L’EGO ET LA PERSONNALITÉ
11 y a encore un grand nombre de nos membres qui ne comprennent pas nettement le problème du soi inférieur et du soi supérieur. Et cela n’a rien d’étonnant, car on nous répète sans cesse qu’il n’y a qu’une seule conscience, et pourtant nous en sentons souvent deux ; aussi n’est-il pas étrange que les étudiants ne connaissent pas bien les rapports réels qui existent entre ces deux, et se demandent si l’Ego est entièrement dissocié de son corps physique et s’il n’a pas une existence propre au milieu des autres Egos sur son propre plan.
Ce problème du soi supérieur et du soi inférieur est bien ancien, et il est certainement difficile de comprendre qu’il n’y a en somme qu’une seule conscience et que la différence apparente qui existe n’est due qu’aux limitations de nos divers véhicules. La conscience totale fonctionne sur son propre plan, le plan mental supérieur, mais seulement en partie et bien vaguement encore pour l’homme ordinaire. Quand elle peut agir, elle agit toujours
dans le sens du bien ne désirant que ce qui peut être favorable à son évolution comme âme. Elle met une portion d’elle-méme dans de la matière inférieure, et cette portion acquiert alors dans cette matière une conscience tellement plus vive et plus pénétrante, qu’elle pense et agit comme si elle était un être séparé, oubliant sa relation avec cette soi-conscience supérieure moins développée et cependant beaucoup plus large. Il semble alors quelquefois que ce fragment travaille en opposition avec la conscience totale ; mais l’homme instruit se refuse à se laisser tromper, et retourne, à travers la conscience vive et pénétrante du fragment, à la vraie conscience qui se trouve derrière lui, et qui est encore si peu développée.
L’Ego, sans aucun doute, ne s’exprime que très partiellement par son corps physique, mais malgré cela, il ne serait pas exact de le considérer comme dissocié de cecoips. Si nous nous représentons l’Ego comme un corps solide et le plan physique comme une surface, le corps solide étant posé sur cette surface ne pourrait se manifester que comme une figure plane, ce qui évidemment ne serait qu'une expression très partielle. Nous pouvons voir aussi que si les diverses faces du solide étaient posées successivement sur la surface, nous obtiendrions des ex^pressions totalement différentes, et toutes imparfaites, car, dans tous les cas, le solide aurait une extension dans une direction toute différente qui ne pourrait être expriméesous les deux dimensions des superficies. Nous pourrons obtenir un symbole assez exact des faits, en ce qui concerne l’homme ordinaire, en supposant que le solide n’est conscient qu’autant qu’il est en contact avec la surface, bien que les résultats acquis par la manifestation de cette conscience s’attachent en bloc au solide, et soient présents dans toute expression ultérieure de celle-ci, quand bien
l’ego et la. PERSO.NNALÏTÉ
même ces expressions différeraient considérablement des expressions précédentes.
Ce n’est que pour ceux qui sont déjà assez avancés que nous pouvons dire que l’Ego peut vivre consciemment parmi les autres Egos sur son propre plan. Du moment où il se sépare de son âme-groupe et commence à vivre séparément, l’Ego devient une entité consciente, mais sa conscience est encore bien vague. La seule sensation physique à laquelle on puisse la comparer, est celle que ressentent parfois certaines personnes le matin au moment de se réveiller. C’est un état intermediaire entre le sommeil et la veille, où Fliomme éprouve un sentiment de félicité à avoir conscience de son existence mais nullement des objets qui l’entourent et où il ne peut faire aucun mouvement. Au fait, il sait parfois que tout mouvement aurait vite fait de rompre le charme qu’il éprouve pour le faire retomber dans la vie ordinaire, aussi s’efforce-t-il de rester tranquille aussi longtemps que possible.
Cet état — dans lequel l’homme a conscience de l’existence et d’une béatitude intense — ressemble assez à celui dans lequel se trouve l’Ego de l’homme ordinaire sur le plan mental supérieur. Il n’y est entièrement centré que pour le laps de temps très court qui s’écoule entre la fin d’une vie dans le monde céleste et le commencement de sa prochaine descente en incarnation’; et c’eSt pendant cette courte période de temps que se présentent à lui comme un éclair une vue rétrospective ét la perspective de l’averiTr — c’est-à-dire une lueur de ce que sa vie passée a fait pour lui, et de ce que sa vie prochaine doit être. Pendant bien des siècles, ces lueurs seront pour lui les seuls moments de réveil complet ; ét c’est son désir de se manifester d’une façon plus parfaite, son désir de
l’occultisme dans la nature
se sentir plus profondément vivant et actif, qui Tamène à faire des efforts pour s’incarner. Ce n’est pas tant le désir de la vie au sens ordinaire de ce mot qui le pousse, mais plutôt le désir de posséder cette conscience plus complète qui lui donnera le pouvoir de répondre à toutes les vibrations possibles provenant de tous les plans et lui permettra d’atteindre la sympathie parfaite.
