Matériel des inscriptions de l’ obélisque
Les quatre faces de l’obélisque sont couvertes d’inscriptions en caractères hiéroglyphiques (i). Un léger examen suffît pour faire voir que , sur chacune d’elles , les signes sont rangés symétriquement pour composer trois colonnes perpendiculaires , bien distinctes , et formant ainsi trois inscriptions , trois phrases sur chaque face. Cette distinction est encore plus tranchée par la manière dont chaque colonne a été exécutée; sur toutes les faces, les caractères de l’inscription du milieu sont sculptés, en basrelief dans le creux, à une profondeur de plus de cinq pouces , et parfaitement polis ; les hiéroglyphes des deux colonnes latérales ont une
( 1 ) Les Égyptiens employèrent trois sortes de caractères d'écriture : pour les monuments , les signes hiéroglyphiques, dont chacun est la figure exacte d'une plante, d'un quadrupède, d’un oiseau , d’un objet quelconque de la création ou de l'industrie humaine; pour les livres et autres sujets relatifs à la religion , les signes hiératiques ou sacerdotaux, simple tachygraphie des hiéroglyphes ; pour les contrats et les usages ordinaires de la vie , les signes démotiques ou populaires, simple abréviation des caractères hiératiques.
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profondeur moitié moindre , et sont seulement piqués à la pointe. L’œil est satisfait d’une opposition qu’il saisit facilement et qui, par la variété des tons et des reflets , prévient toute confusion dans l’ordre et l’expression de ces signes nombreux , admirable tableau sculpté avec la dernière précision, et dans lequel chaque signe joint à la beauté et au fini du travail la plus grande pureté de dessin. Le nombre total des signes sculptés sur l’obélisque s’élève à 1600; ce sont autant de portraits fidèles des objets figurés , et l’on comprend que cette fidélité , cette science complète d’une iconographie qui pouvait embrasser tous les objets de l’univers matériel, était dans les inscriptions égyptiennes une condition essentielle et fondamentale, puisque chacun de ces signes avait un sens propre , absolu , et que toute incertitude sur la nature de l’objet figuré l’aurait privé aussitôt de son expression comme signe d’écriture , et aurait jeté de la confusion dans l’ordre et l’exposition graphique des idées. Cette condition essentielle de l’écriture sacrée égyptienne explique la perfection des sculptures hiéroglyphiques, et l’examen de celles de l’obélisque de Louqsor, exécutées sur une roche aussi dure, aussi solide, on pourrait dire inaltérable , composée d’au moins trois substances cristallisées, intimement adhé-
DE LOUQSOR. (il
rentes , et également rebelles au ciseau , doit nous donner une haute idée de l’art , des artistes et des procédés mécaniques auxquels nous sommes redevables d’un pareil monument.
Ses inscriptions nous en font connaître l’objet et la destination; la piété du prince illustre qui éleva le palais de Louqsor s’y révélait dès l’approche de cet édifice à la fois civil et religieux, et les deux obélisques y sont expressément figurés et mentionnés , ainsi que la vaste et somptueuse construction dont ils décoraient le frontispice.
Nous supposons , en parlant du texte des inscriptions, que l’obélisque conservera à Taris l’exposition qu’il avait à Louqsor. La face offerte la première aux yeux du spectateur qui approchait du palais égyptien , regardait le nord (n° i de notre planche ) , à sa droite la face ouest (n° a), la face sud (n° 3), vers le palais; à gauche la face est (n° 4j- La face ouest a été gravée la dernière.
En supposant donc que l’obélisque sera placé sur la place Louis XV, et que l’on voudra bien avoir égard à ce que firent les auteurs de ce monument, la face nord de l’obélisque sera tournée vers l’arc de triomphe de l’Étoile , la face sud, vers le palais des Tuileries. A ces conditions on ne s’exposera pas à méconnaître les motifs qui déterminèrent l’exposition primitive de l’obélisque.
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