LE CORPS CAUSAL
Un nombre quelconque de corps physiques ne pourrait entièrement contenir le corps causal, pas plus qu’un nombre quelconque de lignes ne peuvent faire une surface, ni un nombre quelconque de surfaces un volume. L’Ego se projette dans ses divers véhicules dans l’espoir d’acquérir deux choses ; rendre le corps causal capable de répondre à plus de vibrations, et aussi d’augmenter ses dimensions. La plupart des gens ne sont que tout juste conscients dans le corps causal. Les cordes de ces Egos ne peuvent être touchées directement, elles sont affectées d’en bas au moyen des harmoniques. La plupart des hommes ne peuvent actuellement travailler que sur la matière du troisième sous-plan du plan mental (ce qui représente la partie inférieure de leur corps causal) ; et, en réalité, ce n’est même que la matière la plus dense de ce sous-plan qui est généralement en activité. Quand ils sont sur le Sentier, le second sous-plan s’ouvre à eux. L’adepte peut se servir de tout son corps causal même lorsque sa conscience est sur le plan physique. Il y a un moyen facile, mais approximatif de se rendre compte à quel degré de développement est arrivé un homme, c’est de regarder son corps causai.
Ce corps montre aussi comment Thomme y est parvenu. Les hommes se développent d’une façon inégale, et nous sommes tous incomplets, à certains égards. L’animal a un embryon de corps causal dès qu’il est individualisé, il faut ensuite que ce corps se développe en dimensions et en couleurs.
L’ÉLÉMENTAL DU DÉSIR (I)
La plus grande partie de la matière du corps astral est vivifiée par l’essence élémentale qui, pour un moment, se sépare de la masse appartenant à ce plan et devient l’expression de l’homme sur ce plan. Cette essence est vivante mais non intelligente. Elle a une sorte d’instinct que M. Sinnet appelle « l’aube de l’intelligence » qui lui permet de se procurer ce dont elle a besoin. Aveuglément et sans raison, mais instinctivement, elle cherche à parvenir à son but, et montre une grande ingéniosité pour obtenir ce qu’elle désire et avancer son évolution.
Son évolution consiste à descendre dans la matière, son but est d’arriver à devenir une monade minérale. Aussi son objectif dans la vie est-il de se rapprocher autant que possible du plan physique afin de prendre contact avec le plus grand nombre possible de vibrations de l’espèce la plus grossière. Elle ne vous connaît pas ; elle ne pourrait pas vous connaître ni vous imaginer ; mais elle comprend cependant qu’elle est à part de la masse générale, et que c’est une bonne chose pour elle d’en être séparée. Ce n’est pas un démon et il ne faut même pas s’imaginer qu’elle est haïssable.
Elle constitue comme vous une partie de la vie Divine,
(4) Voir aussi « VAutre côté de la mort » par C. W. Leadbeater {N. D. T.)
mais ses intérêts sont diamétralement opposés aux vôtres. Elle veut involuer et descendre tandis que vous voulez évoluer et remonter. Elle désire préserver sa vie séparée, et elle sent qu'elle ne peut y arriver qu’en se mettant en relation avec vous. Elle est consciente d’un quelque chose qui est votre mental inférieur, et comprend que si elle peut englober, pour ainsi dire, ce mental, et vous persuader que vos intérêts et les siens sont un, vous lui fournirez de plus en plus les sensations qu’elle désire. Quand elle réussit à capter suffisamment cette matière pour 1 utiliser à ses desseins, vous ne pouvez plus reprendre celle-ci, et il en résulte qu’une certaine partie de cette matière du mental inférieur est perdue pour vous dans la vie d’outre-tombe.
Voici donc l’élémental du désir cherchant à arriver à ses fins, ne sachant pas qu’il vous est nuisible en essayant de s’emparer de votre mental inférieur. Plus il en peut prendre, mieux cela vaut pour lui car plus il a de matière mentale à lui, plus longue sera sa vie astrale, cette vie subsistant encore même après que vous aurez passé dans le monde céleste. C’est ce que dans notre langage théosophique, on appelle une ombre. Vous n'avez qu à ne pas permettre qu’il vous trompe ; il ne comprend rien de votre évolution et n’en est pas responsable ; il ne veut qu’une chose, se servir de vous pour arriver à son but. Vous devriez le comprendre et vous refuser à être attiré par lui. Comprenons bien ceci; c’est que cet élémental n’est pas nous-mêmes. Ce n’est jamais vous qui désirez ces choses inférieures, c’est cette créature.
Ce n’est pas tant que nous ayons à lutter fortement contre lui, mais nous devrions secouer son joug et dire : « Ceci n’est pas moi, je ne veux pas de cette chose si basse. » Quelqu’un en a besoin. Oui, c’est cet élémental ; et vous
l'élément Al DF DÉSIR
êtes responsable de ce qu’il aime et de ce qu’il déteste, car c’est vous qui, dans votre vie passée, l’avez fait ce qu’il est maintenant. Non pas que cet assemblage particulier de matière astrale et d’essence élémentale existât alors ; car cet agrégat fut formé à nouveau lors de votre dernière naissance. Mais il est la reproduction exacte de la matière de votre corps astral tel qu’il était à la lin de votre dernière vie astrale. Néanmoins ce n’est pas vous, et vous devez avoir cela bien présent à l’esprit durant toute votre vie, et plus encore pendant la vie après la mort, car alors, son pouvoir de vous tromper sera plus grand encore.
Vous pensez peut-être qu’en essayant de vous soustraire à son influence, vous le retarderez dans .son évolution. Pas du tout. En contrôlant vos passions inférieures, et en cherchant à tenir bon, vous agissez au mieux des intérêts de l’élémental. Il est yrai que vous ne développez pas en lui une partie très basse, mais vous pouvez négliger l’inférieur et faire évoluer le supérieur. Un animal peut lui fournir mieux que vous les vibrations grossières dont il a besoin, tandis que l’homme seul peut faire évoluer le type le plus élevé d’essence élémentale.
Après la mort du corps physique, l’homme ordinaire qui n’a jamais entendu parler de toutes ces théories, se trouve, quand il s’éveille de l'autre côté de la mort, dans une situation tout-à-fait inattendue et en est généralement plus ou moins troublé. Finalement, il accepte ces conditions qu’il ne comprend pas, croyant qu’elles sont nécessaires et inévitables. Quelques-unes le sont certainement, mais les autres ne le sont pas, et ces dernières peuvent être maîtrisées par la connaissance.
