‹ L'occlusion de la bronche de drainageChapitre 18 sur 38 · ENT · texte numérisé non relu

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comme le plus judicieux ; d’autant plus qu'il a reçu une consécration anatomique dans le cas de M. Jacos.

Ces faits précis montrent l'importance physio-pathologique de la perméabilité aérienne de la bronche de drainage ou des modifications anatomiques de cette perméabilité. La cause purement mécanique d'un agrandissement cavitaire est reconnue, [Il est aussi démontré cliniquement et par des constatations d’aulopsie qu'un clapet peut se former sur une bronche de drainage, véritable soupape qui admettra lentrée de l'air dans la cavité, en empêchera la sortie, produisant rapidement le soufflage de Ia cavité.

On peut admettre par analogie qu'une soupape fonclionnera en sens inverse permettant la sortie de l'air à chaque mouvement expiraloire ou à chaque secousse de toux (P. CARNoOT) et s’opposant à l’entrée de l’air à l’inspiralion, Quand on connait l’aspect lourmenté, lortueux des bronches de drainage avec leurs segments alternativement rélrécis et eclasiés, une telle conception n’est pas à priori invraisemblable. À chaque secousse expiratoire la cavité se videra d’une certaine quantité d’air. Le vide tendra à se produire à son intérieur, entraînant le rapprochement des parois cavilaires, la diminution de son volume et bientôt sa disparition ?

2° Les conditions nécessaires pour la disparition de la caverne se (rouveraient aussi réalisées lorsque les orifices des bronches de drainage sont fermés : « Si le drainage se bouche, alors apparaissent les conditions favorables à la diminution de la caverne » (CORYLLOS, ALEXANDER, etc., etc..….).

« Une caverne ne guérit et ne saurait guérir qu'après «<oblitération de sa bronche de drainage et par résorption « altélectasique » (Ch, TRoGME), etc.

Lorsque la caverne ne communique plus avec l’extérieur, elle pourrait, semble-t-il, être considérée comme une

collection gazeuze isolée dans un tissu de l'organisme, Or, toute bulle gazeuze ainsi incluse est résorbée : «Et ceci, « qui s'explique par la concentration des gaz du sang, tou- « Jours très inférieure à la pression atmosphérique, ne sau- « rait avoir d'exception ». Nous empruntons également à Trocue le passage suivant où cet auteur explique la genèse du phénomène : « Le sang artériel est en équilibre avec « l'air alvéolaire, c’est-à-dire avec un mélange d’Az, d'oxYy- « gène, CO» el vapeur d’eau, dont la pression est équiva- « lente à la pression atmosphérique. Une bulle avant même « composition et même pression, plongée dans du sang «artériel pur v resterait donc en équilibre et n’y serait pas « résorbée. Mais dans le sang veineux, la pression gazeuze «est au contraire extrêmement basse (87 %). Quant aux «tissus où baigne une bulle gazeuze injectée, ils auront « toujours une composition intermédiaire entre ces deux

« chiffres, mais plus voisine de celle du sang veineux. »

Pour les parties environnant une plèvre ou un péritoine, Risr, ToBiesen et Srronr, TAcHAU et TriceNius, ont obtenu des chiffres voisins de ceux-ci

AZOLC 0 0700 DICSSl0ON = 0100CmM. Eau OVER oo » 000 »

CO» ele ele oi. 0,099 Er ») = 60 ») Pression globale — 936 cm. eau.

Ce qui signifie qu'il faudrait placer dans la plèvre, pour qu'il ne soit pas résorbé, un mélange avant cette composition et ne dépassant pas cette pression de 936 cm. eau. A cette pression s'ajoute encore une tension de vapeur d’eau de 60 em. eau environ, la pression totale dans Ta bulle (gaz + vapeur d’eau) atleindrait 996 cm eau, soit environ —39 et —/4o au manomètre de Kuss.

Nos humeurs absorbent l'air jusqu'à une pression de —/o cm. eau environ.

Parmi les études faites sur la composition des gaz dans

la caverne et la pression intra-cavitaire, citons celle de CorvLLos et ses collaborateurs. Par l'introduction d’une aiguille à travers la paroi thoracique dans la cavité, ils ont pu fixer la composition de l’air contenu, ainsi que la pression el les oscillations manométriques.

Dans les cavernes ouvertes, la pression est égale à la pression atmosphérique et les oscillations varient de—r1 à +1 mm Hg, la teneur en O2 est forte, celle en CO2 basse.

L'entrée et la sortie de l'air extérieur sont libres.

Dans les cavernes soufflées (cavernes ballons), c’est-àdire dans les cavernes avec soupape fermée pour la sortie, résultats très différents : La pression est loujours positive (+2 à +4) [S.-V, PEarsoN rapporte un cas ou la pression dans une large cavité apicale était positive à +16 centimètres d'eau. Après avoir retiré du gaz de cette cavité, la pression fut réduite de quelques centimètres. Dans ces cas, il n'y a pas d’oscillations manomélriques ou seulement de très faibles, dues à l'inspiration, L'O> contenu est entre 10 et 17 %, CO2 entre 2 et 3 %, alors que dans les cavernes communiquant avec les bronches, O2 est entre 16 et 19 % et CO2 à moins de r %. « Ces résultats, conclut CorYLLos, « montrent que l'air est enfermé dans la caverne et qu'ainsi « O2 est en partie absorbé, mais moins que celui des al- « véoles, mais aussi que l'air est partiellement renouvelé, « puisque CO2 reste moins élevé que celui de l’air alvéo- « laire. Enfin, que les orifices bronchiques de la cavité sont « fermés pendant lexpiralion, puisque les pressions sont

