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DEUXIÈME SECTION

LE LOGOS

Nous avons, dans le Logos de notre système solaire, un Être qui se rapproche d’un Dieu personnel (ou plutôt individuel) peut-être autant qu’aucun homme raisonnable peut le désirer, car II réunit toutes les qualités qui aient jamais été attribuées à une divinité personnelle. La partialité, l’injustice, la jalousie, la cruauté ne peuvent lui être attribuées , ceux qui cherchent ces attributs dans leur divinité doivent s’adresser ailleurs. Mais, en ce qui concerne son Système, le Logos possède l’omniscience, l’omniprésence, l’omnipotence ; amour, puissance, sagesse, gloire, tous ces attributs sont en lui dans la mesure la plus complète. Cependant c’est une Individualité toute puissante, une trinité dans l’unité, et ce Logos est Dieu, véritablement, bien qu’il soit encore éloigné, de nous ne savons combien de degrés, de l’Absolu, de l’inconnaissable devant qui tous les systèmes solaires mêmes ne sont que des grains de poussière cosmique. Je ne crois pas que l’on puisse se faire de Lui la moindre image. Le soleil est sa principale manifestation sur le plan physique et cela peut nous aider un peu à concevoir quelques-unes de

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ses qualités, à nous rendre compte que toutes choses viennent de Lui. Le soleil peut être considéré comme étant l’un de ses centres de force, centre que l’on peut comparer V au cœur chez l’homme, manifestation extérieure du centre principal de son corps.

Bien que le système solaire en entier constitue son corps physique, les différentes formes de son activité sont infiiyment plus nombreuses à l’extérieur de celui-ci qu’à l’intérieur. Quant à moi, je préfère ne pas même essayer de me faire une image du Logos et le considérer tout simplement comme pénétrant toutes choses, de sorte que je suis moi-même Lui comme tous les autres hommes, et, qu’en vérité, il n’y a rien d’autre que Dieu. En même temps, bien que tout ce que nous sommes soit une mani- . festation de Lui~même, notre système solaire qui nous paraît si prodigieux n’est pour Lui qu’un grain de sable ; car bien qu’il soit tout cela, II existe cependant en dehors et au-dessus de tout, et demeure dans une gloire et une splendeur dont nous ne pouvons avoir la moindre idée. Ainsi, tout en étant d’accord avec le panthéiste d’après lequel tout est Dieu, nous allons cependant plus loin car nous reconnaissons qu’il a une existence bien plus vaste au-dessus et au-delà de son univers. « Après avoir créé r univers avec une partie de Moi-même, je demeure'!). [Dhagavad-Gitd, X, 42).

. Je ne crois pas que l’on puisse trouver de termes pour exprimer de quelle façon nous Lui sommes unis. Nous pouvons, dans un sens, être des cellules de son corps, mais nous sommes certainement plus que cela, car sa vie et sa puissance se manifestent en nous d’une façon absolument hors de proportion avec les manifestations de la vie spirituelle que l’on pourrait attribuer aux seules cellules de notre corps. Dans sa manifestation sur le plan cos-

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mique inférieur nous pouvons admettre que son premier aspect se trouve sur le niveau le plus élevé, le second sur le niveau immédiatement en-dessous, et le troisième sur la partie supérieure du plan nirvanique, de sorte que, lorsqu’un adepte élève graduellement sa conscience d un plan à un autre, au fur et à mesure de son développement, il arrive d’abord au troisième aspect, s’unit avec celuici. puis s’élève, après de longs intervalles, vers l’union complète avec les second et premier aspects.

Moi même, j’ai pu Le voir une fois sous une forme qui n’est point celle de son système ; c’est là quelque chose qui surpasse absolument toute expérience ordinaire, et qui n’a rien de commun avec aucun des plans inférieurs. Le fait ne me fut possible que par une expérience très audacieuse : la fusion complète momentanée de deux différents rayons ou types d’égos, fusion grâce à laquelle les égos ainsi unis purent atteindre, pendant un instant, un niveau infiniment plus élevé que celui qui aurait pu être atteint par l’un des égos, tout seul. Le Logos est bien au delà de son Système. 11 siège au-dessus de lui comme sur un trône de lotus. Il est, pourrait-on dire, 1 apothéose de l’humanité, bien qu’il soit infiniment plus grand que celle-ci. On pourrait penser à des Augœides portés de plus en plus haut jusqu’à l’infini. Je ne sais pas si cette forme est permanente, ni si elle ne peut être vue qu’à un certain niveau... qui peut le dire ? Mais tout ce que je sais, c’est que c’est là une réalité prodigieuse et qu’on ne peut oublier lorsqu’on l’a vue, même qu’une seule fois.

Je puis encore vous dire quelques mots d une autre expérience de ce genre, quoiqu’elle soit très dilficile à décrire fidèlement. Quand un homme élève sa conscience à la subdivision supérieure de son corps causal, et la centre exclusivement dans la matière atomique du plan

mental, trois moyens s’offrent à lui de transférer cette conscience, moyens qui correspondent, jusqu’à un certain point, avec les trois dimensions de l’espace. Il peut évidemment faire descendre sa conscience sur le second sous-plan du plan mental ou la faire monter sur le sousplan inférieur du plan bouddhique, s’il a suffisamment développé son corps bouddhique pour s’en servir comme véhicule.

Un autre moyen est à sa disposition pour transférer sa conscience : il peut prendre le raccourci qui conduit de la subdivision atomique d’un plan aux subdivisions atomiques correspondantes des plans supérieur et inférieur, en sorte que, sans traverser aucun sous-plan intermédiaire, la conscience peut descendre de ce plan mental atomique au plan astral atomique ou s’élever au plan bouddhique atomique, en supposant naturellement que le développement du corps bouddhique soit un fait accompli. Afin de pouvoir se représenter ce raccourci, on peut considérer les sous-plans atomiques comme se trouvant placés parallèlement sur une tige, les autres subdivisions de chaque plan étant suspendues à la tige sous forme de boucles, comme si un bout de ficelle était enroulé sans être serré, autour de la tige. 11 est évident que pour se rendre d’une subdivision atomique à une autre on peut passer par le raccourci le long de la tige ou descendre et remonter par la boucle qui symbolise les sous-plans inférieurs. Mais il est encore une troisième manière, manière non pas tant de se mouvoir sur une autre ligne perpendiculaire aux deux autres, mais plutôt de lever les yeux vers l’extrémité supérieure de cette ligne, comme un homme qui, du fond d’un puits lèverait les yeux vers une étoile.