Alors que l’Ego n’est pas encore développé, les forces du plan mental supérieur passent en réalité à travers lui sans l’affecter puisqu’il ne peut répondre qu’à un très petit nombre de ces vibrations si subtiles. Il faut d'abord des vibrations fortes et relativement grossières pour qu’il puisse être affecté, et comme celles-ci n’existent pas sur le plan qui lui est propre, il lui faut descendre sur des niveaux inférieurs pour les trouver. C’est pourquoi la pleine conscience ne se manifeste tout d’abord que dans son véhicule le plus bas et le plus dense, son attention étant pendant bien longtemps, centrée sur le plan physique ; aussi, bien que ce plan soit de beaucoup inférieur au sien, et ne lui permette pas de donner libre essor à son activité, il se sent, dans ces premiers stades, bien plus vivant quand il y travaille. A mesure que la conscience augmente et élargit son champ d’action, il commence graduellement à travailler de plus en plus dans la matière du degré supérieur, c'est-à-dire dans la matière astrale.
A un stade beaucoup plus éloigné, quand l’Ego commence à travailler consciemment dans la matière astrale, il commence aussi à pouvoir s’exprimer à travers la matière de son corps mental, et le but de ses efforls actuels est atteint quand il arrive à fonctionner dans la matière du corps causal, sur le plan supérieur du plan
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mental, aussi complètement et aussi nettement que sur le plan physique.
Il ne faut pas confondre ces stades du plein développement de la conscience avec le simple fait de savoir comment employer, dans une certaine mesure, les véhicules respectifs. Un homme fait usage de son corps astral chaque fois qu’il exprime une émotion ; il fait usage de son corps mental chaque fois qu’il pense. Mais cela ne veut pas dire qu’il soit capable de les utiliser comme des véhicules indépendants au moyen desquels la conscience s’exprime pleinement.
Celui qui est pleinement conscient dans son corps astral a déjà fait un progrès immense, et quand l’homme a pu franchir l’abîme qui sépare la conscience astrale de la conscience physique, le jour et la nuit n’existent plus pour lui, puisque sa vie n’a plus de solution de continuité. La mort même n’existe plus, puisqu’il garde avec lui cette conscience ininterrompue non seulement lorsqu’il passe du jour à la nuit, mais aussi lorsqu’il franchit les portes de la mort et cela jusqu’à la fin de sa vie sur le plan astral.
Un nouveau degré de développement lui ouvre la conscience du monde céleste ; et alors sa vie et sa mémoire se continuent durant toutes sa descente en incarnation. Un degré encore plus élevé met la pleine conscience au niveau de l’Ego sur le plan mental supérieur, et alors l’homme a toujours présente à l’esprit la mémoire de toutes ses vies passées il a acquis le pouvoir de diriger consciemment les diverses manifestations inférieures de lui-même à toutes les périodes de son développement.
Il ne faut pas croire que le développement de chacun de ces étals de conscience puisse se faire d’une façon soudaine. Le déchirement même du voile qui sépare deux
l’occultisme DAîIS la NATÜIIE
stades est généralement le résultat d’un processus assez rapide, et quelquefois même instantané. Un homme qui, normalement, ne conserve pas la mémoire des faits du plan astral pourra, sans le vouloir, par un accident ou une maladie, ou avec intention, par des pratiques déterminées, établir le pont et établir la liaison, de sorte qu’à partir de ce moment sa conscience astrale sera continue ; la mémoire des faits survenus pendant son sommeil sera par conséquent parfaite. Mais bien longtemps avant que cet effort ou cet accident ne soit possible il faut qu’il ait travaillé en pleine conscience dans son corps astral, même si dans la vie physique il n’en a pas eu connaissance.
