SCENE VIII
Les Mêmes, MADELEINE app.ir:tiss.iiit pcir la galerie à droite.
La Supérieure.
— Viens ici. ma fille, et parle-nous bien à cœur ouvert.
.Madeleine.
— Oh! mon Dieu..., que veut-on encore de moi?
HORNUS
- Une chose bien simple, mademoiselle... Didier demande à vOus revoir.
L' Obstacle i65
JMadkleine, effrayée.
— Oh! non....
HORNUS
— Pas longtemps.... Juste assez pour vous entendre dire que vous ne l'aimez plus.
Madeleine.
— Non, pas cela..., je vous en prie..., jamais..., je ne pourrais pas.
riORNUS.
— Enfin, puisque vous ne voulez plus de lui, le pauvre enfant, puisque vous lui reprenez votre amour....
Madeleine.
— Mais je n'ai pas dit..., ou du moins, c'est bien malgré moi; j'ai été assez malheureuse de ce qui arrive....
— Rien ne s'est fait sans votre consentement.
Madeleine.
— C'est vrai.
i66 L'Obstacle
HORNUS
— Eh! bien, donnez-lui-en l'assurance, il ne demande que cela.
Madeleine.
— C'est au-dessus de mes forces.
HORNUS
— Pourtant, mademoiselle, il faut avoir le courage de ses actes. Qu'avez-vous à craindre d'un bon et loyal g-arçon, qui vous respecte et qui vous aime de tout son cœur?
Madeleine.
— Je ne peux pas lui dire la cause de mon refus, il faudrait mentir. (.1 la Supérieure.) Non, non, ma mère ; je vous en prie, je vous en prie 1
La Supérieure.
— Malheureusement, ce jeune homme a ton portrait, tes lettres, et c'est à toi seule qu'il veut les rendre.
Madeleine.
— Hé bien, mais qu'il les g'arde. Je ne lui réclame rien; trop heureuse si ce sou-
venir pouvait le consoler du mal bien involontaire que je lui cause.
HoRNLS, à par!.
— Tiens! tiens!... mais bravo.
EsTELLi:, avec élan.
— En ciïct. nous n'y pensions pas, personne, voilà qui arrangerait tout.
Le Conseiller, nerveux.
— Sans doute... qui arrang-erait tout..., mais un jour peut venir où notre cousine serait gênée de savoir ce portrait, avec la dédicace qui l'accompagne, aux mains de son ancien lîancé.
Madeleine.
— Pourquoi?