Il existe, en effet, une ligne directe de communication

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entre le sous-plan atomique du mental (dans ce plan inférieur cosmique) et le plan mental atomique correspondant, dans le plan mental cosmique. Nous sommes encore bien loin de pouvoir nous élever au moyen de cette ligne, mais il nous a été une fois donné de pouvoir, pour un instant, faire cette expérience. Il est inutile de tenter de décrire ce que l’on voit alors, car mes termes ne pourraient en donner la moindre idée, mais ce qui en ressort tout au moins, avec une certitude inébranlable, c’est que notre conscience, notre intelligence que jusqu ici nous avons considérées comme étant nôtres Lui appartiennent, cette conscience, cette intelligence ne sont même pas une réflexion delà sienne, mais littéralement et véritablement, une partie de sa conscience, une partie de son Intelligence. Chose incompréhensible, et pourtant absolument vraie ! C’est un lieu commun dans notre méditation de dire ;

« Je suis ce Soi ; ce Soi est Moi ». Mais le voir, le savoir, le sentir, le réaliser ainsi, est quelque chose de tout différent que de le dire.

C’est de lui qu’émane toute la vie déversée par les vagues successives décrites dans nos livres ; la première vague émanant de son troisième aspect qui donne aux atomes préexistants le pouvoir de s’agréger en éléments chimiques, action désignée dans les Ecritures chrétiennes comme «l’esprit de Dieu se mouvant sur les eaux. » Quand, à un stade ultérieur, les règnes de la nature sont définitivement établis, apparaît la seconde vague émanant de son second aspect qui forme les âmes-groupes des minéraux, des plantes, des animaux, et c’est en cela que consiste la descente dans la matière du principe ; Christ qui, seul, rend possible notre existence même. Mais en considérant le règne humain, nous nous souvenons que l’égo lui-mème est une manifestation de la troisième va-

LE BOUDDHISME

En pensant au Seigneur Bouddha, il ne faut pas oublier qu’il est beaucoup plus qu’un simple fondateur de religion. C’est un des grands dignitaires de la Hiérarchie occulte, le plus grand de tous, sauf un. Dans ses incarnations précédentes, il fut le fondateur de nombreuses religions qui précédèrent celle qui aujourd’hui, porte son nom. Il fut en effet Vyâsa qui a tant fait pour la religion hindoue. Il fut Hermès, le grand fondateur des Mystères égyptiens ; il fut encore le premier des Zoroastres qui institua le culte du soleil et du feu, et il fut aussi Orphee, le fameux barde grec.

Dans sa dernière incarnation alors qu’il était le Seigneur Gautama, il ne semble pas avoir eu tout d’abord l’intention de fonder une nouvelle religion. H apparut simplement comme réformateur de l’Hindouisme, religion qui remontait déjà à une haute antiquité et qui, par conséquent, s’était fort éloignée de sa forme primitive coname cela arrive à toutes les religions. Cette religion s’etait altérée en bien des points et il semble qu’elle était à cette époque bien moins élastique qu’elle ne l’est, même aujourd’hui. Nous savons combien encore aujourd hui les démarcations établies entre les castes sont strictes et nous

connaissons la rigidité de ses formes et de ses cérémonies. Nous savons aussi que, même actuellement, personne ne peut se convertir à l’Indouisme ; seuls font partie de cette religion ceux qui y sont nés.

Représentez-vous une religion dans laquelle toutes ces règles étaient encore plus rigoureuses, les sentiments plus intenses, dans laquelle toutes les idées sur la vie s’étant modiüées avaient cessé d’être ce qu’elles étaient au temps de l’immigration aryenne, alors qu’elle était une religion pleine de joie apportant l’espérance à tous. Un peu avant 1 époque du Bouddha, l’opinion générale était que, à l’exception des brahmanes, personne- n’avait aucune chance de salut. Or, comme le nombre des brahmanes a toujours été petit, et que, même de nos jours, ce nombre n’est que de environ treize millions sur les trois cent millions d’habitants des Indes, il est facile de comprendre que leur religion n’éteit guère rassurante pour la majorité, puisque, d’après l’enseignement qui leur était donné, il fallait de nombreuses vies pour se développer avant de pouvoir être admis dans la caste des brahmanes si peu nombreuse et si exclusive, et avant de

pouvoir se libérer de la roue des renaissances et des morts.

Ce fut alors qu’apparut le Seigneur Bouddha ; son enseignement ouvrit toutes grandes les portes à la douce loi de justice, car il enseignait que les hommes s’étaient complètement écartés des anciennes traditions de la religion; il affirma à maintes reprises qu’un homme, tout en étant né brahmane, n’était digne de respect, et n’était sur la voie du salut, qu’autant qu’il menait la véritable vie de brahmane, qu’un homme appartenant à toute autre caste et menant la véritable vie du brahmane serait considéré comme tel et avait devant lui le même avenir, les

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mêmes possibilités, que s’il était né dans la caste sacrée.

Il était assez naturel qu’en face d’enseignements qui reculaient si loin l’espoir du salut final, l’homme ordinaire fût devenu sceptique et indifférent ; d’un autre cûté, l’austérité des brahmanes qui consacraient toute leur vie aux cérémonies et à la méditation, n’entrait guère dans ses goûts et, à vrai dire, était impossible. Mais le Bouddha prêcha ce qu’il appelait <> la voie moyenne », en disant que, bien que la vie austère et toute de dévotion ne fût pas bonne pour tous, il n'en résultait pas le devoir de se confiner dans une vie d’indifférence et de mauvaises actions. 11 montra qu’une vie supérieure est possible, pour 1 homme qui vit encore dans le monde et que, même si 1 on est incapable de s’adonner à la métaphysique et de se livrer à des argumentations subtiles, on peut néanmoins se rendre suffisamment compte des grandes lois de l’évolution pour bien se guider dans la vie.

Il déclara que les extrêmes, dans chaque direction, sont également déraisonnables ; que, d’une part, la vie dans le monde de l’homme ordinaire, absorbé par ses affaires et poursuivant ses rêves de richesses et de puissance, est vaine et incomplète parce qu’elle néglige tout ce qui est réellement à considérer ; mais que, d’antre part, l’ascétisme exagéré qui pousse l’homme à s’écarter du monde, à s’appliquer exclusivement et égoïstement, à s’en retrancher, pour échapper à ses tentations, est tout aussi déraisonnable. 11 affirma que la voie moyenne du devoir et de la vérité est la meilleure et la plus sûre., et que, si la vie entièrement spirituelle est la plus élevée de toutes pour ceux qui sont prêts à la pratiquer, il y a également une vie spirituelle., vertueuse et sincère, pour l’homme qui accomplit sa tâche et garde encore sa place dans le monde.

