COR EE
Pression globale — 936 cm. eau.
Ce qui signifie qu'il faudrait placer dans la plèvre, pour qu'il ne soil pas résorbé, un mélarge avant cette composition et ne dépassant pas celte pression de 936 cm. eau. A cette pression s'ajoute encore une tension de vapeur d’eau de 60 em. eau environ, la pression totale dans Ta bulle (gaz + vapeur d’eau) atteindrait 996 cm eau, soit environ —55 et —/4o au manomètre de Kuss.
Nos humeurs absorbent l'air jusqu'à une pression de —/ho cm. eau environ.
Parmi les études faites sur la composition des gaz dans
la caverne et la pression intra-cavitaire, citons ceile de CorxLLos el ses collaborateurs. Par l'introduction d’une aiguille à travers la paroi thoracique dans la cavité, ils ont pu fixer la composition de l’air contenu, ainsi que la pression et les oscillations manométriques.
Dans les cavernes ouvertes, la pression est égale à la pression atmosphérique et les oscillations varient de—r à +1 mm Hg, la teneur en O2 est forte, celle en CO2 basse. L'entrée et la sortie de l'air extérieur sont libres.
Dans les cavernes soufflées (cavernes ballons), c’est-àdire dans les cavernes avec soupape fermée pour la sortie, résultats très différents : La pression est toujours positive (+2 à +4) [S.-V. PEarsoN rapporte un cas ou la pression dans une large cavité apicale était positive à +16 centimètres d’eau, Après avoir retiré du gaz de cette cavité, la pression fut réduite de quelques centimètres. Dans ces cas, il n’y à pas d’oscillations manoméiriques ou seulement de très faibles, dues à l'inspiration. L'O2 contenu est entre ro et 17 %, CO>2 entre 2 et 3 %, alors que dans les cavernes communiquant avec les bronches, O2 est entre 16 et 19 % et CO2 à moins de 1 %. « Ces résultats, conclut CoryLLos, « montrent que l'air est enfermé dans la caverne et qu'ainsi « O» est en partie absorbé, mais moins que celui des al- « véoles, mais aussi que l'air est partiellement renouvelé, « puisque CO2 reste moins élevé que celui de l’air alvéo- « laire. Enfin, que les orifices bronchiques de la cavité sont «fermés pendant l’expiration, puisque les pressions sont «plus hautes que dans l’arbre bronchique et qu'il n°v a «pas d’oscillations expiratoires. »
Dans d’autres cavernes, ces auteurs ont constaté que, surtout après thoracoplaslie, la proportion de O2 tombe en quelques heures au-dessous de 1 %. O2 peut même disparaître complètement, La proportion de CO» devient presque aussi élevée que celle du pneumothorax formé avec exsudat, c'est-à-dire au-dessus de 5 %. La pression est négative ; les
oscillations manquent. Ces cavernes ne communiqueraient donc pas avec les bronches.
Ainsi, lorsque la bronche de drainage d’une cavité se ferme, l'air contenu se résorbe et cette résorption sera d’autant plus rapide que la paroi cavitaire sera plus richement irrigquée. À mesure que la résorption se produit, les parois de la cavité s’affaissent sous l’influence de la dépression de plus en plus importante qui se fait à l’intérieur de la caverne, Subissant cette force attractive centripète, elles tendent à venir se mettre en contact. L’affaissement sera d'autant plus rapide que les parois seront plus souples et que les tissus péri-cavitaires seront moins fibreux. La disparilion de la cavité s’effectuera en somme plus vite dans les cas de cavernes, entourées de tissu sain, plus lentement pour les cavernes à parois épaisses fibreuses.
Par ailleurs, si l’oblitération bronchique cesse pour une raison où pour une autre, la caverne mise de nouveau en communication avec l’atmosphère s'ouvrira et réapparaîtra avec la même image et la même forme, à moins que la sclérose n'ait fixé son « étal de fermeture ».
On peut ainsi expliquer, avec une grande simplicité, nos cas de disparition temporaire de cavités. Exemple Observation N° 10. Ne voit-on pas, en effet, dans ce cas, l’expectoration diminuer progressivement mais vite, Îles contours cavitaires se réltrécir à mesure que le niveau liquide augmente, pour, enfin, combler toute la cavité. Sur une radio, on voit une tache claire à la partie supérieure qui est le vestige du dernier reliquat gazeux qui n'a pas encore été absorbé et qui va disparaître. Mais, bientôt la bronche redevient perméable, l’expectoration recommence, et la caverne reprend exactement son volume initial, en même temps qu'elle se vide. Cette observation nous paraît très démonstrative.
Aussi démonstratif également le cas Bor.
Et enfin, pourquoi ne pas faire intervenir l’oblitéra-
Ep e
tion de la bronche de drainage dans le cas de M. E. Ber- NARD, pour lequel on ne put trouver d'explication satisfaisante lors de sa présentation.
Les mêmes raisonnements s’appliqueraient aux cas de MM. Morin et Warrz et à ceux de MM. Derscnein et Tous- SAINT.
En bref, dans toutes les observalions de disparition temporaire de cavité, l'explication la plus logique, la plus vraisemblable, est bien l’occlusion de la bronche de drainage, puisqu'aucune autre théorie ne peut être invoquée sans critique, pas plus l’emphysème que la sclérose rétractile avec ou sans néoformation de bourgeons. Seule, jusqu'à maintenant, la théorie de la fermeture de la cavité, par le mécanisme de l’obstruction de la bronche de drainage paraît salisfaisante.
En fait, cette théorie fut adoptée par de nombreux auteurs : CoRYLLOS, BIRBAUM, STILVERMANN, Hozcomg et WE. BER, JACQUEROD, ALEXANDER Hans, Derscnein et ToussaixT, enfin Ch. TROCME.
Ce dernier apporte, dans une étude d’ensemble sur la « Sclérose pulmonaire due à l'atélectasie », les arguments d'ordre clinique et anatomique pour « l’atélectasie cawvi- (aire ».
Etudiant la cicatrisation des cavernes, Ch. Trocue déclare : «S'il est un cas où rien ne s'explique sans l’atélec- «asie, c’est bien celui de la fermeture et de la cicatrisasion des cavernes » et, montrant la fréquence des guérisons de cavernes, il ajoute : « L’explicalion de ces guérisons par encerclement et resserrement fibreux ne saurait être admise, « car les cicatrices des cavernes qu’on retrouve à l’autopsie ne présentent pas l'aspect qu'elles devraient avoir, si la oœuérison élait due à un resserrement annulaire du tissu fibreux péricavilaire ». Au contraire, la forme et l’aspect des cicatrices est parfaitement expliqué par l'attraction des parois cavitaires vers le centre de la cavité ou « atélectasie
er
cavitaire » (r). Celle-ci étant suivie de sclérose, les cicatrices sont Jamellaires ou étoilées, mais pas circulaires, comme l'avaient déjà constaté LÆNNEG, ANDRAL, et CRUVEIT.mur. L’occlusion bronchique, aboutissant à ce résultat, aurait done un rôle primordial.
(1) Nous citerons à ce propos les deux observations publiées par MM. Poinso et POURSINES (Presse Médicale 10938). Dans cellesci, les constatations anatomiques semblent bien apporter une confirmation à une telle conception. Malheureusement, l’obturation de la bronche de drainage n’a pas été vérifiée dans ces deux cas.
Ne —