‹ L'occlusion de la bronche de drainage: Étude critique de son rôle dans certaines modifications radiologiques des cavernesChapitre 13 sur 36 · L'OBSTRUCTION BRONCHIQUE FACTEUR DE DISPARITION DES CAVERNES · texte numérisé non relu

L'OBSTRUCTION BRONCHIQUE FACTEUR DE DISPARITION DES CAVERNES

Par analogie avec ces phénomènes, cerlains auteurs (CoryYLLos, STILVERMANN, HaALcomMB et WEBER, etc... etc...) insatisfaits à juste titre des théories en cours pour l’explication de la disparition cavitaire, établirent, avons-nous dit, une nouvelle hypothèse, celle de « T'atélectasie cavitaire » par oblitération de bronche de drainage.

L'expression « atélectasie cavilaire » est impropre, comme nous l’avons indiqué.

C'est surtout CoRYLLOSs qui contribua, avec ses collaborateurs, en 1932, à créer cette théorie, Etudiant anatomi-

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quement la bronche de drainage, CoRYLLOS conclut que les altérations des parois de la bronche peuvent produire son élargissement, mais aussi, et bien plus souvent, son rétrécissement et son obstruction. Les modifications de la lumière bronchique peuvent être temporaires ou permanentes. En cas d’obstruction, la caverne est exclue, et « l’atélectasie cavilaire » se produit.

En somme, trois éventualités peuvent être envisagées

1) Les orifices bronchiques d’une cavité peuvent rester ouverlis ; >) Ils peuvent se fermer ; IIS peuventinsenretrécre

1. Lorsque les bronches de drainage restent ouvertes, l'air atmosphérique pénètre à chaque inspiration dans la cavité. Il y est attiré invinciblement par la dépression qui a tendance à être créée dans la cavité par les mouvements d'expansion inspiraloire el qui sont transmis au parenchyme et aux cavités qui s’v trouvent par l'intermédiaire de la cavité pleurale, virtuelle ou non. C’est alors que l’on peut observer le phénomène du gonflement de la caverne à la grande inspiration qui suit la toux. Ce phénomène est nel en cas de grande caverne du sommet, On conçoit que, dans de telles conditions, les processus de guérison de la lésion puissent être contrariés.

« Le drainage de la cavité permet le jeu des change- « ments de grosseurs au cours de la respiration et facilite le «gonflement pendant la toux » (ALEXANDER).

« Une caverne, même sous pneumothorax, dit Ch. € TROCMÉ, qui pourrait à la rigueur être vidée pendant l’ex- « piration, à l'inspiration suivante reprendrait sa forme. « Une caverne perméable à l’air ne saurait guérir dans de «telles conditions ».

Dans d’autres cas, on est amené à concevoir l’existence d’un clapet bronchique admettant le passage de l’air dans un sens et non dans l’autre. Un tel clapet peut se trouver

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réalisé lorsque le calibre de la bronche de drainage est rétréci, où bien lorsqu'il existe une coudure, oblurant la bronche au cours des mouvements respiratoires, Parfois aussi il peut s'agir d'un « bouchon obturateur » qui, propulsé au moment de l'inspiration dans les bronches de calibre inférieur, empêche l’air de pénétrer, alors que, durant l’expiralion, il est ramené dans les bronches plus larges et laisse filtrer l’air (Graizey-Hewirr).

Rappelons que telle était la pathogénie invoquée par le Pr. CarvorT pour l'explication d’un cas d’atélectasie rapide après hémoptysie.

D'autres fois, la soupape fonctionne dans l’autre sens empêchant l'expiration, mais permettant l’entrée de l’air. On observe alors les curieuses « cavernes soufflées » qui ont fait l’objet à diverses reprises de communications intéressantes (JACQUEROD, JACOB).