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Le Bouddha fonda uniquement sa doctrine pour que nous y conformions la raison et le sens commun ; il n’exigeait d’aucun une foi aveugle, mais conseillait plutôt à chacun d’ouvrir les yeux et de regarder autour de soi. 11 déclarait que, malgré toutes les souffrances et la misère du monde, le grand système dont l’homme fait partie, repose sur la justice éternelle, que la loi qui nous gouverne est une bonne loi qui n’a besoin que d’être comprise de nous pour nous y adapter ensuite. Il déclarait que la vie est pleine d’amertume, mais que l’homme est cause de ses propres souffrances parce qu’il désire toujours ce qu il n a pas, et qu’il arrive plus facilement au bonheur et au contentement en limitant ses désirs qu’en voulant augmenter ses possessions.

Dans ce but, Bouddha classa son enseignement dans un ordre merveilleux et le partagea en divisions faciles à retenir. C’est, en vérité, merveilleux au point de vue mnémotechnique. La doctrine est si simple, dans ses grandes lignes, que n’importe quel enfant peut retenir et comprendre ses quatre nobles vérités, ses huit nobles voies et les principes de vie qu’ils suggèrent ; malgré cela, elle est développée si minutieusement qu’elle constitue un système de philosophie que l’homme le plus sage peut étudier toute sa vie et où il trouvera une lumière de plus en plus vive projetée sur les problèmes de l’existence.

11 analysait toutes choses avec la plus incroyable minutie, comme on peut le voir par les douze nidànas ou par son énumération des étapes qu’il y a entre la pensée etl action. Chacune de ses quatre nobles vérités est exprimée par un seul mot, et cependant, pour quiconque a jamais entendu l’exposé du système, chacun de ces mots suggère, inévitablement un champ immense d’idées. 11 en

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est de môme pour les mots représentant les étapes de la « Noble voie octuple » et des « grandes perfections » dont il est question dans L,a voix du silence. Ces perfections sont tout simplement, la sagesse, la puissance et l’amour, apparaissant sous différentes formes. Elles sont quelquefois comptées comme faisant six, mais le plus souvent comme faisant dix. Les six sont : la charité parfaite, la moralité parfaite, la patience parfaite, l’énergie parfaite, la sincérité et la sagesse parfaites ; les quatre autres qui sont quelquefois ajoutées à celles-ci, sont : la résignation parfaite, la résolution parfaite, la bonté parfaite et l’abnégation parfaite.

La religion du Bouddhisme a pour ainsi dire disparu de l’Inde, mais elle, a, malgré tout, laissé des résultats durables, et le pays tout entier est fortement imprégné de ses enseignements. Avant le Bouddha, les sacrifices sanglants semblent avoir été universels ; ils existent même encore maintenant, bien qu’ils soient relativement très rares, car le Bouddha enseigna que ces sortes de pratiques ne pouvaient être agréables à aucune divinité noble, et que les Dieux leur préfèrent le sacrifice d’une vie sainte.

Nous voyons dans les annales akashiques de cette époque, que le Bouddha prêchait généralement en plein air, presque toujours assis au pied d’un arbre ; ses auditeurs étaient assis sur le sol, autour de lui, ou se tenaient debout appuyés contre les arbres, hommes et femmes ensemble, tandis que les enfants jouaient autour de l’assemblée. Le grand Instructeur avait une voix merveilleuse, puissante et sonore ; sa personnalité attirait immédiatement l’attention de tous ceux qui l’entendaient parler et gagnait irrésistiblement leurs cœurs, môme dans les rares occasions où ils n’étaient pas d’accord avec ce qu’il leur

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disait. Une grande ferveur religieuse s’emparait de ses auditeurs qui interrompaient souvent le Maître en s’écriant O Sadhou » (en manière d’applaudissement) dès qu’un passage du discours les avait particulièrement émus, et, en même temps, ils levaient leurs mains jointes, en signe de salutation.

Une partie au moins de son influence était due aux vibrations très intenses de son aura qui était si vaste que l’auditoire en était tout enveloppé et s’harmonisait avec elle pendant les sermons. L’effet magnétique de cette aura est presque indescriptible, et, pendant que les auditeurs se trouvaient sous son influence, même les moins intelligents d’entre eux comprenaient tout ce qu’il disait, bien que souvent, plus tard, soustraits à cette influence, ils trouvassent difficiles de comprendre les choses aussi bien. C’est aussi à cette merveilleuse influence qu’était dû le phénomène si souvent décrit dans les livres Bouddhiques, à savoir : la possibilité, pour un grand nombre de ses auditeurs, de s’élever au niveau de YArhat, Et le fait est bien souvent raconté dans les Ecritures bouddhiques qu’après un sermon du Bouddha, des centaines d’hommes, voire même des milliers, atteignaient le niveau de YArhat. Sachant combien ce degré est élevé, cela nous sembla chose presque incroyable, quand nous en lûmes le récit, et nous conclûmes à une exagération orientale ; pourtant, par des études ultérieures et plus approfondies, nous pûmes nous convaincre de l’absolue réalité du fait. Ce remarquable résultat nous incita à pousser plus avant nos investigations sur les causes qui avaient pu le déterminer, et nous vîmes bientôt qu’il était nécessaire, pour le comprendre, de considérer les vies antérieures des auditeurs.

Nous devons nous rappeler que le Seigneur Gautama est le Bouddha de la quatrième race-racine, bien que sa

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dernière incarnation ait eu lieu dans la cinquième. 11 s’était incarné bien des fois dans les différentes races de l’Atlantide, et, toujours, comme grand Instructeur. Dans chacune de ses vies, il avait attiré autour de lui de nombreux disciples qui, graduellement s’étaient élevés à des niveaux plus élevés de la pensée et de la vie ; quand il vint dans les Indes lors de sa dernière incarnation, laquelle fut pour ainsi dire l’apogée de celles qui l’avaient précédée, il organisa les événements de façon à ce que tous ceux qu’il avait influencés à des époques et dans des pays différents revinssent en incarnation en même temps que lui. Ses auditoires étaient donc tous composés, en grande partie, d’âmes toutes préparées et pour ainsi dire spécialisées qui, une fois sous l’influence du magnétisme extraordinairement puissant d’un Bouddha, pouvaient comprendre et suivre tous ses enseignements, et son action sur leurs Egos était prodigieusement stimulante. C’est pourquoi un si grand nombre de ses auditeurs purent si -rapidement s’élever à ces hauteurs vertigineuses.

