SCENE IX
Les Mêmes, HORXUS. qui est entré sur les derniers nwls.
IIoRNUs, à Didier.
— Il t'enverra coucher, le responsable; et, à sa place, je n'hésiterais pas.
Didier, couranl à lui.
— Ahl Ilornus. c"cst toi.... Tu sais ce qui marrive, tu sais ce qu"ils me font
IIORNLS.
— Oui; et je sais aussi que tu vas faire une sottise.
— Vraiment?
HORNLS.
— Ta prétends demander raison à ce monsieur.... Remarque qu"il ne m'est pas sympathique, le justiciard.... .Mais en définitive, tu ne peux pas lui couper les oreilles parce que sa pupille ne t'aime pas.
Didier.
— Ce n'est pas vrai, elle m'aime. Je te dis qu'elle m'aime. {A sa mère.) Tu le sais. tu l'as vu. Elle me l'a écrit, juré.... Car ne vous y trompez pas, c'est une passionnée, sous cet air de réserve, celle qui paraphe son portrait d'une déclaration aussi brûlante. ..
120 UObstacl-:
IIoRxrs, r interrompant.
— Alors, c'est qu'elle t'aimait et qu'elle ne t'aime plus.
Didier.
— Mais, pourquoi r
HORXUS
— Pauvre petit! tu en es làr... Tu demandes pourquoi au cœur de la femme....
Didier, avec un cri de larmes.
— -Mais moi, je n'ai rien fait.
IIORNUS.
— C'est le secret de cette enfant.... Il n'y a qu'elle qui pourrait te répondre, et encore.
Didier.
— Hé bien ! nous allons voir ce qu'elle me répondra.... {Effroi de la Marquise, Hormis la rassure d'un geste. Didier embrassant sa mère sur le front.) Au revoir, mère.
IIorxus, le retenant par le bras.
— Dis donc, petit, prends garde.... Quand on a reçu un congé aussi brutal que le tien,
s'en aller geindre, réclamer, demander pourquoi Ion ne vous aime plus, ce n'est pas une démarche bien digne... (mouvement de Didier) ni le vrai moyen de se faire aimer.
Didier.
— Je te répète, Hornus, ce que j'ai dit à ma mère. .Madeleine n'est pour rien dans tout ceci. Je la sens victime comme moi, prise au même pièg-e... et. tu viens d'en convenir, c'est par elle seule que je puis découvrir la vérité.
La Marquise.
— Tu ne la verras pas, mon pauvre enfant, on ne te la laissera pas voir.
Didier.
— Par exemple ! .Mais je défoncerai les portes, je mettrai le feu à la maison. Il faudra bien qu'elle sorte, que je la voie!
HORXUS.
— En effet, le feu à la maison... ce serait un moyen.... Seulement elle n'est pas chez elle.
Didier.
— Qui te Ta dit >
IIORXUS.
— Mlle Estelle, tout à riicurc. en la raccompagnant.
Didier.
— Ils Tont fait partirr
IIORXUS.
— Non! Mais pour éviter tes poursuites, elle s'est réfugiée chez les Dames-Bleues, dans son ancien couvent.
Didier.
— Est-ce vrai?
La Marquise.
— Tu vois donc bien que c'est elle qui ne veut plus d^ ce mariage....
KORNUS.
— A son âge. au temps où nous vivons, une jeune fille ne se laisse pas enfermer de force.
L'Ohtacle i :3
Didier, accable.
— Oh! que c'est cruel.... S'enfermer contre moi. contre mon amour.... Qu'elle ait lait cela, elle!... elle!... (// se lotisse tomber sur le divan.)