L’élémental a peur parce qu’il sait que la mort du
l’occultisme dans la nature
corps physique est pour lui une indication que le terme de sa vie séparée est limité ; il sait que la mort astrale de l’homme suivra plus ou moins rapidement, et avec elle la perte pour lui de sensations vives et intenses. En conséquence, il adopte le meilleur plan qu’il puisse concevoir pour préserver le corps astral de l’homme. 11 connaît suffisamment la physique astrale pour savoir que la matière la plus grossière est celle qui reste agrégée le plus longtemps et qui résiste le mieux au frottement. Aussi combine-t-il la matière en couches, mettant la matière la plus grossière à 1 extérieur. Et ce faisant, il a raison à son propre point de vue. Pendant la vie physique, le corps astral est comme de l’eau bouillante et tourbillonnante, mais après la mort, il dispose la matière en une série d’enveloppes de densités décroissantes de façon à rendre impossible une libre circulation.
Or, il n y a pas d organes des sens dans le corps astral. Celui-ci ne comprend que des organes correspondant aux organes des sens physiques, mais avec lesquels vous ne pouvez ni voir, ni entendre, ni sentir. Vous voyez et vous entendez par toute la surface du corps. Chaque sous-plan a sa matière propre, et c’est au moyen de la matière de ce sous-plan dans votre corps que vous pouvez répondre à ses vibrations. Quelle que soit la matière qui se trouve à 1 extérieur (ou surface) de votre corps, elle répond à ses vibrations et vous ne pouvez voir et entendre que par elle. Par conséquent voici se qui se passe: par cette disposition de la matière de votre corps, l’élémental vous a, pour ainsi dire, enfermé dans une boîte de matière astrale qui fait que vous ne pouvez voir et entendre que les choses du plan le plus inférieur et le plus grossier. Si vous vous opposez à être ainsi renfermé, il cherche à vous faire croire que si vous ne vous enracinez pas ainsi dans la
l’élémental du désir 313
matière grossière, vous flotterez à l’aventure et vous vous égarerez dans une nébuleuse imprécision.
Mais si, au contraire, vous lui opposez une volonté ferme, alors les choses changeront bien vite de face. Les particules du corps astral se maintiendront entremêlées comme pendant la vie, et, en conséquence, vous pourrez avoir conscience sur tous les sous-plans.
La lutte finale contre l’élémental a lieu au terme de la vie astrale ; l’Ego cherche alors à retirer en lui-même tout ce qu’il a projeté au dehors pour l’incarner au commencement de la vie qui vient de se terminer ; il cherche à recouvrer, pour ainsi dire, le capital qu’il a placé, plus les intérêts représentés par les expériences acquises et les qualités qui ont été développées pendant la vie. Mais à ce moment, il rencontre une opposition bien déterminée de la part de cet élémental du désir qu’il a lui-même créé et alimenté.
Bien que l’élémental ne puisse être considéré comme intelligent, il possède cependant à un haut degré, l’instinct de la conservation, et cela le pousse à résister de toutes ses forces à la destruction qui le menace. Dans le cas de tous les mortels ordinaires, il obtient un certain succès dans ses efforts, leurs facultés mentales ayant été en grande partie gouvernées par les désirs inférieurs et asservies par eux ; en d’autres termes, le mental inférieur a été si fortement uni au désir qu’il lui est impossible de s’en libérer complètement. Il s’ensuit donc qu’une partie de la matière mentale, et même de la matière causale, est retenue dans le corps astral après que l’Ego s’en est dégagé définitivement. Quand un homme a, pendant sa vie, wrq«i» les désirs inférieurs, et qu’il a réussi à libérer de tout désir le mental inférieur, il n’y a pratiquement aucune lutte, et l’Ego reprend entièrement le principal et les in-
térêts, mais il y a malheureusement l’autre cas extrême dans lequel il ne peut reprendre ni l’un ni l’autre.
Nous devons donc, pendant la vie et après la mort, maîtriser cet élémental du désir et ne pas nous laisser dominer par lui. N’oubliez pas que vous êtes un Dieu en potentialité. Toutes les puissances et toutes les forces de 1 univers sont de votre côté. Le résultat est donc certain. Mettez-vous du côté de la Loi, et tout sera simplifié.
La maîtrise absolue des passions est éminemment désirable, mais bien peu 1 obtiennent. Il faut garder sur le plan astral une grande sérénité, car on y voit des choses terribles, et si tous les sentiments ne sont pas maîtrisés, il est facile de se laisser entraîner àcommettre quelque action que 1 on regrettera ensuite. Ici-bas, les gens se laissent souvent aller à des mouvements de brutalité et n’y pensent plus ensuite ; un maître d école endurci, par exemple, frappe un enfant sans se rendre compte de la méchanceté de son acte. Mais sur le plan astral, l’atrocité d’un tel crime est de suite évidente, et les terribles conséquences karmiques qu’entraîne un tel acte peuvent même souvent être visibles. On voit sur le plan astraL les pleins effets d’une parole désagréable. Les colères terribles et violentes peuvent attirer des entités de basse nature qui entrent dans les formes-pensées et se complaisent à ces vibrations. Ces pensées animées peuvent subsister plusieurs années et meme produire ces phénomènes attribués aux esprits frappeurs.
