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LE SENS COMMUN

Au dessus de tout et en toutes circonstances, l’étudiant en occultisme doit s’attacher principalement à développer en lui le6’e;?A' commun, car il trouvera, dans sa marche en avant, nombre d’idées nouvelles, de faits surprenants dont l’étrangeté peut lui causer de Thésitation ; s’il se laisse aller à ce sentiment, les résultats obtenus par l’augmentation de ses connaissances seront plutôt insignifiants. Bien d’autres qualités sont nécessaires pour avancer sur la voie du progrès, mais un parfait équilibre est la première des nécessités. En fait, l’étude de l’occultisme peut être ainsi résumée : c’est l’étude de tout ce que l’homme ordinaire se refuse à admettre, la connaissance par conséquent, de faits nouveaux et, ensuite, l’adaptation de sa vie à ces nouveaux faits d’une façon rationnelle et conlorme au sens commun. Tout ce que je connais de l’occultisme n’est qu'une apothéose du sens commun.

LA FRATERNITÉ

Tous les hommes sont frères, ceux qui ne veulent pas l’admettre sont ceux qui ferment volontairement les yeux sur des réalités qu’ils se refusent à reconnaître. Il est inutile de perdre notre temps à les en convaincre, la nature elle-même se chargera bien de vaincre leur hérésie. Mais beaucoup plus dangereux sont ceux qui comprennent mal la fraternité, et leur nombre est légion.

Rappelez-vous, non seulement la véritable signification du mot fraternité, mais aussi ce qu’il ne signifie pas. Fraternité ne veut pas dire égalité (les jumeaux sont relativement rares il est encore plus rare de \oir trois frères naître en même temps dans des circonstances normales), donc la fraternité implique une différence d’âge, et par suite toutes sortes de différences : en force, en habileté, en capacités.

La fraternité implique des intérêts communs, mais non une communauté de tous les intérêts. Si la famille est riche, tous ses membres en profitent ; si elle est pauvre tous ses membres en souffrent aussi. 11 y a donc là communauté d’intérêts. Mais l’intérêt individuel de chacun des frères d’une même famille peut et doit être même absolument différent pendant bien des années. Quel intérêt

LA FRATERNITÉ

un enfant de quatorze ans peut-il avoir de commun avec son jeune frère de six ans? Chacun vit sa vie avec les amis de son âge et a, avec eux, bien plus d’idées communes qu'avec son frère. Qu'importe au frère ainé de vingt-cinq ans, occupé à se frayer un chemin dans le monde, les récompenses et les soucis scolaires qui remplissent l’horizon du cadet.

On ne doit donc pas espérer que, parcequ'ils sont frères, des hommes puissent avoir les mêmes impressions et être intéressés par les mêmes choses. Cela ne serait même pas à désirer, car le devoir de chacun diffère selon Tâge, et la seule chose qui puisse favoriser l’évolution d’une famille dans son ensemble, c’est que chacun de ses membres fasse son devoir là où il plaît à Dieu de rappeler, comme le dit le catéchisme chrétien. Cela ne signitie nullement que l’homme doive toujours rester dans la situation où son Karma l’a fait naître ; s’il peut, par des moyens honnêtes et sans porter préjudice à autrui, générer un Karma qui lui permette de s’élever, libre à lui de le faire. Mais, quelle que soit la situation sociale qu’il ait acquise, il doit remplir les devoirs inhérents à cette situation. L’enfant grandit d’une façon régulière ; mais, à un certain âge, ses devoirs seront ceux de son âge et non ceux de son frère aîné. Chaque âge a ses devoirs : le jeune doit apprendre et servir; l’aîné, diriger et protéger; mais tous les deux doivent aimer et assister, et essayer de considérer le genre humain comme une grande famille. Tous s’aideront mutuellement, non pas en intervenant dans les affaires de tous, mais chacun en s’efforçant sérieusement de faire son devoir comme membre de la famille à laquelle il appartient.

Dans notre société, la fraternité devrait être une réalité vécue. Il importe que nous reconnaissions et établissions

clans une association étroite entre tous, un sentiment d’unité et de rapprochement ; mais cette union ne peut se faire que si les membres veulent bien oublier leurs sentiments personnels pour ne s’occuper que de l’intérêt des autres. Le coeur de la Société Théosophique se construit, sur le plan bouddhique, un corps qui sera un canal à travers lequel les grands Etres déverseront leurs forces. La perfection du canal dépend de l’attitude adoptée par les membres sérieux et dévoués.

