qu’il ne convient pas d’em- « porter le dé de l’obélisque de droite ; dès a que le monolithe sera abattu , je me propose « de découvrir entièrement ce dé et d’en faire un « relevé exact; parce moyen on pourra , comme « vous le désirez, le reconstruire à Paris sur les

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« mêmes dimensions ». Les mesures relevées par M. Lebas serviront en effet à cette restauration , si on trouve bon de l’adopter.

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