LES AMES PERDUES
C’est avec un soulagement inexprimable que l’on se sent délivré, grâce aux enseignements rationnels de la Théosophie, de l’effroyable cauchemar de la croyance à la damnation éternelle, que les chrétiens ignorants conservent encore, parce qu’ils ne comprennent pas la réelle signification de certaines phrases attribuées dans leurs Evan- ^les au Fondateur de leur religion. Cependant quelquesuns de-nos étudiants, remplis d’un joyeux enthousiasme par la splendide découverte que chaque être doit finalement atteindre à la perfection, voient leur joie quelque peu atténuée par cette sinistre indication qu’après tout il existe des conditions dans lesquelles une âme peut être perdue, et ils commencent à se demander si réellement le règne de la loi divine est universel, où s’il n’existe pas quelque moyen pour l’homme d’échapper à la domination du Logos et de se détruire. Que ceux qui le craignent se rassurent : la volonté du Logos est infiniment plus puissante que n’importe quelle volonté humaine, et les plus grands efforts d’une ingéniosité perverse ne peuvent rien contre Lui. 11 est vrai que le Logos permet à l’homme d’employer son libre arbitre, mais seulement dans certaines limites bien définies. Si l’homme fait un bon usage
L OCCULTISME DATsS LA NATURE
de cette volonté, ces limites s’élargissent rapidement, et il lui est accordé un pouvoir plus grand sur sa destinée ; mais s’il use de celte volonté pour le mal, il augmente par cela même ses limitations, de sorte que si son pouvoir pour le bien est pratiquement sans limite, puisqu’il a en lui la potentialité d’une croissance infinie, son pouvoir pour le mal est rigoureusement limité. Et ceci, non point parce qu’il y a inégalité en ce qui concerne la loi, mais parce que, dans un cas, l’homme exerce sa volonté de concert avec celle du Logos et suit le courant de l’évolution, tandis que dans l’autre cas il essaie de s’y opposer.
Le terme Ames perdues n’esl pas bien choisi, car il y a bien des chances pour qu’on le comprenne mal et qu’on lui fasse dire plus qu’il ne signifie en réalité. Dans la conversation journalière le mot « âme » est usité dans un sens des plus vagues, mais on admet en général que, somme toute, ce mot désigne la partie subtile et permanente de l’homme, de sorte que, pour le vulgaire, perdre son âme c’est se perdre absolument. Or c’est là précisément ce qui ne peut jamais arriver : le terme est donc impropre, et il peut être utile aux étudiants que nous en précisions le sens. Le terme s’applique en réalité à trois catégories distinctes de faits que nous allons examiner l’un après l’autre.
Première classe. — Elle comprend ceux qui sortiront de révolution actuelle au milieu de la cinquième Ronde. C’est là précisément la Condamnation œonienne (et non éternelle), dont le Christ a parlé comme d’un très réel
LES AMES PERDUES
danger pour quelques-uns de ses auditeurs non encore éveillés. Cette condamnation signifie simplement que ees individus-là sont incapables pour l’instant de progrès supérieurs, mais n’implique aucun blâme, si ce n’est, dans le cas où les occasions offertes ont été négligées. La Théosophie nous enseigne que les hommes sont tous frères, mais non point qu’ils sont tous égaux. 11 existe entre eux des différences considérables ; ils sont entrés dans révolution humaine à des époques différentes ; les uns sont des âmes beaucoup plus âgées que les autres, et ils se trouvent ainsi à des degrés très divers sur l’échelle du développement. Les âmes plus âgées apprennent naturellement avec bien plus de rapidité que les plus jeunes, par conséquent la distance entre les unes et les autres s’accroît constamment, et, il arrive un moment où les conditions nécessaires aux premières ne sont absolument plus applicables aux secondes.
Nous pouvons nous faire une idée de la chose en pensant aux enfants à l’école. Le maître a une année devant lui pour préparer les élèves à passer un examen. Il divise la besogne : tant pour le premier mois, tant pour le deuxième et ainsi de suite, en commençant par les choses les plus simples et arrivant graduellement aux difficultés. Mais les élèves sont d’âge et de capacité variés, les uns apprennent avec facilité et sont en avance sur la moyenne, d’autres restent en arrière ; de plus, de nouveaux élèves arrivent constamment dans la classe, parmi lesquels quelques-uns sont à peine capables de suivre. Lorsque la moitié de l’année s’est écoulée, le maître clôt définitivement la liste d’admission, et refuse de recevoir de nouveaux élèves.
C’est ce qui a eu lieu pour l’humanité au milieu de notre quatrième Ronde ; après quoi, la porte par laquelle on
l’occultisme dans la IVATURE
passait du règne animal au règne humain a été close, sauf pour quelques exceptions. En effet, de même que quelques hommes qui atteignent l’adeptat sont en avance sur le reste de l’humanité, et ne sont nullement des retardataires parmi les aspirants à Tadeptat dans l’évolution lunaire, de même quelques animaux ont atteint le niveau de l’individualisation, niveau que la masse n’atteindra qu’à la fin de la 7® ronde. Sur la planète suivante, des dispositions seront prises pour permettre à ces exceptions de trouver des corps humains primitifs.
Un peu plus tard, le maître peut prévoir avec certitude que certains élèves réussiront à l’examen, que d’autres ont seulement quelques chances, et que d’autres enfin échoueront sûrement. Il pourrait raisonnablement dire à ces derniers ; — Nous avons maintenant atteint un point où le travail de cette classe est inutile pour vous. Il est absolument impossible, malgré tous vos efforts, d’arriver à temps au niveau requis pour l’examen. L’enseignement plus avancé qui doit être donné aux autres est absolument au-dessus de votre portée, et comme vous n’y pourrez rien comprendre, non seulement vous perdriez votre temps, mais encore vous retarderiez vos camarades. Il est donc préférable que vous redescendiez dès maintenant dans la classe inférieure, que vous vous perfectionniez dans l’enseignement préliminaire que vous n’avez pas approfondi suffisamment, que vous reveniez ici l’année prochaine et alors vous serez sûrs de passer honorablement.
C’est exactement ce qui sera fait au milieu de la cinquième Ronde. Ceux qui n’auront pu, malgré leurs efforts, atteindre le but prescrit dans le temps donné, seront renvoyés dans une classe inférieure, et, si les portes de la classe ne sont pas encore ouvertes, ils attendront dans la paix et le bonheur jusqu’au temps fixé. On peut dire d’eux
LES AMES PERDUES
qu’ils sont « perdus, four nous », perdus pour cette petite vague spéciale d’évolution à laquelle nous appartenons ; ils ne sont plus des hommes « de notre classe », comme on dit au collège. Mais ce seront certainement des « hommes de la classe suivante», et, ils occuperont même le premier rang, à cause du travail déjà accompli et de l’expérience déjà acquise. Un grand nombre de ces hommes échouent, parce qu’ils sont trop jeunes pour la classe, bien qu’au début ils aient été trop âgés pour être mis dans la classe inférieure. Us ont eu Favantage d’assister à la première moitié des cours de l’année actuelle, et par conséquent ils les reprendront très volon* tiers et très facilement l’année suivante, et pourront alors venir en aide aux camarades en retard qui n’auront pas eu les mêmes avantages. Quant à ceux qui sont trop jeunes pour la classe, on ne peut les blâmer s’ils échouent.