Ce canal est, quant à présent, encore bien imparfait, en raison des tendances que possède chaque membre à se considérer comme unité séparée et, par suite, à penser trop à soi-rnôme et trop peu au bien général de tous. Les pierres d’un mur doivent être maçonnées régulièrement à la place qu’elles doivent occuper, car si l’une s’avance trop en avant et l’autre trop en arrière, le mur sera rugueux et défectueux. Nous ne sommes qu’une faible partie d’un vaste système, une roue, pour ainsi dire, dans une machine. C’est à nous à nous rendre propres à remplir au mieux notre rôle si peu important qu’il soit; ce faisant, bien que nous ne soyons sans doute pas prêts à prendre un rôle prépondérant dans le grand drame du monde, le peu de bien que nous faisons est efficace et durable et remplira honorablement sa place dans le grand tout.

Vous savez tous que d’ici sept cents ans nos deux Maîtres commenceront la fondation de la sixième racemère ou race-racine, ( J ) et que, dès maintenant ils font une sélection parmi ceux qui peuvent les aider dans cette œuvre. Mais il y a devant nous un travail plus immédiat, travail qui permet de développer les qualités requises pour participer au grand œuvre plus éloigné ; c’est le dévelop-

(1) Lire : Les Commencements de la V/® Race, par G. W. Lead- BEATER dans La Revue Tlicosophique française (N. 1). T.).

LA FRATEB.NITÉ

pement de la sixième sous-race de la race Aryenne, sousrace qui commence dès à présent à se former dans le nord de l’Amérique. Les signes de ces préparatifs pour ce travail se manifestent d’ores et déjà ; des races différentes s’unissent entres elles pour n’en plus former qu’une seule; et nous avons notre rôle à jouer dans ce travail. Nous reconnaissons tous combien il est important d entourer l’enfant de bonnes influences ; il en est de même pour l’enfance d’une race. Si nous pouvons réussirà entraîner cette nouvelle race dans la bonne voie, un grand résultat aura été obtenu; et nous, malgré la distance qui nous sépare de l’Amérique, pouvons apporter, si nous le voulons, un concours efKcace à ce moment critique de l’histoire du monde.

Une partie de ce plan doit s’effectuer prochainement, par le rapprochement des diverses branches de notre cinquième sous-race, la race Teutonne. Beaucoup d’entre nous appartiennent à cette race ; les colonies anglaises, les Américains, les Scandinaves, les Danois et les Allemands ; à cette race appartiennent aussi différentes populations de la France et de 1 Italie, comme les Normands, par exemple, qui descendent des Scandinaves, et dans les régions méridionales, les descendants des Goths et des Visigoths. Afin de hâter la réalisation du grand plan de la Hiérarchie, il est grandement désirable que toutes ces races se lient d’une sympathie plus étroite. Ce rapprochement s’est déjà effectué entre 1 Angleterre et l’Amérique, et il est bien regrettable qu’il n’en soit pas de même en ce qui concerne l’Allemagne ; ce grand pays pourtant semble tout disposé à écarter toute pensée de coalition, coalition désirée par d’autres Etats. Il croît ainsi défendre ses intérêts particuliers. Il ne reste plus qu’à souhaiter que cette difficulté soit rapidement surmontée.

Le but principal de ce rapprochement entre les nations

l’occultisme dans la nature

est de préparer la voie pour la venue du nouveau Messie ou, comme nous le dirions dans les cercles théosophiques, le nouvel avènement du Seigneur Maitreya, comme grand Instructeur spirituel apportant une nouvelle religion. Le temps est très-proche où sera répandu dans le monde un enseignement qui unifiera les autres religions et qui, comparativement à ces dernières, aura une base plus large et gardera plus longtemps intacte sa pureté. Mais avant d’arriver à cela, il faut que nous nous soyons débarrassés de ce cauchemar de la guerre suspendu sur nous comme un immense spectre, paralysant les plus grandes intelligences de tous les pays dans leurs efforts pour améliorer les situations sociales, et mettant nos hommes d’Etat dans l’impossibilité d’élaborer de nouveaux plans et de nouvelles méthodes sur une plus grande échelle. Le point essentiel donc pour mener à bien le grand plan de ceux qui nous dirigent est qu’une période de paix universelle puisse s’établir. De nom-, breuses tentatives ont été faites pour amener ce résultat, comme le Congrès de la Paix, mais cela ne suffit pas et d’autres moyens seront à essayer.