Le troisième volume de La Doctrine Secrète contient un chapitre extrêmement intéressant et particulièrement suggestif, intitulé ; Le Mystère du Bouddha (1). Ce chapitre expose comment le Bouddha prépara ses corps internes de la matière la plus subtile, avec des spirilles entièrement développées. Ses corps bouddhique, causal et mental sont conservés, pour d’autres Grands Êtres, par suite de la difficulté qu’il y aurait à en produire d’autres qui puissent les égaler. Le Christ s’en servit avec le corps physique de Jésus pendant que ce dernier attendait sur les plans supérieurs, dans ses propres véhicules. Sankara-

(1) VI® vol. de l’Edition Française. (N. D. T.).

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charya se servit aussi de ces « dépouilles augustes ». De là vint l’erreur de croire qu’il fut une réincarnation du Bouddha. Le Christ à venir, emploiera, lui aussi, ces véhicules en les unissant à un autre corps physique qui, d’ores et déjà, est préparé pour lui.

Le Bouddhisme a encore un nombre d’adhérents supérieur à ceux des autres religions du monde et influence puissamment la vie de millions de nos contemporains. 11 serait injuste de juger cette religion parce qu’en ont dif les Orientalistes européens. A Ceylan et en Birmanie, j’ai pu comparer leur interprétation avec celle des bouddhistes actuels par les disciples vivants du Bouddha. Les savants moines de ces pays traitent le sujet avec une science au moins aussi précise que celle des orientalistes les plus réputés, mais leur interprétation des doctrines est beaucoup plus vivante et moins rigide. Le meilleur livre anglais qui puisse donner une idée juste du Bouddhisme est celui de Sir Edwin Arnold intitulé La Lumièred'Asie ; un autre peut occuper le second rang ; The soûl of a People par H. Fielding Hall. Quelques critiques se sont avisés de dire que Sir Edwin Arnold est allé au delà du sens littéral des mots du texte, et a essayé d’y voir des idées chrétiennes. Mais je ne crois pas que cela soit juste, et je trouve, pour ma part, qu’aucun autre auteur n’a aussi fidèlement dépeint l’esprit et les sentiments des Bouddhistes.

De nos jours le Bouddhisme est divisé en deux grandes Eglises, celle du Nord et celle du Sud ; toutes deux se sont écartées, dans une certaine mesure, des enseignements primitifs du Bouddha, mais dans des directions opposées. La religion est si claire, si droite, et d’un sens commun si évident que quiconque peut facilement l’observer sans être obligé d’abandonner sa foi et son culte. Dans l’Eglise du

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Nord, nous avons une forme de Bouddhisme qui comprend énormément d’additions ; elle semble avoir adopté beaucoup de cérémonies et de croyances provenant de la religion indigène qu’elle supplanta ; c’est ainsi que, dans le Thibet, la religion comprend toute une hiérarchie de divinités d’ordre inférieur, dévas et démons, qui étaient complètement ignorées du système primitif du Bouddha. L’Eglise du Sud, d’autre part, au lieu d’ajouter à l’enseignement du Bouddha, en a plutôt retranché certaines parties, tout en accentuant le côté abstrait et les tendances matérialistes de sa philosophie.

Cette Eglise enseigne que seul le Karma de l’homme passe d’une vie à une autre, qu’il n’y a pas d’Ego permanent dans l’homme; que l’individu qui se réincarne est un homme nouveau, résultat du Karma d’une vie antérieure ; et elle cite diverses affirmations du Bouddha. Il est vrai que le Bouddha s’élève assez fortement contre la persistance de la personnalité. 11 déclara maintes et maintes fois à ses auditeurs que rien de ce qu’ils connaissaient d’un homme ne pourrait être conservé lors d’une nouvelle naissance ; mais nulle part, il n’a nié l'individualité, et, en fait, il l’affirme d’une façon très nette dans la plupart de ses discours. Prenons par exemple un texte du Samannaphalasutta du Digha-Nikaya. En parlant d’abord des conditions et de l’entraînement de l’intellect qui sont nécessaires pour progresser spirituellement, le Bouddha explique comment l’homme peut recouvrer la mémoire de ses vies passées et voir toutes les scènes auxquelles il a pris part se dérouler successivement devant les yeux de son esprit. 11 donne l’exemple suivant :

« Si un homme quitte son village pour se rendre à un autre, et de celui-ci à un autre encore pour revenir fina-

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lement à son village natal, il peut se dire : « C’est bien moi qui suis parti de mon village pour venir à celui-ci. Je m’y suis tenu debout d’une certaine façon ; je m’y suis assis de telle manière ; j’y ai parlé ainsi et j’y suis resté silencieux. De ce village, je me suis rendu à un autre où j’ai fait la meme chose. Puis toujours le même « je » a quitté ce village pour revenir à mon propre village. )) De même, O Roi, l’ascète, quand il est pur d’esprit, peut connaître ses incarnations antérieures. II se dit : « Dans tel endroit, je portais tel nom, je naquis dans telle famille, dans telle caste ; ma nourriture fut de tel genre ; dans telles et telles conditions, j’ai éprouvé plaisir et souffrance, et ma vie s’est poursuivie dans d’autres lieux, et là encore, je me trouvai dans telle et telle condition. De là, le même « Moi » est venu renaître ici. »

Cette citation montre bien clairement qu’elle était la doctrine du Bouddha relativement à l’Ego réincarnateur. Dans le même Sutia, il explique comme un ascète peut connaître les existences passées des autres, comment il peut les voir mourir dans tel endroit, puis renaître ailleurs après avoir passé par les tourments de l’enfer et les joies du ciel. Il est vrai que dans le Brahmajala Sutta, il parle des apparences diverses de l’âme et dit que ces apparences n’existent pas d’une façon absolue, leur existence dépendant entièrement de son contact (c’est-àdire de ses relations). Mais en niant ainsi la réalité absolue de l’âme, il est d’accord avec les grands Instructeurs hindous, car non seulement l’existence de l’âme, mais celle du Logos lui-même n’est que relativement réelle.

Les esprits non préparés interprètent faussement ces idées, mais celui qui étudie à fond la pensée orientale en saisit le sens exact et comprend que l’enseignement du

LE BOUDDHISME

Bouddha est exactement celui de la Théosophie moderne.

Il n’est pas difficile de voir comment ces textes triturés et faussés peuvent paraître se contredire les uns les autres. Aussi l’Eglise du Sud a-t-elle préféré s’attacher plutôt à la négation de la permanence de la personnalité plutôt qu à l’affirmation de la continuité de l’individualité, comme dans le Christianisme certaines gens ont pris l’habitude d’exagérer l’importance de certains textes et d ignorer ceux qui les contredisent.

