‹ L'obstacle, pièce en 4 actes. Illus. de Bieler, Gambard, Marold et MontégutChapitre 56 sur 57 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les .Mè.mes, .MADELEINE au fond, montant le perron.

La AL\RQiiSE.

— Madeleine !

Didier, s'élançant vers la jeune fille.

— Arrivez, arrivez, ma chérie.... la maison attend, tout est en place.... Chez nous.... vous voilà chez nous !

Madeleine, très émue, allant vers la marquise.

— Voulez-vous me permettre de vous appeler encore maman >

Didier, à sa mère.

— Embrasse-la, va! Si tu savais comme elle a été vaillante. (La Marquise serre la jeune fille dans ses bras.)

La Marquise, gaiement.

— Oui, je Tembrasse.... mais qu'on me dise au moins ce qui s'est passé.

— Il s'est passé, mère chérie, qu'après lui avoir dit que je ne l'aimais plus, j'ai pleuré toute la nuit du chagrin que je lui avais fait. Je le voyais toujours devant moi comme à son entrée dans le cloître, si pâle, avec sa bouche qui tremblait. Pauvre ami ! {Se serrant contre Mme d' A le in.) Ah! je vous en prie, mère, g-ardez-moi contre votre cœur. j'y serai mieux pour ce que je veux lui dire et qu'il faut que vous entendiez bien tous. {Émue, mais la voix très ferme.) Di-

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dicr, mon cher Didier, je n"aurai pas assez de toute une vie de dévouement, de tendresse, pour vous payer des peines cruelles que je vous ai causées; et comme vous làbas, dans le soleil de Nice, à mon tour je voudrais crier à toute la terre que vous êtes mon mari, mon cher mari, que j'aime éperdument, de toute la force de mon âme. (Elle se cache dans les bras de la Marquise, pendant que Didier se jclle sur sa main et la courre de baisers.)

La Marquise.

— Tout ça ne me dit pas pourquoi l'on s'est méfié de moi.... Méchants enfants! si long-temps vous cacher de votre mère....

Madeleine.

— C'est moi qui l'ai voulu. Notre bonheur en dépendait. Songez que j'étais aux mains d'un méchant et d'un habile, à qui ma dot faisait décidément envie, qu'ayant la loi pour lui, il pouvait me retirer du couvent, m'emraener Dieu sait où, tendre à nçtre Didier quelque mauvais piège.... Voilà pourquoi j'ai tenu ma volonté secrète; et c'est seule-

ment ce matin que Mlle de Rémondy, majeure et maîtresse de ses actes, a sig-nifié à xM. le Conseiller, fort surpris, son prochain mariag-e avec le marquis Didier d'Alein. Vous me pardonnez, maman?

La Marquise.

— Ah ! chère fille !

Didier.

— Qu'en dis-tu, vieil Hornus?

HORNUS

— L'obstacle, parbleu! le divin obstacle! La jeune fille est devenue une vraie femme....

La Marquise.

— Oui, mais en attendant le mariage, qu'allons-nous en faire, de cette petite Icmme-là?

Didier.

— Comment?

La Marquise.

— Dame! Je ne peux pas la garder ici.... ïadeleine, souriant.

— Oh! mais j'y ai songé.

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