FACTEUR DE LA GUÉRISON DES CAVERNES
Nous allons étudier maintenant les arguments qu'on a pu donner où qui peuvent être invoqués en faveur de la théorie qui nous occupe et les critiques qui peuvent lui
être faites.
A. Arguments en faveur.
1°) Tout d’abord, en ce qui concerne les cas très curieux de disparition temporaire de cavernes, aucune expli. ‘ation satisfaisante n’a pu jusqu'à maintenant être donnée. Lors de la présentation du cas de MM. E. Bernarp, Moi et HerReNsCHMIDT à la Société d'Etudes Scientifiques sur la Tuberculose, l’accord ne put se faire.
Nous avons vu aussi qu'il ne pouvait s'agir d'une simple fonte caséeuse du tissu cicatriciel où du parenchyme voisin aboutissant à la formation d’une nouvelle caverne, donnant sur le cliché une image superposable à la précédente. Il s’agit donc bien de la réouverture de l’ancienne avilé qui s’élait fermée progressivement et qui s'ouvre à nouveau progressivement,
Ni la théorie de la sclérose rétractile, ni celle de l’emphvysème hyperthropique ne peuvent expliquer ces phénomènes, au contraire de la théorie de l’occlusion de la bronche de drainage.
2°) La théorie que nous étudions à été construite par analogie avec les faits d’atélectasie aiguë par occlusion bronchique. Or, la réalité des atélectasies pulmonaires tran-
sitoires par occlusion bronchique elle-même transitoire. est parfaitement exacte : soit qu'il s'agisse d’obstruction par débris caséeux, ou de plicature ou de coudure bronchique après collapsothérapie, soit qu'il s'agisse de cas encore plus complexe comme dans une observation d'ELOESSER .
3°) La possibilité de l'occlusion de la bronche de draiïnage est réelle, Elle à été constatée au cours de certaines autopsies.
Nous avons cilé les conslalalions nécropsiques de Rou- BIER, d'AMEUILLE et de ses élèves, de Rausr. Rappelons encore la belle communication de M. P.-E. Davy, où l'obturation des bronches de drainage s’est révélée de singulière façon (observation 1rès résumée)
Malade porteur d’une volumineuse cavité du sommet droit d’aspect bilobé. Thoracoplastie après un an de cure (D' MAURER). 21 jours après : hémorragie extrêmement abondante qui s’arrête spontanément, attribuée à l’ouverture d’un vaisseau de la plaie. 27 jours après, deuxième hémorragie d’une grande violence avec état syncopal et pouls incomptable. La plaie est débridée (D' MAURER) et on constate ceci : « La caverne, située très corticale- « ment et dont le mur externe a éclaté, est largement béante sous «nos yeux... Dans la concavité de cette dernière portion, trois «orifices sont visibles. Deux représentent les abouchements des «bronches de drainage. Ces abouchements se montrent sous forme « d’un bourrelet comme œdématié et non perméable. Du troisième « orifice, situé au point le plus déclive (ouverture d’une ulcération «de vaisseau type RASMUSSEN, ou bronche dans laquelle s'ouvre ce « vaisseau, s'échappe au rythme des pulsations, un jet de sang ». L’explication des événements antérieurs est alors évidente: «... Lors « du premier incident, une hémorragie intra-cavitaire s’est pro- « duite. Elle n’a pu s’extérioriser par ses voies de drainage bronchique. etc... ». Fait intéressant: dans l’expectoration continuellement examinée, il n’a jamais été relevé de traces de sang.
L'oblitération bronchique à bien été constatée macroscopiquement.
Rien n'empêche de penser que l’oblitération puisse être seulement transiloire dans cerlains cas.
= NN) om
4°) D'autres faits paraissent très démonstratifs. Dans les cas de « cavernes soufflées », l'existence d’une valve ou d'une soupape sur la bronche de drainage à pu être vériliée à l'examen anatomique. Il en était ainsi pour l'observation de MM. Jacos el Surzer. S'il peut exister sur la bronche de drainage une soupape laissant pénétrer l'air dans la caverne et l’empêchant de sortir, pourquoi ne pas admettre qu'un «clapet » fonctionnant en sens inverse puisse se trouver parfois réalisé.
o°) L'étude de la pression des gaz intra-cavitaires et de leur composilion, montrerait bien les effets de ces soupapes ou des oblurations de la bronche de drainage. Nous avons déjà cilé les résultats de ces études.
6°) Un autre argument, indirect il esi vrai, peut être tiré des observations de disparilions rapides des vieilles ‘avernes, connues de longue date el qui pourraient aussi être rapportées à l’occlusion bronchique.
Ces observations sont peu nombreuses, Nous signalerons celle d'AMEUILLE. Il s'agissait d’un homme, porteur d'une caverne apicale droite du volume « d’une noix verte » béante, donnant une expecloration bacillifère, Le malade était suivi régulièrement depuis dix ans. La cavité, en 1930, avait paru diminuer, mais avail repris vite ses dimensions habituelles, En 1035, sans traitement spécial, brusquement, en quelques semaines, elle disparaissail en même temps que l'expectoration se tarissail, « Depuis dix-huit mois, la guérison se maintient. À la place de la caverne, la radio montre que le poumon est fortement diminué de transparence el la trachée très attirée à droite. »
Wald BELA, en 1931, avait déjà signalé un cas à peu près semblable.
Voici le résumé d'une observation inédite, due à l’obligeance des Docteurs HAUTEFEUILLE et FOURES :