ÉTUDE ANATOMO-PATHOLOGIQUE DE LA BRONCHE DE DRAINAGE
Si ce n’est qu’en 1923 que fut donné par M. AMEUILLE, à celte bronche, le nom qu'elle porte maintenant et sous lequel elle est partout décrite, déjà avant 1885 des auteurs l'avaient observée et avaient étudié ses modifications structurales.
GRaANCcHER et HuüriNez, RiNprLeiscn, RoKxlTAnskYy ont donné une bonne description des lésions de cette bronche : lésions des parois, modifications des secrétions muqueuses, modifications du diamètre et de la lumière bronchiques. Très souvent dilatation, disent ces auteurs, mais souvent également rétrécissement et même obstruction.
La bronche s'ouvre directement dans la caverne. Le nombre de ces bronches est variable suivant le volume de la cavité.
RiNprLEISCH à montré que, souvent, la caverne s’ouvrail par une de ses parois dans une bronche et qu'elle paraît ainsi communiquer avec celle-ci par un orifice percé latéralement dans sa paroi.
Lerurre donne une belle description de la bronche de drainage :
Pour lui, « la bronche qui donne accès dans la caverne «est d'ordinaire facile à découvrir à la surface interne de «la paroi cavitaire. Elle y débouche, soit à plein canal, « soit d’une manière oblique en bec de flûte. La lumière «est libre ou obstruée faiblement par des magmas caséeux.
« Au cours de plusieurs milliers d’autopsies, continue « LETULLE, nous n'avons jamais observé un seul cas de ca- « verne fermée avec sa bronche oblitérée de façon solide ». Cependant, dans son traité d'anatomie pathologique (1897),
Lerurze écrivait : « L'orifice bronchique est quelquefois « devenu imperméable et la caverne s’est transformée en « une cavité kystique hermétiquement close ».
Par ailleurs, Leruzre montre que le conduit aérien d'évacuation est, à l'approche de la caverne, presque loujours élargi : « L’ectasie qui est modérée, dit-il, affecte une « forme tantôt cylindroïde, tantôt en tronc de cône ».
Enfin, la bronche est presque toujours épaissie, et recouverte de muco-pus, plus ou moins abondant, sans que ces lésions soient forcément d'origine bacillaire.
Cependant, avec HazBrow, il pense qu'il peut exister, quoique rarement, des lésions bronchiques tuberculeuses, très rarement des grosses bronches, moins rarement des petites. La tuberculose des bronches serait pour eux d’'origine exobronchique.
Depuis lors, des études ont été consacrées à l'anatomie pathologique de la bronche de drainage (PaGeLz et HEenke, AMEUILLE et ses élèves, etc.).
Récemment Rausr consacra sa thèse à ce sujet.
Il résulte de ses observations, les constatations macroscopiques suivantes
La face interne de la bronche de drainage apparaît rouge saignante. Elle est bourgeonnante, présentant souvent un aspect moulonné tomenteux. Elle est irrégulière et recouverte de liquide sanieux purulent.
Enfin, elle est congestionnée et enflammée. Sa paroi est souvent plus épaisse que celle des bronches saines, d’un calibre égal. Le trajet bronchique est souvent sinueux. Le calibre est en moyenne de 1 mm, 1/2 à 3 mm.
L'étude microscopique apporte les faits suivants : l’épithélium cylindrique à disparu dans presque tous les cas.
Les capillaires sont dilatés ou détruits. La couche cellulo-élastique est remplacée par du tissu de fongosité.
Enfin la musculeuse est : soit dilacérée, soit détruite.
Notons d'autre part, qu’on trouve parfois des follicules dans l'épaisseur de la paroi, parfois même des nodules.
Enfin, les vaisseaux bronchiques sont toujours très altérés, atteints d'endo ou de périvascularité, lésions dont l'intérêt est très grand pour AMEUILLE. Par ailleurs, sur tout le pourtour de la bronche de drainage, dans la majorité des cas, il existe un manchon de tissu conjonctif, d’autant plus important qu'on est plus près de la caverne.
Ainsi, cette description montre bien, comme il était logique de penser, l'importance des altérations de la musculeuse. Tout phénomène de constriction d’une telle bronche est donc parfaitement impossible.
Mais il faut remarquer que ces aulopsies ont été faites sur des tuberculeux, morts de l’extension de leurs lésions, Par conséquent, ce sont des lésions très avancées qui ont été soumises à l’examen.
Ne peut-on supposer que des bronches drainant des cavités récemment ouvertes, ne présentent pas de telles altérations de leurs parois ?
Üne petite caverne de formation récente aura une bronche de drainage de morphologie probablement sensiblement normale.
En particulier, sa musculeuse ne sera pas encore altérée, Notons d'autre part qu'il s'agira dans un tel cas d'une bronche de calibre très réduit, c’est dire qu'on peut estimer comme réunies les conditions favorables à une fermelure par broncEo-striction.
Peut-être est-ce là, en partie l'explication de la plus grande fréquence des guérisons des cavernes jeunes, el quand elles guérissent sous pno. par exemple, de la grande rapidité de leurs disparitions, parfois en quelques jours.
Il est difficile, évidemment, d'apporter la preuve anatomique de telles hypothèses.
Au reste, il ne s’agit là que d’une disgression.
Parmi les cas que nous rapportons el à propos desquels nous étudions l’occlusion des bronches, presque tous concernent des sujets porteurs de vieilles Iésions reconnues et traitées depuis plusieurs années.
