CHAPITRE PREMIER
Historique.
La notion de l’obstruction intestinale par adhérences utérointestinales est relativement récente. Rosenberg, en 1891: déclarait que cet accident n'avait jamais encore été vu, mais il en prévoyait la possibilité : « .. Une autre conséquence fâcheuse due à ces bandes d’adhérence n’a pas été observée jusqu'ici, mais on peut facilement comprendre que la formation d’adhérences avec les intestins puisse donner lieu à de l’obstruction intestinale. » (American Journal of Obstetrics. New-York, 1891, n° 10, p. 1178.)
En 1904, Hélène Gorodnianskaïa a recueilli dans sa thèse 761 cas d'opération césarienne, de l’année 1888 à l’année 1900. Sur 376 cas de césarienne conservatrice, elle n’en mentionne qu’un seul qui ait été suivi d’obstruction intestinale, sans donner de précisions à ce sujet.
Ce n’est qu’en 1904 que Zacharias publie la première observation d’iléus déterminé par des adhérences utéro-intestinales après la césarienne. Il refit une laparotomie deux semaines après la césarienne, leva les adhérences; la femme guérit. (Observation I.)
En 1905, Baisch, de Tübingen, rapporte une observation d’obstruction intestinale par adhérences utéro-pariétales. Ce cas ne se rapporte pas exactement à notre sujet, mais nous pensons qu'il y à intérêt à le connaître, étant donné sa grande analogie avec les autres cas que nous citons. (Observation I.)
. Trois ans plus tard, Küstner opère, trente-trois jours après
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sa sortie de la Maternité, une femme qui avait subi la section césarienne et qui présentait des phénomènes d’obstruction intestinale due à des adhérences utéro-intestinales. (Observation III.)
Dœderlein, en 1909, rapporte que plusieurs fois, après l’opération césarienne, il a été obligé de pratiquer une nouvelle laparotomie, à eause d’iléus mécaniques par adhérence de l'utérus avec les anses intestinales (Centralblatt für Gynækologie, 1909, n° 4). Malheureusement, il n’a pas publié les observations de ces cas.
De même Kouwer, dans l'Obstétrique (janvier 1911), cite le cas. sans en donner l'observation, d’une césarisée qui succomba d'iléus causé par une adhérence, cinq ans après l’opération.
Toujours en 1911, Zweifel, à la Réunion libre des gynécologistes de FAllemagne centrale, combattait l’incision transversale du fond de l'utérus dans la césarienne, parce que, donnait-1l entre autres griefs, « dans trois cas il se produisit des adhé- -rences utéro-épiploïques et intestinales, avec coudure ultérieure et gangrène de l'intestin ».
Nous citerons pour mémoire le fait rapporté par Doléris dans la Gynécologie (février 1913, p. 103) : « Une femme opérée de césarienne succomba le troisième jour à un iléus aigu vérifié par l’autopsie, qui révéla des lésions anciennes (atrésie intestinale cicatricielle). » Ce cas est trop peu explicite pour que nous puissions en faire état.
Enfin, en 1914, à la clinique obstétricale de l'hôpital Pellegrin, à Bordeaux, M. le professeur agrégé Faugère et M. le docteur Lacouture devaient pratiquer l’hystérectomie subtotale chez une femme qui avait subi l’opération césarienne dix-neuf jours auparavant, et qui faisait de l’obstruction intestinale par adhérence de l’utérus avec l'intestin, comme il fut constaté au cours de la seconde intervention. (Observation IV.)