‹ L'obstacle, pièce en 4 actes. Illus. de Bieler, Gambard, Marold et MontégutChapitre 30 sur 57 · L.\ Marquise, tremblanlc · texte numérisé non relu

L.\ Marquise, tremblanlc

— Quoi donc?

Didier.

— C"est qu'il y avait peut-être, sur le nom que je porte, une tare, un déshonneur....

La Marquise.

— Oh! mon enfant, que vas-tu supposer là?

Didier.

— Mais je suppose tout et tu ne dois pas m'en vouloir. Comprends donc qu'en dehors de la blessure faite à mon cœur, il y a pour toi, comme pour moi, dans cette rupture, une atteinte à l'honneur du nom, de la famille; il fautbien que je cherche. Au risque de nous affliger, de nous meurtrir! (La rapprochant de lui, et de très près, tout bas.) Dis-moidis....

La ^L\RQUISE.

— Que veux-tu que je te dise?

Didier.

— Ce que lu sais.... \'a! si cruelle que soit la confidence, après ce que je viens de subir, je peux tout entendre.

La Marquise.

— Je t'assure....

Didier.

— Pour Famour de ton fils, réponds-moi, je te supplie de me répondre....

La AL\rquise, à voix l\isse.

— Parle..., je repondrai.

Didier.

— -Mon père, ce pauvre être que je n'ai jamais fait qu'entrevoir de loin en loin, couché, anéanti....

La Marqu'ISE.

— lié bien> Didier.

— Avant que la maladie le terrassât, est-ce qu'il n'aurait pas eu dans sa vie une faiblesse.... une....

ii6 UObsLule

La Marquise, ne le laissant pas finir.

— Tais-toi, Didier! Ton père a été le plus loyal soldat, le plus noble et le plus fier des hommes..., rien dans son existence contre le devoir, contre l'honneur. Ça, je te le jure; je te le jure.

Didier.

— Ah! quel bien tu me fais! (Il s'écarte d'un pas en s'cssurant le front.)

La Marquise, à part.

— Il ne m"a rien demandé, à moi.... Pas même effleurée d'un soupçon.... Ah ! le noble enfant !

Didier, revenant vers sa mère.

— Ainsi, c'est un outrage sans raison qu'on nous fait.

La ^L\rquise, iimi.icment.

— Un outrag-e> Didier.

— Et le plus sanglant! Tu ne trouves pas?

La Marquise.

— Non.

Didier, bondissant.

— Comment?

La ALvrquise.

— C'est-à-dire... je ne crois pas qu'on ait eu rintention de foutrag-er.

Didier.

— Qu'est-ce qu'il te faut, alors?... Ah! tiens, les mères, vous êtes toutes les mêmes.... Ainsi, toi, mes cris ont pu t'émouvoir tout à riicurc, tu as pleuré de me voir pleurer. Mais au fond, je suis sûr que tu es contente.... Oui, oui, tu es contente.... Je ne m'en vais pas, tu me gardes!

La AL\rquise.

— Méchant.

Eh bien! g-ardc-moi, mais tu ne m'empêcheras pas d'accomplir mon devoir. {Il prend son chapeau et sa canne.)

La -Marquise.

— Didier, où vas-tu > que vas-tu faircr

DlDlER.

— Xaie pas peur, rien que de très simple et de très sensé; il y a un tuteur, un responsable. C"est avec lui que je vais m"expliquer.

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