+ HIONO) ==
L’'OBTURATION BRONCHIQUE
C'est le plus souvent à l'obluration bronchique en ef. fet que font appel les auteurs qui invoquent ce mécanisme de l’occlusion bronchique dans la pathogénie de l’atélec- (asie.
Mais celle obturation peut-elle être réalisée dans la tuberculose pulmonaire ?
Le problème qui se pose est donc le suivant
La ou les bronches de drainage d’une caverne peuventelles être obstruées d'une façon suffisamment durable pour donner à la résorplion de l'air intra-cavitaire, le temps de se faire ?
L'étude anatomo-pathologique de cette bronche nous apporte quelques arguments,
Les constatations qu'a failes Rausr el qu'il expose dans sa thèse nous apprennent que la paroi bronchique, plus épaisse que celle d’une bronche saine de calibre égal, est tomenteuse, d'aspect irrégulier, bourgeonnant, spongieux. Modifications qui peuvent être des conditions (rès favorisantes pour une obluralion mais ne peuvent la déclancher.
Dans une étude très intéressante, MM. Drerscuei et Toussaint distinguent parmi les lésions bronchiques tuberculeuses qui accompagnent constamment la tuberculose pulmonaire ouverte, deux grands types
1°) La bronchite exsudative ;
2°) La bronchite fibro-angiomateuse.
Le premier type s’observe alentour des lésions tuberculeuses récentes,
La bronche à conservé, dans ces cas, sa forme, sa con-
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sistance. Elle est tapissée par une surface lomenteuse, grisatre.
La muqueuse à disparu, «la musculeuse est plus ou moins dissociée » mais existe encore, parfois peu altérée.
Cette bronchite, disent MM. D. et T., guérit très souvent, car le tissu bronchique est particulièrement résistant à l'égard de l'infection tuberculeuse. Cependant, si cette éventualité ne se réalise pas, les lésions aboutissent à celles qui caractérisent, pour D. et T., la bronchite caséeuse.
« Cetle dernière, disent ces auteurs, est dissécante et « lérébrante. Elle découpe de vastes lambaux dans la sous- (OMUUEUSC MELC".-
« Mais quelle que soit la profondeur des lésions, cette
forme peut encore guérir, soil par bourgeonnement in-
terne aboutissant fréquemment à l’obturalion, soit à la
réalisation d’un état séquelle, voisin de celui que réalise «le deuxième (vpe. »
Ce type est réalisé par la « bronchite fibro-angiomateuse ».
Tout d’abord, la bronche est déformée, vermiforme : elle a perdu sa souplesse en même temps que la régularité de son calibre.
L'étude histologique qui fait suite, montre que Ia sousmuqueuse est transformée en un tissu fibro-angiomateux, parfois véritable tissu érectile, disent D. et T.
La musculeuse à disparu, en général. D'autre part, notons que Îles vaisseaux sont très altérés, véritables mésendartérilte oblitérante ; enfin, qu'il existe constamment des eclasies bronchiques.
Nous retiendrons dans cette étude l’irrégularité du calibre bronchique, vermiforme, entrecoupé de zônes eclasiées et rétrécies, l’organisation fibro-angiomateuse de lésions muqueuse et, dans la forme de lésions moins anciennes, l'aspect bourgeonnant de la paroi bronchique aboutissant fréquemment, disent D. et T., à lobluration de la lumière bronchique.
ns AD) —
De même il peut exister une infiltration hyperplasique sous muqueuse, rétrécissant la lumière bronchique et pouvant aboutir à l’obturalion, (ELOEssER).
Dans une observation de MM. Ameuire, Cosre et LE MELLENER que nous aurons l’occasion de citer plus loin en entier, ces auteurs constatent que la bronche de drainage d’une caverne d’un sommet n'était pas perméable, remarquent que « la paroi en est épaissie jusqu'à la disparilion de la lumière bronchique ».
D'autre part, des lésions granulomateuses tuberculeuses de la sous-muqueuse avec hyperplasie des follicules Ivmpathiques peuvent être observées. (ÉLorsserR). [Is peuvent aboutir à l’occlusion bronchique. DouBrow aurait constaté, au cours de certaines aulopsies, l'existence d’un issu de bourgeonnement non seulement dans les parois de la cavité, mais également dans les bronches afférentes. I] se fait, dit-il, «une espèce de remplissage des voies «aériennes bronchiques aussi bien que de la cavité elle- « même ». Nous rappellerons une observation de WERNER - Wazrer, Ces auteurs ont constaté chez une tuberculeuse traitée par Pno., une obturation bronchique par tissu de granulation et exsudat fibrineux qui nécessila plusieurs bronchoscopies.
Cependant, des lésions ulcératives tuberculeuses de la paroi accompagnent toujours les lésions constrictives el hyperplasiantes avec lesquelles elles s’intriquent.
Pour AmeuiLLe et ses élèves, ces processus ulcératifs et destructifs l’emportent presque toujours sur le processus de proliféralion.
ELoEsseR par contre insiste bien sur l’œdème, le gonflement qui accompagne ces ulcères caséeux des bronches et bronchioles, et qui peuvent aussi obstruer la lumière,
On peut d’ailleurs raisonnablement supposer que cet œdème de la muqueuse peut exister isolé, et créer dans les petites bronchioles, lobstruction, à elle seule,
\insi donc cette étude analomo-pathologique permet