Un autre point au sujet duquel existe un malentendu analogue est l’affirmation constante que le Nirvana équivaut à l’anéantissement. Max Muller lui-même, le fameux sanscritiste d’Oxford, demeura pendant bien des années dans cette illusion. Plus tard cependant, grâce à des études plus approfondies, il finit par comprendre quelle avait été son erreur. La description que donne le Bouddha luimême du Nirvâna est tellement au-dessus de la compréhension de ceux qui sont habitués aux seules méthodes ordinaires et courantes de pensée, qu’il n est pas étonnant, qu’au premier abord, cette définition ait été mal comprise par les orientalistes européens ; mais quiconque a vécu parmi les bouddhistes ne peut supposer un seul instant que l’anéantissement soit le but qu’ils s’efforcent d’atteindre.

Certes, il est vrai que, pour atteindre Nirvâna, il faut annihiler complètement le côté inférieur, c’est-à-dire le seul que nous connaissions à présent de l’homme. La personnalité, comme tout ce qui se rattache aux véhicules inférieurs, est transitoire et doit disparaître. Si nous essayons d’imaginer ce que serait 1 homme dépourvu de tout ce qu’impliquent ces mots, nous verrons qu’actuellement il nous est difficile de comprendre qu’il puisse rester quelque chose, et, cependant, la vérité est

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CJU6 tout reste, que clans I esprit glorieux qui existe alors, subsiste, au plus haut degré, l'essence de toutes les qualités qui ont été développées au cours de longs siècles de luttes et d efforts dans les incarnations terrestres. L’homme est devenu surhumain puisqu’il est alors au seuil de la Divinité : cependant il est encore lui-même quoique son individualité se soit si largement accrue.

De nombreuses définitions ont été données du Nirvana, et, naturellement, aucune ne saurait être satisfaisante ; la meilleure me paraît être celle-ci : « la paix dans l’omniscience ». Lorsque, il y a longtemps, je préparais un catéchisme bouddhiste élémentaire, le grand-prêtre Sumangala me dit lui-même que la meilleure définition à donner était la suivante : « Le Nirvana est un état de paix et de félicité si fort au-dessus de notre condition actuelle qu’il nous est impossible de le comprendre, >> Cela est bien loin de l’idée d’anéantissement. Tout ce que nous appelons aujourd’hui l’homme, a disparu il est vrai : mais ce n est pas parce que l’individualité est annihilée, c’est parce qu elle est perdue dans ia Divinité.

Le Bouddha lui-même dit : « Le Nirvana n’est pas l’être ; mais il n’est pas davantage le non-être. »

Il y a une autre différence entre le Bouddhisme du Nord et celui du Sud. Leurs Eglises respectives ont adopté des versions différentes des Ecritures. Il est généralement établi que l’Eglise du Nord adopte le AJahâyâaa, et celle du Sud : le Uinayâna, mais l’exactitude de cette assertion dépend du sens très discuté que l’on attache au mot yâna. Ce mot signifie véhicule et l’on est d’accord pour l’appliquer au dhamma, ou loi, celle-ci étant le vaisseau qui nous transporte au delà de l’océan de la vie pour nous conduire au Nircdna: mais il y a au

LE BOUDDHISME

moins cinq versions différentes du sens exact qui peut être donné à ce mot :

1“ Yana se rapporte simplement à la langue dans laquelle la loi a été écrite, le Sanscrit étant d’après cette hypothèse, le véhicule le plus important et le Pâli le moindre ; cette théorie me semble insoutenable. Il est vrai que l’Eglise du Nord se sert de la traduction en Sanscrit, alors que celle du Sud se sert du Pâli, langue que parlait le seigneur Bouddha lorsqu’il était sur terre. On dit que les Ecritures en Pâli que nous possédons actuellement ne sont pas la version originale, mais que toutes les Ecritures originales qui ont existé (à Ceylan du moins) furent soigneusement détruites par les envahisseurs Tamil, de sorte que les Ecritures en Pâli que nous avons ne sont qu’une nouvelle traduction en Elu qui était alors le dialecte indigène de Ceylan ;

2° Le mot llina peut en apparence signifier moyen, ordinaire ou facile, aussi bien que petit, d’où l’interpré. tation du llinayâna comme étant la voie la plus ordinaire et la plus facile pour arriver à la libération, et aussi le minimum irréductible de connaissance et de conduite requis pour atteindre cette libération, alors que le Mahâyâna est la doctrine plus complète et plus philosophique qui renferme beaucoup de données sur les règnes supérieurs de la nature. Inutile d’ajouter que cette dernière interprétation émane d’une source Mahâyâna.

3“ Le Bouddhisme, par un esprit de tolérance envers les autres religions auquel il n a jamais failli, les admet toutes comme des moyens d arriver à la libération, tout en considérant que la méthode indiquée par son fondateur est la plus courte et la plus sûre. D après cette théorie, le Bouddhisme serait le Mahâyâna, et le llinayâna comprendrait le Brahmanisme, le Zoroastrianisme,

l’occultisme dans la nature

le Jaïnisme et toutes les autres religions qui existaient à l’époque où cette définition fut formulée.

4 Les deux doctrines ne sont que les deux degrés d’une seule et même doctrine : le Hinayâna pour les Shravakas ou auditeurs, et le Mahâydna pour les étudiants plus avancés.

5 Le mot yâna ne doit pas être pris tout à fait dans son sens primitif de véhicule mais plutôt dans son second sens qui équivaut à peu près au mot anglais ; career (I). D’après cette interprétation le Mahâydna expose à l’homme la « grande carrière » qui consiste à devenir un Bodhisattwa en se consacrant au bien général du monde, alors que le Hinayâna ne lui montre que la « carrière » plus étroite qui consiste à vivre de façon à atteindre le Nirvâna pour soi-même.

De nombreuses discussions se sont aussi élevées sur le sens exact à donner aux termes Adi-Buddha et Avalokiteshwara. Je n’ai point fait d’études spéciales sur ces questions au point de vue philosophique ; mais d’après ce que j’ai pu recueillir dans les discussions avec des Bouddhistes qualifiés, Adi-Buddha serait le point culminant de 1 une des grandes lignes du développement superhumain, ce que nous pourrions appeler le principe abstrait de tous les Bouddhas. Avalokiteshwara est un terme appartenant à l’Eglise du Nord et semble être le nom donné par les Bouddhistes à leur conception du Logos. Les orientalistes d’Europe l’ont traduit par : « Le Seigneur qui regarde d’en haut, » mais cela me paraît inexact, car il est clair que c’est toujours le Logos manifesté, quelquefois le Logos d’un système solaire, et quelquefois aussi un Logos encore plus élevé, mais tou-

(1) Carrière.

