L.\ Marquise, tremblanlc
— Quoi donc?
Didier.
— C"est qu'il y avait peut-être, sur le nom que je porte, une tare, un déshonneur....
La Marquise.
— Oh! mon enfant, que vas-tu supposer là?
Didier.
— Mais je suppose tout et tu ne dois pas m'en vouloir. Comprends donc qu'en dehors de la blessure faite à mon cœur, il y a pour toi, comme pour moi, dans cette rupture, une atteinte à l'honneur du nom, de la famille; il fautbien que je cherche. Au risque de nous affliger, de nous meurtrir! (La rapprochant de lui, et de très près, tout bas.) Dis-moidis....
La ^L\RQUISE.
— Que veux-tu que je te dise?
Didier.
— Ce que lu sais.... \'a! si cruelle que soit la confidence, après ce que je viens de subir, je peux tout entendre.
La Marquise.
— Je t'assure....
Didier.
— Pour Famour de ton fils, réponds-moi, je te supplie de me répondre....
La AL\rquise, à voix l\isse.
— Parle..., je repondrai.
Didier.
— -Mon père, ce pauvre être que je n'ai jamais fait qu'entrevoir de loin en loin, couché, anéanti....
La Marqu'ISE.
— lié bien> Didier.
— Avant que la maladie le terrassât, est-ce qu'il n'aurait pas eu dans sa vie une faiblesse.... une....
ii6 UObsLule
La Marquise, ne le laissant pas finir.
— Tais-toi, Didier! Ton père a été le plus loyal soldat, le plus noble et le plus fier des hommes..., rien dans son existence contre le devoir, contre l'honneur. Ça, je te le jure; je te le jure.
Didier.
— Ah! quel bien tu me fais! (Il s'écarte d'un pas en s'cssurant le front.)
La Marquise, à part.
— Il ne m"a rien demandé, à moi.... Pas même effleurée d'un soupçon.... Ah ! le noble enfant !
Didier, revenant vers sa mère.
— Ainsi, c'est un outrage sans raison qu'on nous fait.
La ^L\rquise, iimi.icment.
— Un outrag-e> Didier.
— Et le plus sanglant! Tu ne trouves pas?
La Marquise.
— Non.
Didier, bondissant.
— Comment?
La ALvrquise.
— C'est-à-dire... je ne crois pas qu'on ait eu rintention de foutrag-er.
Didier.
— Qu'est-ce qu'il te faut, alors?... Ah! tiens, les mères, vous êtes toutes les mêmes.... Ainsi, toi, mes cris ont pu t'émouvoir tout à riicurc, tu as pleuré de me voir pleurer. Mais au fond, je suis sûr que tu es contente.... Oui, oui, tu es contente.... Je ne m'en vais pas, tu me gardes!
La AL\rquise.
— Méchant.
Eh bien! g-ardc-moi, mais tu ne m'empêcheras pas d'accomplir mon devoir. {Il prend son chapeau et sa canne.)
La -Marquise.
— Didier, où vas-tu > que vas-tu faircr
DlDlER.
— Xaie pas peur, rien que de très simple et de très sensé; il y a un tuteur, un responsable. C"est avec lui que je vais m"expliquer.