«plus hautes que dans larbre bronchique et qu'il n°v a «pas d’oscillations expiratoires. »

Dans d’autres cavernes, ces auteurs ont constaté que, surtout après thoracoplastie, la proportion de O2 tombe en quelques heures au-dessous de 1 %. O2 peut même disparaître complètement, La proportion de CO> devient presque aussi élevée que celle du pneumothorax formé avec exsudat, c'est-à-dire au-dessus de 5 %. La pression est négative ; les

oscillations manquent. Ces cavernes ne communiqueraient donc pas avec les bronches.

Ainsi, lorsque la bronche de drainage d’une cavité se ferme, l’air contenu se résorbe et cette résorption sera d’autant plus rapide que la paroi cavilaire sera plus richement irriguée. À mesure que la résorplion se produit, les parois de la cavité s’affaissent sous l'influence de la dépression de plus en plus importante qui se fait à l’intérieur de la caverne, Subissant celte force attractive centripète, elles tendent à venir se meltre en contact. L’affaissement sera d'autant plus rapide que les parois seront plus souples et que les tissus péri-cavitaires seront moins fibreux. La disparition de la cavité s’effecluera en somme plus vite dans les cas de cavernes, entourées de tissu sain, plus lentement pour les cavernes à parois épaisses fibreuses.

Par ailleurs, si l’oblitération bronchique cesse pour une raison où pour une autre, la caverne mise de nouveau en communicalion avec l’atmosphère s'ouvrira et réapparaîtra avec la même image et la même forme, à moins que la sclérose n'ait fixé son «étal de fermeture ».

On peut ainsi expliquer, avec une grande simplicité, nos cas de disparition temporaire de cavités. Exemple Observation N° ro. Ne voit-on pas, en effet, dans ce cas, l’expectoration diminuer progressivement mais vite, Îles contours cavitaires se rétrécir à mesure que le niveau liquide augmente, pour, enfin, combler toute la cavité. Sur une radio, on voit une tache claire à la partie supérieure qui est le vestige du dernier reliquat gazeux qui n’a pas encore été absorbé et qui va disparaître. Mais, bientôt la bronche redevient perméable, l’expectoralion recommence, et la caverne reprend exactement son volume initial, en même temps qu'elle se vide. Cette observation nous paraît très démonstrative.

Aussi démonsiratif également le cas Bor.

Et enfin, pourquoi ne pas faire intervenir l’oblitéra-

tion de la bronche de drainage dans le cas de M. E. Ber- NARD, pour lequel on ne put trouver d'explication satisfaisante lors de sa présentation.

Les mêmes raisonnements s’appliqueraient aux cas de MM. Morn et Warrz et à ceux de MM. DEerscnein et Tous- SAINT.

En bref, dans toutes les observations de disparition temporaire de cavité, l'explication la plus logique, la plus vraisemblable, est bien locclusion de la bronche de drainage, puisqu'aucune autre théorie ne peut être invoquée sans crilique, pas plus l’emphvsème que la sclérose rétractile avec ou sans néoformalion de bourgeons. Seule, jusqu'à maintenant, la théorie de la fermeture de la cavité, par le mécanisme de l’obstruction de la bronche de drainage parail salisfaisante.

En fait, cette théorie fut adoptée par de nombreux auteurs : CORYLLOS, BIRBAUM, STILVERMANN, HozLcomB et WE. BER, JACQUEROD, ALEXANDER Hans, DEersGHEID et TOUSSAINT, enfin Ch. Troc.

Ce dernier apporte, dans une étude d'ensemble sur la « Sclérose pulmonaire due à l’atélectasie », les arguments d'ordre clinique et anatomique pour «l’atélectasie cavi- (aire ».

Etudiant la cicatrisation des cavernes, Ch, Trocue déclare : « S'il est un cas où rien ne s'explique sans l’atélec- « lasie, c’est bien celui de la fermeture et de la cicatrisasion des cavernes » et, montrant la fréquence des guérisons de cavernes, il ajoute : « L'explicalion de ces guérisons par encerclement et resserrement fibreux ne saurait être admise, « car les cicatrices des cavernes qu'on retrouve à l’autopsie ne présentent pas l’aspect qu'elles devraient avoir, si la œuérison élailt due à un resserrement annulaire du tissu fibreux péricavilaire ». Au contraire, la forme et l’aspect des cicatrices est parfaitement expliqué par l'attraction des parois cavilaires vers le centre de la cavité ou « atélectasie

cavitaire » (1). Celle-ci étant suivie de sclérose, les cicatrices sont lamellaires ou étoilées, mais pas circulaires, comme l'avaient déjà constaté LÆnNec, ANBRAL el CRUVEIL.mer, L'occlusion bronchique, aboutissant à ce résultat, aurait done un rôle primordial,

(1) Nous citerons à ce propos les deux observations publiées par MM. POINSO et POURSINES (Presse Médicale 1938). Dans cellesci, les constatations anatomiques semblent bien apporter une confirmation à une telle conception. Malheureusement, l’obturation de la bronche de drainage n’a pas été vérifiée dans ces deux cas.

prie

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