LA CURIOSITÉ
Efforcez-vous de vous absorber tellement dans votre travail que vous ne puissiez trouver le temps de chercher les défauts chez les autres et de vous ingérer dans leurs affaires. Si seulement tous les hommes voulaient bien ne s’occuper que de ce qui les regarde en propre, le monde serait infiniment plus heureux.
Cette ingérence dans les affaires d’autrui est le plus souvent une cause de mal, et on a raison lorsque Ton dit qu’une personne qui a cette malheureuse habitude est atteinte de maladie, car ce n’est pas généralement pour venir en aide qu’elle cherche à s’enquérir de ce qui se passe chez les autres,mais tout simplement pour satisfaire sa curiosité, ce qui est un premier symptôme, de sa maladie. Un autre symptôme c’est que cette personne, non seulement, ne peut garder pour elle-même les informations qu’elle a recueillies par des voies si détestables, mais aussi, qu’elle les répand parmi des gens aussi stupides et aussi méchants qu’elle-même. Ces bavardages impliquent une mauvaise action, une des plus mauvaises actions qui existent pourrait-on dire avec juste raison. Ces bavardages ne sont que des inventions quatre-vingtdix-neuf fois sur cent, mais ils sont d'autant plus nuisibles.
l’occultisme dans la nature
Ce n’est pas seulement le préjudice porté à la réputation d’une personne qui est en jeu — car c’est encore là le moindre mal ; mais le bavardage et les commérages venimeux qui l’accompagnent créent des formes-pensées, des fautes, qu’ils attribuent à leur victime et forment ainsi des courants incessants qui rejaillissent sur celle-ci. Le résultat inévitable est d’augmenter chez la victime le mauvais penchant dont elle est accusée, si toutefois sa nature est telle qu’elle puisse répondre à leurs efforts malveillants. Une fois sur cent, alors même qu’il pourrait exister un grain de vérité dans leurs bavardages haineux, les formes-pensées qu’ils génèrent intensifient le mal, et ils amassent ainsi une terrible quantité du Karma réservé à ceux qui entraînent leurs frères dans le péché. Les Théosophes devraient particulièrement éviter ce travers d’esprit en raison des efforts que font un certain nombre d’entre eux pour développer les pouvoirs psychiques, car s’ils employaient ceux-ci pour s’immiscer dans les affaires d’autrui ou pour envoyer de mauvaises pensées, le Karma qu’ils auraient ainsi généré serait d’une terrible nature.
Ne parlez jamais avant de savoir, et même alors ne parlez que si vous avez la certitude qu’il puisse en résulter quelque bien. Avant de parler demandez-vous : « Ce que je vais dire est-il bien vrai ? Est-il bon ? Est-il utile de le dire !» Et à moins que vous ne puissiez répondre affirmativement à ces trois questions votre devoir est de garder le silence. Je sais fort bien que s’il fallait se conformer à cette règle absolue, les conversations s’en trouveraient réduites de quatre-vingt-dix pour cent environ, mais ne serait-ce pas là un imménse avantage qui ferait avancer le monde beaucoup plus rapidement ?
Quand nous arrivons à comprendre l’unité sous-jacente