‹ L'obstruction intestinale: adhérences utéro-intestinales après l'opération CésarienneChapitre 6 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Jadis très meurtrière, la section césarienne est devenue de nos jours, grâce aux progrès de l’antisepsie et aux améliorations constantes de la technique opératoire, une opération relativement bénigne, dont le pronostic déjà très favorable s’améliorera encore. Le plus souvent, en effet, les suites opératoires sont simples. L’opérée présente parfois du météorisme, quelques douleurs abdominales, de la constipation: une purgation donnée quarante-huit heures après l'intervention fait disparaître tout cela. Mais des accidents graves, proches ou éloignés, peuvent survenir, dont la menace pèse sur l’avenir des césarisées et nécessite une surveillance assez attentive de la part du chirurgien et quelques précautions de la part de l’opérée, au moins pendant les premiers mois qui suivent l'opération. De leur fait. la césarienne comporte encore une mortalité de 5 à 7 % pour la mère, d’après les statistiques les plus récentes. Ce sont, par ordre d’apparition

Les hémorragies dues à l’inertie utérine:

La désunion précoce de la suture utérine (causée par les

contractions. post partum, les tranchées, la désunion des nœuds de catgut);

L’infection;

L’éviscération spontanée;

L’éventration;

Les fistules utéro-abdominales;

Les adhérences. |

De toutes ces complications, les plus fréquentes sont assurément les adhérences entre l'utérus et les organes voisins. Certains auteurs prétendent même qu’elles sont constantes et que toute opérée de césarienne doit les subir; telle est lopinion de Brindeau, Couvelaire, Kouwer, Schauta, William Sinclair, Wallace, etc. Boudreau a rassemblé dans sa thèse les statistiques de différents opérateurs, et nous voyons que :

Brindeau a trouvé des adhérences dans 85.71 % des cas.

Pinard LE = 15 Morand — — 70 ARE Wallace — —— 097280 — Fruhinsholz = — 699) — Vasseur — — ITS TIRE Pestalozza — — 66.66 % : — Singer M ASS Ah Van Leuwen — — ; 65 Le — Franck — — 60 SA — Mac Pherson — — 53.84 X — ‘ Bar — — DANS

Soit une moyenne de 66.75 %,.

L’utérus césarisé peut contracter des adhérences, soit avec la paroi abdominale antérieure, soit avec la vessie, soit avec l’épiploon, soit enfin avec l'intestin. Ces dernières sont les moins fréquentes de toutes. Bar, Vasseur, Kouwer, Wallace, Fruhinsholz, Van Leuwen, Mac Pherson n’en ont jamais rencontré. D'après Brindeau, « elles se font le plus souvent par l’intermédiaire de l’épiploon. et sont, par conséquent, assez faciles à libérer. Dans certains cas cependant, l’adhérence peut être intime et l’intestin peut faire corps soit avec la paroi, soit avec

l'utérus » (1). Dans six césariennes itératives, cet auteur a trouvé cinq fois des adhérences, dont deux utéro-épiploiques et une utéro-intestinale. On se fera une idée de la fréquence de ces adhérences utéro-intestinales par le tableau ci-après :

Schauta les a trouvées 5 fois dans 18 opérations, soit 27.77 % Franck — 2 —+ 10 — 20 g Brinceau — [l — 7 — 14.28 % Küstrer — pi — 16 = 19502% Pinard — ; 1 — 8 — 42.50 % Pestalozza — Ê — 18 — Tia Bar — 0 — 33 — 0 oo Mac Pherson — 0 — 39 — 0 6

Au total, 13 fois sur 149 cas, soit une moyenne de 8.72 %. D'autre part, Haven et Young, sur 74 cas d’adhérences, ont trouvé 4 fois des adhérences entre l'intestin et l’utérus (2).

Le plus souvent, les adhérences uftéro-intestinales n’entraînent aucun désordre et ne constituent qu’une trouvaille au cours d’une opération chez une femme antérieurement césarisée. Les reproches faits aux adhérences de retarder l’involution utérine. de gêner la rétraction hémostatique de cet organe et de favoriser ainsi l’hémorragie secondaire, de prédisposer aux avortements et de provoquer des douleurs par tiraillements, s'adressent mieux aux adhérences utéro-pariétales qu'aux adhérences utéro-intestinales. Par contre, ces adhérences peuvent compliquer singulièrement une césarienne itérative. Voici ce que dit Couvelaire à ce sujet : « Les adhérences utéro-intestinales peuvent déterminer des accidents pendant la période d’involution, après l’involution complète, au cours d’une gestation ultérieure ou au cours d’une intervention chirurgicale ultérieure (opération césarienne itérative).. Si l’intestin adhère à l'utérus gravidé sur une longueur notable, il peut être étiré, aplati. L’exploration digitale n’a pas toujours permis d’en reconnaître la présence et l'intestin à pu être sectionné d’un coup de

(1) Brindeau, L'Obstètrique, 1909, p. 36.

(2) Commandeur en rapporte aussi un cas. Réunion obstétricale de Lyon, 1908,

Re

ciseaux, sur une longueur de sept centimètres comme dans le cas de Voron, sur une longueur de vingt centimètres comme dans un cas rapporté par Brindeau. » Et il ajoute : « La crainte de sectionner l’intestin par mégarde devra hanter l'opérateur, car il.est plus facile de l’ouvrir que de l’éviter (1). »

* Mais le gros danger des adhérences utéro-intestinales réside dans le fait qu’elles peuvent déterminer des accidents d’obstruction intestinale. On conçoit, en effet, que l'intestin adhérent puisse être entraîné par l’utérus en voie d’involution vers le petit bassin, s’y couder et causer ainsi l’obstruction. C’est à ce point de vue que les adhérences utéro-intestinales nous ont paru particulièrement intéressantes et c’est cette complication de l’opération césarienne, l’obstruction intestinale par adhérences utéro-intestinales, que nous nous proposons d’étudier dans ce travail.

(1) Couvelaire, /nfroduction à la chirurgie utérine obstétricale, p. 127.

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