Mais il existe une autre grande catégorie d’êtres qui auraient pu réussir grâce à un effort persévérant, mais qui échouent parce qu’ils n’ont pas fait cet effort. Ceuxlà sont comme l’écolier qui reste en arrière de ses camarades, non parce qu’il est trop jeune, mais parce qu’il est trop paresseux pour travailler. Son sort est le même que celui des autres, mais il est évident qu’alors qu’ils sont exempts de tout blâme parce qu’ils ont fait de leur mieux, il mérite, lui, d’être blâmé précisément parce que lui n’a pas fait de son mieux ; ainsi il portera le poids d’un mauvais Karma dont les autres sont exempts. C’est aux hommes de cette classe que s’adressaient les exhortations du Christ, aux hommes qui avaient roccasion et la possibilité de réussir, mais qui ne faisaient point reffort nécessaire. C’est de ceux-là aussi que M“®Blavatsky parle en termes si énergiques, les qualifiant « d’inutiles bourdons qui refusent de coopérer à l’œuvre de la nature et
qui sont détruits par millions durant tel cycle de vie du Manvantara » (1). Mais notez que cette destruction n’est que pour ce cycle de vie manvantarique et ne signifie pour eux qu^un retard et non point une extinction totale. Le retard est ce qui peut arriver de pire dans le cours ordinaire de l’évolution. Un tel retard est certainement très grave, mais c’est encore ce qui peut arriver de mieux vu les circonstances. Si ces gens-là ont échoué, soit à cause de leur jeunesse ou de leur paresse ou leur perversité, il est clair qu’ils ont besoin de plus d’instruction et que, cette instruction, ils devront la recevoir. Evidemment c’est ce qui vaut le mieux pour eux, quoique cela puisse nécessiter de nombreuses existences, dont un grand nombre peuvent être mornes ou contenir de grandes souffrances. Il leur faudra pourtant aller jusqu’au bout, puisque c’est le seul moyen qui leur permettra d’atteindre le niveau où sont arrivées les races plus avancées grâce à une évolution aussi lente que la leur.
C’est dans le but de préserver de cette souffrance supplémentaire, le plus grand nombre possible d’êtres, que le Christ disait à ses disciples : « Allez par le monde et prêchez l’évangile à toute créature ; celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira point sera damné », car le « baptême », et, dans les autres religions, les rites qui y correspondent, sont le signe de la consécration de la vie au service de la Fraternité. L’homme [qui est capable de saisir la vérité et par conséquent de prendre la bonne direction, sera certainement au nombre des « sauvés » qui échapperont à la condamnation de la cinquième Ronde ; tandis que ceux qui ne veulent pas prendre la peine de voir la vérité et de la
(1) Doctrine secréte^ Vol. VI, page 218.
LES AMES PERDUES
suivre subiront sûrement cette condamnation. Mais qu’on se souvienne bien que la damnation signifle seulement le renvoi de cet « æon », ou chaîne de mondes, le renvoi à la prochaine vague de vie. Ces âmes sont donc « peridues">,si vous voulez, perdues pour nous, peut-être, mais non pas pour le Logos. 11 vaudrait donc mieux dire qu elles sont temporairement mises à part. Naturellement, il ne faudrait pas supposer que la « croyance » qui les sauve soit la connaissance de la lheosophie ; peu importe leur religion, aussi longtemps qu’elles tendent à une vie spirituelle, aussi longtemps qu’elles se rangent définitivement du côté du bien contre le mal, et qu’elles travaillent, sans égoïsme, à progresser et à s’élever.
Deuxieme classe. — Voyons maintenant le cas de ceux chez lesquels la personnalité a été tellement accentuée que l’Ego en est presque exclu. Ils sont de deux sortes : les hommes qui ne vivent que parleurs passions et ceux qui ne vivent que par leur mental ; comme ces deux types ne sont rares ni l’un ni l’autre, il est utile d’essayer de comprendre leur sort.
Nous disons souvent que l’Ego se projette dans la matière des plans inférieurs, et pourtant beaucoup d’étudiants ne se représentent pas que ce n’est point là une simple figure de langage, mais que cela correspond à quelque chose de très défini et de très réel. U Ego réside dans un corps causal, et, quand il revêt, en outre, un corps mental et un corps astral, cela implique le mélange d une portion de la matière de son corps causal avec la matière de ces corps inférieurs. Nous pouvons consi-
l’occultisme dans la nature
dérer cette projection comme une sorte de placement fart par l’Ego, et il se passe alors ce qui a lieu pour tous les placements. L’Ego espère généralement en retirer plus qu’il n’a placé ; naturellement iî risque d’être déçrt, il peut perdre une partie de ce qu’il a placé, et même, dans des circonstances exceptionnelles, il peut essuyer une perte totale, qui le laisse non point absolument rumè, mais du moins sans capital disponible.
Poursuivons cette comparaison. L Ego possédé dans son corps causal, de la matière à trois degrés,, à savoir des 1”, 2® et 3“ sous-plans du plan mental, mais, pour une énorme majorité du genre humain, l’activité ne dépasse pas le plus bas de ces trois sous-plans, et encore n’estelle que très incomplète. C’est donc seulement une partie de la matière causale du type le plus grossier qui peut être projeté sur les plans inférieurs, et encore n’y a-t-il qu’une faible portion de cette matière qui puisse s’unir à la matière mentale et astrale. Le contrôle de l'Ego sur ce qu’il p/ace ainsi est faible et imparfait, parce que lui-même est encore à moitié endormi. Mais à mesure que son corps physique croit, ses corps astral et mental se développent aussi, et la matière causale qui leur est unie, est éveillée par les énergiques vibrations qui lui arrivent à travers ces corps-là. Cette fraction du corps causal qui est entièrement unie aux corps inférieurs leur donne la vie, la vigueur et un sentinàent d’individualité ; et ces véhicules, à leur tour, réagissent fortement sur elle, éveillent en elle un sentiment de vie intense. Ce sentiment est absolument ce que cherche la matière causale, le but même pour lequel elle s’est projetée, et c’est le désir de cette vie intense non encore réalisé, qui a été nommé trishna (la soif de la vie manifestée, le désir de sè sentir réellement et fortement en vie), c’est
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la force qui fait descendre l’Ego vers une nouvelle réin* carnation.
