‹ L'occlusion intestinale expérimentale chez le chienChapitre 12 sur 16 · OO ARES · texte numérisé non relu

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protéose ; pour R.-W. Gérard, le produit serait bien défini et il s’agirait d’histamine.

RÉSORPTION DU LIQUIDE INTESTINAL D'OCOLUSION. — Un liquide aussi toxique peut-il être résorbé ? Deux facteurs vont favoriser cette résorption : la distension de l’anse et les mouvements de l’intestin.

a) La distension de l’anse est un facteur qui facilite la résorption des poisons : les expériences de L.-R. Dragstedt et de ses collaborateurs ont bien montré qu’il suffisait de distendre expérimentalement une anse intestinale obturée pour déclancher une toxémie chez un chien jusque-là en bon état de santé.

b) Quant aux mouvements intestinaux, on sait leur influence sur les phénomènes de l’absorption ; or, en cas d’obturation, l’intestin réagit intensément par des contrac tions énergiques.

H. Roger, dans le Journal de Physiologie de 1906, a donné une longue étude graphique des mouvements péristaltiques observés dans ces conditions.

P. Blamoutier, dans sa thèse, a décrit des mouvements Re de l’intestin, visibles deux heures après la ligature d’intestins perfusés.

Nous pouvons ajouter, à ces intéressants travaux, le résultat de recherches inédites poursuivies au Laboratoire des Hautes-Etudes par MM. L. Hallion et René Gayet, qui ont bien voulu nous communiquer la note suivante.

Pratiquant des occlusions duodénales chez le chien, L. Hallion et R. Gayet ont observé, « au bout d’une heure et demie, des pressions de 20 à 25 centimètres d’eau ; ensuite apparaissaient des contractions oscillantes, assez rapides, augmentant de plus en plus d’intensité pour réaliser à certains instants des pressions de 120-130 centimètres. Ces contractions semblaient atteindre leur maximum vers la dixième heure, puis décroissaient, s’espaçant de plus en plus, mais inscrivant jusqu'aux dernières heures des dénivellations de pression de 20 à 30 centimètres. Sur certains

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animaux, les phénomènes étaient plus atténués, et nous n’observions que des variations plus espacées et moins fortes, de 20 à 30 centimètres, qui ensuite, tout en diminuant, restaient observables jusqu’à la mort de l’animal ».

RÉSORPTION DU LIQUIDE INTESTINAL PAR LA VOIE LYMPIHA- TIQUE.— Il importe d’insister, d’autre part, sur les voies de cette absorption par l’intestin. Chacun sait que deux voies permettent l’absorption intestinale : la voie veineuse qui va au foie, la voie lymphatique qui aboutit au canal thoracique.

Il nous faut signaler la distension des vaisseaux lym-

phatiques du mésentère chez le chien porteur d’une occlusion intestinale (1). Ces vaisseaux sont très apparents, injectés depuis leur origine jusqu'aux ganglions ‘mésentériques ; leur incision fait sourdre de la lymphe en abondance. De plus, nous avons observé la facilité avec laquelle s’injectaient expérimentalement ces chylifères. En poussant dans la muqueuse intestinale une injection de bleu de Gérota, on voit apparaître immédiatement les chylifères colorés en bleu, et ceux-ci se présentent avec un diamètre qui est bien supérieur à celui des chylifères de chiens témoins examinés à jeun.

D'autre part, les ganglions mésentériques semblent plus gros que normalement, et nous avons prié M. le professeur agrégé Jean Verne de vouloir bien en faire une étude histologique.

L’examen microscopique de ces éléments montre :

a) L'existence de très larges centres germinatifs ;

b) La présence, dans les sinus médullaires, d’hématies, de polycaryocytes et de mégacaryocytes et de nombreuses

cellules indifférenciées.

De telles figures traduisent un hyperfonctionnement du ganglion lymphatique, réagissant comme organe lymphoïde et comme organe myéloïde. |

(1) La possibilité de résorptiou par les voies lymphatiques ressort également des expériences de F.-T. Murphy et Broocks, de J.-W. Ellis.

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Ces faits nous amènent à souligner la participation de la voie lymphatique dans la résorption du liquide accumulé dans l’intestin oblitéré ; si nous rappelons que l’occlusion intestinale se complique assez souvent de manifestations pulmonaires, on peut se demander si l’explication ne réside pas dans cette absorption par la voie lymphatique. La voie lymphatique conduit, en effet, à la veine sous-clavière gauche, et, par elle, au cœur droit et au poumon. Le poumon est le premier organe que rencontrent les produits intestinaux qui ont gagné la voie lymphatique et, si les microbes s’engagent dans cette voie, ne peuvent-ils pas se fixer sur le premier organe situé sur leur trajet ? (1)

II. — NOTE SUR L'ÉTAT DU FOIE ET DU REIN AU COURS DE L’OCCLUSION INTESTINALE

Le passage dans l’organisme de produits toxiques éla’ borés dans l’intestin obturé amène des perturbations du côté de certains organes (foie et reins). |

L’atteinte du foie et du rein a été signalée par de nombreux auteurs. A. Werelius à insisté sur le rôle de l’insuffisance hépatique dans le mécanisme des accidents mortels de l’occlusion intestinale.

J. Hartwell, J. Hoguet et Beekman ont insisté sur une altération épithéliale des reins de leurs chiens atteints d’occlusion intestinale, et divers auteurs (J.-V. Cooke, F.-H. Rodenbach et G.-H Whipple, T. MeQuarrie et G.-H. Whipple) ont analysé les troubles de la fonction

(1) Dans un mémoire récent et remarquablement documenté sur L’Expérimentation dans l’occlusion intestinale mécanique, André Chenut (de Bordeaux) étudie avec soin ce problème de l’absorption dans les anses occluses: il reprend des expériences de W. Braun et Boruttau sur la rapidité d’absorption du sulfate de strychine introduit dans des anses oceluses ; il étudie l’osmose à travers les parois d’une anse occluse et d’une anse saine et donne comme conclusions de ses recherches que « le facteur primordial qui détermine la mort dans l’ocelusion intestinale est l’altération de la vitalité intestinale. Cette altération permet l’infection du péritoine et l’intoxication de l’organisme par voie péritonéale ». : |

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rénale chez ces animaux (étude de l’urée sanguine, de l’urée urinaire, épreuve de la phénolsulfonephtaléine...).

L'examen histologique du foie de nos chiens ne nous a guère montré qu’une congestion de l’organe : par contre, le rein nous a paru plus touché ; sur les coupes, on note l’existence d’une congestion des glomérules et d’une glomérulite légère, et ces lésions microscopiques expliquent cette élévation de l’urée notée par nos devanciers, et que nous avons retrouvée au cours des examens de sang, examens qui vont nous retenir plus longuement, parce qu’ils constituent le point que nous avons surtout abordé dans notre thèse.

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