Si nous tous qui appartenons à la cinquième sous-race pouvons réussir à abandonner nos préjugés et à resserrer nos rangs, un grand travail se présentera à nous ensuite. Notre sous-race étant la dernière venue, contient par conséquent, au sens général, les égos les plus avancés dans l’évolution ; malheureusement la grande majorité des gens n’est nullement prête à répondre à un mobile purement désintéressé comme moyen d’amener la paix universelle si nécessaire.

Quel est donc le meilleur moyen de l’obtenir ? En faisant comprendre à toutes les nations qü’il est de leur intérêt d’insister sur la nécessité d’une paix universelle.

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Rappelez-vous que le commerce souffre pendant la guerre. Nous qui appartenons à différentes branches delà race Teutonne, nous sommes les nations les plus commerçantes du monde, aussi comprendrons-nous bientôt, je l’espère, que notre intérêt est de nous rapprocher les uns des autres et de nous montrer partisans de la paix. Ce mobile n’est pas, il est vrai, très élevé, puisqu’il est basé sui un intérêt personnel ; cependant, quand les gouvernants et les grands hommes d’Etat seront poussés, de par l’amour abstrait pour l’humanité, à désirer l’unité, ce mobile, tout inférieur qu’il soit, pourra les aider à amener les moins développés de leurs compatriotes à se rallier à leurs idées et à soutenir tout mouvement soulevé dans ce but.

Toutes sortes de mouvements peuvent être utilisés pour opérer ce rapprochement de notre race. Ainsi, la mort de Sa Majesté la reine Victoria a été utilisée dans cette voie. Pendant son règne un résultat important a été atteint en reliant, par des liens plus étroits, les colonies anglaises à la Mère patrie. Ceux qui, ont pu voir, psychi^ quement, le cortège du Jubilé de la Reine ont été vivement impressionnés par le puissant courant d’émotion soulevé dans la foule. Son règne fut fertile en résultats bienfaisants mais sa mort le fut encore plus en rapprochant de nous non-seulement nos colonies, mais aussi les Etats-Unis d’Amérique. Au moment où la Reine mourut, j’étais moi-même en Amérique, et à voir les sentiments de deuil si sincères si spontanés, exprimés par le peuple américain, on aurait pu croire que c’était leur propre souverain qu’il pleurait. Par sa mort, elle rendit donc autant de services que par sa vie.

Chaque race a, comme l'individu, ses caractéristiques propres; et si nous voulons coopérer à l’œuvre si capitale

l’occultisme dans la natuhe

de nos Maîtres il faut apprendre non-seulement à être tolérants pour lés nations qui ont un caractère différent du nôtre, mais à leur porter un intérêt bienveillant au lieu de les tourner en ridicule et de se laisser aller à des mouvements d’impatience sur leur façon de considérer les choses. Que devons-nous donc faire pour faciliter ' ce grand mouvement d’unité entre les nations ? C’est bien simple: lorsque, dans notre présence, sont faites des remarques désobligeantes et ironiques sur d’autres nations, nous pouvons prendre comme principe de mettre en avant ce qu’elles ont de bon et parler d’elles amicalement. 11 n’est pas toujours facile sur le moment, de réfuter les faits malveillants qui sont racontés, mais nous pouvons y suppléer en énumérant ce qu’elles ont fait de bien.

Nous ne sommes que peu nombreux peut-être, mais du moins, en un an, chacun de noqs rencontre à peu près un milliers d’individus, et peut être ainsi un centre aidant notre propre pays à voir le bon côté des autres ; de cette façon, quand ce ne serait que dans des limites restreintes, nous pouvons frayer la voie et rendre l’union plus facile. Beaucoup de gens ont l’habitude de parler avec intolérance des particularités des autres nations; ayons bien soin de ne jamais en faire autant, et rappelons-nous toujours combien il est important de répandre des sentiments de sympathie. Ne soyons pas découragés en pensant combien peu chacun de nous est en mesure de faire dans cet ordre d’idées ; rappelons-nous plutôt que,le plus petit effort sera utilisé par ceux qui travaillent derrière nous. Il est évident que leurs desseins seront exécutés, que nous acceptons ou non le privilège qui nous est offert d’aider à leur réalisation. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas faire de notre mieux.

