‹ L'occultisme et l'amourChapitre 33 sur 87 · Sur l'ornemenl des fetnnies^ pr. X · texte numérisé non relu

Sur l'ornemenl des fetnnies^ pr. X

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Ce qui, au moyen âge, gagna tant de cœurs à Satan, ce fut le côté si humain de son mystérieux culte opposé à la farouche et impitoyable dureté du dogme catholique. Avec ce dernier la mort devient la séparation éternelle, sauf pour les rares élus. Pour les autres, c'est l'enfer et ses éternelles tortures. Quelle consolation pour une mère affligée, pour une veuve au désespoir que cette abominable perspective du cher mort, effroyablement puni sans espoir de grâce ni de pardon, de cette séparation définitive, absolue. A ces affligées, lui, Satan, le roi des morts, donne l'espérance de revoir ceux qu'ils ont aimés.

Michelet raconte l'histoire d-une veuve éplorée allant se jeter aux pieds de la toute-puissante évocatrice et la suppliant de lui faire revoir encore un moment, fût-ce au prix de la vie, celui qu'elle pleure. Alors la prêtresse du maudit la relève, et lui dit :

« — Retourne à ta maison ; fermes-en bien la porte. Ferme encore le volet au voisin curieux. Tu quitteras le deuil et tu mettras tes habits de noce, son couvert à la table; mais il ne viendra pas. Tu tireras du coffre le dernier habit qu'il porta, le baiseras. Et tu diras alors : « Tant pis pour toi si tu ne viens. » Et, sans retard, buvant ce vin amer mais de

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profond sommeil, tu coucheras la mariée... Alors sans nul doute il viendra K »

Et Michelet qui la veut heureuse, nous raconte qu'elle a réussi, que le bien-aimé lui a promis de .revenu- toutes les nuits du dimanche si elle dort sans s'éveiller, et il conclut : « Bonheur qui n'est pas sans péril. Que serait-ce de Timprudente si TÉglise savait qu'elle n'est plus veuve, que, ressuscité par l'amour, l'esprit revient la consoler? >:

11 fut encore une autre cause, au moyen âge et au commencement de la Renaissance, qui entrahia le peuple au culte de Satan. La déviation que subit alors le catholicisme, Tindignité de ses ministres, qui, en dépit de leurs serments de pauvreté, ddiumilité, de chasteté, d'amour du prochain, ne révèrent que richesses accumulées, honneurs, paillardises, écrasement du pauvre, ne tardèrent pas à semer uii sourd mécontentement parmi les peuples. Alors que les prêtres du haut de la chaire prêchaient la continence, les palais épiscopaux, les presb3-tères, les couvents, les abbayes devenaient de nocturne rendezvous d'orgies. Le puissant pouvait impunément se livrer au viol, au rapt, aux pires excès contre nature, pourvu qu'il acquittât une taxe ou fût en bons termes avec les gens d'Eghse. Seul, le pauvre, le déshérité se voyait en butte à toutes les rigueurs des lois ecclésiastiques. Ecrasé par l'impôt, achevé par la dîme, il voyait encore bénir et absoudre le ravisseur de sa femme, le violateur de sa fille.

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