LE BOUDDHISME

jours manifesté. 11 ne faut pas oublier que si les Fondateurs des grandes religions voient et connaissent les choses qu’ils désignent sous un nom déterminé, il n’en est pas de même pour leurs disciples qui, eux, ne voient généralement pas les choses en question dont ils ne savent que les noms avec lesquels ils échafaudent des théories plus ou moins inexactes et erronées.

Le Bouddhisme de l’Eglise du Sud qui embrasse Ceylan, la Birmanie, le Siam et le Cambodge, a gardé à peu près sa religion exempte de toutes les additions qui sont devenues si importantes dans les parties septentrionales du Japon, de la Chine et du Thibet. Dans les temples de Birmanie on n’aperçoit aucune image, sauf celle de Bouddha, mais, on peut en compter parfois des centaines faites de matières différentes, dans des postures diverses et offertes par de nombreux fidèles variés. A Ceylan, une certaine concession semble avoir été faite au sentiment populaire ou peut-être à un gouvernement étranger du temps des Bois Tamil, car on peut voir, dans les temples, les images de quelques divinités hindoues, mais celles-ci sont toujours placées dans une situation inférieure à celle du Bouddha et considérées comme des espèces de subordonnées. Nous ne devons cependant pas trop blâmer les ïhibétains d’avoir accueilli certaines superstitions dans leur Bouddhisme, car le même fait s’est présenté dans tous les pays et dans toutes les religions. Ne voit-on pas en Italie, par exemple, nombre de montagnards suivre ce qu’ils appellent leur ancienne religion et continuer, même au temps présent, de rendre un culte à Bacchus sous un nom Etrusque antérieur même à l’Empire romain? Les prêtres catholiques connaissent bien l’existence de cette ancienne foi et s’élèvent contre elle mais sans succès.

Le Bouddhisme du Sud a extrêmement peu de céré-

l’occultisme dans la nature

monies, et, en somme, il n’a rien qui puisse correspondre à la liturgie chrétienne. Quand les gens vont au temple laire leur visite matinale, ils demandent généralement aux moines de leur réciter les trois guides et les cinq préceptes qu ils répètent après lui, et cela ne peut guère être appelé un oifice, car ces récitations ne se font pas une fois seulement pour une foule rassemblée dans ce but, mais pour chaque groupe de personnes qui se présente. Il y a une autre cérémonie appelée Paritta ou Pirit (mot qui signifie « bénédictions •>) niais celle-ci n’est pas célébrée dans le temple ni à époques fixes ; on considère comme une bonne œuvre, de la part des laïques, de célébrer une circonstance spéciale par une cérémonie Pirit, c est-à-dire d’élever et de décorer fastueusement une construction temporaire où se fait cette cérémonie. Elle consiste à chanter des versets, bénédictions tirées des Ecritures sacrées ; elle dure généralement une quinzaine de jours pendant lesquels les moines se remplacent toutes les heures (1).

Lorsqu’une personne tombe malade, un Pirit est parfois organisé avec l’idée que cette cérémonie sera, pour le malade, un moyen de recouvrer la santé. En réalité, c est une cérémonie mesmérique car les moines s’asseyent en cercle tenant entre leurs mains une corde qui fait le tour du cercle, et ils ont appris à réciter leurs textes avec la volonté bien arrêtée de répandre des bénédictions. Cette corde se magnétise naturellement à un très haut degré, au fur et à mesure que la cérémonie avance ; de plus, des cordons partant de la corde principale sont plongés dans un vase rempli d’eau qui se trouve, elle aussi, fortement

(1) Voir Echappées sur VOccultisme par G. W. Leadbeatkr. (N. D. T.)

le bouddhisme

magnétisée. A la fin de la cérémonie, cette eau est distribuée au peuple, et le malade tient souvent dans sa main un fil rattaché à la corde principale.

Les Bouddhistes du Sud donnent une liste des cinq pouvoirs psychiques qui peuvent être acquis par l’homme qui avance sur le Sentier ; 1° La faculté de pouvoir passer à travers l’air et les objets solides et de visiter le monde céleste pendant la vie. Cela ne veut probablement signifier autre chose que de pouvoir fonctionner librement dans le corps astral, car il est à présumer qu’en parlant du monde céleste on ne veut pas dire réellement le plan mental, mais seulement les niveaux supérieurs du plan astral ; 2" La clairaudience divine — ce qui évidemment veut dire la faculté de clairaudience astrale ; 3“ La faculté de percevoir tout ce qu’il y a dans l’esprit des autres et d’y sympathiser — ce qui semble n’être que la lecture de pensée et peut-être la télépathie; 4° Le pouvoir de se rappeler ses vies antérieures ; 5° La claire vision divine, c’est-à-dire la clairvoyance. A ces pouvoirs est ajouté, dans certaines listes, celui d’atteindre la délivrance par la sagesse. Cela signifie évidemment la libération de la nécessité des renaissances ; mais ce pouvoir ne semble pas être de la même nature que les autres et ne devrait pas, semble-t-il, figurer dans la même catégorie.

On dit qu’Ananda fut le disciple favori du Seigneur Bouddha, comme Jean fut celui du Christ, et, dans les deux cas, cette intimité spéciale entre Maître et disciple, fut, sans aucun doute, le résultat de relations établies dans des vies antérieurs. Ananda ne fut certainement pas choisi parce qu’il était le plus avancé des disciples, car, il est dit que, même après la mort du Bouddha, lorsque le premier concile fut tenu dans une caverne creusée dans le rocher, une condition fut imposée à tous ceux

qui voulaient y prendre part, à savoir que quiconque ne pourrait passer à travers le rocher n’entrerait dans la caverne, et Ananda, n ayant pas encore acquis ce pouvoir fut par suite exclu du concile. Mais il est dit aussi que son chagrin fut si grand de perdre ainsi une occasion de servir son défunt Maître que, par un suprême effort de volonté, il parvint à développer sur le champ le pouvoir qui lui manquait et put, quoique tardivement, prendre triomphalement sa place parmi ses frères.

Cela prouve que même ceux qui sont le plus hautement avancés ont des amis spéciaux, et que, par conséquent, il est permis d aimer certaines personnes plus que d’autres. Il est vrai que l’affection que vous portez maintenant à ceux qui vous sont le plus proches s’étendra plus tard à 1 humanité entière, mais alors l’affection que vous ressentiez pour les vôtres sera mille fois plus grande. Notre amour ne sera jamais le même pour tous, bien qu’il embrassera tous les êtres. Le sentiment d’amour que nous avons pour un autre ne peut être semblable à celui que nous avons pour notre Maître, car lorsque celui-ci sera devenu un Logos, nous ferons partie de son système, et même, lorsque dans un temps infiniment plus éloigné encore, nous serons devenus nous-mêmes des Logoï, nous ferons encore partie de Lui-même, car il représen^ fera un système bien plus grand. Malgré les différents degrés qui existeront toujours dans notre amour pour les autres, notre aide sera égale pour tous, aussi bien pour ceux que nous aimons beaucoup que pour ceux que nous aimons moins. Nous devons toujours faire de notre mieux envers tous, comme le médecin qui soigne ses malades avec la même sollicitude qu’ils soient ses amis ou non, car tout ce qui pourrait ressembler à la haine ou a 1 aversion aura disparu bien des aeons auparavant.

