LE PAPE
à accueillir cette révélation. Le sens ésotérique de notre religion vous est donc dévoilé, mais il ne faut pas mépriser ceux qui ne sont encore qu’au stade où ils sont obligés de s’en tenir à l’écorce extérieure ; ceux-ci ne doivent pas non plus critiquer ceux qui sont prêts à s’élever d’un degré et à recevoir une illumination supérieure. »
Mais, pour cela, ce Pape devra naturellement être aussi courageux que sage, car, comme toutes les personnalités éminentes, il est entouré d’une coque épaisse de formespensées qu’il lui sera extrêmement difficile de briser avant de pouvoir prendre une nouvelle ligne de conduite.
LE CEREMONIAL
Le cérémonial est une question qui séduit bien des gens, mais il faut cependant bien comprendre que les cérémonies religieuses ne sont nullement nécessaires : l’homme qui désire réellement entrer dans la vole de sainteté doit s’en convaincre et rejeter cette croyance que les cérémonies sont nécessaires, car elles sont plutôt des entraves qui le retarderaient dans ses efforts pour atteindre le Nirvana. Cela ne veut pas dire que les cérémonies ne soient quelquefois utiles pour amener des résultats déterminés, mais, en principe, elles ne sont jamais nécessaires pour personne; le candidat aux choses supérieures doit apprendre à s’en passer. Les cérérémonies offrent une route facile à une certaine catégorie de gens qu’elles peuvent aider à s’élever, mais il y en a d’autres pour qui ces cérémonies semblent plutôt se dresser comme un obstacle entre eux et les êtres divins qu’ils cherchent à atteindre.
Le cérémonial du Christianisme est celui-là même qui a été ordonné par son fondateur, cérémonial au moyen duquel son pouvoir magique peut s’exercer. La consécration de l’hostie, par exemple, est un moyen par lequel la force spirituelle est déversée sur les hommes, et, le
LE CÉnÉMOMAL
plus souvent, à ce moment là, un sentiment intense de ferveur envahit l’assemblée, sentiment qui rend possible l'influence magique, celle-ci ne dépendant nullement de l’acte de consécration. Ceux dont la nature est dévotionnelle, qui sont plus réceptifs, reçoivent naturellement davantage que les autres ; d’autre part, il y a toujours à craindre qu’une dévotion aveugle ne dégénère en superstition. Dans mes recherches récentes au point de vue occulte, en Sicile, sur cette question, j’ai constaté qu’il y a beaucoup de superstition et, trop souvent, une intervention fâcheuse de la part des prêtres, mais, somme toute, la contrée est incontestablement dans une situation meilleure — considérablement meilleure — avec sa religion, si imparfaite qu’elle soit, que sans aucune religion. 11 faut aussi nous rappeler que, dans l’histoire, il est souvent parlé des effets désastreux produits par l’enthousiasme religieux, tandis que le progrès effectif et constant de milliers de gens soumis à son influence ne produit qu’une faible impression sur l’historien.
la prière (I)
Il est difficile de dire quoique ce soit sur la prière qui puisse s’appliquer universellement, par suite de la variété même des prières et qui s’adressent à des êtres qui diffèrent tant les uns des autres selon la place qu’ils occupent dans l’évolution. Les fondateurs des grandes Religions n’ont jamais incité leurs disciples à leur adresser des prières et ces derniers étaient bien trop éclairés pour avoir semblable idée. Pour qu’une forte pensée dirigée vers eux puisse les atteindre ou non, il faut connaître la ligne d’évolution qu’ils ont suivie et savoir surtout s’ils sont encore ou non en contact avec la terre. Dans le premier cas, s’ils reçoivent la pensée, il est très probable, s'ils jugent la chose utile pour celui qui leur a envoyé cette pensée, qu’ils dirigeront vers lui l’attention d’un de leurs disciples encore sur la terre. Mais il est inconcevable qu un homme, ayant la moindre notion de l’ceuvre si vaste et si magnifique entreprise pour l’évolution par les Grands Êtres des plans supérieurs ait la prétention de les importuner en cherchant à les faire intervenir dans les petites difficultés de leur vie journalière ; il devrait
(d) Voir aussi le Christianisme Ésotérique, par Annie Besant (iN. D. T.)