Exactement de la même manière, l’homme doit avoir été pendant bien longtemps exercé à utiliser son corps mental comme véhicule, avant qu’il puisse avoir l'espoir de briser la barrière qui sépare l’astral du mental, et d’acquérir ainsi un souvenir continu. Par analogie, nous sommes ainsi amenés à penser que l’Ego doit avoir été pendant longtemps pleinement conscient et actif sur son propre plan, avant que la connaissance de cette existence puisse venir jusqu’à nous dans la vie physique.
Nombreux sont ceux dont l’Ego est déjà sorti, jusqu’à un certain point, de l’état de simple béatitude décrit cidessus, et chez qui il se trouve, du moins en partie, conscient de ce qui l’entoure, et, par conséquent des autres Egos. A partir de ce moment, il vit, il est actif sur son propre plan, il y a ses préoccupations ; mais nous devons nous rappeler que, même alors, il ne met dans la personnalité qu’une très petite partie de lui-même, et que cette partie se trouve constamment engagée dans des préoccupations qui, par suite de leur caractère particulier, se trouvent en désaccord avec les activités générales de
l’ego et la PERSOî{>'ALITÉ
l’Ego lui-méme ; celui-ci, ne prête par conséquent, aucune attention spéciale à la vie inférieure de la personnalité, à moins que quelque chose d’anormal ne survienne.
Quand ce degré est atteint, l’Ego se trouve généralement placé sous l’influence d’un Maître ; en fait, on peut dire bien souvent que la première chose dont il a conscience en dehors de lui c’est son contact avec le Maître. Le pouvoir immense de l’influence du Maître le magnétise et met ses vibrations en harmonie avec celles du Maître, activant ainsi beaucoup son développement. Ce pouvoir rayonne sur lui comme le soleil sur une fleur, et sous son influence il évolué rapidement. C’est pourquoi, alors que les premiers stades de progrès sont si lents qu’ils sont presque insensibles, lorsque le Maître dirige son attention vers l’homme, le développe et lui fait désirer de participer à son œuvre, la rapidité de l’avancement de celui-ci augmente suivant une progression géométrique.
Une partie de ce courant d’influence divine déversée sur 1 Ego par le Maître peut être transmise à la personnalité, mais cette partie sera plus ou moins grande selon le bien qui rattache 1 Ego et la personnalité, bien qui varie à chaque cas. La variété est infinie dans la vie humaine. La force spirituelle rayonne sur l’Ego, et un peu de cette force pénètre certainement jusqu’à la personnalité, parce que, bien que l’Ego ait projeté une partie de lui-même, il ne s’en est pas séparé complètement, bien que dans le cas de gens ordinaires l’Ego et la personnalité soient deux choses très différentes. '
Chez les hommes ordinaires l’Ego n’a que très peu de prise sur la personnalité, ni une conception bien nette de son but lorsqu’il la projette ; de plus, la petite partie de la conscience qui s’est unie à la personnalité arrive à avoir une manière d’agir et des opinions à elle. Elle
l’occultisme daks la aature
se développe par l’expérience qu’elle acquiert, et quelle transmet à l’Ego ; mais à côté de ce développement réel,, elle fait une quantité d’acquisitions à peine dignes de ce nom. Elle acquiert des connaissances, mais aussi des préjugés, qui ne sont pas vraiment des connaissances. Elle ne se libère complètement de ces préjugés — préjugés non pas seulement de savoir (ou plutôt absence desavoir) mais aussi préjugés de sentiments et d’action — que lorsque l’homme a atteint l’adeptat. Elle découvre graduellement que ces choses sont des préjugés et s’en débarrasse peu à peu ; mais elle est soumise à un grand nombre de limitations dont lui, l’Ego, est entièrement exempt.
Quant à la somme de force spirituelle qui est transmise à la personnalité, on ne peut l’évaluer, dans un cas particulier, qu’au moyen de la clairvoyance. Une certaine quantité de cette force doit toujours être communiquée à la personnalité puisque l’inférieur est attaché au supérieur, de même que la main est attachée au corps par le bras. 11 est certain que la personnalité doit recevoir quelque chose, mais elle ne peut recueillir que ce qu’elle s’est rendue capable de recevoir. C’est aussi une question de qualités. Le Maître agit aussi, dans l’Ego, sur des qualités qui sont bien obscurcies dans la personnalité, et, dans ce cas, naturellement, il descend bien peu de chose. Comme seules peuvent être transmises à l’Ego spirituel ou permanent les expériences de la personnalité qui soient compatibles avec sa nature et ses intérêts, seules aussi les impulsions auxquelles la personnalité est susceptible de répondre peuvent s’exprimer à travers elle. Rappelez-vous toutefois que l’Ego tend à exclure le mal ; la personnalité, tend, elle, à exclure le bien ; le bien — nous devrions plutôt employer les mots : matériel et spirituel, car le mal n’existe pas.