Mais, précisément parce que cette petite fraction a eù ces expériences et est par conséquent beaucoup plus éveillée que le reste de TEgo, elle finit parfois par croire qu'elle est le tout et oublier pour l’instant sa relation avec son « père qui est aux deux ». Elle peut s’identifier temporairement avec la matière dans laquelle elle devrait travailler, elle peut résister à l’influence de cette autre portion qui est descendue, mais qui n’ést point fusionnée et qui forme le lien avec la grande masse de l’Ego sur son propre plan.
Afin de bien comprendre tout cela il nous faut penser que cette portion de l’Ego qui est éveillée sur le 3“ sousplan mental et qui n’est qu’une faible partie du tout, il nous faut penser, dis-je, que cette portion est elle-même divisée en 3 parties ; {a) celle qui demeure sur son propre plan, [b) celle qui descend mais ne fusionne pas avec la matière inférieure, et (c) celle qui est complètement unie à la matière inférieure et en reçoit les vibrations. Ces parties sont arrangées en échelle descendante ; car, de même que {à) n’est qu’une très faible partie du véritable Ego, {h) n’est qu’une faible partie de {a), et (c), à son tour, n’est qu'une faible partie de {b). La seconde sert de lien entre la première et la troisième. Nous pourrions dire que (a) est le corps, {b) le bras étendu et (c) la main qui saisit, bu plutôt le bout des doigts plongeant dans la matière.
Nous avons ici un équilibre très délicat qui peut être affecté de diverses manières. Le but est que la main (c) s’empare fermement de la matière avec laquelle elle a fusionné et la dirige, en se laissant elle-même guider tout le temps par le corps (a) au moyen du bras (5). Dans des
circonstances favorables, de la force et même de la matière causale supplémentaires peuvent être déversées par (a) à travers (6) jusqu'à (c), de façon que le contrôle puisse devenir de plus en plus parfait. La partie (cj peut croître en stature aussi bien qu’en force, et plus il en est ainsi, mieux cela vaut, aussi longtemps que la communication à travers (ô) demeure libre et que (a) conserve le contrôle. Car la fusion même de la matière causale qui constitue (c), l’éveille à une activité intense et lui donne la possibilité de répondre à de subtiles vibrations, ce qu’elle ne pourrait acquérir d’aucune autre façon, et l’acquisition (c) transmise à la partie (a), par le moyen de (6), constitue le développement de l’Ego luimême.
Malheureusement le cours des événements ne suit paa toujours le plan idéal ci-dessus indiqué. Lorsque le contrôle de (a) est faible, il arrive parfois que (c) devient si intimement unie à la matière inférieure que, ainsi que je l’ai déjà dit, elle s’identifie avec elle, oublie pour un temps sa situation élevée, et se considère comme étant l’Ego tout entier. Si la matière qui entoure (c) est du sousplan mental inférieur, nous aurons alors sur le pian physique, un être entièrement matérialiste. Il pourra être très intellectuel, mais non spirituel; il sera très probablement intolérant en matière de spiritualité, et tout à fait incapable de la comprendre et de l’apprécier. Il se dira pratique, positif, dépourvu de toute sentimentalité, tandis qu’en, réalité il est dur comme la pierre, et, à cause de cette dureté, sa vie est un insuccès et il ne fait aucun progrès. Si la matière à laquelle la partie (c) se trouve si déplorablement mêlée est astrale, l’individu considéré sera (sur le plan physique) quelqu’un qui ne pense qu’à sa propre satisfaction, qui n’a absolument aucun scrupule
LES AMES PERDUES
lorsqu’il s’agit cratteindre son but, un être sans principes et d’un égoïsme brutal,.* Un tel homme a une vie toute de passion, tout comme un homme prisonnier de la matière mentale vit dans son intellect. Ces différentes catégories d’êtres sont appelées, dans notre littérature théosophique des Ames perdues mais non pas irrévocablement perdues. M™® Blavatsky dit à ce sujet : « Lorsqu’une personne a, par ses vices, perdu son âme supérieure, il y a cependant encore de l’espoir tant qu’elle est dans son corps. Elle peut se racheter et'se détourner de •sa nature matérielle. Car, soit par un profond repentir soit par un seul appel sincère à l’Ego qui s’est enfui, ou mieux encore par un effort énergique pour devenir meilleure, elle peut ramener l’Ego supérieur. Le fil d’union n’est point totalement rompu (1). »
11 est des cas où ic) s’est révolté contre (b) et l’a repoussé vers [a) ; le bras s’est atrophié et presque paralysé, sa force et sa substance sont retournées au corps, tandis que la main a travaillé pour son propre compte et fait des efforts saccadés et spasmodiques non contrôlés par le cerveau. Si la séparation pouvait être absolue, elle correspondrait à l’amputation de la main, mais ce cas est excessivement rare durant l’existence physique, bien qu’il ne reste que juste ce qu’il faut de communication pour maintenir en vie la personnalité. Ainsi que le dit Blavatsky, un tel cas n’est pas entièrement désespéré, car, même au dernier moment, une vie nouvelle peut être déversée dans le bras paralysé ; si un effort assez puissant est tenté l’Ego pourra recouvrer une partie de (cj, comme il a déjà recouvré la majeure partie de (ô). Néanmoins, €ette existence là est perdue, car, même si l’homme
(1) Doctrine secrète. V!, p. 237.
l’occultisme DA3IS LA NATURE
parvient à éviter une perte sérieuse, il n’a absolument rien acquis et a ainsi perdu beaucoup de temps.
Il est didicile de oroire que de tels êtres puissent en réalité n’avoir pas subi de perte sérieuse ; mais, lieureusement, pour nos chances de progrès, les lois sous lesquelles nous vivons sont telles qu’il n'est pas du tout facile de subir des pertes sérieuses; les considérations suivantes pourront peut-être en expliquer la raison.
Toutes les activités que nous appelons malfaisantes, soit qu'elles s’exercent sur le plan mental sous la forme •de pensées égoïstes, ou sur le plan astral comme émotions égoïstes, se montrent invariablement sous la forme de vibrations de la matière la plus grossière de ces plans, celle qui appartient aux niveaux inférieurs. D’un autre côté, chaque pensée bonne ou généreuse, et chaque émotion noble, mettent en vibrations quelques-uns des types les plus élevés de la matière de ce plan ; et comme la matière plus subtile est beaucoup plus facile à mettre en mouvement, une quantité de force donnée, dépensée en bonne pensée ou en sentiment élevé, produit environ cent fois plus d'effet que la même quantité de force projetée dans la matière plus grossière. S’il n’en était pas ainsi, il est évident que l’homme ordinaire ne pourrait jamais faire aucun progrès.
