‹ L'occlusion de la bronche de drainageChapitre 28 sur 38 · IN · texte numérisé non relu

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atélectasiée reprend de l’expansion, s’éclaircit. Le o février, 14 jours après la première insufflation, l’atélectasie précédente a disparu. Par contre, il existe une superbe atélectasie du lobe supérieur malade.

« Ainsi, termine le Dr BRUNET, nous croyons pouvoir «affirmer que notre observation représente une véritable «expérience de coudure bronchique au cours du P. N. O0. «avec sa contre-expérience. »

Dans ces deux observations, on ne peut expliquer l’apparition et la disparition rapide de l’atélectasie, avec les changements de position du malade que par la formation d'une coudure bronchique, d'une véritable plicature réalisant une obstruction passagère. Dans la première observation, il se crée même une sorte de clapet bronchique, permettant l’expulsion rapide de l’air, contenu dans le territoire pulmonaire correspondant, à chaque mouvement expiratoire et aux moments des secousses de toux, sans permettre sa rentrée à l'inspiration, En modifiant la position du malade, les conditions de formation de la soupape sont perturbées et celle-ci ne joue plus.

La formation d’une plicature bronchique après intervention collapsothérapique est possible. Parfois elle produit le phénomène de la soupape. Mais ne peut-elle, dans d'autres cas, être permanente ? En particulier lorsque la conduite de la collapsothérapie ne subit aucune modification. Alors, tant que le phénomène durera, le territoire correspondant restera atélectasié. Telle pourrait être l’explication de la disparition rapide d’un certain nombre de cavernes après collapsothérapie. Si la pression se modifie dans le Pno, au cours de l’évolution ou si la position ou l'attitude du sujet changent, les conditions de production des phénomènes de plicature et d’accolement n'existant plus, il est possible que l’atélectasie cesse ou que la cavité s’ouvre à nouveau, à moins que la sclérose n'ait eu le temps de faire son œuvre.

LA STÉNOSE FIBREUSE

Cette variété d'occlusion bronchique existe, Des conslatations anatomo-pathologiques en font foi.

Nous citerons pour preuve les deux belles observations de Rougrer. Les voici, (rès résumées

Obs. 1.

Tuberculose pulmonaire de date ancienne avec épisode aigu datant de trois semaines et terminal.

Autopsie : tuberculose fibreuse du sommet droit avec vaste caverne.

Ce lobe supérieur droit est transformé en un bloc dense et contient en son milieu une vaste caverne du volume d’un œuf, à moitié pleine de pus.

Les parois de la caverne sont lisses.

Tout autour d’elle, ce qui reste du parenchyme est transformé en un tissu fibreux dense. Le cathétérisme de la bronche supérieure droite montre que celle-ci est coudée, tortueuse et ne communique pas avec la partie inférieure de la cavité.

Obs. 2.

Evidemment du sommet droit avec liquide peu abondant.

Autopsie : vaste cavité à moitié pleine de pus épais, occupant la totalité du lobe supérieur et allant en bas jusqu’à la scissure interlobaire symphysée.

Ses parois, qui correspondent à la plèvre épaissie, sont lisses et régulières.

La bronche efférente avant son arrivée dans la caverne est aplatie, sclérosée, obturée, impossible à cathétériser.

Les parois opposées étaient soudées l’une à l’autre, ne laissant aucune lumière dans laquelle on puisse introduire le stylet.

L'obluralion, dans l’un et l’autre cas, siégeait à proximilé de la caverne.

Ces faits sont repris par Dérioux, dans sa thèse, Pour RouBier, l’oblitération de la bronche de drainage, par ce processus de sténose fibreuse, serait la conséquence de l’enkystement fibreux de la cavité.

Tout semble bien plaider en faveur de celte hypothèse le siège de l’obturalion, l'importance de la réaction fibreuse dans le tissu péricavilaire.

De même lous les auteurs qui ont examiné du point! de vue analomo-pathologique les cavernes tuberculeuses guéries, ont constalé que la bronche de drainage était obstruée, se terminant vers l’ancienne cavité guérie en doigt de gant.

De ces faits, on ne peut tirer évidemment aucune conclusion, quant à savoir si cette sténose fibreuse ainsi constalée à été à l'origine de la guérison ou si elle a été simplement secondaire à celle-ci.

ELOEssER, qui à étudié (out spécialement les sténoses bronchiques dans la tuberculose pulmonaire, insiste sur ces sténoses fibreuses.

Il faut distinguer les sténoses fibreuses, conséquence d'un processus d'infiltration hyperplasique de la sous-muqueuse (on en trouve un exemple dans l'observation de M. AmeuiLLe), et celles qui sont dues à une production fibreuse péribronchique.

Cette forme aboutirait à l’obsitruction, surtout par la déformation, l’épaississement et la coudure des parois. On pourrait la rapprocher de la « bronchitis deformans » de Scnmorz et Gex ou des péribronchites syphilitiques de BEx- DA (SERGENT et BENDA, etc..….).

La tuberculose serait capable pour ELœsser de donner de telles sténoses fibreuses.

Enfin, il est une dernière forme de sténose fibreuse ; c'est celle qui résulte de la cicatrisation avec rétraction d'une de ces ulcérations tuberculeuses de la paroï bronchique qui peuvent exister, nous l’avons vu.

De telles rétractions cicatricielles ont été observées par

— Eh —

divers auteurs (ELOESsER), sur la trachée, les bronches souches ou les bronches lobaires. Rien n'empêche de pen ser qu'elles puissent exister sur les bronches de drainage.

Nous avons, ainsi, passé en revue, les divers modes possibles d’occlusion bronchique. Il est logique de penser que ces divers processus doivent, lorsque l’oblitération est réalisée, s'associer à des degrés divers.

Quoi qu'il en soit, l’étude analomo-pathologique de la bronche de drainage montre bien que locclusion de celleci est possible, Bien plus, des constatations d’autopsie, moins rares que le disaient certains auteurs classiques, ont prouvé la réalité du fait,

Revenons à l'étude des disparitions temporaires de cavilés telles que nous les avons définies et décrites.

Ce serait done dans l’imperméabilité temporaire de la bronche de drainage que l’on devrait chercher l'explication de tels phénomènes. Cette imperméabilité, temporaire ou non, anatomiquement est possible. Une obstruction, une coudure peuvent la réaliser.

Mais la réalité anatomique de l'obstruction bronchique. dans un certain nombre de cas, permet-elle d'admettre sans discussion la théorie que nous étudions ?

Dans un dernier chapitre, nous allons examiner schémaliquement et discuter les arguments qu'on peut donner pour et contre la théorie de l’occlusion de la bronche de drainage, facteur de guérison des cavernes.

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