LE BOUDDHISME

Au temps même du Seigneur Bouddha d’autres instructeurs spirituels furent envoyés au monde tels que Laotseu, Confucius et Pythagore, tous travaillant dans leurs sphères respectives. On profita de l’afflux prodigieux de forces spirituelles à ce moment, pour envoyer des Instructeurs dans plusieurs parties du monde.

LE CHRISTIANISME

II n’y a en Théosophie aucun principe qui soit en opposition au véritable Christianisme primitif, bien que certaines de nos théories ne puissent se concilier avec quelques unes des erreurs existant dans la théologie populaire moderne. Celle-ci attache une grande importance aux textes ; en réalité, elle me paraît se baser presque entièrement sur un ou deux textes. Elle s’est emparée de ces derniers et leur donne une interprétation particulière contredisant bien souvent le sens bien clair d’autres textes se trouvant dans la même bible. Certes il y a des contradictions dans la Bible, et il ne peut en être autrement dans un livre d’une telle étendue, dont les différentes parties ont été écrites à des époques si distantes de l’histoire du monde, et par des personnes de connaissances et de civilisation si différentes.

Il est impossible que toutes les assertions de la Bible soient littéralement vraies mais nous pouvons en chercher le sens caché et essayer de découvrir ce que l’instructeur original a voulu exposer à ses disciples. Puisque la Bible contient de nombreuses contradictions et donne lieu à différentes interprétations, le devoir dM

LE CHRISTI/iNISME

du chrétien qui pense est évidemment de peser les versions diverses de sa religion qui existent dans le monde et de choisir celle qui satisfait sa raison et son bon sens.

En fait, tout chrétien décide pour lui-même au temps présent et choisit entre l’Eglise catholique romaine, l’Eglise anglicane, l’église méthodiste ou l’armée du Salut, bien que chacune de ces sectes prétende détenir l’unique et pur flambeau du Christianisme et justifie cette affirmation en l’appuyant sur différents textes. Comment alors le simple laïque choisit-il entre ces prétentions rivales ? Ou il accepte aveuglément la croyance qu’il tient de ses parents sans vouloir l’approfondir, ou bien, il l’examine et se base sur son propre jugement.

S’il a déjà commencé dans cette voie, il serait absurde, et inconséquent de sa part, de se refuser à examiner tous les textes et de se contenter de baser ses croyances sur un ou deux de ces textes seulement. S’il les examine tous avec impartialité il en trouvera certainement un grand nombre qui viendront à l’appui des vérités enseignées par la Théosophie. Il découvrira aussi que les credos ne peuvent être rationnellement interprétés que par la Théosophie. Mais, afin de comparer ces différents systèmes d’une façon intelligente, il devra se livrer à des recherches sérieuses sur l’histoire de sa religion et apprendre comment la doctrine chrétienne est devenue ce qu’elle est aujourd’hui (1).

11 verra que l’Eglise primitive était divisée en trois parties principales. D’abord, les docteurs Gnostiques ou

, (i) Voir Le Credo chrétien^ par C. W. Leadbeater. Le Christia¬

nisme Esotérique, par Annie Besant. (N. D. T.)

instructeurs, hommes d’une grande sagesse et d’une haute culture ; ceux-ci proclamaient que l’Eglise chrétienne possédait un système de philosophie d’une nature semblable à celle des systèmes Grecs et Romains de cette époque. Ce système, disaient-ils, est très vaste et très beau, mais difficile à comprendre, aussi n’en conseillaient-ils pas l’étude aux ignorants. Ils lui donnaient le nom de Gnose ou connaissance — connaissance que possédaient les fidèles instruits, mais qui n’était pas donnée publiquement ni même enseignée aux fidèles plus ignorants tant qu’il se trouvaient au stade préliminaire où ils n’avaient pas encore reçu les sacrements.

La seconde division se composait d’une réunion de gens respectables de la classe moyenne ; ceux-ci ne se préoccupaient nullement de philosophie, mais se contentaient simplement de prendre les paroles du Christ comme guide dans la vie. Us avaient pour livre sacré une collebtion de ses maximes dont quelques feuilles ont été récemment découvertes par les archéologues.

Il y avait enfin, malheureusement, une troisième classe, composée de gens ignorants et turbulents qui, n’ayant jamais eu la moindre idée de la doctrine chrétienne, entrèrent néanmoins dans l’Eglise à cause des prophéties laites par le Christ annonçant que des temps meilleurs étaient proches. En effet, profondément touché par la misère des pauvres, rempli de compassion et de pitié le Christ leur répétait sans cesse, dans ses enseignements, de ne pas désespérer, puisque le pauvre qui supporte courageusement la lutte aurait dans l’avenir une situation meilleure et avancerait plus vite que le riche qui fait mauvais usage de ses richesses et qui ne profite pas des occasions qui lui sont données de faire le bien. On devine aisément qu’une telle doctrine, prêchée à un peuple abso-

LE CHRISTIANISME

lument ignorant, était fatalement destinée à être comprise dans son sens le plus étroit. Ses partisans voulaient bien accepter les promesses qui leur étaient faites, mais non les conditions exigées, et leur idée de ces temps meilleurs à venir était qu’ils deviendraient à leur tour les oppresseurs et qu’ils en profiteraient pour se tourner contre les riches, chose que le Christ ne prêcha jamais, bien entendu. 11 en résulta donc qu’il attira à lui toute une foule de gens qui, pour diverses raisons, protestèrent contre le gouvernement existant; et lorsque ces ignorants voulurent à leur tour prêcher aux autres ce qu’ils appelaient le Christianisme, il arriva que cet enseignement se trouva complètement dénaturé par suite des grossières erreurs et des exagérations qu’ils y glissèrent par leurs erreurs dues à leur fausse interprétation de la doctrine. Toute cette populace qui se qualifiait elle-même de « pauvres gens » devint rapidement une grande majorité dans l'Eglise primitive, et elle acquit tant d’autorité qu’elle fut bientôt assez puissante, pour chasser les Docteurs Gnostiques comme hérétiques, craignant que les connaissances dont ceux-ci faisaient preuve, et qu’elle était loin, elle, de posséder, ne fussent considérées plus tard comme partie essentielle du Christianisme.

