OEuvres, 1. XY, c
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suspecte que les svl vains, les satyres et les faunes qu'on appelle ordinairement incubes, ont souvent tourmenté les femmes et contente leurs passions avec elles, et que beaucoup de gens (riionneur assurent que quelques démons nommés Dusiens par les Gaulois tentent et exécutent tous les jours ces impuretés, de sorte qu'il y aurait impudence à le nier : je n'oserais déterminer ni dire s'il y a quelques esprits revêtus d'un corps d'air qui soient capables d'avoir commerce avec les femmes. Je ne pense pas néanmoins, conclut-il, — le théologien reprenant le dessus, — que les saints anges aient pu tomber dans ces faiblesses, quoiqu'ils aient pris quelquefois un corps, de sorte qu'ils ont été vus et touches. ))
Pendant tout le moyen âge, la poétique Germanie fut peuplée d'elfes, d'aulnes et d'ondines, esprits amoureux qui tourmentaient les humains. Michelet^ a très bien compris et exphqué ce besoin d'amour et de surnaturel dont fut angoissée l'humanité pendant les affres et les ténèbres du moyen âge. (( Le désir du pauvre serf, dit-il, de respirer, de se reposer, de trouver un trésor qui finira ses misères... plus souvent par une noble aspiration, ce trésor est aussi une âme, un trésor d'amour qui sommeille. Une passion trèsréelle, très sincère, ethï-dessous l'amour malheureux, sans espoir, que souvent la nature cruelle mit entre les pauvres âmes de condition trop différente, la douleur de la paysanne de ne pouvoir se faire belle pour être aimée du chevalier, les soupirs étouffés