DU PAVILLON
Entre l'Amour et Psyché et Psyché et l'Amour, la différence est plus grande qu'on ne croirait.
N9. 926. — Artémise buvant les cendres de Mausole , son époux ; par M. QUEYLAR.
Sachez donc, une fois pour toutes 5 messieurs les peintres d'histoire , qu'on veut dans vos tableaux des expressions et du dessin ; et sachez, M. Queylar j qu'il n'y a rien de tout cela dans le vôtre.
N**' 944* — Jeanne d'Arc , prisonnière à Rouen } par M. RÉVOIL.
M. Réveil est accoutumé à recevoir des éloges;
son dernier ouvmce n'en mérite pas moins que ceux qu'il a précédemment exposés : on pourrait cependant lui adresser quelques reproches sur les jiiedsde Jeanne d'Arc et sur les mains en général ; mais ce sont de légers défauts rachelés par beaucoup de beautés.
N°. 945« — La mère de Henri IV ', par îe même.
Que n'en puis-je dire autant du suivant ! mais il s'en faut beaucoup qu^il soit digne de son auteur. Le roi de Navarre, au lieu de s'amuser à promettre à sa fille une boîte et un testament si elle chante en accouchant, ferait mieux de l'avertir qu'elle va tombsr , et que, dans son état , une chute est dangereuse. Si le bon roi n'aime pas les mines recbignées , que doit-il dire de Jeanne d'Albret?
No. çSo. — Tannsgul du Châtel ; par M. RI- CHARD.
La \ille de Paris , par la trabison d'un quartenier , ayant ouvert ses porres au duc de Bourgogne , Tannegui du Châtel , gouverneur de la Bastille , inquiet sur les jours du Dauphin , fils de Chailes Vj, court à l'hôtel de ce jeune prince qui dormait paisiblement, eï l'emporie e. veloppé d'un de ses drap=;.
Fait il jour? fait-il nuit? Le Dauphin dit l'un , le ciel, dit l'autre , et i'efftjt général ne dis rien.
N». 65i. — L'hermitane de Veaucouleurs ; par
M. RICHARD , de Lyon.
Nous avons déjà vu cet intérieur de cloître ; où si ce n'était lui j du moins quelqu'un des siens*
No. 958. — Portrait de feu le iTiarquis de l'E"cure , général en chef des Vendéens en ITOS; parM. ROBERT-LEFÈVRE.
Le génie se fait reconnaître partout , dans un portrait comme dans un tableau d'histoire } mais ce n'est pas dans celui-ci.
On se rappellt^ celui de M. de Laroche Jacquelin , par M, Giérin , qui fut t^xposé au salon dernier , et quel!e belle expression le peintre avait £u donner au personnage dont il retraçât les traits. Si celui de M. de l'Escure est destiné à lui servir de pendant , je plains M. Robert Lefèvre.
3N"ô. 1007. — Julie et St. -Preux au rocher de la Meilleraie ; par Mad. RULLIER.
Votre tableau est joli , madame, il est gracieux;
mais les personnages n'ont pas l'expression qu'il
conviendrait, et c'est dommage.
1^0, 1023. — Dévouement patriotique de six bourgeois de Calais ; par M. SCHEFFER.
Je n'aurais jamais reconnu là ces Français d'éternelle mémoire , qui, pleins du noble enthousiasme que Pamour de la patrie portait dans leurs cœurs, se dévouèrent pour le salut de leurs concitoyens : quelle sublime expression déviât animer tous leurs traits ! on croirait, au lieu d'eux , voir la tête de la chaî.ie , et c'est , sans doute , afin que son tableau ressemble mieux à cette hideuse procession, que le peintre n'a mis aucun personnage sur la droite-
Ko. 1029. — Tobie, parM. SERRUR.
Si la nuit (^ût été un peu plus sombre j on n']r
aurait rien tu , et çà n'en aurait pas fait plaa mal.
No. ic34. — L'Amour faisant danser les Grâces ; par M. SIMON (Gervais).
On ne me fera jamais croire qu'il y ait des grâces dans ce tableau. A propos, on l'a verni depuis hier j c'est un voile qu'on aurait dû y mettre.
No. 1045. — Le comte Ugolin ; par M. SOU- LARY.
Un des sujets qui prêtaient le plus aux expressions fortes et terribles , et qui pouvaient faire naître un effet neuf et remarquable , n'a produit qu'un tableau des plus médiocres ; il serait digne d'être traité par une main plus habile.
Nf". ic6i. — Une famille de Centaures 5 par M. TARDIEU.