l’ego et la personnalité
On peut quelquefois, par la clairvoyance, voir ces influences à l’œuvre. Quelquefois, par exemple, on peut voir une des caractéristiques de la personnalité intensifiée fortement sans raison extérieure. La cause en est souvent trouvée dans ce qui se passe sur un niveau supérieur : cette qualité a été stimulée dans l’Ego. Un homme se sent quelquefois débordant d’affection ou de dévotion et il est incapable, sur le plan physique, de comprendre pourquoi. La cause en est encore, généralement, en ce que l’Ego a été stimulé ou bien en ce qu’il prend pour le moment un intérêt tout spécial à la personnalité.
Pendant la méditation, nous attirons quelquefois l’attention de l’Ego, mais il faut nous rappeler qu’il vaut mieux essayer de nous joindre à son activité supérieure plutôt que de l’interrompre et d’attirer son attention vers l’inférieur. L’influence d’en haut est certainement attirée par une bonne méditation, laquelle est toujours effective, même si les choses, sur le plan physique, paraissent ternes et sans saveur. Les efforts que fait l’Ego lui-même pour s’élever, font qu’il néglige d’envoyer de l’énergie à la personnalité, et ce qui, naturellement, cause à celle-ci un sentiment de tristesse et d’abandon.
La mesure dans laquelle la personnalité se trouve influencée par les efforts du Maître dépend principalement de deux choses : d’abord de la force des liens rattachant à ce moment, l’Ego à la personnalité ; et ensuite du travail particulier effectué par le Maître sur l’Ego, c’est-à-dire les qualités particulières sur lesquelles il agit.
La méditation et l’étude sur des sujets spirituels, dans cette vie terrestre, provoquent une grande différence dans la vie de 1 ’Ego. Chez la personne ordinaire qui ne se préoccupe pas sérieusement des questions spirituelles, la connexion entre le soi supérieur et le soi inférieur est très faible.
L^OGCULTISME DAJSS LA :^ATÜRE
Dans ce cas, la personnalité semble être tout, et l’Ego, bien qu’il existe, sans aucun doute, sur son propre plan, n’y est probablement pas actif. II ressemble beaucoup à un poussin qui croît dans l’intérieur de son œuf. Mais pour ceux d’entre nous qui ont fait des efforts dans la bonne direction, il est à espérer que l’Ego est en train de devenir activement co.nscient. Il a brisé sa coquille et mène une vie très active et très puissante. A mesure que nous avancerons, nous serons en mesure d’unifier notre conscience personnelle avec la vie de l’Ego autant que cela est possible, et alors nous n’aurons qu’une seule conscience; ici-bas même nous posséderons la conscience de l’Ego, qui saura tout ce qui se passe. Mais, au temps présent, une très grande opposition existe chez la plupart des gens entre la personnalité et l’Ego.
D’autres choses doivent être prises en considération. Il n’est pas toujours exact de juger l’Ego d’après sa manifestation dans lapersonnalié. Un Ego d’un type extrêmement pratique peut, sur le plan physique, ressortir bien davantage qu’un autre dont le développement est de beaucoup supérieur, mais presque exclusivement concentré sur les plans causal et bouddhique. Aussi les gens qui ne voient que le plan physique sont-ils bien souvent injustes dans leurs jugements sur le degré de développement des autres.
Si vous avez affaire à un Ego assez avancé, vous trouverez bien souventqu’il s’intéresse relativement peu à son corps. Et cela se comprend, car ce qu’il a mis dans la personnalité est autant de perdu pour lui. J’ai vu maintes et maintes fois des cas où l’Ego se montrait impatient dans une certaine mesure et se retirait quelque peu en lui-même ; mais, d’un autre côté, dans ces cas là, il y a toujours communication entre l’Ego et la personnalité, ce qui n’esl
l’ego et la personnalité
pas possible chez rhomme ordinaire. Chez celui-ci, la partie projetée est, pour ainsi dire, abandonnée, sansêtre cependant complètement détachée ; mais à ce stade plus avancé, il y a entre les deux une communication constante par ce canal. En conséquence, TEgo peut retirer une grande partie de lui-même lorsqu’il le désire et ne laisser qu’une très petite partie de lui-même pour représenter l’homme réel. C’est pourquoi les rapports entre le soi supérieur et le soi inférieur diffèrent beaucoup suivant les gens et les différents degrés de développement.