Ce ne sont pas seulement les gens de bien qui sont uti-

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lisés pour faire avancer le plan des grands Êtres ; toutes sortes de forces sont mises en jeu par la Grande Fraternité qui se tient derrière nous pour favoriser le travail nécessaire, voire même l’égoïsme et les défaillances des hommes. « Aveuglément, le méchant travaille au triomphe de la volonté divine, » écrit Southey dans Thalaba, Et « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien dé ceux qui aiment Dieu, » a-t-il été dit au sujet du Karma personnel, mais cela aussi peut s’appliquer aux plans plus vastes et plus larges. Ainsi, le fanatisme de l’Eglise chrétienne, si déplorable qu’il soit, n’a pas été tout à fait sans utilité, il a aidé à fortifier la foi, puisque l’ignorant ne peut croire sans être fanatique. Les poursuites commerciales faites dans un but intéressé sont répréhensibles aussi, et cependant elles ont en soi un certain pouvoir qui peut être pris en considération par ceux qui nous dirigent car elles sont un moyen de développer la volonté et la concentration, qualités qui, dans une vie ultérieure, pourront être employées à des fins utiles.

Tous, nous avons une occasion de coopérer à ce plan dans le sens du bien. Si nous ne la saisissons pas, un autre le fera, et si celui-ci la manque, ce sera encore un autre ; de toute façon, l’œuvre s’accomplira.

Nous savons malheureusement que quelques-uns d’entre nous ont rejeté l’occasion qui leur était offerte, mais c’est une raison de plus pour nous mettre au travail avec plus de courage afin de compenser leur défection et assumer leur tâche avec la nôtre. Nous ne devons pas craindre un seul instant que l’œuvre soit retardée ou puisse souffrir par suite de leur défection. Nous ne pouvons que regretter de voir nos pauvres amis manquer ainsi une occasion ; par ignorance et manque de clairvoyance, ils agissent contre leurs propres intérêts. Mais leur folie

ne sera que temporaire, et, quelque jour^ ils s’éveilleront à la réalité, sinon dans cette vie, du moins dans une autre. En attendant, tout va bien intérieurement, et la Grande Œuvre continue à aller de l’avant.

L’évolution, en somme, n’est qu’une grande entreprise similaire à toutes les entreprises. Pensez, par exemple, à la construction d’une ligne de chemin de fer. Il importe peu à la Compagnie de ce chemin de fer et aux futurs voyageurs quel est l’ouvrier qui a posé tel rail ou tel boulon, pourvu que le travail soit bien fait, ce qui est l’affaire du contre-maître. Mais cela importe beaucoup à rouvrier, car celui qui travaille reçoit un salaire, tandis que l’autre ne reçoit rien du tout. Le contremaître ne peut que regretter lorsqu’un de ses hommes s’en va dans un moment de colère ou d’ivrognerie et refuse de travailler tout un jour ; mais il se dit : « N’importe, il reviendra demain, » et, en attendant, il emploie quelqu’un d’autre. Beaucoup d’entre nous ont quitté le travail de la même manière dans une explosion de personnalité, mais ils reviendront. La question n’est pas de savoir si le travail sera fait, car, en tout cas, les Maîtres y pourvoiront ; il s’agit seulement de savoir qui saisira l’occasion de le faire.

