‹ L'objectif photographiqueChapitre 8 sur 24 · de soude · texte numérisé non relu

de soude

/ — de chaux 15

\ .Minium 5

Cette composition, due à Feil, donne un verre de

poids spécifique 2,54 et d'indice de réfraction (pour la raie D) 1,5347.

Sable 100

Carbonate de potasse 45

/ Chaux 9,46

I Minium 9,46

, Salpêtre 1,89

donne un crown-glass tendre ayant comme constantes physiques :

/ Poids spécifique 2,oS8

j Indice de réfraction (raie rouge). ., . 1,522 ( Pouvoir dispersif 0,0332

2° Mélanges pour flint-glass :

Sable 100

Minium 70

Carbonate de potasse 18

* j Salpêtre 5

Acide borique 6

Bioxyde de manganèse 0,120

qui, du à Feil, donne un flint léger, de poids spécifique 3,20, d'indice de réfraction (raie D) 1,5863.

Sable iOO

Minium 67

< Carbonate de potasse 30

Chaux 0,41

Salpêtre 3,33

flint léger dont les constantes physiques sont :

I Poids spécifique 3,200 Indice de réfraction (raie rouge). . . . i,o01 Pouvoir dispersif 0,03082

M. Lamy avait proposé de remplacer le potassium par le thallium ; mais ce mélange était difficile à fondre, donnait un verre légèrement jaunâtre, et en outre, était trop coûteux, vu le prix élevé du thallium ; on y a donc renoncé.

Citons encore le verre lourd de Faradv, contenant de Tacide borique :

/ Oxyde de plomb 104

j Silicate de plomb 24

( Acide borique sec 25

verre qui se détruit facilement ; l'acide chlorhydrique, par exemple, le réduit en plâtre.

Ajoutons enfin qu'on a essayé de faire entrer dans la composition du verre d'optique un grand nombre de bases telles que la didyne, la strontiane, etc. Mais ces essais n'ont pas été mis en pratique.

Le mélange ainsi fait est mis dans un creuset, avec les déchets ou groisils provenant de fontes antérieures de verre de même composition.

La bonne qualité des creusets employés est très importante ; aussi sont-ils fabriqués dans les verreries mêmes ; ils sont faits avec des argiles réfrac-

taires ; le mélange suivant est souvent employé :

/ Argile grasse iOO

Ciment 100

( Ecailles de pots pulvérisées 10

Ces matières, humectées d'eau, forment une pâte homogène ; cette pâte est piétinée pendant une journée par un homme qui se trouve, le soir, avoir accompli un nombre de kilomètres assez considérable.

Après avoir été abandonnée quelques semaines,

dans un endroit humide, elle est travaillée à la main pour faire le creuset qui a la forme d'une cornue à col très court [fig. 3), haute d'un mètre et épaisse de 5 à 7 centimètres.

Le fond a une épaisseur assez considérable (10 centimètres environ\ étant donné que le creuset doit supporter une charge qui varie de 400 à 800 kilos, selon les usines. On dit alors que le creuset terminé est vert. On le laisse sécher quatre à huit mois dans une pièce chauffée à 30 ou 40 degrés, et on le cuit ensuite graduellement jusqu'au rouge avant d'y introduire le mélange destiné à la fonte.

Le four dans lequel s'accomplit la fonte varie selon les usines ; on emploie des fours chauffés à la houille

ou au gaz; ils sont quelquefois adossés deux par deux ; en tous cas chaque four, contrairement à ce qui a lieu pour les verres ordinaires, ne contient qu'un creuset.

Fis 4.

La figure 4 montre un de ces fours vu de profil ; la figure 5 en est une coupe horizontale.

B est un siège rond massif supportant le creuset ou pot D, dont la gueule est tournée vers l'arcade EE par laquelle on met le pot; le siège est situé entre deux grilles GG; HH est ce qu'on appelle la

couronne du four : elle est surmontée des cheminées par lesquelles s'opère le tirage, entretenu par de Tair venant de grandes caves sur lesquelles sont construits les fours.

Le creuset est fermé pendant la chaulfe préalable, afin d'empêcher les famées données par la houille

i Jk

Fig. 5.

d'entrer, ce qui amènerait une légère coloration du verre.

Quand il est à une température convenable on Ye?îverre. c'est-à-dire qu'on y projette de vingt à trente kilos de matière, qui, fondant, forment une voûte de vernis à l'intérieur du creuset ; ce verre est ensuite enlevé avec des spatules.

On enfourne alors le mélange par portions de 20

FABRICATION DU VFJRRE 21

à 40 kilogrammes ; il faut ainsi de 10 à 12 jours pour le remplir.

On remet à chaque fois le couvercle et on laisse ainsi la masse fondre. Si on la laissait en repos, le verre liquide se séparerait en couches d'inégale densité et d'inégale réfringence ; cela tient à ce que le mélange se compose de matières aussi hétérogènes que les éléments qui entrent dans la confection de la sauce mayonnaise K

Guinand a le premier obvié à cet inconvénient en brassant le verre fondu, jusqu'au moment où il est devenu assez visqueux pour que la séparation de ces zones inégalement denses ne puisse plus avoir lieu.