Quant à TEgo, il peut apprendre sur son propre plan, ou il peut aider les autres Egos ; il y a bien des sortes de travail pour lesquelles il peut avoir besoin d’un accroissement de forces. Et alors, il peut, pour un moment» oublier de prêter l’attention qu’il convient à sa personnalité, de même qu’un homme, pourtant plein de bonté, peut, sous l’empire de préoccupations spéciales, oublier son cheval ou son chien. Toutefois, lorsque cela se présente, la personnalité lui rappelle qu’elle existe en commettant quelque bévue qui lui cause de sérieuses souffrances? Vous avez peut-être remarqué que parfois, lorsque vous avez terminé un travail spécial ayant nécessité, dans une large mesure, la coopération de l’Ego — comme par exemple, une conférence donnée devant un nombreux auditoire — l'Ego s’empare de toute l’énergie disponible, ne laissant à la personnalité que juste assez pour ressentir un profond abattement. Pendant un moment, étant admis que le travail comportait une assez grande importance, il a donné un peu plus de lui-même ; puis l’œuvre achevée, il a laissé la pauvre personnalité tant soit peu déprimée.
fl est évident que la dépression est bien plus souvent provoquée par d’autres raisons, telles que la présence d’une
entité astrale profondément abattue ou d’un être non humain. Et la joie non plus n’est pas toujours due à l’influence de l’Ego, car le fait est que l’homme ne se préoccupe pas beaucoup de ses sentiments quand il est dans de bonnes conditions pour recevoir un influx de forces. La joie peut être déterminée par la proximité d’esprits de la nature en sympathie avec l’homme ou par une quantité d’autres causes. Le canal entre la personnalité et l’Ego n’est pas toujours ouvert. 11 a quelquefois l’air presque obstrué, ce qui, dans bien des cas, n’a rien d’impossible étant donnée son étroitesse. Dans ce cas, la force peut de nouveau se frayer un chemin dans quelque occasion spéciale, comme celle d’une conversion. Mais, pour la plupart d’entre nous, la communication existe toujours dans une certaine mesure. La méditation, faite consciencieusement, ouvre le canal et le maintient ouvert. Rappelez-vous toujours cependant qu’il vaut mieux essayer de s’élever vers l’Ego que de le faire descendre dans la personnalité.
Chaque Ego a un certain savoir qui lui est propre. 11 obtient, entre deux vies, une lueur de son passé et de son avenir ; chez l’homme non développé, cette lueur éveille pour un moment l’Ego, qui retombe ensuite dans sa torpeur. Pendant la vie physique, l’Ego ordinaire est susceptible de montrer un peu de vigilance et de faire un léger effort, mais il est encore dans un état de somnolence. Chez l’homme développé, l’Ego est pleinement éveillé. Ensuite, l’Ego s’aperçoit qu’il peut faire beaucoup de choses, et quand cela arrive, il peut s’élever à une condition telle qu’il a sa vie bien définie sur son propre plan, quoique, dans bien des cas, cette vie ressemble encore au rêve. Le but poursuivi par l’Ego est d’apprendre à être actif sur tous les plans, même sur le plan physique.
l’ego et la personnalité
Supposez que vous ayez un Ego qui se manifeste principalement par l’amour. Cette qualité est celle qu’il désire manifester par l’intermédiaire de sa personnalité, et si vous essayez ici-bas de ressentir un amour puissant et d’en faire la caractéristique de votre vie, l’Ego projettera promptement beaucoup plus de lui-même dans la personnalité, celle-ci agissant selon ses désirs. Veillez à le pourvoir de ce dont il a besoin, et il le mettra bien vite à profit. Les Egos, quand ils sont suffisamment développés, peuvent, sur leur propre plan, aider les autres Egos. L’Ego d’une personne ordinaire a une conscience ou une vie plutôt végétative, elle semble à peine avoir connaissance des autres Egos. La personnalité ne peut savoir ce que fait l’Ego que lorsqu’elle s’est unifiée avec lui. L’Ego peut connaître le Maître alors que la personnalité ne le connaît pas. L’étude des choses intérieures et la vie intérieure éveillent l’Ego. Une dévotion purement désintéressée appartient aux plans supérieurs et concerne l’Ego.
