SCÈNE X
Les MÊMES, DIDIER, LA ESTUDIAN- TIN A.
DmET^. franchissant le balustre du balcon et sautant sur la scène, masqué, son petit chapeau à la main, la mandoline en bandoulière.
— La musique est finie, maintenant les
chanteurs font la quête, c'est la loi de l'Estudiantina. Par ici, camarades.
[Les masques franchissent le balcon derrière lui et s'alignent au fond de la véranda, la mandoline au poing, grands manteaux noirs des étudiants espagnols, gants blancs, dentelles aux manches et petits loups noirs. Didier saule au cou de sa mère et l'embrasse.)
La Marquise.
— Doucement donc, grand enfant!
Didier, à Madeleine.
— Et ma petite Mad, qu'est-ce qu'elle donne à la musique >
.Madeleine.
— Rien pour le vilain masque! (Montrant Noëlie.) Adressez-vous à côté.
Didier, à Koëlie.
— Ah ! pardon, je n'avais pas vu.... [Saluant.) Mademoiselle. (// lui baise la main.)
Noëlie.
— Votre aubade est divine, le monsieur à la guitare.
Didier, revenant vers Madeleine.
— Rien pourle vilain masque, très bien.... (Se démasquant.) Et pour Didier?
— Pour Didier, une belle surprise..., tournez-vous et regardez. {Elle le met en face d'Hornus.)
Didier, avec un cri.
— -Mon maître! mon bon maître! (// lui saule au cou.)
IIoRNLS, l'étrcignant.
— Didier! .Mon petit, mon cher petit!
Didier, à sa mère.
— Mais comment l'as-tu sorti de ses roches, notre vieux lézard gris?
IIornus.
— Un miracle ! et c'est mademoiselle qui la fait. (// montre Madeleine.) Je suis venu tout exprès pour la voir.
Didier, triomphant.
— Hé bien ! crois tu qu"il a du goût, ton élever... Et bonne, autant qu'elle est jolie.
Madeleine, bas, un peu confuse.
— Didier! Didier!
Didier.
— C'est vrai, ma petite Mad, je n'ai pas le bonheur discret.
NoÈLiE. d'un cLin.
— C'est moi qui comprends ça!
— Je voudrais le dire, le crier à toute la terre que je vous aime et que je suis heureux, maintenant surtout que je vous ai là tous, tout le cœur de mon cœur, ma mère, mon vieux maître Ilornus et ma chl're petite femme !... Oui. ma femme, il n"y a plus à s'en djdire. puisque vous avez ma bayue. (// lui a pris la main.) Reg'arde, Ilornus; regardez, mademoiselle.
NOËLIE.
— Oh! je la connais, elle est très jolie. Madeleine.
— Et je l'aime bien, ma bague.
i:Obst.uk
Didier, avec transport.
— Et moi donc, si je l'aime! (// taise la va^^^'uc et la main passicvinémeut.)
]\)ix, au dehors
— En route! En roule!
Un masque, au fond.
— Allons, Didier.
Didier.
— Tiens! au fait, j'oubliais ma cavaleadc. En route! {Les masgiies ont disparu. Lui. avec des baisers à la ronde.) A t-jut à l'heure. mes chéris! {Il enjambe le balcon et disparait. Tous se pencJient pour le regarder. Les chants et les cris s'éloiùnient.)