Les gens qui luttent avec amertume contre certains droits montrent simplement qu’ils ne sont pas encore préparés à supporter cette épreuve ; c’est qu’ils n’ont pas encore atteint ce degré où l’on peut s’oublier totalement dans l’œuvre commune ; leurs personnalités sont encore trop prédominantes, ils sont vite ébranlés et déséquilibrés lorsqu’un fait nouveau se présente à eux. La chose est triste, c’est vrai, mais elle ne sera que temporaire ; s’ils ont manqué une bonne occasion, c’est qu’ils n’avaient pas encore la force d’en faire usage ; mais de nombreuses

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vies leur restent pour réparer. En attendant, d’autres prendront leur place. N’oubliez jamais que la seule chose qui importe, c’est que le travail des Maîtres soit lait, et sachons, nous, tout au moins, nous ranger parmi ceux qui veulent y coopérer, sans nous occuper de ceux qui ne veulent pas voir assez clair pour nous aider. Dans cette vie, ils répudient les Maîtres, comme le méchant garçon qui se met en colère contre ses parents et qui, dans ur; moment d’égarement, se sauve et se cache ; mais bientôt la faim le ramène à la maison, et, de même, pour ceux qui nous ont quittés, la soif pour la vérité qu’ils ont une fois goûtée les ramènera aux pieds des Maîtres dans leur vie prochaine. En attendant tenons-nous fermes, et que nos cœurs soient en paix même pendant la lutte.

Si nous voulons nous élever à la hauteur de la tâche que nous avons assumée, il nous faut arrondir les angles de notre caractère et surtout effacer notre personnalité, l’oublier en encourageant les bons sentiments de toutes les manières possibles. Si nous entendons dire du mal de quelqu'un, que ce soit pour une nation ou pour un individu, essayons immédiatement de faire ressortir ses bons côtés. Contrebalançons le mal par le bien, non pas en cherchant à donner une fausse impression mais en présentant les faits sous leur meilleur aspect ou en leur donnant une interprétation plus juste. Notre tâche est de faire rouler la machine sans heurts et d’en neutraliser les frottements. Nous avons pour but de faire de notre société un tout uni dans un même sentiment d'harmonie et d’aider à faire pénétrer celui-ci dans le monde extérieur. Le but est élevé, l’occasion glorieuse ; voudrons-nous la saisir ?

Mais prenez bien garde, et que l’idée de vous préparer au grand travail de l’avenir ne soit pas une excuse pour

négliger les plus petites occasions de la vie journalière. Une lettre qui m’a été adressée dernièrement me fournit un bon exemple de ce que j’entends par là. Mon correspondant me dit qu’il est chargé de diriger une Branche Théosophique et que ses connaissances étant encore très imparfaites, il ne se juge pas digne d’une telle fonction et craint d’avoir assumé une responsabilité au-dessus de ses moyens. A cela je lui ai répondu :

« Ne vous troublez pas de votre situation dans la Branche ; certes, enseigner implique toujours une certaine somme de responsabilité ; mais c’est aussi un grand privilège. Pensez-y sous un autre jour ; dites-vous qu il y a nombre d’âmes qui ont soif d’apprendre, et que ceux qui sont derrière nous ont bien voulu vous donner l’occasion de leur servir de canal pour désaltérer ces âmes. Vous possédez suffisamment les grands principes de la Théosophie pour les exposer clairement, et te sens commun vous empêchera de vous écarter beaucoup de la vérité dans les détails de l’enseignement. Vos scrupules vous font grand honneur, gardez cette attitude consciencieuse avec vos élèves, et il y aura touie chance pour que vous ne les induisiez pas en erreur.

« Nous avons tous plus ou moins de responsabilités, et ceux qui écrivent des livres et font des conférences en ressentent le poids beaucoup plus vivement que vous ne pouvez l’imaginer. Ne nous a-t-on pas ditqu avant d écrire des livres, nous devrions attendre d’arriver à l’adeptat afin d’être bien sûrs de n’y laisser glisser aucune erreur. Mais nous avons décidé de partager avec nos frères le peu de savoir que nous possédons, quelque imparfait qu’il soit, et alors même que nous avons encore beaucoup à apprendre; je crois que le résultat obtenu a justifié notre décision. Si nous avions attendu d’être arn-

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vés à Tadeptat, nos livres eussent été alors la perfection — ce qu'ils sont bien loin d'être maintenant — mais vous ne les auriez eus que dans des milliers d'années, ce qui aurait produit une grande différence dans le travail de la société pour le siècle actuel. La question qui se pose devant vous est absolument la même. Vous aussi pourriez attendre, avant d'enseigner, que vos connaissances soient plus complètes, mais que deviendrait votre Branche en attendant ? »

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