Je ne crois pas que les expériences de la personnalité puissent être transmises à l’Ego, mais seulement leur essence. Les détails lui importent peu, c’est l’essence dont il a besoin. Aucune des pensées que nous considérons comme mauvaises ne peuvent être imputées à 1 Ego. Pour se délimiter, pour préciser, il doit descendre dans le corps physique. Il se consacre spécialement, pendant la vie céleste, à l’assimilation des expériences delà personnalité, et c’est là son occupation constante. Quand vous vous mettez à l’étude de la Théosophie et que vous vivez la vie théosophique, vous commencez à attirer l’attention de l’Ego en lui envoyant des vibrations auxquelles il peut répondre. L’homme ordinaire a bien peu de chose dans sa vie qui puisse intéresser l’Ego.
L’amour désintéressé et la dévotion élevée appar-
tiennent au sous-plan le plus élevé de l’astral et ces qualités se reflètent dans la matière correspondante du plan mental, étant ainsi en contact avec le plan causal et non le mental inférieur. Aussi, seules, les pensées désintéressées peuvent-elles affecter l’Ego. Toutes les pensées inférieures affectent les atomes permanents, mais non l’Ego ; ce que l’on trouve dans le corps causal en relation'avec ces pensées, ce sont des lacunes et non de laides couleurs. L égoïsme, ici-bas, se manifeste dans le corps causal par l’absence d’amour et de sympathie, et quand cette qualité se développe la lacune se remplit. On peut donc voir, dans le corps causal, si un homme est dépourvu de telle ou telle qualité. Essayez de développer les qualités que l’Ego désire et il descendra vous aider.
Ainsi qu’il est dit dans La Lumière sur le Seillier, guettez 1 Ego- et laissez-le combattre par vous ; en même temps n’oubliez jamais que vous êtes l’Ego. Identifiezvous donc avec lui, et faites en sorte que l’inférieur soit dominé par vous qui êtes le supérieur. Cependant, ne vous découragez pas si vous échouez, fût-ce même bien souvent, car l’échec lui-même est un succès, dans un certain sens puisque, par lui, nous apprenons la sagesse qui nous permettra de résoudre le prochain problème. Nous ne pouvons pas maintenant toujours réussir sur tous les points, mais nous y arriverons sûrement plus tard. D ailleurs n oubliez jamais qu’il ne nous est pas demandé de réussir toujours, mais seulement de faire de notre mieux.
DES CONTREPARTIES
Quand TEgo descend en incarnation, il s’entoure d’une masse de matière astrale qui n’est pas encore définitivement façonnée en corps astral ; celle-ci prend d’abord la forme d’un ovoïde, c’est-à-dire ce qui nous représente le mieux la vraie forme du corps causal. Mais quand l’Ego fait un pas de plus vers l’extérieur et descend dans le plan physique et qu’un petit corps physique se forme au milieu de la matière astrale, ce corps physique commence immédiatement à exercer sur celle-ci une attraction très forte, de sorte que la plus grande partie de la matière astrale (qui auparavant était répartie à peu près également sur toute la surface de l’ovoïde) se concentre maintenant à la périphérie de ce corps physique.
A mesure que le corps physique croît, la matière astrale suit ses divers changements, et l’homnae présente alors l’aspect d’un corps astral dont les quatre-vingtdix-neuf centièmes sont comprimés à la périphérie de son corps physique, le dernier centième remplissant le reste de la forme ovoïde. Sur les planches de L'Homme visible et invisible, nous avons esquissé au crayon les contours du corps physique de façon à ce qu’il ne soit pas trop
apparent, ayant voulu spécialement, dans ce livre, insister sur les couleurs de Tovoïde et sur la façon dont elles illustrent le développement de Thomme par le transfert des vibrations des corps inférieurs au corps supérieur ; mais, en réalité, cette contre-partie astrale du corps physique est très compacte, bien nette et facile à distinguer de Tovoïde qui l’entoure.
Donc, remarquez que la matière astrale prend la forme exacte de la matière physique, simplement par suite de l’attraction exercée par celle-ci sur la matière astrale. De plus, bien que nous puissions considérer le sous-plan inférieur de TaStral comme correspondant à la matière solide du plan physique, il faut bien comprendre que ce sous-plan est cependant très différent dans sa texture, car toute matière astrale présente, avec la matière physique qui y correspond, le genre de ressemblance qui existe entre les liquides et les solides. C’est pourquoi les particules du corps astral, aussi bien ses parties les plus subtiles que les plus grossières, sont constamment agitées comme les particules d’une eau en mouvement ; on voit donc, qu’il est tout à fait impossible au corps astral déposséder des organes spécialisés comme ceux du corps physique.