Signalons cependant l’observation de MM. BErnou et Vivanr qui, constatant la distension rapide d’une volumineuse cavité du sommet après thoracoplastie, ont pu prendre la pression à l’intérieur de cette cavité et trouver que celte pression était égale à la pression atmosphérique. L’extraction de gaz ou l’insufflation ne modifiait pas la pression. Cette constatation éliminait le soufflage de la cavité par le mécanisme de la soupape. MM. Bernou et VivanrT ne pensent pas qu'il puisse s'agir d’atélectasie du issu sain péricavilaire, puisque l’affaissement de la paroi, résultant de la thoracoplastie, avait collabé fortement ce lissu sain péricavitaire. Ils croient qu'il faut faire intervenir un processus inflammatoire des parois cavilaires avec distension el « redressement de la courbure ».

À cette observation s'oppose celle de M. JacoB où l’existence de la soupape bronchique fut prouvée à l’autopsie, Et il faut conclure qu'en matière de tuberculose, de mêmes effets peuvent résulter de causes diverses.

Le mécanisme de la soupape apparaît bien cependant

comme le plus judicieux ; d’autant plus qu'il a reçu une consécration anatomique dans le cas de M. Jacos.

Ces faits précis montrent l'importance physio-pathologique de la perméabilité aérienne de la bronche de drainage ou des modifications anatomiques de cette perméabilité. La cause purement mécanique d’un agrandissement cavilaire est reconnue, Il est aussi démontré cliniquement et par des constatations d'autopsie qu'un clapet peut se former sur une bronche de drainage, véritable soupape qui admettra l’entrée de l'air dans la cavité, en empêchera la sortie, produisant rapidement le soufflage de la cavité.

On peut admettre par analogie qu’une soupape fonclionnera en sens inverse permettant la sortie de l'air à chaque mouvement expiraloire ou à chaque secousse de toux (P, CaroT) et s’opposant à l'entrée de l’air à l’inspiration. Quand on connait l’aspect lourmenté, lortueux des bronches de drainage avec leurs segments alternativement rétrécis et ectasiés, une telle conception n'est pas à priori invraisemblable. À chaque secousse expiratoire la cavité se videra d’une certaine quantité d’air. Le vide tiendra à se produire à son intérieur, entraînant le rapprochement des parois cavilaires, la diminution de son volume et bientôt sa disparition ?

2° Les conditions nécessaires pour la disparition de la caverne se trouveraient aussi réalisées lorsque les orifices des bronches de drainage sont fermés : « Si le drainage se bouche, alors apparaissent les conditions favorables à la diminution de la caverne » (CORYLLOS, ALEXANDER, elc., Cle)

« Une caverne ne guérit el ne saurait guérir qu'après « oblitération de sa bronche de drainage et par résorption

« atélectasique » (Ch. TRrocCME), etc.

Lorsque la caverne ne communique plus avec l’extérieur, elle pourrait, semble-t-il, être considérée comme une

collection gazeuze isolée dans un tissu de l'organisme. Or, toute bulle gazeuze ainsi incluse est résorbée : « Et ceci, « qui s'explique par la concentration des gaz du sang, tou- « jours très inférieure à la pression atmosphérique, ne sau- « rait avoir d'exception ». Nous empruntons également à TRocME le passage suivant où cet auteur explique la genèse du phénomène : « Le sang artériel est en équilibre avec « l'air alvéolaire, c’est-à-dire avec un mélange d’Az, d’oxv- «gène, CO2 et vapeur d’eau, dont la pression est équiva- « lente à la pression atmosphérique. Une bulle ayant même « composition el même pression, plongée dans du sang «artériel pur v resterait donc en équilibre et n’y serait pas « résorbée. Mais dans le sang veineux, la pression gazeuze «est au contraire extrêmement basse (87 %). Quant aux « tissus où baigne une bulle gazeuze injectée, ils auront «toujours une composition intermédiaire entre ces deux « chiffres, mais plus voisine de celle du sang veineux. » Pour les parties environnant une plèvre ou un péritoine, Risr, ToBiesen et SrronL, TacHau et Tricenius, ont obtenu des chiffres voisins de ceux-ci

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