‹ L'occultisme et l'amourChapitre 24 sur 87 · Le prêtre e( le sorcier^ p · texte numérisé non relu

Le prêtre e( le sorcier^ p

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ment S ecclésiastiques et par le jugement des plus grands docteurs... »

Nous verrons, dans les chapitres suivants, le rôle joué par Satan dans les cérémonies du sabat et de la messe noire, et dans les hallucinations obscènes des incubes et des succubes.

Le christianisme prêche la continence et la chasteté. Pour arriver à cette perfection il faut refouler les désirs, vaincre et mater la chair. Ce fut là Forigine d'extravagances cruelles dont l'érotisme n'était pas toujours banni. Il existe, en effet, une incontestable affinité entre la religion, la cruauté et la volupté. « Le sens religieux et le sens sexuel, dit R. von Krafft-Ebing, arrivés au maximum do leur développement, présentent des similitudes en ce qui concerne le quantum et la nature de Texcitation ; ils peuvent donc se substituer dans certaines conditions. Tous deux peuvent dégénérer en cruauté, si les conditions pathologiques nécessaires existent '^ »

Origène et Léonce d'Antioche se rendirent volontairement eunuques. Ils eurent des sectateurs et des imitateurs. Tels sont encore de nos jours les skopzis Cjui ajDparurent et se répandirent en Russie.

Sous les régnes de Catherine II et d'Alexandre P'\ c'est par la castration qu'ils affirmèrent l'individualité de leur secte. Dans les joremiers temps, l'opération consistait dans la destruction des testicules par le fer rouge, ce qui fit appeler la mutilation baptême du feu. Plus tard, on l'adoucit et on fit l'amputation à

1. Psijckopatfda sexualis, trad. franc, de E. Laurent et S. Csapo, p. 13.

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Taide d'un couteau ou d'un rasoir après avoir lié fortement le scrotum. Cette mutilation n'est point encore l'idéal des Skopzis ; ils l'appellent des noms modestes de : premier cachet, petit cachet, premier blanchissage, première purification, montnre du cheval tacheté. Lorsque la castration se fait à Tàgc adulte, l'érection persiste, pendant quelque temps du moins, et les victimes ne perdent pas complètement la faculté de pécher; c'est pour cela qu'ils eurent l'idée d'extraire aussi la verge, ce qui s'appelle : baptême complet, second cachet ou cachet impérial, monture du cheval blanc. Les femmes qui font partie de la secte sont misérablement mutilées ; elles se coupent, s'arrachent, se brûlent le bout des seins ou s'enlèvent les glandes mammaires. D'autres fois aussi elles se coupent une partie des petites lèvres seules ou avec le clitoris ou bien elles amputent la partie supérieure des grandes et des petites lèvres et tout le clitoris ^ .

Une des coutumes religieuses des Skopzis est, diton, de mutiler, pendant la nuit qui précède Pâques, une jeune fille de quinze à seize ans qui est dès lors regardée comme sacrée. On lui enlève un des seins que les assistants mangent pieusement : puis la jeune victime est mise sur l'autel; les fidèles dansent et chantent frénétiquement tout autour ; les lumières sont alors" éteintes et il se passe des scènes indicibles.

1. V. à ce sujet, P. Mantegazza : l'Amour dans riiinnaiiUé, p. 140 et suiv.

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Les cours d'amour du moyen âge furent une réaction contre les rigueurs du christianisme. Leur chevalerie, s^il faut en croire J. de la Porte du Théil, associait Tamour aux idées et aux pratiques de la dévotion. Un troubadour du xiii' siècle dit qu'il brûle des cierges et fait dire des messes pour le succès de son amour. Cette adaptation de la religion aux desiderata amoureux se prolongea fort avant, car nous la retrouvons en usage à la cour de Henri III, si nous en croj'ons le même auteur. « Durant le règne de Henri III, dit-il, les hommes portaient dans leurs heures, sous la figure de la Vierge, le portrait de celle qu^ils aimaient et les femmes avaient le portrait de leurs amants sous la figure de Jésus-Christ ou de quelque saint. »

Le savant Fauriel fait nettement ressortir que, loin de ne juger qu'une vulgaire querelle poétique, les cours d'amour entraient dans les intérêts les plus intimes et les jolus passionnés de la vie ; elles avaient pour objet de régler entre les deux sexes les relations les plus délicates et agissaient par là sur la partie la plus élevée de la société. Dans son ouvrage De arte amcUoria et reprobalione cnnoris^ André le Chapelain fait une description du Palais de l'Amour^ où les amants demeureront éternellement dans l'autre vie, dans un paradis, un purgatoire ou

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LES RELIGIONS ET l'aMOL'R 63

un enfer, suivant leur conduite amoureuse ici-bas. Dans leur confusion du christianisme, les cours d'amour étaient, avant tout, une réhabilitation de l'amour. Du temps de Charles YU, c'étaient des sortes de réunions ou sociétés galantes, dont le but était de représenter la cour du dieu ou de hi déesse d'amour. Une poésie de Froissart intitulée Paradis (F Amour fait allusion à la véritable cour d'amour. Mal accueilhpar sa maîtresse, il s'endort désespéré, mais, en songe, il voit deux gentes dames qui le réconfortent et le conduisent devant le dieu, siégeant en grande compagnie de belles dames, damoiselles et de beaux damoisaus « vêtus de verd ». Froissart récite au dieu un lai dont celui-ci fut si satisfait qu'il lui promit son assistance. A peine, en effet, revit-il sa belle, qu'elle s'adoucit, daigna écouter une ballade et lui donna à baiser un chapeau de marguerites, muet consentement à son amour, lorsqu'il s'éveilla soudain.

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A propos des diverses manifestations symboliques de l'amour à travers l'évolution des âges, M. Paul de Régla dit fort justement : « Comme aux jours du passé, comme au temps de l'ancien paganisme, la divinité qui préside à la reproduction de l'espèce humaine, véritable miracle de toutes les époques, mérite et possède le culte le plus vif et le plus dévot.

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« L'amour mène ce monde comme il a conduit r ancien.

(( Salué roi des cieux par les acclamations de nos ancêtres, il en est resté Tâme et la vie. S'il ne brille plus dans TOlympe mythologique, ses flammes, devenues chrétiennes, animent encore toutes nos conceptions et toutes nos actions.

« Comme au temps passé, il est le roi des cieux et du monde.

(( Représentée sous la forme d'un enfant aux ailes diaphanes, sous celle de l'organe viril du mâle, ou sous celle d'un cœur humain traversé par une flèche, ridée est restée la même. Elle féconde toujours le symbolisme aux formes diverses de la grande loi de la procréation, de la vie et de Tamour universel ^ »

C'est pour ces différentes raisons qu'il nous a paru intéressant de résumer, au début de cette étude, le rôle immense qu'a joué l'amour dans les religions. Cela était indispensable pour la compréhension des chapitres qui vont suivre.

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