Il existe, sans aucun doute, dans la matière astrale, une contre-partie des organes qui constituent la rétine de l’œil physique ; mais les particules qui, à un moment donné, occupent cette situation particulière dans un corps astral, peuvent, au bout d’une ou deux secondes, se trouver dans la main ou dans le pied. On ne voit donc pas, sur le plan astral au moyen de la contre-partie astrale des yeux physiques, on n’entend pas avec la contre-partie des oreilles physiques ; en fait, il n’est peut-être pas très correct d’appliquer les termes « voir » et « entendre » aux
DES CONTREPARTIES
modes astrals de perception, ces termes étant communément considérés comme impliquant des organes, des sens spécialisés, tandis qu'en réalité chaque particule du corps astral est capable de recevoir et de transmettre des vibrations provenant d'une particule semblable, mais d'elle seulement. Lorsqu’on obtient une lueur de conscience astrale, on est surpris de se trouver capable de voir àlafois de tous les côtés, au lieu de ne voirque devant soi comme sur le plan physique. La correspondance exacte du corps astral et du corps physique ne s'applique donc simplement qu'à la forme extérieure et n'implique aucune similitude de fonctions dans les divers organes.
La seule attraction maintenue pendant toute la vie crée une sorte d'habitude, de cohésion, dans la matière astrale qui fait qu’elle garde la même forme, même alors qu'elle se trouve soustraite momentanément, pendant la nuit ou d’une façon permanente après la mort à l'attraction du corps physique ; de sorte que même pendant toute la longue vie astrale, les traits du corps physique abandonné au moment de la mort restent presque intacts. Je dis presque, car nous ne devons pas oublier que la pensée a une influence très puissante sur la matière astrale et peut facilement la modeler, si bien qu’un homme qui, habituellement, pense être, après la mort, plus jeune qu'il ne l'était quand il a quitté la terre, finira par avoir l'air plus jeune.
Quelqu'un me demande : « si le bras d’un homme, la branche d'un arbre, ou le pied d’une chaise étaient coupés, la contre-partie astrale de ces objets serait-elle aussi supprimée? et pouvons-nous, en brisant la contre-partie astrale d'un objet physique produire une fracture dans celui-ci ? C’est-à dire, si, avec la main de mon corps astral je brise la contre-partie astrale d'une chaise, la chaise physique sera-t-elle aussi brisée ? ^
Les trois cas doanés ici ne sont pas tout-à-fait analogues. L arbre et 1 homme ont en eux la vie qui dans chaque cas, fait du corps astral un tout cohérenL Cette vie est fortement attirée par les particules du corps physique et s'adapte en conséquence à sa forme ; mais si une partie de ce corps physique est enlevée, la cohérence de la matière astrale vivante est plus forte que l’attraction vers cette partie séparée du corps physique. En conséquence, la contre-partie astrale du bras et de la branche ne sera pas emportée avec le fragment séparé du corps physique. Du moment qu’elle a contracté l’habitude de garder cette forme particulière, elle gardera pendant un certain temps encore la forme originelle, mais bientôt elle se contractera dans les limites de la forme mutilée.
Dans le cas d un corps inanimé, tel qu’une chaise ou un vase, il n y a pas cette sorte de vie individuelle pour maintenir la cohésion. Par conséquent, quand l’objet physique est brisé, la contre-partie astrale se trouve aussi divisée; par contre il n'est pas possible de briser une contre-partie astrale et d'affecter ainsi l’objet physique. En d'autres mots, l’acte de briser doit commencer sur le plan physique.
On pourrait sans doute, si on le désirait, déplacer un objet purement astral, avec une main astrale, mais non la contre-partie astrale d’un objet physique. Pour effectuer cet acte, il serait nécessaire de matérialiser une main et de déplacer 1 objet physique, et alors naturellement, la contrepartie astrale l accompagnerait. La contre-partie astrale n est quelque part, que parce que l’objet physique y est aussi, de même que l’odeur d’une rose remplit une chambre parce que la rose s’y trouve. Suggérer qu’en déplaçant la contre-partie astrale on peut aussi déplacer l’objet physique, c’est comme si l’on disait qu’en dé-
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plaçant l’odeur d’une rose on peut déplacer la rose qui produit cette odeur.