C'est un pauvre homme , qiie ce Centaure là ! qu'il est grêie et mesquin ! Ma foi, c'est un cheval plus p£.uvre encore. Et la Centauressc^ je n'en avais jamais vu. Au fait , comment la race se seraitelle perpétuée ? La Fable est pleine d'inconséquences pareilles ; on fait bien de les rectifier. Els du petit Centaure , qu'en dites vous? n'est-il pas bien grand et bien formé pour un enfint encore à la mamelle ?— Bon , mon-sieur l'Observateur, vous critiquez toujoiirs , vous ne voyez pas ce qu'il y a de bien da/is ce tableau. — Et qu'est-ce , s'il vous plaît? la cou'eur ?— Non. — Ledessin? — Non. — La composition j l'effet? — Non, non. — Eh bien î quoi donc ? — Cette plume qui est à
terre n'est-elle pas d'une vérité.... ? — Ma foi , vous ne disconviendrez pas que c'est un mérite bien léger,
î\®. 1087. — Les femmes de Weinsberg 5 par M. TKÉZEL.
L'empereur Conrarl III assiégeait la \ille de Weinsberg en Bavière ; irrité de la résistance qu'on lui opposait, il avait juré de passer tous les mâles au fil de l'épée , lorsqu'eiifin la vilîe fut forcé de se rendre à discrétion. Les femmes demandèrent et obtinrent la permission d'emporter ce qu'elles avaient de plus précieux : alors on les Tit sortir chargées de leurs pères j de leurs époux et de leurs enfans.
Je ne puis passer au mari d'une de ces femmes fortes l'armure de fer dont il est revêtu ; en vérité ce n'était pas là le cas.
N"". 1 1 16. — Portraitde femme ; par M. VALLIN.
Quel intérêt un portrait peut-il avoir pour le public , à moins qu'il ne soit fait de main de maître? et qu'avions-nous à faire de cette banne maman dans son jardin tout peuplé d'arbres qui ne sont pas verds ?
J^^. 1117. — Marie Stuard au moment où l'on vient la chercher pour aller à la mortj par M. VAN -BUÉE le jeune.
Il faut convenir que les bouts de lance qu'on aperçoit par le soupirail de la prison expliquent merveiileusemeni le sujet.
N°. 1145."— Inauguration de la sUtue d'Henri IV; par M. VERGNAUX.
Vous n'avez point assisté à la cérémonie que vous représentez , M. Vergnaux j car vous y auriez vu des soldats , et vous auriez peut-être remarqué qu'ils ne tiennent point leur fusil comme les vôtres : vous auriez vu encore que des militaires français , n'auraient- ils servi que dans la garde nationale , n'ont pas la tournure que vous leur prêtez.
N». ii54' — Massacre des Mamelucks dans le château du Caire , ordonné par Mohamed- Ali-Pacha , vice-roi d'Egypte j par M. VEll- NET ( Horace ),
No. 11 55. — Ismayl et Maryam ; parle même.
Ces deux morceaux assurent à leur auteur un rang distingué parmi les peintres d'histoire , et prouvent que son talent n'est pas borné au genre des petits tableaux cju'il exécute depuis long-temps avec un mérite si supérieur. Il a exposé en outre plusieurs de ces derniers depuis le numéro 11 56 juques et y compris 1 169.
N*'. 1176. —>• Ampliion apprend de Mercure à jouer de la lyre j par M. VIGNAUD.
Grâces au catalogue , on finit par reconnaître le sujet sans lui ; comment saurait-on que c'est là Mercure ? quVt-il fait de ses ailes ? il en aurait cependant plus grand besoin que jamais j il est si Ipurd... î
N». 1597. — La Belle au bob dormant , tiré des contes de Perrault ; par M. LECOMTE ( Pierre ).
Ce n'était pas la peine de se mettre en frais , pour ne traiter qu'un sujet rebattu d\ine manière moins que médiocre.
Que conclure de notre petite revue ? que , dans les arts comme ailleurs , il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus , et que, dans le grand nombre de tableaux que nos artistes ont exposés , on a bientôt compté les bons.
AiB. : Va-t-en voir s^ils viennent.
Mais dans deux ans nous verrons
Ceux qu'ils s'euvont faire , Et qui tous désarmeront
La critique amère ; Ya-t-en voir s'ils viennent Jean ,
Ya-t-en voir s'ils viennent.
Air : La faridon daine , la faridondon,
Gérard verra par leurs travaux
Sa gloire surpassée -, On ne distinguera plus Gros
D'avec les Lagrénée *, Enfin pour le prochain salon , Lafaridondaine, la faridondon ; Ils auront tous bien réussi
Biribi , A la façon de Barbari , Mon ami.
Del'inap. de RENAUDIERE , Marché-Neuf, n.