SCENE IV
HORXUS, LA .MARQUISE.
La Marquise.
— On vous retrouve enfin, méchant homme.
IIoRxrs, soiiri.int.
— Oui. vous avez raison, un méchant homme, un vieux ég-oïste. C'est un peu votre faute aussi, madame; Didier et vous m'avez trop gâté.... Je suis trop bien dans mon creux de rocher... mon bateau, mes livres, le sentiment que ma tâche est finie....
i8 L'ObsLuic
La Marquise, rayoïuunle.
— Et bien finie, mon clier Ilornus. Je vous dois l'enfant le plus charmant, le plus noble, solide de cœur et d"csprit.... \'ing-tsix ans, mon ami!... \'ingt-sixans, et pas un trouble, rien... pas une incertitude dans le rcg-ard. dans la pensée.... [Baissant la voix.) C'est-à-dire que je commence à n'avoir plus pour.
IIORXUS.
— Peur! Et de quoi pouvicz-vous avoir peur?
La .Marqlise.
— Oh! je sais, je sais, nous n'avons jamais eu les mêmes idées là-dessus. Mais c'a été l'épouvante de ma vie, cette hérédité du mal paternel.
HORNUS
— Pourtant, madame....
La Marquise.
— J'y ai tout sacrifié à cette terreur-là, jusqu'à laisser mon enfant grandir loin de
moi, à vous le donner pendant dix ans, pour lui éparL;-ncr tout contact, toute impression dangereuse; si bien qu"aujourd"hui encore, il ignore quelle était la maladie de son père et qu"il ne la connaîtra jamais....
IIORXUS.
— Précautions exagérées selon moi: mais peut-être avez-vous eu raison..., les mères ont toujours raison.
La .Marquise.
— .Alaintenant, laissons le passé, laissons le noir, soyons tout à Tivresse de nos fiançailles, car, ainsi que vous disait ma lettre. Didier va se marier. Nous sommes venus à Nice en partie de plaisir avec la jeune fille et ses parents. Les distractions sont rares à Montpellier.
HoRNUs. souriant.
— En effet.
La ]\L\rquise.
— Le carnaval de la mer bleue a séduit nos jeunes gens; moi, j'y ai vu surtout le
voisinage de mon clier Hormis, l'occasion de lui montrer notre petite fiancée et de le consulter sur un point de conscience...
voici : je n"ai parlé de rien à la famille, ai-je mal fait?
HORXUS.
— Mais non... certainement.... Que vouliez-vous dire, puisqu'il n'y a rien >... ^'oyons, les dates sont là. madame...