Le corps astral change de particules tout comme le corps physique, mais heureusement le procédé grossier et fastidieux de faire la cuisine, de manger et de digérer n’est pas une nécessité sur le plan astral. Les particules qui dépérissent sont remplacées par d’autres provenant de l’atmosphère environnante. Les désirs purement physiques de la faim et de la soif n’existent plus sur le plan astral, mais le désir du gourmand de satisfaire le sens du goût, et le désir, chez Fivrogne, de boire de l’alcool pour l’excitation qui en résulte, sont du domaine astral, et persistent au-delà de la mort provoquant de grandes souffrances par suite de l’absence du corps physique au moyen duquel, seul, ces désirs peuvent être satisfaits.
U ne nous semble pas jusqu’à présent, que le corps astral soit susceptible d’éprouver de la fatigue.
Alors qu’il est dans son corps physique, l’homme ordinaire n’a jamais l’occasion de travailler sans interruption pendant un certain laps de temps sur le plan astral car son travail de nuit sur le plan astral alterne avec son travail de jour sur le plan physique. J’ai cependant eu connaissance d’un homme qui, ayant le droit de se réincarner rapidement, fut obligé d’attendre vingt-cinq ans sur le plan astral pour trouver les conditions spéciales dont il avait besoin. 11 passa tout ce temps à travailler à venir en aide aux autres, sans aucune interruption que celles nécessitées par l’assistance aux cours faits par quelques disciples de nos Maîtres ; et il m’assura qu’il n’avait jamais ressenti la moindre fatigue et qu’il avait même oublié ce que Ton entendait par ce mot.
Nous savons tous qu’une émotion excessive ou de longue durée nous fatigue bien vile dans la vie ordinaire, et
puisque les émotions sont du domaine de l’astral, on pourrait en conclure que le corps astral est susceptible d’éprouver de la fatigue. Je crois cependant que ce qui se fatigue c’est simplement l’organisme physique à travers lequel doit passer tout ce qui se manifeste de nous sur le plan physique. Ce que nous appelons fatigue mentale est un cas analogue. 11 ne peut y avoir de fatigue pour l’intellect ; ce que nous appelons de ce nom n’est que la fatigue du cerveau physique par lequel l’intellect doit se manifester.
L’homme qui n’a pas réussi à élever sa vision audelà du niveau astral, ne verra que la matière astrale quand il regardera l’aura de ses semblables. 11 verra que cette matière astrale non seulement entoure le corps physique mais aussi l’interpénètre, et qu’à l’intérieur de ce corps elle est plus dense que dans la partie de l’aura s’étendant à l’extérieur. Cela est dû à l’attraction de la masse énorme de matière astrale très dense qui y est rassemblée comme contre-partie des cellules du corps physique.
Quand, pendant le sommeil, le corps astral s’est dégagé ducorpsphysique,cetarrangementsubsiste encore, et alors quiconque a le don de la clairvoyance verra, comme auparavant, une forme ressemblant au corps physique entourée d’une aura. Cette forme, dans ce cas, ne serait composée que de matière astrale, mais, cependant, la grande différence de densité qui existe entre elle et le nuage environnant serait tout-à-fait suffisant pour la rendre nettement perceptible bien qu’elle ne soit elle-même qu’une forme nuageuse plus dense.
11 y a une différence considérable d’aspect entre l’homme évolué et l’homme non évolué. Môme dans le cas de ce dernier, les traits et les contours de la forme intérieure sont toujours reconnaissables, bien qu’ils soient brouillés
DES CONTREPARTIES
et indistincts ; mais Tœuf environnant mérite à peine ce nom, car il n’est en réalité qu’une masse de brouillard informe, n’ayant ni régularité ni permanence dans ses contours.
Chez l’homme plus développé, le changement est plus marqué dans l’aura et dans la forme qui se trouve au centre. Cette dernière est beaucoup plus distincte et plus définie, c’est une reproduction plus parfaite de l’apparence physique de l’homme ; au lieu d’une masse nuageuse flottante, on peut voir une forme ovoïde nettement caractérisée gardant son contour intact au milieu de tous les courants qui tourbillonnent constamment autour d’elle sur le plan astral. Bien que l’organisation du corps astral soit grandement modifiée après la mort par suite de l’action de l’élémental du désir, ce changement n’empêche nullement de reconnaître la forme à l’intérieur de l’œuf. Toutefois les changements naturels qui surviennent tendent en somme, avec le temps, à rendre la forme plus vague et plus subtile d’aspect.