Nous ne ferons sans doute pas tort à l’homme du monde non évolué en supposant que 90 0/0 de ses pensées et de ses sentiments se rapportent à lui, si elles ne sont pas absolument égoïstes. Si 10 0/0 de ses pensées sont spirituelles et généreuses, il s’élève déjà un peu au-dessus de la moyenne. Certes, si ces proportions produisaient des résultats correspondants, la majeure partie du genre humain ferait 9 pas en arrière pour chaque pas en avant, et nous aurions une régression si rapide que quelques incarna-
LES AMES PERDUES
tiens nous ramèneraient au règne animal duquel nous provenons. Heureusement pour nous Teffet de ces 10 0/0 de forces dirigées vers le bien l’emporte de beaucoup sur les 00 0/0 vouées à des buts égoïstes; donc, en somme, un tel individu fait des progrès appréciables de vie en vie. Un homme qui n’a que 1 0/0 de bon fait même un leger progrès, aussi est-il facile de concevoir que celui dont le compte se balance et qui n’a ni avancé ni reculé, doit avoir mené une existence absolument mauvaise, tandis que pour descendre vraiment dans l’évolution il faut qu’un être soit le plus invétéré des scélérats.
Grâce à cette loi bienfaisante, le monde, s’il évolue lentement, évolue constamment, bien que nous voyions autour de nous tant de choses regrettables, et, après tout, les êtres dont j’ai parlé en dernier lieu, ne peuvent retomber bien loin. Ils ont perdu du temps et des occasions plutôt que leur rang dans l’évolution ; et cela implique toujours un surcroit de souffrances.
Afin de voir ce qu’ils ont perdu et ce qu’ils ont négligé de faire, revenons un instant à la comparaison du placement. L’Ego s’attend, avons-nous dit, à recouvrer ce qu’il a placé à intérêts dans la matière inférieure, c’est-à-dire ce que nous avons appelé (u), il s’attend à ce qu’il soit amélioré en qualité comme en quantité. Sa qualité est devenue meilleure, car (c) s’est éveillée et elle est capable de répondre instantanément et avec précision, à une gamme de vibrations bien plus variées que jadis. Cette capacité, (c) la communique nécessairement à {a) quand celui-ci la réabsorbe,, bien que la quantité d’énergie qui a produit, en {c), une vague si puissante, ne produise plus que quelques légères ondulations lorsqu’elle est répartie dans toute la substance de (a).
SI faut observer ici que, bien que les véhicules conte-
liant également la matière la plus grossière et la matière la plus line de leurs plans respectifs, puissent répondre à de mauvaises pensées ou de mauvaises émotions et en exprimer, et que l’agitation causée en eux par de telles vibrations puissent produire des perturbations dans la matière causale fusionnée (c), il est absolument impossible à cette matière (c) de reproduire ces vibrations ou de les communiquer à [a) ou à [h], simplement pour cette raison que la matière des trois sous-plans supérieurs du mental ne peut pas plus vibrer au diapason du plan inférieur, qu’il n’est possible à une corde de violon d’être accordée à une certaine noie et de donner une note inférieure. D’un autre côté, la partie (c) devrait également augmenter en quantité, car le corps causal, comme tous les autres véhicules, change constamment, et lorsqu’un exercice spécial est imposé à une de ses parties, cette partie s’accroît et se fortifie absolument comme le muscle physique dont on se sert. Chacune des vies terrestres est une occasion soigneusement calculée pour qu’il en résulte le développement en qualité et en quantité dont l’Ego a le plus besoin. Si l’occasion est négligée, l’Ego sera retardé, car il lui faudra subir une incarnation du meme genre, et il souffrira à cause du mauvais Karma supplémentaire ainsi encouru.
De l’accroissement que l’Ego est en droit d’attendre de chaque incarnation, il faut déduire une certaine perte qui est presque inévitable aux débuts de l’évolution. Afin d’être effective, la fusion avec la matière inférieure doit être très complète, et, dans ce cas, il est à peu près impossible que l’Ego recouvre toutes les particules ainsi fusionnées, surtout celles qui sont liées au véhicule astral. Lorsqu’arrive le moment de cette séparation, c’est presque toujours une ombre qui reste sur le plan astral et non point seule-
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ment une coque (d), et cela même prouve que quelque chose de la matière causale a été perdue. Sauf pourtant dans le cas d’une vie exceptionnellement mauvaise» la perte doit être plus faible que le gain, et, en somme, l’opération doit être finalement profitable.
Pour des hommes tels que ceux dont j’ai parlé, vivant d’une vie absolument passionnelle ou intellectuelle, il n’y aurait de gain ni en quantité ni en qualité, puisque les vibrations produites ne seraient pas de nature à être absorbées par le corps causal qui est d’un autre ordre. D’un autre côté, comme la fusion a, en pareil cas, été très intime avec les corps inférieurs, il y aurait une perte considérable lors de la séparation.
Il ne faudrait pas que la comparaison avec le bras et la main nous induise à croire que {b) et (c) sont des dépendances permanentes de l’Ego. Durant chaque période de vie on peut tes considérer comme séparés, mais au terme de chacune de ces périodes ils se retirent en (a), et le résultat de leurs expériences est pour ainsi dire réparti dans toute sa substance, de sorte que, lorsque le temps vient pour cet Ego de projeter une partie de lui-même, dans une nouvelle incarnation, il ne peut projeter l’ancien {b) ni l’ancien (c), parce que ceux-ci ont été absorbés en lui et font partie de lui-même, tout comme une tasse d’eau versée dans un baquet devient une partie de l’eau de ce baquet et ne peut plus en être séparée. Si quelque matière colorante se trouvait dans cette même tasse d’eau elle serait répartie en une teinte plus pâle dans toute l’eau du baquet, et l’on pourrait prendre cette matière colorante comme représentant des qualités développées par l’expérience. De même qu’il serait impossible
(l) Voir dans le livre sur le Plan astral, par C. W. I.eadbeater, la dilférence entre l’ombre et la coque. (N. D. T.)
l’occultisme dans la nature
de retirer du baquet exactement la même tasse d’eau qu auparavant, ainsi l’Ego ne peut plus projeter les mêmes (ô) et (c). Le processus est un de ceux nuxquels il était accoutumé avant de devenir un Ego séparé, car il est identique à celui suivi par l’ame groupe, sauf qu’elle projette simultanément plusieurs tentacules, alors que l’Ego n’en projette qu’un seul à la fois ; par eonséqueni; la personnalité est différente à chaque incarnation bien que l’Ego qui Tanime demeure le même.