Ce brassage ou indclage se fait à l'aide d'un cylindre en terre réfractaire G nommé guinand, du nom de son inventeur, de la hauteur du verre dans le creuset et d'un diamètre de 10 centimètres environ ; ce cylindre est creux, de façon à pouvoir flotter naturellement à la surface du verre. Sa partie supérieure, courbée à angle droit supporte une barre de fer F, s'appuyant sur un support à rouleau en fer R.

Un ouvrier manie cette barre au moyen d'une traverse en bois placée dans un anneau A, à l'extré^ mité du creuset [fig. 4 et 5). G'est là un travail très

1 Si on verse dans un verre deux liquides différents, de l'eau et du sirop par exemple, on aperçoit des stries nombreuses. Ces stries disparaissent en mélangeant, par un brassage au moyen d'une cuiller, tout comme dans la fabrication du verre.

fatigant et pour lequel les ouvriers doivent se relayer toutes les quatre ou cinq minutes ou toutes les vingt minutes selon les usines ; on a bien essayé de le faire mécaniquement, mais les résultats ont été mauvais.

Le brassage se fait quand le verre est devenu fin^ c'est-à-dire quand toutes les bulles ont disparu. Après le mâclage, la barre de fer F est très chaude, on Tenlève et on laisse le guinand flotter à la surface du verre.

Le brassage s'opère en une ou en plusieurs fois, selon les fabriques.

Quand le mélange est bien obtenu, on bouche les grilles par en dessous. La matière se refroidissant alors, il arrive un moment où le brassage devient très difficile ; on retire alors le cylindre et on bouche toutes les ouvertures du four.

Telle est à peu près l'opération de la fonte, qu'on ait atïaire au crown ou au llint. La fabrication du crown exige une température plus élevée, mais se contente d'un brassage bien moins fréquent que celle du flint. La durée du brassage augmente d'ailleurs avec son poids spécifique, quel que soit le verre.

Au bout de huit jours on retire le creuset et on le casse avec précaution. Si la masse de verre est d'un seul bloc et assez pure, elle est réservée pour les objectifs d'astronomie. Plus généralement elle est déjà fendue en plusieurs morceaux, on les trie

alors et on enlève au marteau les parties présentant des défauts, de manière à ne garder que les morceaux exempts de bulles, de stries ou de fils.

Les déchets ou groisil sont réunis et piles pour être ajoutés au mélange de même composition, comme nous Tavons déjà dit.

Les déchets atteignent en moyenne 70 ^/q en comptant les fontes perdues par rupture du creuset par la cuisson, ce qui arrive assez souvent. De sorte qu'il n'y a guère que 200 à 250 kilos de livrés à Topticien, sur une fonte de 700 à 800 kilogrammes.

Le verre destiné aux objectifs de photographie doit être très homogène, exempt de bulles et de stries ou fils, dur et non décomposable à l'air. Il doit en outre être absolument incolore. Mais les vapeurs de la houille traversent toujours un peu le creuset et nuancent le verre d'une coloration verte, coloration due à Toxyde de fer contenu dans la houille. On l'évite au moyen du bioxyde de manganèse (savon des verriers) qui, seul, donnerait une teinte rosée, couleur complémentaire du vert.

Le flint-glass, contenant une grande quantité d'oxyde de plomb, a, par ce fait, une teinte très légèrement jaunâtre.

Les morceaux de verre ainsi triés sont moulés dans des plateaux en terre réfractaire enduits de terre pilée et chauiTés dans des fours spéciaux, ce qui leur donne la forme de plaques rectangulaires d'épaisseur variable. Ce recuit doit être très soigné

et le refroidissement très lent, sous peine de produire des verres trempés dont on ne peut faire usage.

Les plateaux ainsi obtenus sont grossièrement polis sur deux faces opposées, puis placés chacun à leur tour entre l'objectif d'une lunette et une petite flamme placée à une distance convenable. Recevant dansFœil le faisceau lumineux venant decette flamme après avoir traversé la plaque et la lunette, on aperçoit les défauts qui se révèlent par des diflerences d'intensité lumineuse ; on voit ainsi si le verre est bien homogène et a partout la môme densité.

On examine ensuite si le moulage de la plaque a trempé le verre en examinant un faisceau lumineux qui a traversé la masse après avoir traversé un prisme de Nichol.

On dit souvent à tort que les verres ainsi essayés sont partagés en trois catégories :

1° Les meilleurs étant destinés à Fastronomie ;

2" Ceux qui viennent ensuite servant à faire les bons objectifs de photographie ;

3° Enfin le troisième choix étant réservé pour les lentilles de lunettes ou d'objectifs de photographie ordinaires.

Il n'en est rien, attendu que la composition d'un verre d'optique est très différente, selon qu'il est destiné à l'astronomie, à la photographie, à la microscopie ou à la lunetterie.

Néanmoins quand la fonte d'un crown destiné à la photographie a donné un verre d'un seul bloc,

on le met généralement de côté pour y tailler un verre d'astronomie.

On détermine alors la densité, les indices de réfraction et le pouvoir réfringent de ces différents verres.

Souvent Topticien achète les plateaux encore dépolis sur toutes les faces et sans avoir été essayés.

Le verre ainsi livré en plateaux revient de 6 à 20 francs le kilo, selon la qualité.

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