‹ L'occlusion de la bronche de drainageChapitre 23 sur 38 · FO · texte numérisé non relu

FO

de conclure à la possibilité de comblement de la Jumière bronchique, d’obturation de la bronche de drainage par la prolifération de fongosités, le bourgeonnement ou le processus hyperplasiant des parois joint aux modifications fibro-angiomateuses de la muqueuse et favorisé par la coexistence de zônes rétrécies alternant avec des zônes dilatées.

A côté de ces processus d’occlusion se placent les oblitéralions par obluration dues à de véritables bouchons de matières luberculeuses, de débris caséeux ou des caillots de sang plus où moins organisés.

Nous rappellerons simplement quelques observations d’atélectasie aiguë due à un tel mécanisme d’obturation.

L'observation de M. KANONY est, à ce point de vue très démonstraltive. La voici, très résumée :

Il s'agissait d’un homme de 21 ans. Le début de la tuberculose remonte à deux ans. Il s’était fait par des hémoptysies.

Le 3 mars 1032: Douleurs vives dans le côté gauche, suivies de sensation d’étouffement et de dyspnée.

À l’examen. — Submatité de l’hémithorax gauche avec abolition de la respiration et des vibrations. Une atélectasie est soupçonnée.

L'examen radiologique du lendemain confirma le diagnostic en montrant une opacité homogène de l’hémithorax avec déviation cardio-médiastinale et surélévation diaphragmatique.

Les jours suivants, la douleur s’atténue, mais la fièvre persiste À aûv,

Six jours après le début, le malade rejette un moule bronchique de 3 cm. de long sur 1 cm. de section, de couleur grise. Ce moule était constitué par une matière caséeuse sans bacille.

Immédiatement après tous les signes disparaissent.

Il existe plusieurs autres observations de cas relativement semblables.

Ainsi une observation de HARTUNG, où l’atélectasie du poumon gauche cessa après le rejet de deux moules bronchiques de 1 em. de diamètre environ.

L'examen histologique de ces moules montra qu'ils

étaient constitués par un noyau de tissu conjonctif partiellement nécrotique, Le stroma était parsemé de leucocvtes et il existait des cellules géantes tuberculeuses typiques. À la périphérie on notait des stratificalions hématiques.

De même FLriscHNer présente plusieurs observations d'atélectasie transitoire de divers lobes pulmonaires chez des adultes, par obturation bronchique, puis élimination d'un foyer ganglionnaire ancien, parfois calcifié.

FLeiscuner estime que de telles atélectasies pourraient très bien être permanentes, soit que le bouchon bronchique ne puisse être expulsé, soit que la lumière de la bronche puisse être ultérieurement oblitérée par l'inflammation de la paroi ulcérée.

Un certain nombre d'auteurs (E. GORDON STOLOrr- Edw. W. Packarp, REINBERG) apportent des observations semblables d’atélectasies transitoires, en particulier chez le nourrisson et chez l'enfant.

Signalons également les travaux de HuüBscHManx, de ARUSTEIN, etc... De même nous ne ferons que signaler Îles cas d’altéleclasies aiguës transitoires succédant à une hémoptysie et cédant après le rejet d’un caillot. Il en a été ainsi dans l’observation Wizson où le caillot avait subi un commencement d'organisation.

Si l’obturation d’une bronche lobaire à pu être réalisée par un lel mécanisme, il nous semble qu'à plus forte raison, il peut en être également ainsi dans les bronches de drainage à paroi altérées et à calibre beaucoup plus étroit.

À défaut de ganglion luberculeux avant ulcéré la paroi, Uobturalion peut, semble-t-il, être réalisée par des masses caséeuses épaisses où par un caillol avant stagné dans une zône eclasiée et à demi organisée.

On pourrait objecter cependant, qu'il est difficile d’admellre que ce corps oblurant, engagé dans une zône rétrécie, ne pouvant être par conséquent expulsé par les efforts de toux, ne soit attiré dans la cavité par le vide qui s’v

produit, On sait en effet que la partie terminale de Ja bronche de drainage de la caverne est souvent dilatée, Si la force attractive qui est le résultat de la production de ce vide dans la caverne est suffisante pour attirer les parois cavilaires jusqu à les mettre en contact, suffisante par conséquent pour vaincre les forces « de distension statique » du parenchyme, et les forces de «distension dynamique » dues au jeu respiratoire, comment supposer que ce bouchon caséux ne soil pas invinciblement attiré vers ce pôle d'attraction si puissant ? L’obstacle devrait, semble-t-il, être aspiré à l’intérieur de la caverne dont il a obturé momentanément l'ouverture.

Cette objection nous parait très judicieuse. Il faut faire alors intervenir encore les irrégularités du calibre de la bronche et admettre que la masse oblurante est comprise dans une dilatation entre deux zônes rétrécies ou encore que l’abouchement de la bronche de drainage dans la caverne est lui-même rétréci (orifice en bec de flûte).

C'est, dira-l-on, une nouvelle hypothèse. La pauvreté des autopsies à ce sujet ne permet pas d'apporter un argument valable.

Cependant, le phénomène de la caverne soufflée, permel, indirectement il est vrai, de soupçonner la possibilité d'une telle éventualité.

Nous avons déjà insisté sur ces curieuses observations.

Parfois le « soufflage » de la caverne se produit après une tentative thérapeutique (Pno. section de bride), qui à rompu l'équilibre de la lésion.

Dans ces cas, un phénomène de clapet par coudure bronchique a été envisagé. Nous v reviendrons.

Dans d’autres observalions, le « soufflage » s’est produit sans cause apparente.

On fait intervenir alors, nous l'avons vu, la formation d'une valve bronchique.

Certains auteurs (CORYLLOS - JAGQUEROD) atlachent une certaine importance au jeu bronchique normal qui fait

que la bronche se dilate à l'inspiration, s’affaisse à l’expiration,

Ainsi l'air pourrait passer à l’inspiralion autour du corps oblurant, mais non à l'expiration à cause de l’affaissement de la bronche.

Cette explication ne pourrait être acceplée que lorsque la bronche est saine ou peu altérée. On ne peut l’admettre quand la paroi bronchique est très atteinte, en particulier quand la musculeuse est détruite.

Dans ces cas, le phénomène du clapet, comme nous l'avons décrit, par corps oblurant, compris entre des irrégularités de la paroi et du calibre bronchique, semble plus vraisemblable.

Page 1