Troisième classe. — Voyons maintenant les cas dans lesquels la personnalité capture la partie de J’Ego qui est projetée et se détache. Ces cas sont heureusement excessivement rares, mais ils se présentent et ils constituent cependant la catastrophe la plus terrifiante qui puisse arriver à l’Ego en cause. Cette fois-ci, la partie (c) au lieu de repousser (b) et de la repousser graduellement en (<z), absorbe, au contraire, petit à petit (6) et le détache de (a). Ce résultat ne peut.être atteint que par une persistance déterminée et résolue dans le mal, par la magie noire, en un mot. Revenant k nos précédentes comparaisons, cela équivaudrait à l’amputation du bras, ou à la perte pour TEgo de presque tout son capital disponible. Heureusement pour lui, il ne peut pas perdre tout, parce que (b) et (c) ensemble ne sont qu’une faible partie de (a), et que derrière [a) se trouve encore la grande partie de l’Ego non développée sur les premier et second sous-plans mentais. Heureusement pour lui, quelles que soient la folie et la méchanceté d’un être, il lui est impossible de se détruire totalement, car il ne peut mettre en activité cette partie supérieure du corps causal, tant qu’il n’a pas lui-même atteint un niveau auquel il devient absolument impossible de songer à une action aussi épouvantable.
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Maintenant que nous avons dépassé le point tournant de natre immersion dans Ja matière, toute l’énergie de l’univers nous pousse vers Tumté, et J’hommequi consent à faire de sa vie une coopération intelligente avec la nature, reçoit en récompense une perception toujours croissante de la réalité de cette unité. Mais d’un autre côté, il est évident que les hommes peuvent agir en opposition avec la nature ; et au lieu de travailler généreusement au bien de tous, ils peuvent avilir toutes les facultés qu’ils possèdent^ en les faisant servir à des fins égoïstes. A ceux-là comme aux autres s’appliquent les paroles de l’Ecriture? c( En vérité, je vous le dis, ils ont leur récompense, » Ils passent leur vie à s’efforcer d’arriver à la séparativité, et ils s’y tiennent pendant très longtemps, et l’on dit que cette sensation de complète solitude dans l’espace est la plus terrible destinée qui puisse jamais échoir aux fils des hommes.
Ce développement extraordinaire de l’égoïsme est la caractéristique des magiciens noirs, c’est dans leurs rangs seulement qu’on trouve des hommes exposés à ce terrible destin. Leurs variétés sont nombreuses et repoussantes, mais elles peuvent toutes être classées en deux grandes divisions, car les unes et les autres exploitent leurs pouvoirs occultes dans un but purement égoïste, mais ce but diffère.
Le type le plus répandu et le moins redoutable cherche simplement à satisfaire quelques désirs sensuels, et naturellement, le résultat d’une vie orientée exclusivemen,t dans ce sens, est de centrer l’énergie de l’homme dans le corps du désir. Par suite, si l’homme qui agit ainsi, réussit à détruire en lui tout sentiment désintéressé ou affectueux, d’impulsion élevée, il devient un monstre de luxure, sans pitié, sans rem<ords, qui, après la mort, ne
se trouve ni capable, ni désireux de s’élever au-dessus de la subdivision la plus basse du plan astral. Tout ce qu’il a de mental est absolument prisonnier du désir, et quand se produit la lutte, l’Ego n’en peut rien recouvrer, ^t s’en trouve en conséquence, sérieusement affaibli...
En permettant cela par sa négligence, il s’est éloigné du courant de l’évolution de la puissante vague de la Vie du Logos, et, ainsi, jusqu’à ce qu’il puisse entrer de nouveau en incarnation, il demeure, du moins il le lui semble, en dehors de cette vie, dans la condition d’Avilclii, (privé de la vague). Même lorsqu’il revient en incarnation, ce ne peut être parmi ceux qu’il a connus auparavant car il ne lui reste pas assez de capital disponible pour animer un mental et un corps semblables à ceux de son niveau précédent. 11 doit dès lors se contenter d'occuper des véhicules appartenant à un type beaucoup moins évolué, appartenant à quelque race primitive, il s’est donc ainsi rejeté bien en arrière dans l’évolution, et devra gravir de nouveau les nombreux degrés de l’éclieJle.
Il naîtra probablement parmi les sauvages, mais il sera vraisemblablement un de leurs chefs, car il aura encore quelque intelligence. On a dit qu’il pouvait même rétrograder à tel point qu’il lui soit impossible de trouver sur la terre,telle qu’elle existe actuellement, un type de corps humain suffisamment grossier pour les qualités qu'il a maintenant à manifester. Il pourra même ne plus trouver de place dans le plan de l’évolution actuelle, et il lui faudra peut-être attendre le commencement de l’autre dans un état de vie ralentie.
Et qu’est devenue pendant ce temps la personnalité amputée? Ce n’est plus une entité permanente en voie d’évolution, mais elle demeure pleine d’une vie intense et toute vouée au mal absolument sans remords ni res-
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ponsabilité. Comme le sort qui Tattend est de se désinlégrer au sein du milieu repoussant de ce qu'on nomme la « huitième sphère », elle s'efforce naturellement de maintenir le plus longtemps possible une existence d’une espèce ou d’une autre sur le plan physique. Elle ne parvient à prolonger son existence maudite que par quelque sorte de vampirisme et, lorsque cela lui fait défaut, il lui arrive de s’emparer de n'importe quel corps dont elle chasse le propriétaire légitime. Le corps choisi est en général celui d’un enfant, d'abord parce qu'il doit durer davantage, et ensuite parce que l'Ego n’en ayant pas encore pris une entière possession, il est plus facile de l’en déposséder. Mais, en dépit de ses efforts désespérés, son énergie s'épuise bientôt, et je ne crois pas qu’on ait rapporté d’exemple comment le vol d’un second corps une fois que le premier était usé.