Il y a encore une autre point de vue d’où la Théosophie peut être de la plus grande utilité au chrétien. En ce moment, de nombreux chrétiens orthodoxes s’affligent de voir s’exercer ce qu’ils appellent la haute critique, c’est-à-dire la tentative d’appliquer le sens commun ordinaire et les méthodes scientifiques à l’examen des enseignements religieux, ils s’affligent des efforts faits pour comprendre la religion au lieu d’y croire aveuglément. Pendant des siècles, le monde a été invité à avaler les dogmes ecclésiastiques comme des pilules : vouloir les

l’occultisme DA^S LA NATURE

raisonner est impie. Mais il y a dans le monde des quantités d’hommes (parmi l’élite intellectuelle) qui ne peuvent admettre ainsi, aveuglément, ces doctrines, sans les comprendre. Avant de croire ils veulent comprendre, au moins dans une certaine mesure, et aucune théorie, ne peut devenir pour eux une vérité, que lorsqu’ils peuvent la relier rationnellement à d’autres faits, et la considérer comme faisant partie d’un système plus ou moins compréhensible.

Il est ridicule de dire (comme quelques orthodoxes) que ces gens sont funestes et que leur attitude est inspirée par le démon. Au contraire, ce sont précisément ceux-là qui savent apprécier le don précieux que Dieu leur a fait en leur donnant la raison, et qui sont fermement décidés à en faire l’usage le plus élevé: à savoir la recherche, de la vérité en matière de religion. En fait, la critique ne peut que rendre les plus grands services à la religion ; en élucidant des points qui n’étaient que bien vagues auparavant, elle étudie avec précision des questions qui n’avaient été comprises qu’en partie, et elle s’efforce d’édifier un système raisonnable avec tout ce qui, jusqu’à présent, n’était qu’un chaos d’idées confuses et sans signification.

Si des théosophes ont des amis orthodoxes qui soient troublés par ces tentatives, qui craignent de perdre complètement leur foi en la rendant plus large et plus rationnelle, que ces théosophes recommandent à leurs amis l’étude de la Théosophie car c’est ce dont leurs frères ont le plus grand besoin.

Elle leur conseillera d’attendre avant de rejeter la foi de leurs ancêtres et leur montrera que cette foi a un sens et une base réels quand elle est bien comprise, et que, si certains dogmes nés de la fantaisie ecclésiaslique du Moyen Age

LE CHKISTIANISME

sont incompréhensibles, il n’en est pas moins vrai que l’enseignement original du Christ lut une magnifique manifestation de la vérité universelle.

Si ces orthodoxes se sont élevés un peu au-dessus de la forme extérieure de leur religion, s’ils ont commencé à percer la chrysalide de la foi aveugle pour s élever, sur les ailes de la raison et de l’intuition, vers la vie mentale plus large, plus noble, des niveaux supérieurs, la Théosophie loin de leur faire rien perdre leur assurera un gain immense et glorieux. Car elle leur dit que les élans de dévotion qui leur étaient si précieux dans leur vie spirituelle sont amplement justifiés, que la splendeur, la beauté et la poésie de la pensée religieuse existent toujours mais plus complètement qu’ils ne 1 ont jamais esperé, non plus comme de simples rêves agréables d’où la froide lumière de la raison peut, à un moment donné, les faire sortir brutalement, mais comme des vérités naturelles pouvant supporter l’analyse et le jugement et qui deviendront plus lumineuses et plus parfaites à mesure qu’elles seront mieux comprises.

La bible chrétienne ne doit évidemment pas être prise à la lettre, car un grand nombre de ses assertions sont ou symboliques ou fausses. Si par exemple on examine à l’aide de la clairvoyance, la vie du fondateur du Christianisme, on n'y trouve aucune trace des douze apôtres, et il semblerait qu’ils n’ont jamais existé en tant qu’hommes, qu’ils ont été introduits dans l’histoire pour une raison quelconque, peut-être pour symboliser les douze signes du zodiaque. Le Disciple Jésus dont le corps fut emprunté par le Christ n’était pas fils illégitime, comme le laisse croire l’Evangile, et son père n’était point charpentier. En réalité, Jésus appartenait à la plus haute aristocratie des Juifs, et descendait de leur lignée royale. 11 peut se

faire qu’il ait eu une teinte de sang Aryen, et cela a suffi pour faire dire aux Juifs exclusifs qu’il n’appartenait pas légitimement à la race de David ; cette assertion a pu très facilement être le point de départ de l’idée de naissance illégitime dans le récit évangélique.

Quoi qu il en soit, la vérité est que les quatre évangiles n ont jamais été destinés à être pris dans un sens historique. Tous les quatre sont issus d’un texte beaucoup plus court, écrit en hébreu par un moine, du nom de Mathœus, lequel vivait dans un monastère situé dans un désert, au fond de la Palestine. Ce moine paraît avoir conçu l’idée de retracer, sous forme de récits, quelques grands faits relatifs aux initiations et d’y ajouter quelques évènements de la vie du Jésus réel qui était né en l’an 105 av. J.-C. et aussi quelques-uns de la vie d’un autre prédicateur, fanatique obscur, qui avait été condamné a mort et exécuté à Jérusalem environ 30 ans après J.-C.

Il envoya ce document a 1 un de ses amis, grand prieur d’un monastère très important d’Alexandrie, en lui suggérant de le traduire ou de le faire traduire pour le publier en grec. Le prieur alexandrin semble avoir employé plusieurs de ses jeunes moines à ce travail, chacun d’eux devant le faire en entier et le traiter selon ses propres vues. Un certain nombre de textes, de valeur très inégale, furent ainsi écrits, chacun des moines y incorporant plus ou moins les faits contenus dans le manuscrit original de Mathœus, y ajoutant aussi quelques légendes dont ils avaient eu par hasard connaissance, sans compter ce que leur inspiraient leur goût et leur fantaisie. Quatre de ces textes ont survécu, et, à chacun, sont attachés les noms des moines qui les rédigèrent: Mathieu, Marc, Luc et Jean. Le Splendide passage qui fait le début de l’évangile de

LE CHRISTIANISME

St Jean n’est pas une œuvre originale, c’est une citation, car nous avons reconnu qu’il existait bien des années avant l’époque du Christ dans un manuscrit qui était, même alors, d’une très grande antiquité.

Dans ce meme manuscrit se trouvait aussi une citation des stances de Dzyàn, qui, elle aussi, était traduite en grec.

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