Cet être est un démon du type le plus horrible, un monstre pour lequel il n’y a pas de place permanente dans le plan de l’évolution à laquelle nous appartenons. Par suite, sa tendance naturelle est de quitter l'évolution et d’être attiré par la force irrésistible de la loi, dans le marais astral, que les premiers écrits théosophiques appellent la huitième sphère, parce que ce qui y pénètre est en dehors du cercle des sept mondes, et ne peut revenir à leur évolution. Là, entouré des restes repoussants de toute la vilenie accumulée des âges écoulés, consumé de désirs qu’il ne peut satisfaire, ce monstre dépérit lentement. La matière mentale et causale qui lui appartenait, se trouve libérée, non pour rejoindre l’Ego dont elle a été arrachée, mais pour être dispersée dans la matière de ce plan, entrer graduellement dans de nouvelles eombinaisons, et être ainsi employée à de meilleurs usages. Il est consolant de savoir que de pareilles entités
h OCCULTISME DANS LA NATURE
sont si rares, qu’on n’en connaît presque aucun exempte, et qu'elles ne peuvent s’emparer que de ceux qui avaient en eux, des défauts accentués du même genre.
Mais il existe un autre type de magicien noir, en apparence plus respectable, cependant en réalité, encore plus dangereux, parce qu’il est plus puissant. C’est l’homme qui, au lieu de s’adonner complètement à la sensualité, vise un égoïsme plus raffiné sinon plus scrupuleux. 11 cherche à acquérir un pouvoir occulte plus étendu et supérieur, en vérité, mais destiné aussi à sa satisfaction, à son succès personnel, qui favorisera son ambition et lui permettra d’accomplir sa vengeance.
Pour arriver à ce résultat il pratique l’ascétisme te plus rigoureux vis-à-vis des désirs de la chair, et expulse les particules grossières de son corps astral avec autant de persévérance que l’élève de la Grande Fraternité Blanche. Mais bien qu’il unisse son mental à une forme de désir moins grossière, le centre de son énergie n’en est pas moins sa personnalité seule, et lorsqu’à la fin de la vie astrale, vient le temps de la séparation, l’Ego est incapable de recouvrer la moindre parcelle de son placement. Par suite, le résultat est à peu près le même que dans le premier cas, si ce n’est que l’Ego restera plus longtemps en contact avec la personnalité, et, dans une certaine mesure, partagera ses expériences, du moins autant qu’il est possible à un Ego de les partager.
Cependant le sort de cette personnalité est très différent. L’enveloppe astrale relativement ténue, n’a pas assez de force pour retenir longtemps la personnalité sur le plan astral ; cependant elle a rompu tout lien avec le monde céleste qui aurait dû être sa demeure, puisque tout l’effort de sa vie terrestre a été de détruire les pensées qui auraient naturellement porté fruit dans ces régions. Son seul effort
LES AȣES PERDUES
a consisté à s’opposer à l’évolution naturelle, à se séparer du grand Tout, et à lutter contre Lui. En ce qui concerne la personnalité, Feffort a réussi ; celle-ci est maintenant en dehors de la xde et de la lumière du système solaire, tout ce qui lui reste c’est le sentiment d’un isolement absolu au sein de Funivers.
Nous voyons donc que, dans ce cas plus rare, la personnalité perdue partage le sort de l'Ego dont elle est en train de se détacher. Mais pour FEgo une telle expérience est seulement temporaire, bien qu’elle puisse d urer ce qui nous paraîtrait un temps très long, et elle se terminera pour lui par la réincarnation et de nouvelles occasions. La personnalité, elle, finira par la désintégration qui est la fin invariable de ce qui s’est isolé de sa source. Cependant rappelons-nous qu’aucun de ces états n’est éternel, qu’aucun d'eux ne peut, dans aucun cas, être atteint, si ce n’est par une vie entièrement et volontairement consacrée au mal.
J’ai entendu notre Présidente faire mention d’un cas encore plus rare dont moi-même je ne connais pas d’exemple. Il est dit que, tout comme (c) peut absorber (Ij) et, se révoltant contre (a), s’établir à son propre compte et rompre avec (a) toutes relations, il est possible, (ou du moins cela est arrivé dans le passé), que la maladie mortelle de l’égo'isme et de la séparativité, infectant aussi (a), l’entraîne dans le monstrueux courant du mal, et l’arrache de la partie noi. développée de l’Ego, de telle façon que le corps causal lui-même se trouve endurci et emporté, au lieu de la personnalité seule. S’il en est ainsi, ce serait un quatrième groupe qui correspondrait non à une amputation, mais à une destruction complète du corps, ün tel Ego ne pourrait alors se réincarner dans la race humaine ; tout Ego qu’il soit, il tomberait dans les
l’occultisme dans la nature
abîmes’du règne animal, et une période de la durée d’une chaîne tout entière lui serait nécessaire pour reconquérir la situation perdue. Mais ce cas, quoique possible théoriquement, est pratiquement presque inconcevable; cependant, notons que, même alors, la partie non développée de TEgo demeure comme véhicule de la Monade.
En somme, nous apprenons donc que des millions d’Egos retardataires, incapables pour le moment de supporter la tension de l’évolution supérieure, s’arréteteront vers le milieu de la cinquième Ronde, et reviendront au sommet de la vague suivante. Nous voyons que ceux qui vivent en égoïstes, d’une vie passionnelle ou intellectuelle, le font à leur propre péril, et au risque de grandes souffrances et de dommages considérables, et que ceux qui sont assez insensés pour se plonger dans la Magie Noire, attirent sur eux des horreurs devant lesquelles l’imagination recule terrifiée. Mais nous apprenons aussi que le terme « âme perdue » est, après tout, une appellation erronée, puisque chaque homme est luimême une étincelle du Feu Divin, et qu’en aucune circonstance il ne peut ni se perdre ni s’éteindre.
Le Logos veut révolution de l’homme. Nous pouvons, dans notre aveuglement, lui résister pour un temps ; mais pour Lui le temps n’existe pas, et si nous sommes aveugles aujourd’hui, 11 attendra patiemment jusqu’à demain, mais à la lin Sa volonté sera toujours accomplie.